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Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse http : //books . qooqle . com| V Digitized by Google Digitized by Google Digitized by Google Digitized by v^ooQle Digitized by v^ooQle BULLETINS DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Digitized by Digitized by v^ooQle BULLETINS DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Tom. IV. — 1850—51—52. AMIENS, Ihprimbbib DB DU VAL bt HERMENT, Place Pébjgord, 1. P AMIS. Libbaibis de J.-B. DUMOULIN, 13, Qdai des Aogostins. 1852. Digitized by v^ooQle Digitized by v^ooQle BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. COMITE CENTRAL. - » -g a ; a a ■■ Séance du 9 Janvier 1850. L’ordre du jour appelle l’installation du bureau qui se compose, pour l’année 1850 , de MM. Bisson de la Roque , président ; l’abbé Duval , vice-président ; An¬ toine , secrétaire-annuel. M. le docteur Rigollot, président sortant, lit le discours suivant : « Messieurs, » Après avoir occupé, par suite de votre’extrême bien¬ veillance et pendant deux antiées consécutives, les fonc¬ tions de président, permettez-moi, au moment de céder la place à un honorable collègue que vous aviez déjà pré¬ cédemment appelé à faire partie du bureau et dont nous apprécions tous le zèle et les précieuses qualités, de vous exprimer la vive reconnaissance que m’inspire l’honneur que vous m’avez fait. » Je saisirai cette occasion, Messieurs, pour vous rap¬ peler succinctement les principales choses que la Société des Antiquaires de Picardie a faites pendant deux années 468517 Digitized by Google — 6 — qui partout ont produit tant de changements et d’agi¬ tation. » Cependant, comme dans un temps ordinaire, vous avez continué le cours de vos paisibles travaux et même les richesses de votre Musée se sont accrues d’une ma¬ nière inespérée. Par suite de négociations entamées dès 1847, vous avez obtenu de madame la duchesse de Berry la restitution de trois des magnifiques cadres sculptés des tableaux du Puy de la chapelle des Machabées ; ce sont, en ce genre, des chefs-d’œuvres peut-être uniques en Eu¬ rope, et qui témoignent des efforts que faisaient au com¬ mencement du xvi. e siècle nos artistes pour lutter contre le goût nouveau que la renaissance des arts en Italie ten¬ tait d’introduire alors en France. » Vous vous rappelez tous, Messieurs, combien dans le cours de 1848 l’interruption des manufactures et du commerce mit à la charge de la ville d’ouvriers inoccu¬ pés qu’il fallut employer à des travaux de terrassements. Parmi ceux qui furent exécutés en diverslieuxet qui ame¬ nèrent la découverte d’objets antiques, aucun n’en pro¬ duisit une plus importante que celle des nombreux bas- reliefs funéraires et des inscriptions trouvés dans lé marais de Longueau, où sans doute, après avoir été renversés à l’époque du triomphe de la religion chrétienne sur le paganisme, ils servirent à former une chaussée parallèle à celle qui existe actuellement. Jamais la ville d’Amiens n’avait possédé rien de comparable à cee monuments qui datent au moins des ii.'et ni.® siècles de notre ère et qui forment les titres les plus anciens de son histoire. » Nous ne pouvons parler des accroissements de notre Digitized by v^ooQle 7 — Musée sans exprimer notre reconnaissance pour le présent que lui a fait si généreusement M. de Lagrenée, l’un des représentants du département et ancien ambassadeur en Grèce, d’une précieuse collection de sculptures et de vases recueillis à Athènes, et qui, par leur choix, et leur haute antiquité, ont une grande valeur archéologique. » Vous êtes parvenus, l’année dernière, à ériger enfin, sur une place de la ville, la statue de Du Gange, et l’inau¬ guration de ce beau monument à laquelle ont pris part des députations de l’Académie des inscriptions et de nom¬ breuses sociétés savantes, ainsi que beaucoup de hauts fonctionnaires, laissera chez nous et au dehors un souve¬ nir durable de vos nobles efforts pour glorifier l’homme • illustre auquel Amiens a donné le jour. » Dirai-je, Messieurs, qu’à cette occasion, sur la de¬ mande de M. le Préfet, M. le Ministre de l'instruction publique a bien voulu m’accorder une flatteuse distinction que je dois uniquement à l’honneur que vous, m’avez fait en me plaçant à votre tète. Je ne puis trop le répéter, c’est le président de la Société des Antiquaires de Pi¬ cardie qui a reçu une décoration que bien d’autres parmi vous ont sans doute méritée tout aussi bien que moi. » La meilleure preuve qu’uBe société savante puisse ' donner de son activité et de sa constance à remplir sa tâche, est le nombre et la valeur de ses publications. Or, depuis votre fondation, vous n’avez produit autant que dans le cours des deux années qui viennent.de s’écouler; indépendamment de votre bulletin trimestriel où vous donnez l’analyse de vos séances et publiez les disserta¬ tions qui perdraient à ne pas être promptement livrées Digitized by v^ooQle — 8 — au public, vous avez continué de faire paraître les vo¬ lumes annuels de vos mémoires renfermant, comme tou- - jours, des travaux importants dus soit à vos membres titulaires, soit à vos nombreux correspondants. De plus, vous avez pu faire imprimer la continuation du savant ouvrage de M. Bouthors sur les coutumes locales de la Picardie,ouvrage justement estimé, et que, grâee à la per¬ sévérance de son auteur, vous espérez pouvoir bientôt terminer. Vous avez enfin commencé la publicatioh de l’Introduction à l’histoire générale de la Picardie, par Dom Grenier, ce docte bénédictin dont, grâce aux re¬ cherches d’un de vos lauréats, la vie laborieuse, entiè¬ rement cachée dans l’oubli, a été retrouvée et exposée avec tous les développements dont elle était digne. L’in- - troduction que vous publiez est un travail achevé, d’une haute valeur d’érudition et qui, sans vous, serait resté enfoui au milieu des nombreux manuscrits de la Biblio¬ thèque nationale. » Non seulement, Messieurs, les publications dont je vou3 entretiens ont paru ou paraîtront bientôt, mais vous possédez de nombreux matériaux pour vos volumes fu¬ turs. Tpi est, par exemple, le beau travail de M. l’abbé Corblet sur la langue picarde, que vous venez de cou¬ ronner. » Je devrais sans doute m’arrêter ici, Messieurs, car il ne m’appartient pas de vous louer individuellement et de dire la part que chacun de vous a prise dans les travaux ' de la Société. Il n’est aucun de nos membres qui n’y ait contribué plus ou moins et n’ait droit à nos éloges; il en est cependant un que je ne puis m’abstenir de citer, car Digitized by v^ooQle — 9 — son zèle infatigable s’est fait sentir en toute circonstance, et il s’est acquis des titres spéciaux à votre gratitude. En qualité de secrétaire de là Commission chargée dé sur¬ veiller la confection de la statue de Du Cange et de conser¬ vateur du Musée, il a rendu les services les plus signalés. C’est en grande partie à ses bons soins et à ses démarches que nous devons la restitution des cadres des tableaux du Puy et la conservation des bas-reliefs et des inscrip¬ tions du marais de Longueau, antiquités sur lesquelles il nous promet d’ailleurs un mémoire qui les fera connaître, et qui formera une de nos publications les plus curieuses. Enfin, si les fêtes de l’inauguration de la statue de Du Cange laissent de longs souvenirs dans la population de la ville d’Amiens, on en doit particulièrement à M. Dufour l’ordonnance et la pleine réussite. » —- M. Bisson de la Roque s’exprime ainsi : « Messieurs, » Vos suffrages trop bienveillants, en me décernant l’insigne honneur de la présidence de votre savante et la¬ borieuse Société, me confèrent une distinction aussi inat¬ tendue qu’imméritée, et m’imposent -des obligations dont l’importance et l'étendue inspirent à ma faiblesse un légitime effroi. » Engagé dans les liens de divers emplois publics dont les impérieux devoirs absorbent mes soins et mes loisirs ; je n’ai point pu, jusqu’à ce jour, prendre une part ac¬ tive aux travaux scientifiques qui animent et fécondent vos délibérations, enrichissent vos mémoires et font pren¬ dre chaque jour à votre renommée un plus brillant essor. Si dans ma sphère d’activité, j’ai du moins eu le bonheur Digitized by v^ooQle — io¬ de donner à la Société des Antiquaires de Picardie des preuves non équivoques de mon inaltérable dévouement, en m’associant avec ardeur à la défense de ses droits et de ses privilèges , en m’unissant aux efforts tentés pour ac¬ croître ses éléments de prospérité, trop heureux d’acquit¬ ter ainsi le juste tribut de mes vives et sincères sympa¬ thies , je ne méritais pas d’en être récompensé surtout par la haute dignité à laquelle le mérite reconnu et éprouvé de mes prédécesseurs ajoute tant d’éclat. » L’autorité respectée de vos suffrages suffit à peine pour triompher de mes résistances et me faire accepter un poste auquel je me me reconnais aucun autre titre que l’excès de votre bienveillante confiance. x> Puissé-je trouver constamment dans la continuation de cette bienveillance même, tout ce qui me manque pour répondre dignement à votre attente, et vous prouver ma gratitude. J’ai besoin de compter sur la persévérante ac¬ tivité de chacun de vous, afin que la marche glorieuse de votre Société ne subisse aucun rallentissement dans la belle carrière ouverte devant elle. L’année 1849 , à ja¬ mais mémorable dans nos annales par la solennelle inau¬ guration de la statue de l’immortel Du Cange, a surexcité dans le cœur des Antiquaires de Picardie un sentiment de légitime orgueil et de généreuse émulation qui produira sans aucun doute les fruits les plus abondants. En voyant chaque jour cette noble et éloquente image de Du Gange, chacun de nous sentira plus vivement ce qu’il doit s’ef¬ forcer de faire dans la mesure de ses facultés pour les in¬ térêts de la science et pour la gloire du pays. » J’aime à trouver, dans l’ineffaçable souvenir de l’an- Digitized by v^ooQle — 11 — née 1849, un présage assuré de fécondité pour toutes celles qui la suivront. » Je ne veux point parler ici du savant antiquaire qui me cède le fauteuil et que je serais si heureux d’y voir siéger encore. Sa modestie ne me permettrait pas de vous faire entendre son éloge. Mes faibles paroles pourraient-elles d’ailleurs rien ajouter à la haute distinction, à la grande et belle récompense récemment décernée dans la plus au¬ guste de nos fêtes, par le chef d« l’Etat à son érudition et à ses éminentes qualités, récompense d’autant plus écla¬ tante qu’elle a été reçue des mains du chef de l’adminis¬ tration départementale au milieu de nos chaleureux ap¬ plaudissements, en présence d’une foule nombreuse et respectueusement émue, sous les yeux satisfaits des dé¬ putés de l’élite du monde savant, au pied de la statue de Du Cange, au moment où , pour la première fois, elle apparaissait rayonnante de gloire et d’immortalité. Noble et précieux souvenir pour M, Rigollet. Noble et précieux souvenir aussi pour la Société des Antiquaires de Picardie. » J’ai l’honneur de vous proposer, avant la reprise de vos travaux, de voter des remerciments aux membres du bureau sortant, pour le zèle dont ils ont fait preuve dans l’exercice de leurs fonctions. » -"-Les remerciments proposés sont votés à l’unanimité. :.t—M. de Roquemont, nouvellement admis en qualité de membre résidant, remercie la Société. . _ « Je suis touché, dit-il, de l’honneur que vous me con¬ férez en m’appelant dans vos rangs. Je ne le dois pas à mes titres personnels, mais à votre bienveillance. Vous avez vu en moi un compatriote dont le cœur battait, Digitized by v^ooQle — 12 — comme le vôtre, d’un vif amour pour sa province , un voyageur dont le pied avait foulé le sol de la patrie actuelle de la science, et vous avez fait place parmi vous à mes sen¬ timents et à mes souvenirs. » M. de Roquemont compare ensuite le rôle'des universités allemandes et celui des so¬ ciétés savantes en France, et montre l’influence salutaire qu’elles exerùent sur le pays où elles entretiennent parmi les intelligences la noble émulation de l’étude , et rani¬ ment dans les cœurs l’amour de la province, mobile puis¬ sant qui, avec celui de la famille, concourt à inspirer le dévouement à la patrie commune. —M. le Président, après avoir rappelé les titres de M. de Roquemont aux suffrages de la Société, ses études sévères et approfondies sur la législation ancienne et mo¬ derne , le mérite de sa traduction du Manuel du Droit ' ecclésiastique de Ferd. Walter, l’invite à prendre sa place dans la Société, avec le sentiment de satisfaction et de légitime confiancé que doivent lui inspirer l’estime et les sympathies de ses collègues. —M. le Secrétaire donne lecture d’un mémoire de M. Quesnet, archiviste , à Beauvais, tendant à prouver que le Bratuspantium de César n’est autre que Grattepanche, près d’Amiens, et que la substitution d’un G à un B, deux lettres qui, dans l’ancienne écriture , avaient une grande analogie, a causé les hésitations qui existent encore sur l’emplacement qu’occupa jadis Bratuspantium. — On lit ensuite un mémoire de M. Daniel, sur le même sujet, où l’auteur réfute l’opinion de M. Quesnet, et se range à l’opinion de ceux qui pensent que Bratus¬ pantium n’est autre que la ville actuelle de Beauvais. Digitized by v^ooQle 13 — — M. le Trésorier présente ensuite l’état des recettes et dépenses de la Société pendant l’année 1849. — Une commission est nommée pour l’examen des comptes du trésorier et la préparation du budget de 1850. Séance du 18 Février 1850. — La Société accepte l’offre d’échange de publication qui lui est faite par la Société d’archéologie et de numismatique de Saint-Péters¬ bourg. —M. le docteur Rigollot demande qu’une commission soit nommée pour rechercher quelles seraient les parties du manuscrit de Froissart, de la bibliothèque d’Amiens,’ qu’il conviendrait de publier. La Commission est nommée et se composera de MM. Rigollot, Bouthors et Garnier. — M. le Président donne lecture d’une lettre de M. le Maire d’Amiens, lequel prie la Société de rechercher quels seraient les titres de la ville à la propriété de la Conciergerie. Cette recherche est confiée à une commission composée de MM. Rigollot, Bouthors, Guerard, Garnier et Dufour. —M. l’abbé De Ladoue, membre résidant nouvellement admis, remercie la Société, et, en rappelant les divers tra¬ vaux qui ont fait et doivent faire l’objet des études qu’elle s’est proposées dans ses statuts, signale les institutions re¬ ligieuses. On a, dit-il, rendu justice aux travaux scien¬ tifiques et littéraires des moines, mais on ne veut pas approuver l’institution. On admire les fruits, et on regarde l’arbre qui les produit comme un mauvais arbre. Il y a là, je crois, une réhabilitation à faire. Si j’en étais capa¬ ble, et que mes fonctions me laissassent assez de loisir, je Digitized by v^ooQle — 14 voudrais établir par des faits ees deux propositions : 1." que les moines ont contribué d’une manière très-efficace à civiliser l'Europe et la France en particulier ; 2.° qu’ils peuvent encore être très-utiles pour arrêter notre mal¬ heureux pays sur la pente qui le conduit à l’abîme. L’esquisse de ce sujet, présentée rapidement, fait re¬ gretter que l’auteur n'ait point donné à ces pensées tous les développements dont cette thèse était susceptible. — M. le Président lui répond : Il vous a suffi, Monsieur , d’exprimer le désir de vous associer aux travaux de la Société, pour qu’elle vous ad¬ mette dans son sein. Un lien sympathique vous unissait d’ailleurs par anticipation à la Société des Antiquaires de Picardie. Dans votre culte pour la science, vous avez de¬ puis longtemps fait une large part aux études archéolo¬ giques qui se rattachent, sous tant de rapport, et s’allient aux hautes études ecclésiastiques.—M. le Président rap¬ pelle ensuite que M. de Ladoue a professé l’archéologie au séminaire de Dax, et que déjà il s’est occupé des anti¬ ques et savantes abbayes de la Picardie, et l'invite à con¬ tinuer les travaux qu’il a commmencés; vous le voyez, Monsieur, dit-il en terminant, pour la Société, le jour de votre réception est un jour de satisfaction eï d’espérance ; partager notre satisfaction comme nous la sentons, et vous aurez bientôt justifié notre espérance. ~ # —Le rapporteur de la commission des comptes, après avoir fait connaître l’état financier de la Société, demande, au nom de la commission, des remerciments bien mérités à M. Dorbis pour le zèle avec lequel il continue de s’acquitter de ses minutieuses et ingrates fonctions de trésorier. Digitized by Google — 15 — Des remercîments sont votés à l’unanimité. — La Société s’occupe ensuite du budget des dépenses pour l’année 1850. Elle s’associe à la souscription ouverte pour un mo¬ nument à élever à Galknd, dans la commune de Rollot, lieu de sa naissance. Elle s’empresse également de prendre part à la sous¬ cription ouverte par l’Académie des sciences et du dépar¬ tement de la Somme, pour élever à Gresset une statue dont l’exécution est confiée à M. Forceville-Duvette, l’un de ses membres. — M. Dufour donne lecture du travail auquel il s’est livré pour la confection de la table analytique des ma¬ tières renfermées dans les dix volumes des mémoires de la Société. Ce travail divisé en deux parties, l’une renfermant une table par noms d’auteurs, l’autre une table méthodi¬ que par ordre de matières, est renvoyé à la commission d’impression, et recommandé à sa sollicitude. Séance extraordinaire du 27 février 1850. — M. Gue- rard lit un mémoire sur l’origine du dicton : Saint-Ger¬ main coucou el fête ed chez fout. Selon la tradition* ce nom fut donné aux paroissiens de Saint-Germain à cause du refus fait par la fabrique d’une fondation qui aurait rapporté un setier de blé par jour. L’auteur démontre que cette tradition est fausse, par l’examen des titres mêmes de la fondation et l’état des choses au xv.® siècle, et fait voir que ce nom ne peut venir que d’une société de fous qui a existé dans cette paroisse. Digitized by v^ooQle Il recherche à quelle fête antique se rapportait cette fête des fous et la rapporte aux floralia de Rome, qui se célébraient à la fin des calendes de mai. Il entre ici dans quelques détails sur les floralia et les fêtes en usage au 1." mai ; il montre que ces fêtes ont été conservées en France, à Toulouse, à Evreux , rappelle ce qui se passait au xiii.» siècle, et au xvi.* à Lagny où l’on tenta de les rétablir, et signale leur ressemblance avec ce qui se passait à Amiens à la même époque. Enfin , il fait voir que les mêmes usages se retrouvent dans ce qui se passe encore aujourd'hui la veille de Saint-Germain, premier diman¬ che de mai, chansons, promenades avec branches d’arbre, bouquets déposés devant l’image du Saint, au portail de l’église, et surtout bouquets de coucou (primula veris ), emblème de la folie. — La Société entend ensuite quelques observations sur les restaurations projetées de la cathédrale d’Amiens, et décide : qu’elle offrira à M. le Ministre des cultes son con¬ cours le plus empressé pour venir en aide à l’architecte chargé de cette, restauration; et qu’une expédition de cette délibération sera adressée à M. le Préfet, avec prière de vouloir bien la recommander à la bienveillante attention de M. le Ministre. Séance du 13 mars 1850. — M. Bouthors lit le pro¬ gramme d’un travail dont il s’occupe, et qui aura pour titre : Etat politique de la ville d’Amiens au xiv.* siècle. La Société félicite l’auteur de ce projet et l’invite à lui présenter prochainement le mémoire dont il vient de lui donner l’esquisse. (Voir plus loin, pag. 23.) — M. Garnier, après avoir rappelé l’importance du Digitized by v^ooQle — 17 — MS de Froissart de la bibliothèque d’Amiens, que divers extraits publiés par MM. Rigollot, de Cayrol et de la Fon- tenelle de Yaudoré ont fait suffisamment connaître, s’é¬ tonne que l’éditeur nouveau du célèbre chroniqueur, col¬ lationnant tous les MSS. connus, ait réservé l’examen de celui d’Amiens pour l’époque où son travail va être mis sous presse. 11 signale comme du plus haut intérêt la copie qix’en a lait faire M. Rigollot et que M. de Cayrol, avec l’intelligence et le soin minutieux qu’il apporte dans ses travaux, a collationnée avec toutes les éditions impri¬ mées. Il pense que la Société pourrait, dans la limite de ses ressources, publier les extraits les plus remarquables, et qu’un volume de fragments serait encore utile et de na¬ ture à attifer l’attention. La Société, ajoute-t-il, ne sau¬ rait être accusée d’indifférence, car la première, elle a fait connaître le MS., en publiant les passages qui concernaient la bataille de Crécy ; on ne pourrait non plus l’accuser de jalousie quand elle revendique une initiative qu’il n’a point tenu à die de prendre plus tôt. Il termine en expri¬ mant le regret que la Société ne puisse faire une publi¬ cation complète, avec tous les développements critiques qu’elle comporterait. COMITÉ DE BEAUVAIS. Séance du 21 Janvier 1850. — M. le Président fait part de plusieurs dons faits au Musée. — M. Hamel rappelle que beaucoup de maisons de Beauvais renferment des objets d’art fort intéressants, tels que tableaux, gravures, etc., sauvés lors de ^destruction des couvents et des églises ; il émet le vœu d’en voir 2 . Digitized by v^ooQle 18 — dresser le catalogue par les soins de la Société qui, en¬ suite , en provoquerait une exposition publique à laquelle se prêteraient volontiers les propriétaires ; cette exposi¬ tion aurait lieu au moment où l’érection de la statue de Jeanne Hachette appellerait à Beauvais le concours de nom¬ breux artistes. Il rappelle aussi que le salon de la maison rue de l’Etamine, n.° 8, renferme beaucoup de toiles dues au talent de Monsiaux; il pense que, dans l’intérêt de l’art, on ne peut trop répandre la connaissance de ce fait qui suffira pour empêcher que ces toiles ne soient mécon¬ nues par quelque propriétaire peu soigneux. —M. Daniel continue la lecturede ses recherches sur l’an- cience cité des Bellovaques, et entretient la Société de ses investigations sur le côté de l’enceinte qui regarde l’orient et une partie du sud ; ce travail qui se refuse à l’analyse, té¬ moigne incessamment de la persévérance et de la sagacité studieuse de son auteur , qui ne laisse passer aucune mai¬ son attenant à l’enceinte sans l’examiner soigneusement. La rue Beauregard , dont toutes les maisons du côté droit sont appuyées à l’ancien rempart, lui fournit beaucoup défaits intéressants; partout il y retrouve des traces de l’ancienne communication souterraine qui reliait toutes les fortifications , malgré les nombreux travaux des pro¬ priétaires pour l’approprier à leurs besoins particuliers ; l’une de ces maisons présente de nombreuses galeries en forme de patte d’oie, qui, passant sous le fossé d’enceinte, pouvaient mettre la cité en rapport avec la campagne ; le côté sud a été le plus endommagé à cause de la percée du pont d’Amour et de celle qui mettait en communica¬ tion la collégiale de Saint-Micliel avec les Minimes. Digitized by Google — 19 — A cette occasion, M. Dupont rappelle que cette église de Saint-Michel était, avec la Basse-œuvre, l’un des mo¬ numents les plus anciens de la ville ; qu’elle avait été élevée sous Huges Capet par la maison des comtes de Dam- martin dont l’hôtel donnait sur la place Saint-Michel, pour obéir à l’édit du premier roi de la troisième race, qui, regardant alors avec raison les fondations religieuses comme un des moyens les plus actifs de civilisation, vou¬ lait que nulle baronie n’existât sans un prieuré. Séance du 18 février 1850. — M. l’abbé Legoix lit le travail d’un auteur anonyme qui s’est livré à d’in¬ téressantes recherches sur les attributs iconographiques que l’on donne aux quatre grands docteurs de l’église latine, et à cette occasion passe en revue les divers monuments de peinture et de sculpture qui les représen¬ taient dans nos édifices religieux. Après quelques détails biographiques sur saint Jérôme et une courte appréciation de son génie, l’auteur rappelle que dans les monuments du diocèse, les attributs qu’on lui donne sont au nombre de cinq : l.° la pierre dont il se frappe la poitrine, indique ses regrets et la pénitence qui devaient expier les premiers temps de sa vie donnés aux délices de Rome; 2.° dans un tableau de l’église de Bresle, on donne pour attribut à l'illustre docteur un flambeau qui rappelle ses veilles laborieuses ; 3.° le lion qui se voit dans un tableau de l’église de Saintr-Martin- au-Bois, indique les rugissements de sa vigoureuse indi¬ gnation contre la corruption du siècle ; 4.° sur d’autres monuments l’illustre saint est encore représenté en habits de cardinal.; 5.° enfin , le crucifix , la tête de mort et la 2/ Digitized by v^ooQle 20 — trompette sont les symboles de l’austère pénitence du so¬ litaire de la terre sainte, et des terreurs que lui causait le redoutable clairon de la résurrection dernière. Saint Ambroise, né à Trêves, dans les Gaules, au iv. e s.iècle, a pour attributs : 1° une croix d’archévêque, laquelle annonce la haute dignité de l’archévêque de Milan, qui lutta avec tant d’énergie contre l’impétueux Théodose ; 2.° un fouet, c’est le symbole du bras vigoureux qui dé¬ truisit l’arrianisme ; 3.° la ruche, vision de ses parents qui avaient vu des abeilles venir se fixer sûr les lèvres du saint encore au berceau. — Dans une intéressante lecture sur les illustrations militaires du Beauvoisis, M. Dupont passe en revue les hommes de guerre qu'il a produits, et montre que, comme l’antique Italie, il peut aussi prendre pour devise : Magna parens... virorutn. Commençant par l’ère celtique, l’au¬ teur recherche quel était l’état de civilisation des Belges au moment où ils entreprirent cette lutte formidable contre les maîtres du monde, lutte que nous ne pouvons connaître que par les récits d’un ennemi, d’un vain¬ queur, et il raconte toutes les péripéties de cette guerre de' géants. Tout plein des mémoires de César sur ses campa¬ gnes dans les Gaules, il complète en quelque sorte le récit du grand capitaine par la description des lieux jadis témoins de ces grands combats. Ces détails donnent une vie nou¬ velle aux récits du général romain. Enfin l’auteur dessine à grands-traits l’ityustre Coreus, chef des Belges, et dit ses brillants succès et ses revers, lors qu’enveloppé par plusieurs légions, il périt de la mort des braves. Séance du 18 mars 1856.—M. le Président fait connaî- Digitized by G-ooq le — 21 treque la polémique des journaux de Paris et de notre ville a récemment appelé l’attention sur le drapeau conservé comme trophée de la gloire de Jeanne Hachette, et que l’authentiçité de cette vénérable relique a été mise en doute. Il appartient avant tout à la Société, dont les efforts réitérés ont provoqué d’une manière si heureuse le ré¬ veil des glorieux souvenirs qui se rattachent à la vaillante fille de Beauvais, de donner son mot sur cette question. Ce qu’il importe., c’est d’éviter une discussion prématurée qui ne serait point nourrie de recherches consciencieuses et de l’examen approfondi des pièces du procès. Pour y arriver, il propose de nommer une commission qui ferait un rapport où les diverses questions seraient posées avec précision. Cette proposition est agréée. —La lecture déjà commencée par M. Legoix d’un tra¬ vail sur les attributs iconographiques des quatre grands docteurs de l’Eglise latine, est continuée. L’auteur esquisse les principaux faits de la vie de saint Au¬ gustin i ses chutes, sa conversion ; il rappelle qu’il est ordinairement représenté avec un cœur simple ou percé, hommage de ses affections à Dieu et de l’application de cette belle sentence si souvent répétée : « Mon fils, donne- moi ton cœur. » C’est ainsi qu’il est figuré dans le portail nord. Souvent aussi on^ place un jeune enfant à côté du docteur. C’est l’ange chargé, par une allusion naïve, d’arrêter les témérités de la science, qui essayait de sonder les mystères de la Trinité. Il creuse un trou dans le sable pour y renfermer tout l’Océan. Enfin, le scapulaire ou capuchon noir indique les nombreux ordres religieux qui ont invoqué le patronage du saint. Digitized by v^ooQle — 22 — Le pape saint Grégoire, au vi. e siècle, enfant de la cité ..sainte, est encore une de ces grandes figures dont l’icono* 'graphie religieuse s’est emparée ; ses soins amenèrent la conversion de la-Grande-Bretagne où il envoya le moine Augustin. Souvent il est représenté offrant le sacrifice de la messe ; c’est ai effet le grand sacrificateur qui perfec¬ tionna la liturgie, et, par de sages modifications, donna à la messe, ce grand acte du catholicisme, toute sa solennité actuelle. La colombe qui l’accompagne pendant son travail, c’est l’Esprit-Saint qui dicte en quelque sorte ses écrits, et la grande croix papale qu’il porte dans les vitraux de la cathédrale, indique un des successeurs de saint Pierre. — M. Daniel continue sa description de l’enceinte de la cité dont le côté méridional offre encore une tour gallo- romaine de 20 pieds de hauteur, avec une chambre ovale. Il rappelle aussi les trois tours qui existaient au côté occidental où se trouvait la poterne Saint-Louis, notam¬ ment la tour Saint-Germer qui a disparu depuis long¬ temps ; celle où des parties gothiques se trouvaient -couronnées par des constructions romaines, travail cu¬ rieux d’une reprise en sous-œuvre dont la Société a cherché inutilement à assurer la conservation, mais dont le sou¬ venir sera conservé par le beau dessin de M. Hamel, l’un de ses membres.—Il signale enfin le palais épiseopal cons¬ truit sur une partie des murs de la cité, et qui a conservé une portion notable du mur d’enceinte; la base des deux tourelles qui regardent le boulevard est évidemment de construction romaine. — M. Duflot donne de curieux détails sur le Mont de Catenoy près Clermont. Ce point important avait depuis Digitized by v^ooQle — 23 longtemps appelé l’attention des archéolôques -comme une mine très-riche d’antiquités romaines; les recherches de notre collègue lui ont donné un nouveau degré d’intérêt en prouvant que c’était antérieurement un campement des Belges dans lequel leurs vainqueurs s’étaient établis. Des armes en silex de toute nature, telles que haches, pointes de flèche, pierres de fronde, ont été le résultat de recher¬ ches aussi actives qu’intelligentes. Etat politiqoe de la Tille d’Amiens an xiv.' siècle, Pas M. r A. Bouthors. Messieurs , Je dois bientôt vous donner lecture de la première partie d’un travail que je prépare sur l’état politique de la ville d’Amiens au xiv.“ siècle, dans lequel je me propose d’indiquer les progrès et la décadence des libertés commu¬ nales sous le régime des corporations. Mais je veux au¬ paravant vous faire connaître et le plan de l’ouvrage et les circonstances qui m’ont conduit à l’entreprendre. "Vous savez que M. le Maire d’Amiens, conformé- nteht au vœu émis par vous dans le courant de l’année dernière, a nommé une commission, prise dans votre sein, qui procède au récolement et au classement des archives municipales. Celte commission dont j’ai l’hon¬ neur de faire partie, devra vous présenter le résultat général de ses investigations, et je viens, en attendant, vous rendre compte de mes impressions personnelles sur la nature et la valeur de certains documents que j’ai eu mission d’examiner. Digitized by v^ooQle — 24 — Ce sont : l.° le registre intitulé : VEstât de la ville d’Amiens ; 2.° le registre aux brefs et statuts des mestiers ; 8.° les registres des recettes et dépenses de 1383 à 1390. Le l. er contient l’état nominatif de tous les officiers municipaux et des chefs des corporations, depuis 1345 jusqu’en 1383, époque de la suppression des mairies de bannières. Le second renferme sur les -divers .corps d’état des règlements dont plusieurs datent du xm. e siècle. On pourra y puiser un jour les éléments d’une histoire com¬ plète de notre industrie locale depuis l’origine de la com¬ mune jusqu’à la révolution de 1789. Les registres aux comptes nous initient à tous les détails de l’administration de la cité. On y trouve, tout à la fois, le bilan de la situation financière à la fin de cha¬ que année, le doit et avoir de chaque branche du service public. De plus, ils permettent de ressaisir la physiono¬ mie de la ville au moyen-âge, d'indiquer le chiffre ap¬ proximatif de la population, l’importance de son com¬ merce, la nature de son industrie, de faire connaître le domicile, la profession et la fortune des principaux meip- bres de l’échevinage et des chefs des corporations : le rôle de l’Aide pour le passage de la mer est surtout précieux à ce point de vue. C’est le complément nécessaire de la liste des officiers municipaux et des maïeurs de bannières dont je dois maintenant vous entretenir. Vous n’ignorez pas, en effet, que notre collègue, M. Lavernier, avait, quelques années avant sa mort, conçu le projet de publier une notice sur les corporations d’arts et métiers de là ville d’Amiens. Ce projet, il l’avait Digitized by v^ooQle déjà en partie mis à exécution, puisque les procès-verbaux de vos séances mentionnent plusieurs intéressantes lec¬ tures sur ce sujet. Il vous a aussi présenté, pour servir de piècè justificative de son travail, un tableau par ordre alphabétique qui était le résumé de toutes les élections que chacun des individus compris dans cè tableau avait réunies, dans les bannières, dans l’échevinage et dans les fonctions actives de l’administration. Malheureusement ce tableau^ n’a pas été retrouvé avec les autres papiers de notre collègue dans les archives de la mairie. Mais les bulletins qui ont servi à lè dresser n’ont pas été perdus, et, malgré quelques lacunes qu’il m’a été facile de com¬ bler, je suis parvenu à le recomposer. J’ai donc essayé, Messieurs, de réaliser la pensée conçue par M. Lavernier, en utilisant les documents qu’il a rassemblés et en tâchant de restituer, dans la forme qu’il lui avait donnée, lé tableau alphabétique des maïeurs de bannières et de l’échevinage. La notice que j’ai l’intention de vous offrir se compo¬ sera de deux parties distinctes. Dans la première, je ferai entrer tout ce qui se rapporte à l’organisation de la cité; dans la seconde, j’indiquerai les conséquences et les ré¬ sultats de cette organisation. ’ - Première Partie. Chapitre I". — Topographie et statistique de la cité. Si j’interroge les registres aux comptes de 1383 à 1390, et surtout le rôle de l’Aide pour le passage de la mer de 1386, j’y retrouve le vieil Amiens, avec le nom de ses rues, de ses places, avec sa double enceinte et sa divi- Digitized by Google — 26 — sion en onze paroisses. J’y vois une liste de 2,400 contri¬ buables , avec la désignation de la rue qu’ils habitent, de la profession qu’ils exercent et de la part d’impôt qu’ils paient, impôt qui est la représentation du 40.* de leur revenu, c’est-à-dire 6 deniers pour livre. Or, en suppo¬ sant, ce qui n’est point exagéré, un imposé sur huit ha¬ bitants, j’arrive à cette conclusion que la population sou¬ mise à.la juridiction de la commune était de 19,200 ha¬ bitants ; elle formait à peu près les deux tiers de la population totale, car ce n’èst pas trop que d’évaluer à 6,400 habitants la population soumise à la juridiction de l’Evêque, du Chapitre et du Vidame. D’un autre côté, si le chiffre total de l’aide, 6,000 livres, représente le 40.* du revenu de la masse des citoyens, ce chiffre aura pour équivalent, un revenu total de 240,000 livres en¬ viron, 6,000,000 d’aujourd’hui, soit 2,500 livres en moyenne pour chacun des contribuables. Chapitre II. — Organisation politique. On en trouve les formules dans le coutumier inédit de Picardie, publié par M. Marnier en 1839. En effet les coustumes de le ehité d’Amiens, qu’il nou s a données d’après le MS. Bigot de la bibliothèque nationale, est très expli¬ cite sur la manière dont se renouvelait le corps-de-ville. Le maire était nommé par les maïeurs de bannières et choisi sur une liste de trois candidats présentée par fé- chevinage sortant. Immédiatement après, les maïeurs de bannières nommaient les quatre officiers comptables de la commune et les douze premiers échevins. Ceux-ci s’as¬ semblaient à la Malmaison, le lendemain de leur élection, Digitized by v^ooQle et nommaient douze ' autres échevins pour compléter l'é¬ chevinage qui était composé de vingt-quatre membres. Malheureusement le livre des coutumes de la cité d’Amiens est muet sur le mode de renouvellement des chefs des corporations. Pour avoir quelque lumière à cet égard, il faut consulter la charte organique de la com¬ mune de Péronne de 1202, car sur ce point nous ne pou¬ vons raisonner que par analogie. Toutes les indications que nous fournissent les cou¬ tumes de la cité, sont confirmées et complétées parle roulement annuel de l’échevinage et des mairies de bannières. Les tableaux que nous vous présentons , ont pour but de mettre cette vérité en évidence, car ces tableaux sont la manifestation du jeu régulier des institutions, et même quelquefois l’expression des intérêts et des passions qui animent la cité. L’ordre alphabétique que nous avons adopté, en ouvrant un compte à chacun des élus, nous permet d’apprécier leur valeur relative et l’influence qu’ils pouyaient exercer. De 1345 à 1383, les vingt-quatre bannières de la ville d’Amiens, qui nommaient chacune deux maïeurs, ont eu 1783 élections qui se répartissent sur 753 noms dont 352 ne paraissent qu’une fois, 142 deux fois, 107 trois fois, 51 quatre fois, 44 cinq fois,' 19 six fois ,138 sept fois et plus. Un seuL maïeur a été élu douze fois, 2 l’ont été onze fois, 3 neuf fois, 4 huit fors. 101 comptent plus de quatre élections. ; Le maïeur de bannières sortant, ne pouvait être renom¬ mé qu’après deux années d’intervalle. Cependant dans Digitized by v^ooQle — 28 — quelques bannières, par exemple dans celle des bouchers, il n’est pas rare de voir le même nom reparaître de deux ans en deux ans, mais c’est là l’exception. Un tableau particulier dressé pour la vérification des homonymes, nous fournira la preuve que les bannières n’étaient pas astreintes à choisir leurs maïeurs dans leur propre sein, et qu’elles se les empruntaient quelquefois les unes aux autres. Cela devait être, car pour gérer les affaires de la corporation et surtout pour contrôler le compte des recettes et dépenses des deniers communaux, il fallait au moins un maïeur sur deux qui sût lire et écrire. Cette double condition ne devait pas se rencontrer très fréquemment chez les sueurs., les boulangers, les fourniers , les viésiers et les tisserands. Par la même raison nous concevons très bien qu’il n’y ait eu que quatorze bannières sur vingt-quatre dont les maïeurs ont été promus aux fonctions de l’échevinage; les dix autres n’ont jamais eu de représentants dans les con¬ seils de la commune. Une seule bannière paraît avoir été en possession de donner des maires à la ville ; c’est celle des waidiers : elle compte huit élections de ce genre. Souvent aussi on voit des noms qui sortent des ban¬ nières pour entrer dans l’échevinage et qui, après une première ou une seconde épreuve, rentrent dans les ban¬ nières pour ne plus en sortir. Cela arrivait sans doute quand l’élu ne justifiait pas les espérances qu’on avait conçues relativement à sa capacité. » Les échevins nommés par les maïeurs de bannières étaient appelés échevins du jour ; ceux qui étaient nom- Digitized by (^.ooQle més par l'échevinage étaient appelés échetàns du lende¬ main. Parmi les élus du lendemain, il y en a qui n’ont jamais été les élus du jour. Et, en outre, les maïeurs de bannières semblaient prendre à tâche d’interdire l’accès des hautes fonctions municipales à ceux qui entraient par cette porte. Pour qu’une première élection fût profitable, fallait-il qu’elle procédât de leur initiative ? Je pourrais. Messieurs, m’étendre davantage sur les révélations intéressantes qui jaillissent des tableaux que j’ai l’honneur de vous présenter. J’en choisis quelques- unes au hasard, pour vous faire connaître l’importance de ce travail dont, je le répète, l’honneur appartient àM. Lavemier. Mais j’abrège pour ne point fatiguer votre attention. Chapitre III. — Administration. Finances. Après avoir esquissé l’état politique de la cité, je serai conduit à vous parler de son personnel administratif, de son budget et des divers services publics auxquels il était destiné à faire face. Sur ce point ma tâche sera facile, car elle est toute tracée dans un excellent ouvrage publié dans la Bibliothèque de l’école des chartes et qui a valu à son auteur , M, Martial Delpit, l’une des couronnes de l’Institut. L’époque de 1383 a été fatale à la ville d’Amiens, car cette année a vu s’accomplir une révolution qui a modifié ses privilèges. C’est pourquoi j’ai cru qu’il était indispen¬ sable d’interroger les monuments contemporains, notam¬ ment les comptes des recettes et dépendes, pour découvrir la cause de cct évènement. Je n’ai pas tardé à reconnaître Digitized by v^ooQle — 30 — qu’il avait été déterminé principalement par la pénurie du trésor royal et la perturbation que les exigences du fisc, sans cesse, renaissantes , avaient jetée dans les finances de la commune. En effet , les secousses politiques ne sont- elles pas presque toujours le résultat des crises finan¬ cières; les unes commandent et provoquent les autres : l’èxpérience des siècles l'a démontré. Deuxième Partie, Chapitre I. 6 ' — Etat de la ville d’Amiens pendant la captivité du roi Jean. La funeste journée de Poitiers et la captivité du roi Jean nécessitèrent, en 1357, la convocation des Etats- Généraux de la Langue d’Oil. Ces états à peine réunis im¬ posèrent les plus dures conditions au représentant de l’autorité souveraine. Ils exigèrent des réformes dans l’administration du royaume. Ils ne parlaient rien moins que d’imposer les nobles au dixième de leur revenu pour alléger d’autant la part de contribution qui devait peser sur la classe bourgeoise. Presque au même moment, la faction de Maillard, prévôt des marchands, lançait la populace parisienne dans les excès de la démagogie la plus désordonnée, tandis que la population des campagnes, cent fois plus hideuse encore, inaugurait les horreurs de la Jacquerie, par le meurtre, l'incendie, le pillage et les raffinements de la cruauté la plus barbare. A la vérité, l’esprit de la Jacquerie n'a point pénétré dans la ville d’Amiens. C’était bien assez que les pays d’alentour en fussent infestés ; mais l’esprit turbulent des Etats-Généraux y avait excité les passions ; les habitants Digitized by v^ooQle 4 — 31 s’étaient, pour ainsi dire, partagés en deux camps dis¬ tincts; la haute bourgeoisie marchait sous le drapeau du roi de Navarre ; les corporations inférieures, au contraire, restaient attachées à la cause du régent ; la ville, sur le point d’être surprise et saccagée par les partisans de Charles-le-Mauvais, ne dut son salut qu’à la courageuse résistance des petits bourgeois et à l’arrivée du renfort de troupes que commandait le comte de Saint -Pol. Cette tentative manquée devait avoir de fâcheuses conséquences* Tous ceux qui étaient soupçonnés de trahison, et c’étaient les personnages les plus considérables de la cité , furent décapités sur la place du Grand-Marché. Le maire lui- même, sire Fremin de Coquerel, ne fut point épargné. On lui imputait à crime d’avoir modéré l’ardeur des citoyens qui, après avoir repoussé les Navarrois, s’acharnaient à les poursuivre hors de l’enceinte de leurs murailles. À cette occasion, je ne puis m’empêcher de faire remarquer que, dans une circonstance semblable, un autre maïeur d’Amiens se trouva dans une situation analogue. Fame- chon, en 1597, n’a-t-il pas aussi été accusé d’avoir livré la ville aux Espagnols ; malheureusement ces exem¬ ples ne sont pas les seuls que fournissent nos annales. L’expérience nous instruit, mais ne nous corrige pas. Dans les moments critiques où le$ intérêts des grandes cités et des empires sont engagés, les chefs ont toujours la responsabilité de l’événement, ou il les élève sur le pa¬ vois, ou il les fait traîner aux gémonies, car à eux revient fatalement la gloire du succès ou la honte du revers. La catastrophe de 1358 eut un autre résultat que nous devons signaler. Le corps de ville décimé par la prescrip- Digitized by Google tion de ses principaux membres, fut entièrement renou¬ velé par une administration provisoire, qui géra pendant un mois les affaires de la commune. Dix-sept des noms qui avaient figuré dans les élections antérieures disparu-, rent de l’échevinage pour n’y plus rentrer. Treize noms nouveaux y furent introduits. Parmi Jes citoyens qui se distinguèrent dans cette jour¬ née mémorable, il en est un dont le nom mériterait d’être transmis à la postérité. C’est Jehan Boyleaue, de la cor¬ poration des brasseurs. Il y a des lettres du régent qui témoignent de sa belle conduite et surtout du succès de ses efforts pour entraîner le peuple à faire bravement son devoir. D’où vient donc que nos historiens n'ont point signalé ce nom à notre reconnaissance ? A partir de ce moment, la moyenne bourgeoisie, fière du service qu’elle avait renduj prétendit aux honneurs de l’écbevinage, et les chefs des bannières se montrèrent plus empressés à briguer les emplois municipaux. Ainsi, un événement heureux, en apparence, devait conduire la cité à la perte de ses privilèges. Chapitre II. — Etat de la ville d'Amiens pendant la minorité de Charles VI. La plus turbulente des corporations était celle des tanneurs. Ses chefs étaient les instigateurs de tous les complots, les meneurs de toutes les cabales et les ac¬ teurs de toutes les séditions. Les choses en vinrent au point que leurs intrigues réussirent à faire nommer l’un des leurs, grand compteur de la ville. Cet homme était au-dessous de ses fonctions, car il savait à peine lire et Digitized by v^ooQle — 33 — écrire. Aussi le roi cassa l'élection. De là des troubles cp*i furent cause que, l’année suivante, les mairies de ban¬ nières furent supprimées, et le système électif des offi¬ ciers de la commune bouleversé de fond en comble. Cependant il faut remarquer que cette mesure violente ne fut point un acte isolé. Elle atteignit du même coup toutes les grandes villes où les corporations s’étaient montrées hostiles au pouvoir royal. Charles VI, vain¬ queur, à Rosebecques, des Flamands révoltés contre leur seigneur, voulut profiter de son succès pour punir ses sujets de la résistance qu’ils avaient opposée à son auto¬ rité. Il le fit en leur ôtant leurs privilèges et en les frap¬ pant de nouvelles contributions. Dans la distribution de de ses rigueurs il n’oublia pas sa bonne ville de Paris où il fit son entrée par la brèche, pour annoncer qu’il allait la traiter en ville prise d’assaut. Amiens ne fut pas non plus épargné. Les commissaires généraux des finances, investis de pleins pouvoirs, ne se bornèrent pas à y éteindre l’esprit séditieux des corpo¬ rations , ils y levèrent de nouvelles tailles plus exorbi¬ tantes que celles qui avaient été le prétexte de la révolte des maillotins et de leurs adhérens. A Amiens, les rébellions avaient une cause plausible , car nulle part peut-être on ne prit, pour la levée des impôts, des mesures plus acerbes et plus propres à exas¬ pérer les habitants. Les commissaires taxaient arbitraire¬ ment la commune, décrétaient des emprunts forcés sur les plus riches bourgeois, emprisonnaient les officiers du corps-de-ville dans le lieu même de leurs séances et les y retenaient jusqu’à ce qu’il eussent voté le contingent 3. Digitized by Google — 34 — qu’on exigeait d’eux. Cependant la ville, ses registres en font fin, avait ses finances tellement obérées qu’elle n’acquittait plus les arrérages de sa dette publique, pas même les rentes viagères dont la garantie affectait les biens personnels de chacun des membres de la commune. Celle-ci, pour l’allègement de ses propres charges, était obligée dfr solliciter des octrois nouveaux qui creusaient de plus en plus l’abime des misères du peuple. Aussi la cité se dépeuplait de ses principaux habitants qui émigraient dans les autres villes afin de soustraire les débris de leur fortune aux investigations d'une fiscalité impitoyable. Tout était alors matière imposable, les cens, les rentes foncières, les loyers des maisons, les marchandises, le vin, le sel, etc. On imposait les citoyens au 20.* de leur revenu, les taverniers au quart du produit de la vente du vin en détail. En 1386, sous prétexte d’une des¬ cente en Angleterre qui ne devait jamais s’effectuer, on leva deux aides successivement, savoir : l’aide pour le passage de la mer, et la demi-aide pour le même objet, qui rappèle notre impôt de 45 centimes. C’est qu’en effet, toutes les révolutions se ressemblent : & des impôts déjà trop pesants, elles font succéder des impôts plus onéreux encore. Il est donc vrai qu’il en est des plaies sociales comme dès blessures du corps humain, et que le méde¬ cin qui veut les guérir doit les traiter par l’épuisement et le repos forcé du malade. Loin de moi. Messieurs, la pensée de faire l’application du temps passé au temps présent. J’ai trouvé dans nos ar¬ chives des documents qui se rattachent à des circonstances analogues à celles que nous traversons. Je me suis laissé Digitized by v^ooQle entraîner au désir de les mettre en évidence. Je n’y join¬ drai pas de commentaire, parce que les faits parlent assez haut, assez clair pour que je me croie dispensé d’en donner l’explication. Personne ne se méprendra sur l’en¬ seignement qui ressortira de ces simples pages. Elles prouveront une fois de plus que le peuple amiénois a tou¬ jours combattu sous le drapeau de l’ordre et du devoir, et que le bon esprit des masses , fidèle à ses antiques traditions, ne s’est jamais laissé égarer par les.mauvais exemples^ de quelque part qu’ils lui vinssent. ADMIS. M. l’abbé DetLadoue, vicaire-général du diocèse d’Amiens, membre titulaire résidant. H. Bouchard , voyer de la ville de Beauvais. Titulaires 11. Piette (Amédée), président du tri- non résidants. bunal de commerce de Vervins. U. Halliwel, de la Soc. des Antiq. de Londres, et membre correspondant. omr&Aoss oman a x.a société pendant le l. er trimestre de 1850. i,!^'Institut, n. 168, 169, 170, 171. —2.® Bulletin de là Soci^téde P Histoire de France, n. 11, 12 (1649), 1 (1850).— fc* Bbuetin dé la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3. e -4. e tri— mestrc, 1849. —4.° Revue de la Numismatique belge, tom. y, liv. 3.— 5A Séances et travaux de l’Académie de Reims, n. 5,6, 7. —6.° L’Investigateur, journal de l’Institut historique, n. 176, 177,178,179, 180, 181.— 7.° Annales de TAdadémie d’Àr- chéologie de Belgique, tom. vu, l. Te liv.—.8.° Notice sur un cimetière romain découvert en Normandie en 1849, par M. l’abbé Cochet, in-8.°— 9.° Rapport sur une découverte il’objets gau¬ lois ou gallo-romains dans les jardins du fauboug de Lyzel, près de Saint-Omer, par M. L. Deschamps, in-8°. —10.° Mé¬ moires de la Société d’Archéologie et de Numismatique de Saint- Pétersbourg, tom. i et n, et liv. 7 et 8 de 1849, in-8. Q , pl.—11.° Digitized'by v^ooQle — 36 — Catalogue général de manuscrits des bibliothèques publiques des départements, publié sous les auspices du ministre de 1 instruc¬ tion publique, tom. i, in-4°. —12.® Orderici Vitalis historiæ ec- clesiasticæ libri tredecim. (Publication de la Société de l Histoire de France), tom. 3.—13.° Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, par E. J. F. Barbier, publié pour la So¬ ciété de l’Histoire de France par A de la Villegille, tom. il. 14.° Séances publiques de la Société d’amateurs des sciences et arts de la ville de Lille, 4.® et 5. cahier, 1811-49. 15.° Re¬ cueil des fravaux de la Société d’amateurs des sciences, de 1 a- griculture et des arts de Lille, 2 vol. in-8.°, 1819-24.16.° Re¬ cueil des travaux de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille, 1825-26-27, 2 vol. in-8°. — 17.° Mémoires de la Société royale des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille, 1827 à 39-42-43-47-48, 17 vol in-8°.—18.° Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 1848-49, in-8°. — 19.° The nu- mismatic chronicle, n. 47. —20.° The journal of the British ar- chaeological association , n. 20. — 21.° Antiquités celto-germa- niques et gallo-romaines, trouvées sur le territoire de Renaix et dans les communes environnantes (Flandre orientale et Hai- naut), par E. Joly. in-8.°, —22.° Annales des sciences phy¬ siques et naturelles d’agriculture et d’industrie, publiées par la Société royale d’agriculture de Lyon, tom. x et xi, 2 vol. —- 23.° The archaeological journal, published under lhe direction ot the central committee of the British archaeological associa¬ tion for encouragement and persécution of the researches into the arts and monuments pftheearly and middleages, vol. 1-2 et n. 13,14, 13 , 16, 17, 18,21, 22, 23. —24.° Proceedings at the annual meeting of the Archaeological Institute ofGreat Britain and Ireland at Winchester, september 1845,in-8°.—23.° Memoirs illustrative of the history and antiquities of the conty and City ofYork communicated to the annual meeting of the Archaeolo¬ gical Institute ofGreat Britain and Ireland held at Yorck, 1846, 2 vol. — 26.° Bulletins des travaux de la Société libre d’émula¬ tion de Rouen, pour l’année 1847-48-49, 2 vol. — 27.° Journal du Lycée des arts, sciences , belles-lettres et industrie de Paris, tom. i, n. 1.—28.° Annales de la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département d’Indre-et-Loire, tom. xix, n. 1,3. _ OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant le l. er trimestre de 1850. Par la succession Sujol, un ornement en cuivre emaille, pa¬ raissant provenir d’un ceinturon mérovingien. Trouvé à Albert. Amiens. -- lmp. de Duval et Herment, place Périgord , 1. Digitized by v^ooQle BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE, COMITE CENTRAL. Séance du 10 avril 1850. M. Dufour donne lecture de l’introduction de son Essai bibliographique sur la Picardie, travail dans lequel il s’est proposé de refondre la partie de la bibliothèque his¬ torique du P. Lelong concernant cette province, et de la compléter en y ajoutant les travaux qui ont paru depuis la publication de cet ouvrage jusqu’à nos jours. L’au¬ teur entre dans diverses considérations sur l’utilité de l’œuvre qu’il a entreprise, et fait connaître de plus la circonscription territoriale dans laquelle il a entendu ren¬ fermer la Picardie qui, à aucune époque de notre his¬ toire , n’a jamais été parfaitement limitée. — M. Dufour dépose ensuite sur le bureau les deux premiers chapitres de son travail qui sont consacrés l’un à la Picardie en gé¬ néral , l’autre au département de la Somme en général. — M. le docteur Rigollot lit un fragment d’un mémoire sur les monnaies des comtes deSt.-Pol. Le fragment choisi par l’auteur est celui dans lequel il cherche à éta¬ blir que le comté de St.-Pol faisait autrefois partie de la Picardie. 4L Digitized by Google — 38 — — M. Dufour présente, à la suite de cette lecture, quelques observations tendant à prouver que le comté de St.-Pol, qui a appartenu à l’Artois, aurait toujours été en dehors de la Picardie. — M. de Roqucmont donne lecture d’un mémoire sur l’aveu en matière civile, dans la législation romaine, al¬ lemande et française. Séance du 8 mai 1850. — De nombreuses réclamations ayant été faites, par les membres étrangers, de bulletins qui leur manquaient, la Société décide que désormais il ne sera fait droit aux réclamations de numéros manquants que pour célui du trimestre précédent le dernier bulletin reçu. .. — La Société pensant qu’il conviendrait de distribuer dans la séance publique de cette année les médailles de Du Cange qu’elle a promises, décide qu’elle fixera ul¬ térieurement l’époque de cette séance, et aussitôt que. l’artiste aura indiqué d’une manière certaine le jour de l’achèvement de son travail. , —-Une commission composée de MM. Bouthors, Dufour et Garnier est chargée de dresser le programme des ques¬ tions qui pourront être traitées dans la séance générale. — M- Guerard lit un mémoire sur les cérémonies fu¬ nèbres comparées chez les anciens et dans le christianisme. Cette lecture sera continuée dans les séances suivantes. Séance du 15 mai 1850. — M. de Grattier entretient la Société des découvertes faites à Béthisy-St.-Picrre, près Verberie , par M. Seroux, de statues , bas-reliéfe et autres objets romains du plus haut intérêt. — M. Dufour, au nom de la commission, donne lecture Digitized by v^ooQle — 39 — du programme des questions à traiter dans la séance gé¬ nérale. Ce programme est arrêté ainsi qu’il suit : « l.° Quelles sont les découvertes gallo-romaines les » plus récentes faites en Picardie et qui intéressent da- » vantage l’archéologie ? » 2.° Faire connaître les monnaies les plus anciennes » qui aient été frappées par les évêques et les comrau- » nautés religieuses de Picardie. » 3.° Quelles sont les églises de Picardie où il existait » des labyrinthes? Quelles sont celles qui les ont conser- » vés? Quelle origine la tradition locale leur attribüe-t- » elle? » 4.° Tracer Historique des états-généraux tenus à » Compïègne le 4 mai 1358; citer les noms des princi- » paux personnages de Picardie qui y ont figuré comme » députés des villes, de la noblesse ou du clergé. » 5.° Quels sont les évènements historiques les plus » importants qui se sont accomplis dans le Beauvoisis » et qui mériteraient d'être rappelés par une inscription » commémorative? —Signaler ceux de ces évènements » qui se rattachent plus particulièrement à Histoire gé- » nérale de la France. » Séance du 12 juin 1850. — Le secrétaire perpétuel dépose sur le bureau un manuscrit envoyé au concours de 1850, ayant pour titre : La béte Canteraine , légende pi¬ carde , et pour épigraphe: Il n'est pas si petite légende qui, lorsqu'on cherche bien, ne puisse se rattacher à de nombreux souvenirs . La Société renvoie l’examen de ce mémoire à une corn- 4.* Digitized by Google — 40 — mission composée de MM. Bouthors, Breuil, Garnier, Guerard et Rigollot. — M. Guerard continue la lecture de son travail sur les cérémonies des funérailles chez les anciens et dans le christianisme. - Séance extraordinaire du 28 juin 1850. — M. Guerard reprend la lecture de son mémoire sur les cérémonies funèbres comparées. Séance ordinaire du 10 juillet 1850. — La Société in¬ formée par un des memhres de la Commission Du Cange que les coins de la médaille sont prêts à être remis à la Monnaie, arrête que la séance générale annuelle aura lieu le 18 août, et qu’il en sera donné connaissance immé¬ diatement aux étrangers par M. le Secrétaire-Perpétuel. — M. Guerard continue la lecture de son mémoire sur les cérémonies funèbres. Séance du 24 juillet 1850. —M. Guerard termine la lecture de son mémoire sur les cérémonies funèbres, par quelques considérations sur l’état actuel des droits per¬ çus par le clergé sur les funérailles, et sur les modifica¬ tions qu’il conviendrait d’y apporter. Séance du 14 août 1850. — Le Secrétaire-Perpétuel donne lecture d’un travail sur les proverbes historiques de Picardie, par M. l'abbé Gorblet. L’auteur est autorisé à en donner lecture en séance publique. — M. Bouthors lit un rapport sur les fêtes qui ont accompagné llnauguration de la statue de Du Cange. Le rapport est approuvé, et lecture en sera donnée en séance publique. — Le Secrétaire-Perpétuel termine cette série de lec- Digitized by v^ooQle — 41 — tures par celle de son rapport sur les travaux de l’année. — La Commission du concours est entendue dans son rapport. Elle pense que la Société doit se montrer d’au¬ tant plus sévère qu'elle avait abandonné le sujet au libre choix des concurrents, et que, vu le peu d'importance du sujet qui cependant présente plus d'une recherche intéressante, il n'y a point lieu de décerner la médaille. La Société adopte les conclusions de ce rapport. En con¬ séquence , le bulletin renfermant le nom de l’auteur est brûlé par M. le Secrétaire-Perpétuel qui fait constater auparavant que ce bulletin élait intact. Séance générale du 18 août 1850. —La séance est ou¬ verte à dix heures du matin, sous la présidence de M. Bisson de la Roque, président de la Société. Sont présents : MM. Dufour, l’abbé Jourdain, Leprince, Guerard, Rigollot, Lemerchier, Dorbis , Bouthors, Tillette— d’Acheux, Breuil et Garnier, membres titulaires rési¬ dants. MM. Ledicte-Duflos, directeur du comité de Clermont; Woillez (Eug.), Feret et Bellanger, membres du même comité. • MM. Danjou et Dumoulin, du comité de Beauvais ; — Jferdouin , Damiens, Cotelle et l'abbé Corblet, de Paris; «ntDe iBaecker , de Bergues ; —Descharops , de Saint- Omer ; — De Lin as, d’Arras. ibLa Soèrétalre-perpétud donne lecture dé la correspon¬ dance. - I .° M. le Président de la Société académique de l’Oise invite la Société à la séance solennelle qu’elle tiendra à Digitized by Google Beauvais, le 26 août, à 7 heures du soir, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Ville, et à l'inauguration de son Musée qui aura lieu le 27 à 10 heures du matin. 2.° M. le Recteur de l’Académie d’Amiens informé la Société qu’il ne pourra assister à la séance publique. Il aurait tenu, dit-dl, aujourd’hui plus que jamais, & témoi¬ gner publiquement à la Société tout l’intérêt qu’il porte à ses travaux si éminemment utiles. ‘ — M. le Président remercie les Membres étrangers qui ont bien voulu répondre à l’appel de la Société et témoi¬ gner de leur sympathie pour ses travaux en venant y prendre part; il félicite te ville de Beauvais de pouvoir, plus-heureuse que te ville d’Amiens, réunir,dans un local convenable les collections qu’elle a formées ; il ne douté pas que l’exemple des premiers donateurs ne trouve des imitateurs nombreux, et que les objets mieux appréciés né soient aussi recueillis avec plus de sein, et ne provoquent dans la jeunesse des écoles le goût des études historiques et archéologiques qui se développe tous les jours de plus en plus. M. Ledicte'’Duflos, directeur du Comité de Clermont, exprime, au nom du Comité, le regret que lui a fait éprouver le départ de 3 de ses membres lés plus actifs fil. Woillez (Emmanuel) qui préparait quelques travaui, M. Bazin et M. Billard qui s’était occupé de recherches sur l’église de Cambronne, à laquelle il laisse un registre dans lequel il a consigné l’histoire et la description de cette paroisse. Les autres membres n’ont pas été sanatra- vailler.—M. Bellanger a dressé les plan, coupe et éléva¬ tion de l’église d’Agnetz dont la construction remonte aux Digitized by Gc $le 13.® siècle, excepté le chœur qui appartient au xvi e .—M. Eugène Woillez a continué son ouvrage sur l’archéologie des monuments de Beauvaisis dont il vient d’achever l’impression. — M. Féret continue le dépouillement des archives de la ville et ses recherches biographiques sur les hommes qui ont illustré Clermont. — Quant à lui, il s’est occupé de la description des objets trouvés dans le camp de Catenoy, objets qu’il a offerts au Musée de Beauvais. M. le Président remercie M. Ledicte-Duflos de son rap¬ port et de l’habile direction qu’il donne aux travaux du Comité de Clermont. — M. Danjou regrette que M. le docteur Daniel n’ait pu se rendre à la réunion. Mieux que lui il eut fait connaître les travaux du Comité de Beauvais auquel il prend la part la plus active. Il rappelle les recherches de M. Daniel sur l’ancienne enceinte de Beauvais, celles de M. Dupont-Withe sur ses hommes de guerre, une notice sur l’iconographie religieuse et le soin que le Comité a apporté dans l’inauguration et le classement de son Musée. M. le Président félicite le Comité du succès qui a cou¬ ronné son zèle. La création d’un Musée ne peut qu’activer le développement qu’est appelé à prendre le Comité et la Société sera heureuse d’y participer autant qu’il sera en elle. — M. de Linas entretient la Société d’un MS. faisant partie de la bibliothèque si remarquable de M. Yan der Cruissc de Lille. Cette bibliothèque, dit-il, renferme un magnifique missel sur velin, in-folio, imprime h Rouen Digitized by Google — 44 — en 1506 chez Martin-Morin. Ce missel fait exprès pour l’usage de François de Halvin (sic), 64.° évêque d’Amiens, est augmenté de 54 feuillets manuscrits contenant les préfaces notées pour toute l’année et le canon de la messe. On y voit outre plusieurs lettres ornées, aux armes de la maison d’Halewyn, deux grandes grisailles dont l’une représente Ste.-Barbe et l’autre l’évêque de Halewyn à genoux devant un prie-Dieu, les yeux fixés sur St.-François son patron. On lit au bas de la page, en minuscule du xvn. e siècle : François de Halvin , 64. e évêque d’Amiens depuis saint Firmin , ce missel a été fait pour lui. Ses armes sont d’argent, à trois lionceaux de sable armés et couronnés d’or et lampassés de gueules deux et un, à l’écu en abime, d’azur à la fasce d’or ac¬ compagnée de six billettes de même, trois en chef, trois en pointes. M. le Président remercie M. de Linas de cette commu¬ nication. M. Garnier ajoute que la connaissance seule de ce nou¬ vel exemplaire sur velin du missel de 1506 n’eût point été sans intérêt, car celui de la bibliothèque d’Amiens était le seul connu. Le travail de M. Frère sur l’impri¬ merie à Rouen, et le catalogue des ouvrages sur velin de Van Praët n’en font point mention. —M. Bellanger fait hommage des plan, coupe et éléva¬ tion de l’église d’Agnetz, arrondissement de Clermont, et d’un exposé descriptif de l’état de cette église dont la nef re¬ monte au xm e siècle, tandis que le chœur date seulement du xvi e . Cette belle et grande église tomberai t bientôt en ruines si les réparations nécessaires n’étaient prochainement exé- Digitized by v^ooQle — 45 — cutées. L’importance des travaux et les faibles ressources de la commune lui donnent l’assurance, dit M. Bellanger, que le classement au nombre des monuments historiques peut seul en assurer la conservation. M. le Président remercie M. Bellanger de ses dessins dont tous les membres de la Société ont loué le fini et la précision, et propose à la Société d’émettre le vœu que le Conseil général de l’Oise veuille bien en solliciter le classement au nombre des monuments historiques. Cette proposition est mise aux voix et adoptée. En con¬ séquence M. le Président charge MM. Bouthors , Ledicte- Duflos et Hardouin de rédiger cette demande qui est vive¬ ment appuyée par les membres du Comité de Beauvais. —M. Cotelle présente l’analyse d’un mémoire sur cette question : A quelle époque la corvée des chemins fut-elle supprimée dans l’ancienne Picardie au profit du peuple des campagnes? —Cette mesure d’ordre et de justice a-t-elle été le fruit de la sollicitude personnelle de ses Intendants, comme cela eut lieu pour la généralité de Caen, en 1758, et pour le Limousin, en 1764? ou bien la Picardie n’en a-t-elle ressenti les effets qu’en vertu des célèbres édits du roi Louis xvi, de 1776 et 1787, concer¬ nant l’abolition des corvées? — Cette taxation arbitraire a-t-elle au moins procuré des résultats avantageux à la province et qui puissent faire absoudre l’ancienne admi¬ nistration ? M. le Président remercie M. Cotelle. L’analyse du travail, dit-il, a donné la mesure de l’intérêt du mémoire qui se rattache à une grande question de législation qui reste encore à résoudre. L’assiette de l’impôt, en ce qui Digitized by Google — 46 — concerne les chemins, donne aux recherches de M. Colelle un intérêt d’actualité qui en augmente encore le prix. — M. Férct lit une note ayant pour but de fixer le lieu de la naissance de Fernel. Il fait voir que Plantius, St.-Romuald, Moréri et Bayle l’ont, avec raison, fait naître à Clermont, et s’appuye d’un manuscrit de l'hos¬ pice civil de cette ville de 1532. C’est à l’hôtellerie du Cigne, située au faubourg d’Amiens, que naquit le célèbre médecin de Henri II. Nous aimons, dit M. le Président, en remerciant M. Féret de cette communication, à voir les localités se montrer jalouses des célébrités auxquelles elles ont donné naissance. Les hommages aux illustrations des temps passés témoignent des sentiments nobles et généreux de ceux qui les rendent. — M. Hardouin lit une notice sur Grotius, célèbre publiciste né à Delf en 1563, dont le livre sur le droit de la nature et des gens a rendu le nom immortel. Les détails biographiques et les aperçus nouveaux dans lesquels l’auteur est entré excitent au plus haut degré l’attention de la Société. M. le Président félicite M. Hardouin de ce remarquable travail et de Pheureux emploi qu’il a sufairedejses loisirs pour nous faire connaître un homme non moins célèbre comme historien que comme juriste. — M. le Président invite les membres de l’assemblée qui auraient à proposer des questions de prix pour 1852, à demander la parole. — M. le Secrétaire perpétuel présente la question sui¬ vante, au nom de M< Arthur Dioaux, lequel a exprimé son Digitized by Google — 47 — regret de n’avoir pu , comme il l’avait cxpéré, assister à la séance: Recherches sur la littérature poétique de la Picardie dans les xii. e , xm. e et xiv. e siècles. Il serait beau , écrit M. Arthur Dinaux , à une compa¬ gnie qui a déjà éclairé tant de parties importantes con¬ cernant les mœurs, les coutumes et les usages du moyen- âge, de provoquer et de diriger des recherches sur une littérature si riche en toutes choses. Faire sortir de la poussière des vieux codex les antiquités littéraires de la province, en même temps qu’on explore et qu’on explique ses antiquités archéologiques, c’est faire marcher de front deux suites d’explorations qui s’éclaireront les unes par les autres; car les trouvères du pays, toujours naïfs, toujours peintres vrais de ce qu’il voyaient, de ce qu’ils sentaient, sont les meilleurs et les plus surs cicérones de ceux qui veulent parcourir et sonder les profondeurs du moyen-âge. Ces fidèles et souvent indiscrets narrateurs des siècles passés dévoilent sans la moindre réserve les mystères de la vie intime, et leurs écrits sont à la fois des monuments du vieux langage et des documents irrécu¬ sables sur l’histoire privée de nos ancêtres. Il y aurait là bien des noms à faire revivre, et les modernes habitants de la Somme , de l’Aisne et de l’Oise ne se doutent peut-être pas du nombre des rimeurs de l’ancienne Picardie poétique; déjà l’abbé de la Rue a exhumé les trouvères normands; M. Paris s’occupe de ceux de la Champagne et de l’Ile de France; cet ensemble, si j’ose y joindre mes propres recherches sur les trouvères du Cambresis, de Flandre et du Hainaut, formerait une Digitized by v^ooçle — 48 — histoire presque complète des poètes de la langue d’OiL — M. Dufour propose pour sujet de prix : Dresser le catalogue général, analytique et raisonné des manuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui intéressent Vhistoire de la Picardie. Il existe , dit-il, des fonds qui ont été signalés déjà, le fonds Dom Grenier et le fonds Du Cange; mais une multi¬ tude de travaux relatifs à la province de Picardie sont tout à faits inconnus, et le catalogue qu’il propose d’en dresser, en en faisant connaître l’existence, fournirait à ceux qui s’occupent de notre histoire de nouveaux matériaux et des plus importants. Il n’est pas probable que la bibliothèque nationale publie bientôt le catalogue de ses manuscrits. Ce serait donc rendre à l’histoire de la province un immense service que de découvrir ces sources qui sont destinées à rester enfouies si longtemps encore. —Aucune autre question n’étant présentée , M. le Pré¬ sident déclare la discussion ouverte. — M. Cotelle, sans contester ce que la science histori¬ que gagnerait à la publication de l’inventaire demandé, ne pense pas qu’un pareil travail puisse être mis au concours. La bibliographie est peu répandue, et la réponse à la ques¬ tion n’est possible que pour un petit nombre de personnes assez heureusement placées pour avoir accès aux manus¬ crits de la bibliothèque nationale. Il ajoute qu’une per¬ sonne entreprenant ce travail,aucune autre n’essayera de lutter contr’elle, puisque ces travaux, tout d’analyse et de patience, n’offriraient aucun caractère d’originalité, rien de propre qui les fit distinguer. 1 — M. Breuil partage cette opinion. Il croit qu’il faudra Digitized by Google — .49 — un très long temps pour dresser cet inventaire, que le temps donné ne suffira point, et que d’ailleurs l’intérêt tou t spécial et la nature du mémoire n’appellent point les con¬ currents* Le but proposé ne peut donc être atteint que par une exception. —M. Garnier rappelle qu’il avait proposé pour question de prix dans la dernière assemblée générale : Etudes et recherches sur les poètes picards jusqu'au xvi. e siècle; que ce sujet n’avait été écarté que parce qu’une question littéraire proposée précédemment venait d’être couronnée. Il appuyé donc la question proposée par M. Dinaux, elle peut fournir matière à des recherches biographiques, lit¬ téraires et philologiques d’un haut intérêt, et démontrer que l’imagination des habitants du Nord ne fut pas tou¬ jours aussi froide qu’on se plait à le redire, et que le nom de nos trouvères peut lutter avec quelque gloire contre la réputation plus répandue des troubadours. Ce serait d’ailleurs le complément des recherches que la Société a commencées, il y a un an, sur la langue picarde. — M. Ledicte-Duflos appuyé celte proposition. Il croit ce sujet plus propre à un concours , l’imagination y a une plus grande part et il a l’avantage immense de pouvoir être traité en dehors de la bibliothèque nationale où l’autre question exige un séjour assidu. —M. Dufour insiste sur l’importance qu’il y a pour notre histoire locale à connaître les ressources si nombreuses et si variées que peut lui offrir la bibliothèque nationale. Il pense aussi que l’on se méprend sur l’étendue du travail qu’il propose. Le titre, la nature, la désignation du document, une analyse sommaire suffit pour en faire con- Digitized by /Google naître la valeur. Les notices si curieuses de M. P. Paris sur les MS. français sont un modèle en ce genre que les concurrents pourraient suivre. Enfin ce travail peut être envisagé sous des rapports si différents , qu’une distinc¬ tion entre le mérite de plusieurs inventaires des mêmes manuscrits serait très-facile à établir. M. Dufour ne conteste point d’ailleurs l’intérêt de la ques¬ tion présentée par MM. Dinaux et Garnier; mais les œuvres de nos trouvères picards ne seront elles pas plus facilement étudiées, lorsque l’inventaire bibliographique qu’il sollicite révélera à la bibliothèque nationale une foule de maté¬ riaux qui échapperaient sans doute aux investigations des concurrents. Un catalogue peut paraître un travail aride ; mais aucun ouvrage ne serait d’un usage plus fréquent et plus général pour tous ceux qui se livrent à des recherches historiques sur la Picardie. — M. Ilardouin soutient la proposition de M. Dufour, mais il propose de substituer le mot : Histoire des manus¬ crits h celui de catalogue général, analytique et raisonné * La question ainsi formulée laisserait aux concurrents plus de latitude. Le catalogue est une œuvre de patience que l’on ne saurait guère mettre au concours. Une histoire au contraire permet d’envisager les manuscrits sous des points de vue différents et fournit des appréciations de na¬ ture à être discutées et pesées, plutôt qu’un inventaire qui n’examine que le document en soi et n’en fait con¬ naître que l’état matériel. —M. Bouthors, sans se prononcer en faveur de la ques¬ tion, croit que le mot: histoire des manuscrits donnerait à la proposition dé M. Dufour un tout autre aspect; que les Digitized by v^ooQle — 51 — concurrents envisageant les manuscrits au point de vue de leurs possesseurs successifs et des vicissitudes qu’ils ont éprouvées, s’égareraient loin du but, l’intention étant d’obtenir simplement un inventaire des sources de notre histoire* —M. Garnier demande, si la question de M. Dufour est admise , qu’elle soit restreinte ; que le mot général soit supprimé, et qu’il y soit ajouté que les manuscrits de Du Cange el de Dom Grenier ne seront point compris dans ce travail . M. Dufour déclare adhérer à cette proposition. Apres une discussion à laquelle plusieurs autres mem¬ bres prennent part pour appuyer l’une ou l’autre des deux propositions, M. le Président déclare la discussion fermée et le scrutin ouvert pour le choix de l’une des deux questions. Les voix se partagent ainsi : Onze voix pour les trou¬ vères et quinze pour le catalogue. En conséquence la question de prix pour 1852 sera la suivante : Présenter le catalogue analytique el raisonné des ma^ nuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui inté¬ ressent Vhistoire de la Picardie . (Les manuscrits de Du Cange el de Dom Grenier ne seront point compris dans ce travail.) La séance est levée à une heure moins un quart* Séance publique du 18 août 1850. —A deux heures de relevée, la Société s’est réunie en séance publique dans la grande salle de rHôtel-dc-Villc, sous la présidence de M. Bisson de La Roque, son Président. Digitized by v^ooQle — 52 Un* auditoire nombreux, au milieu duquel on remar¬ quait un grand nombre de dames, de magistrats et: de fonctionnaires, remplissait la salle. L’appariteur ayant annoncé la Société, M. le Président fait placer à sa droite M. le Préfet de la Somme, et M. Danjou , directeur du Comité de Beauvais; à sa droite M. le Maire d’Amiens, et M. Ledicte-Duflos, directeur du Comité de Clermont. M. le Secrétaire perpétuel , M. Bouthors, M. Breuil et M. l’abbé Corblet prennent place au bureau autour duquel sont rangés les membres de la Société. M. le Président ouvre la séance par un discours dans lequel il indique le but éminemment patriotique des tra¬ vaux de la Société. — M. le Secrétaire perpétuel lit un rapport sur les tra¬ vaux de la Société pendant l’année 1849-1850 — M. l’abbé Corblet lit un travail ayant pour titre : Dictons historiques relatifs à la Picardie. — M. Breuil, après avoir rappelé l’histoire abrégée des travaux de Galland, le traducteur des Mille et une nuits , et annoncé que la Société s’est empressée de' souscrire,au monument que la commune de Bollot doit élever au con¬ teur, à l’orientaliste, à l’antiquaire et au numismate célèbre qu’elle a vu naître, donne lecture d’une pièce de vers qu’il a composés pour la cérémonie prochaine de l’inauguration^ — M. le Secrétaire perpétuel annonce que la Société décernera, dans sa séance annuelle et publique de 1851, une .médaille d’or de la valeur de 300 fr. à l’auteur du> meilleur mémoire sur cette question : Signaler et décrire les constructions civiles renfermées Digitized by v^ooQle dans la circonscription d'un ou de plusieurs arrondisse¬ ments de tancienne Picardie , depuis les temps les plus re¬ culés jusqu'à la fin du xvn. e siècle . Dans sa séance annuelle et publique de 1852 , elle dé¬ cernera une médaille d’or de la même valeur, et propose pour question de prix : Présenter le catalogue analytique et raisonné des ma¬ nuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui intéres¬ sent Vhistoire de la Picardie, ( Les manuscrits de Du Cange et de Dom Grenier ne seront point compris dans ce tra¬ vail J. Les mémoires doivent être adressés , pour le concours de 1851, avant le l. er juin 1851, et pour le concours de 1852, avant le l. er juin 1852, à M. J. Garnier, secré¬ taire-perpétuel, conservateur de la Bibliothèque publique d'Amiens. Les mémoires ne seront point signés et porteront une épigraphe qui sera répétée sur un billet cacheté renfer¬ mant le nom de l’auteur : ils devront être inédits et n’a¬ voir point été présentés à d’autres sociétés. Tout mémoire présenté au concours deviendra la pro¬ priété de la Société; l’auteur ne pourra le retirer : il aura la faculté d’en prendre copie. — M. Bouthors lit un rapport sur les fêtes qui ont ac¬ compagné, le 19 août 1849, l’inauguration delà statue de Du Cange. (Voir plus loin page 81.) L’assemblée a surtout vivement applaudi le passage de ce rapport où il est dit « que le trépas de Caudron n’a point éteint la dette de reconnaissance que la Société a contractée envers lui, et que Caudron fils la remerciera de 5. Qjaitized by Google ne pas le frustrer du seul bien qui lui reste de la succession paternelle. » Et cet autre : « Si quelqu’un a des droits .in¬ contestables à la médaille de Du Cange, c’est assurément celui de nos collègues qui, pendant cinq ans, comme secré¬ taire de la commission du monument, ne s’est épargné ni peines, ni soins, ni voyages, ni démarches de toute nature et de tous les instants pour mener à fin une entreprise re¬ tardée par tant d’incidents et de difficultés. Grâce à lui tous les obstacles ont été surmontés, toutes les résistances vaincues. Pour prix de cette persévérance couronnée par un si heureux résultat, vous lui avez voté une médaille de vermeil dont l’inscription bien mieux que mes paroles dira ses titres à cette honorable distinction ; elle porte pour légende : La Société des Antiquaires de Picardie à M . Charles Dufour, témoignage de reconnaissance. » M. le Président remet la médaille à M. Dufour et lui donne l’accolade au milieu des applaudissements de l’as¬ semblée. Ces applaudissements se renouvellent non moins vive¬ ment quand le président appelle le jeune Caudrôn pour lui remettre la médaille eur laquelle est re^odiike l’oeuvre dé son père. — M. Dufour, secrétaire de la commission Du Cange y proclame ensuite les noms de eeux qui, dans les fêtes, ont mérité des médailles. La musique de la garde nationale à laquelle une de ces médailles est décernée, avait bien voulu contribuerii l’é¬ clat de la séance par divers morceaux d’harmonie de la plus heureuse exécution. Séance générale du 19 aout *1850. -r- Présidence de Digltized by Google — 55 — M. Bisson de Laroque, président. — La séance est ou¬ verte à dix heures. Sont présents MM. Dorbis; Rigollot ; Lcprince; Gué- rard; Bouthors; Tillettc d’Acheux ; Lemerchier; Gar¬ nier et Dufour, titulaires résidants. MM. Ledicte-Duflos ; Corblet; Darsy ; Cotelle; Da¬ miens; Deschamps ; de Baecker et de Linas, membres ti¬ tulaires non résidants. — Le Secrétaire perpétuel fait hommage à la Société, de la part de M. Féret, de Clermont, de deux pièces ma-, nuscrites ayant pour titre l’une : 1. ° « Observations sur le nouveau mémoire desfabri- » cants d'Amiens, 4 pages in-folio, sans date. » 2. ° L’autre : — « Recherches historiques sur la ville » de Clermont (Oise). Une fête au commencement du » xvii. e siècle pendant le séjour de Henri II, prince de » Condé, seigneur comte de Clermont (5 juillet 1G15). De la part de M. Deschamps, de S.M)mer : 1. ° « Accord entre les abbés et couvent de S^-Sauvc » à Montreuil et Philippe de Créquy, seigneur de Vcrton, » au sujet du droit de tonlieu et autres sur les terres » dépendant du couvent audit lieu de Yerton (l. er juin « 1353). » 2. ° « Convention entre les Maires et Echevins de Mon- » treuil-sur-mer et le couvent des Chartreux de Notre- » Dame-des-Près la Neuville, au sujet d’une maison » avec jardin qui leur a été donnée dans l’intérieur de la » ville après les dommages causés à eux par la guerre » (15 décembre 1371). » (Les originaux de ce3 chartes 5/ by CjOO^Ic «À — 56 — appartiennent à la bibliothèque de la Société des Anti¬ quaires de la Morinie). — M. Bouthors, au nom de la commission nommée dans la séance générale de la veille, lit le projet' de délibé¬ ration suivant relatif à l’église d’Agnetz (arrondissement de Clermont, Oise). « M. Bellanger, membre titulaire non résidant, fait hommage à la Société des plans, coupe et élévation de l’é¬ glise d’Agnetz qu’il a dressés dans la vue d’appuyer la de- mande de secours que la commune a faite au gouverne¬ ment pour obtenir que cette église fût réparée aux frais de l’Etat et classée parmi les monuments historiques. » Il expose à rassemblée que le conseil de l’arrondisse¬ ment de Clermont a accueilli cette demande par un vote favorable, et il exprime le désir qu’un vœu émis par la so¬ ciété en séance générale, le recommande à la sanction du conseil général de l’Oise. » Apres avoir entendu les observations des membres des Comités de Clermont et de Beauvais présents à la séance ; » Vu les plans et l’exposé descriptif de l’église d’Àgnetz produits par M. Bellanger, architecte de l’arrondissement de Clermont ; » Considérant que cette église, par son ancienneté, le caractère bien marqué de son architecture et l’état de dé¬ gradation dans lequel elle se trouve, est digne de toute la sollicitude du gouvernement ; » Qü’eh effet tes fenêtres de la nefoü*da clocher, par leur disposition et leurs formes, ainsi que les corniches, par leurs festons en feuilles recourbées; tendent à établir que cette partie de l’édifice doit être rangée parmi les constructions Digitized by Google du xiii. e sièle, tandis que le chœur, par les pendentifs dont les voûtes sont ornées, par les hautes et étroites fenêtres géminées qui éclairent le sanctuaire, par ses contreforts massifs et par la balustrade à claire-voie qui couronne le chevet, accuse le xvi. e siècle ; qu’une partie des vitraux conservés accuse la date de 1540; » Considérant que l’Église d’Agnetz est en grande véné¬ ration dans le pays; qu’elle est le but d’un pèlerinage très-suivi, mais que la commune est trop pauvre pour pourvoir aux urgentes réparations que son état nécessite ; » La Société émet le vœu que l’église d’Agnetz soit classée parmi les monuments historiques ; » Charge le Comité de Clermont de transmettre l’ex¬ pression de ce vœu au Conseil général de l’Oise ; » Vote des remerciements à M. Bellanger, et ordonne le dépôt dans ses archives des plans dont il est fait hommage. » La Société adopte à l’unanimité le projet de délibération dont il vient d’ètre donné lecture. — M. Damiens a la parole. Il présente l’analyse des travaux auxquels il s’est livré pour l’ouvrage qu’il prépare sous le titre de Recherches sur les historiographes de la Picardie, indique le plan qu’il a suivi et les divisions qu’il a adoptées, et donne, à la fin de cet exposé, lecture d’un chapitre relatif à l’état de la Gaule Belgique vers l’an 420. M. le Président félicite M. Damiens qui ne se décourage point devant l’immensité du plan qu’il s’est tracé et dont il poursuit l’accomplissement avec autant de persévérance que de zèle. Ce nouveau travail deviendra, s’il veut bien le confier à la Société, l’objet d’un examen approfondi, car Digitized by Google — -58 — une simple analyse n’a pu qu’exciter l'attention ët Finies rêt de rassemblée, sans lui laisser le temps d-en saisir, comme elle le voudrait, tous les détails. La Société savait que M. Damiens continuait le cours de ses travaux et cette communication en est une preuve pleine d'intérêt. —M. Damiens demande à présenter quelques réflexions sur la 5.® question du programme, ainsi conçue : <( Quels sont les événements historiques Tes plus impor- » tants qui se sont accomplis dans le Bcauvoisis et qui » mériteraient d’être rappelés par une inscription com- » mémorative? Signaler ceux de ces évènements qui se » rattachent plus particulièrement à l’histoire 'générale » de la France. » Les Antiquaires, dit-il, n’ont pas seulement à conser¬ ver la mémoire des faits anciens, mais ils ont encore à la glorifier lorsque la vérité historique l’exige. Il y avait chez les anciens des autels aux dieux inconnus. Après ce que tous les enfants de la Picardie ont fait dans tous les temps pour le bien de la France, un jour viendra peut- être ou Ton sentira qu’il convient d'érigèr quelques sim¬ ples colonnes, de célébrer quelque commémoration so¬ lennelle sur les divers théâtres de leurs vertus , soit guer¬ rières, soit civiques, en Fhônneur de tous ceux de nos ancêtres qui ont partagé cette communauté d ? eflorts et de persévérance à toute épreuve dans l’intérêt de îàr fohda’- tion et du maintien de la nationalité française. Dans tous nos cantons, sur tous les points de notre ancienne pro¬ vince, combien, je ne dirai pas seulement de villes, mais de bourgs, de hameaux dont les titres à cet hommage commémoratif sont comme perdus. Rappelant ici lesprin- Digitized by Google —, 59 — cipaux , on aimerait à voir quelques-unes de ces colonnes l.°dans le Laonnois, en mémoire de la naissance de saint Remy, médiateur de la transaction politico-reli¬ gieuse entre la France et les Belgo-Romains. 2. ° Dans les champs catalauniques, en l’honneur des guerriers belges qui se joignirent aux guerriers francs contre Attila. 3. ° A Boulogne, en l’honneur de Gaudefroy de Bouil¬ lon et de ses compagnons d’armes. 4. ° Sur les ruines de l’abbaye de la Victoire, près Senlis , en mémoire de la bataille de Bouvines. 5. ° A Reims, en mémoire du siège de Reims et des Picards auxiliaires des Rémois. 6. ° A Abbeville, en l’honneur de Ringois, martyr de notre nationalité. 7. ° A Longueil, près Compiègne, en- l’honneur du grand Ferré et de ses compagnons. 8. ° A Domrémy, et au Crotoy, en l’honneur de Jeanne d’Arc. 9. ° A Beauvais, à Péronne, à Saint-Riquier , à Saint- Quentin , à Guise etc., en mémoire des sièges soutenus par les habitants de ces cités. — M. Bouthors croit être l’interprète de la Société en remerciant M. Damiens de la communication qu’il a faite des évènements importants auxquels la Picardie a pris part, mais il croit que l’auteur a donné à la question un développement trop large , qu’il ne s’agissait point de rappeler les faits historiques dans lesquels la Picardie avait joué un rôle glorieux, mais seulement les localités du Beauvaisis qui en avaient été le théâtre. Digitized by Google -T- 60 — —M. Dufour ajoute qu’il est l’auteur de cette question et qu’eu la proposant et la Société en l’acceptant, on avait, demandé seulement s’il existait dans le Beauvaisis des localités où des faits importants de notre histoire s’étaient accomplis et qu’une inscription gravée sur une colonne ou placée sur la façade d’une maison pût rappeler. -t-M. Ledicte-Duflos applaudit avec M. Bouthors aux' recherches générales de M. Damiens qui a résumé en quel¬ que sorte l’histoire de la province au milieu des faits de l’histoire générale, et fait ressortir les faits les plus sail¬ lants de son action dans la fondation de notre nationalité ; le Beauvaisis a aussi sa part dans ce mouvement, et s’il n’a pas joué un rôle isolé, il a été aussi en concours avec les autres parties. Il manque donc seulement au tra- vail de M. Damiens des conclusions qu’il n’a point for¬ mulées. — M. Éôtelïe, en félicitant M. Damiens les piaffeux d'E - vreuXj les jureurs de Bagneux , et les truands de Nor ¬ mandie? Mais aujourd’hui la meilleure intelligence et la plus cor¬ diale entente règne entre les deux pays. Nous croyons vo¬ lontiers que Si bonne n'était Normandie, Saint-Michel n’y seroit mie; et les Normands, en échange de courtoisie, conviennent que la franchise, née picarde , a le cœur à la main. Cette sincère réconciliation nous prouve que de même que tout 6 . Digitized by Google 70 — bon Picard se ravise, ainsi Le Normand a son dit et son dédit. Il existe un vieux proverbe heureusement peu connu , dont nous ne saurions^accuser les Normands : c’est celui qui prétend que « pour retrouver leur maître les chiens normands regardent en haut et les chiens picards en bas. » Ce proverbe n’est élogieux que pour la race canine, puis¬ qu’il suppose assez d’intelligence aux chiens normands, pour comprendre que leurs maîtres méritent souvent d’être pendus, et assez de mémoire aux chiens picards, pour se rappeler que l’amour peu réglé dü cidre et du poiré force parfois leurs maîtres chancelants, à accepter pour lits, les rues et les grandes routes. Mais comme cet adage com¬ promet à la fois et les Picards et les Normands , nous ne saurions incriminer ces derniers. Quelle est donc la pro¬ vince qui a pu aiguiser ce proverbe à deux tranchants? Peu nous importerait si c’était un Manceau valant un Nor¬ mand et demi, car Du Mans le pays est bon, Mais aux gens ne se fie-t-on. Un Bourguignon pourrait bien avoir eu cette audace, puisque Quand on a passé par Bourgogne, On a perdu toute vergogne. Serait-ce la Bretagne qui nous aurait accusé d’un défaut dont elle n’est guère innocente ? Ce serait bien alors le cas de dire que . Les plus fols sont en Bretaignel Digitized by v^ooQle — 71 — Je soupçonnerais plutôt les Lorrains de ces méchancetés Lorrain, vilain, Traître à Dieu et à son prochain, pour ne point mériter cette dernière épithète, je pardonne¬ rais au Poitou de nous avoir mal traités, et je me garde¬ rais bien de riposter en disant : Ne se faut esbahir s’il y a université de lois à Poicliers, veu qu’il y a tantd’asnes. Mais la charité a des bornes, et s’il m’était démontré que le proverbe en question nous arriva de Reims ou d’Eper- nay, je ne pourrais point me refuser l’innocente vengeance de refaire l’addition tant de fois vérifiée de quatre-vingt- dix-neuf moutons et d’un Champenois . Certaines appellations d’apparence injurieuse n’ont pas l’origine blessante qu’on pourrait leur supposer de prime abord. J’en citerai pour preuve trois exemples : Les sots de Ilam , les singes de Chauny, et les bobaus de Rue. Tout le monde sait qu’une célèbre compagnie de sots ou de fous était autrefois établie à Ham. La petite fille du der¬ nier prince vivait encore en 1735. C’est cette joyeuse as¬ sociation, plus renommée que celles d’Amiens, de Beau¬ vais, de Cambrai et des autres villes du nord de la France qui a donné lieu au dicton des sots de Ham. Une chronique fort suspecte raconte que la municipalité de Chauny voulant peupler de cygnes les eaux qui entou¬ rent cette petite localité, en fit la demande à la ville de Paris. Celui qui fut chargé d’écrire, soit par distraction, soit par ignorance, mit cynges au lieu de cyngnes. Or, comme on orthographiait autrefois le mot singe par un c et un y (cynge), les Parisiens envoyèrent à Chauny une collection 6 .* Digitized by Google — 72 — de sapajous. De là serait venu le dicton des singes de Chauny.Si non e vero,bene trovato. Mais il nous paraît heaucoup plus probable que ce surnom provient de ce que les arquebusiers de Chauny portaient la figure d’un singe Sur leur bannière ou bien encore, comme le croit M. Boi¬ leau de Maulaville (1)., de ce que les habitants de Chauny, avaient au moyen-âge un goût très-prononcé pour les jeux publics, les jongleries et lès singeries. Nous voudrions également innocenter les habitants de Rue delà maligne accusation qu’on porte contre eux, en les appelant bobaus, mot romano-picard qui signifie niats ou nigaud. On prétend que voulant faire reculer leur église, qui était trop près de la route, ils essayèrent de la pousser à force d’épaules. L’un des travailleurs, én glissant sur un terrain humide, crut avoir fait avancer l’église et s’écria : Elle marche 1 elle marche! Depuis ce temps, dit la légende orale, on traita les habitants de Rue de bobaus. Mais nous trouvons matière à une interprétation beaucoup plus judicieuse dans le nom de Beaubeau, donné à une image miraculeuse conservée dans l’église de Rue çt ainsi nommée à cause des présents dont l’enrichit Isabeau dé Bavière. On attribue la même folie aüx paroissiens de S.t-Ger- main, à Amiens, pour expliquer le dicton : ' S.t-Germain coucou Ch’est le paroësse d’chés fous S.t-Iacqueâ ■ Paroësse ed’chés braques. • (1) Notice sur un proverbe de Picardie, dans te tome VI.* des Mém. de l’Académie celtique. Digitized by Google — 73 — D’autres prétendent que la fahrique aurait jadis refusé une fondation consistant en un fief sis à Mésières, lequel rap¬ portait un septier de blé par jour, et que leur refus unique¬ ment basé sur le trop bas prix du blé leur avait attiré la punition de ce dicton moqueur. Mais notre collègue, M. Guérard, a récemment vengé l’honneur de ses devan¬ ciers, en montrant que ce dicton chanté par les enfants, la veille de la Saint-Germain, était une simple réminiscence de la fête des fous, qu’on célébrait autrefois le l. er mai (1). C’est ainsi qu’en remontant à l’origine des choses, on voit beaucoup de proverbes se dépouiller de leur apparence malveillante, et nous sommes certains, qu’en faisant subir cette épreuve à tous nos dictons, on trouverait même dans plusieurs d’entr’eux une glorification d’autant plus précieuse qu’elle serait moins attendue. Nous espérons que le seul énoncé de cette proposition suffira pour con¬ soler les larrons de Vermand , les beudets de Flessel, les grands pieds de Naours , les ésons (2) d'Apilly, les cochons de Crépy, les hurons d'Argecourl, les salops de Coisy , les carimaros (3) de Berlangles, les ahuris (4) de Candase t de Vironchaux . Il y a des proverbes qui s’élèvent jusqu’à la dignité de l’histoire, en perpétuant le souvenir de quelque grand évé¬ nement* Je pourrais profiter ici de cette occasion pour vous présenter une série de dissertations sur les vilains de Beau - voisis , la bachellerie de Beauvais, les seigneurs de Laon , (1) Voir le dernier bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. (2) Oisons. (3) Sorciers. (4) Hébétés. Digitized by Google les damoisels d'Amiens, sur Athies la désolée. Pérenne la pucelle, Tkérouane, l’oreiller du roi, etc., sur Jean d’Amiens Qui se tue et ne fait rien, sur le Ban du gras boulogoors Qui dure trente jours moins un mois, etc. Mais rassurez-vous, Messieurs, je ne veux pas épuiser la matière, et je me contenterai de vous interpréter trois pro¬ verbes historiques. 4 - ■ Arnould était un notaire de la Ferté-Milon. Henri II, prince de Gondé, se rendit un jour chez lui incognito, pour lui faire dresser un bail. Mais le tabellion était en train de dîner : aussi sa femme dit àl’étranger : Arnould daine (1); asseyez-vous sus che ban. Quand Arnould daine', on ne li parle mie. Le prince y consentit. Son repas terminé à loi¬ sir, le notaire dressa l’acte et, reconnaissant sa méprise à la signature d’Henri de Bourbon, il se confondit en excuses. « Ne craignez rien, brave homme, lui dit le prince, il fal¬ lait bien que Arnould daine. » Cette anecdote fut bientôt connue dans tout le pays, et aujourd’hui encore, on dit pro¬ verbialement en Picardie : Arnould daine, en parlant d’uqe personne dont on a besoin, mais qu’on ne veut pour¬ tant point déranger. Un proverbe plus connu, surtout dans les environs d’A¬ miens, est celui par lequel on méprise une chose qui, mal- (1) Din*. Digitized by v^ooQle — 75 — gré sa belle apparence , n’a aucune importance réelle, en disant : Ch’est comme le catiau de Boves, Belle monte, peu de cose (1). Est-ce parce que le château de Boves, situé sur une émi¬ nence, se voit de très-loin et paraît beaucoup plus considé¬ rable qu’il ne l’est en réalité? Ce proverbe fait-il allusion à la lâcheté de Robert, seigneur de Boves , qui, malgré ses serments, ne retourna point au camp des croisés? ou bien faut-il admettre la vieille chronique populaire qui ra¬ conte que le château de Boves aurait été assiégé, à une époque qu’on ne précise point, par de nombreux ennemis, alors qu’il n’était gardé que par quelques défenseurs. Mais ils employèrent une foule de ruses pour faire croire aux as¬ siégeants qu’ils étaient nombreux. Ces derniers se retirè¬ rent par prudence et n’apprirent que le lendemain que cette belle montre était peu de chose . Quoi qu’il en soit, c’est là un proverbe fertile en applications et qui pourra plus tard servir d’épitaphe à maintes renommées de nos jours. J’ai réservé pour mon troisième exemple un proverbe oublié et que je désire d’autant plus mettre en lumière, qu’il concerne notre excellente ville de Roye: Si le démon sortait de l'enfer pour se battre en duel , il se présenterait d'abord un Boucicault, un Renaud de Roye, un Champy pour accepter le défi. Ce fut le premier pas d’armes de Saint-Ydemard qui donna lieu à ce dicton, connu au moyen-âge même des nations étrangères. Les trois preux qui y sont désignés avaient fait annoncer dans toute la chré- (1*) Belle apparence, peu de chose. Digitized by v^ooçle — 76 — tienté qu’ils soutiendraient enveFS et contre tous des com¬ bats à l’épée et à la lance, à l’occasion du sacre de Char¬ les VII. De nombreux chevaliers venus de tous les points de l’Europe et parmi lesquels nous citerons le frère du roi d’Angleterre, Jean de Hollande, le comte de Derby, les sire de Clifford et de Beaumont, se rendirent à Saint-Ydemard, situé entre Calais et Boulogne. Les trois chevaliers se me¬ surèrent avec quarante paladins étrangers et remportèrent constamment la victoire. Il aurait été heureux pour notre ville de compter souvent parmi ses défenseurs des Renaud de Roye : elle aurait pu subir quatorze sièges ; mais il est probable qu’elle ne les aurait pas tous perdus. J’ai passé sous silence les proverbes d’origine héral¬ dique et les dictons inspirés par une ancienne réputation commerciale. Du temps qu’Amiens portait le titre de noble-halle j on pouvait vanter le blou d'Abbeville, les saies d’Arras, les saucissons de Boulogne et les hauberts de Chambly . Ces antiques renommées du XIII. e siècle ont fait naufrage. On ne va plus chercher aujourd’hui du lin à Busiris, ni des coeffes à Compiègne. Les j)ois de Ver - mandois ont été supplantés par les haricots de Soissons , et les tartes de Doullens ont cédé la primauté de la répu¬ tation aux tartes à l’œillette de Nesles. - v - : . Parmi lès vieux proverbes tombés en désuétude , il en est un qui fait peu d’honneur à la science agronomique de nos pères : ; . . . r ' Pitié de Lombard, „ Labour de Pioard, Humilité de Normand, Patienche d*Allemant, Digitized by Google — 77 Larghece de François, Loyauté d’Anglois, Dévotion de Bourguignon, Ces huit coses ne valent pas un bouchon (1). Il était juste que ce proverbe disparût en face des ra¬ pides progrès qu’a fait chez nous l’agriculture, et nous aimerions à croire que c’est la même cause, c’est-à-dire un progrès incontesté, qui a fait oublier ce quatrain du xv. e siècle : De plusieurs coses Dieu nous garde De toute femme qui se farde De la fumée des Picards Avec les boucons des Lombards (2). Vous le voyez, Messieurs, c’est toujours l’emportement et la colère que l’on nous reproche. Si cette insistance de¬ vait nous faire passer condamnation sur cet éternel grief, nous pourrions prendre une éclatante revanche en énumé¬ rant toutes les qualités du Picard, et nous trouverions la preuve évidente de ces qualités incontestables dans les maximes, les adages et les proverbes moraux en patois picard, qui ont cours dans nos campagnes. Car si les pro¬ verbes universels sont la sagesse des nations, il n’est pas moins vrai de dire que les proverbes particuliers à une pro¬ vince sont le thermomètre moral de ses idées, de ses croyances, de ses sentiments et de ses mœurs. Ainsi, par exemple, quand j’entends les Picards me dire : Des tèles et des tèlots Ch’est le ménage d’ein sot, (1) MS. 2566 de la Bibliothèque nationale. (2) Quatrains moraux. MS. du xv. p siècle. Digitized by v^ooçle — 78 — j’en conclus que* dans la vie privée, ils méprisent la fri¬ volité pour viser au solide. Je devine leur intelligente:éco¬ nomie lorsqu’ils ajoutent : Dos vert, Pain ter, Soupe à Pognon, Flamique à pôijons, Ch’ést tout ruine moëson. Ne suis-je pas également en droit de les considérer comme des amis assidus au travail, qui dédaignent ceux qui chan¬ gent certains délassements en occupations permanentes, lorsqu’ils me disent : Caeheux, pécheux, teindeux (1), . Trois métiers de gueux. Lés picards (et sous ce titre je comprends aussi les pi¬ cardes) ne disent probablement jamais de mal de leur pro¬ chain, et ils ne connaissent la médisance que de réputa¬ tion. La preuve évidente , c’est qu’ils répètent souvent que: I veut mieux bailler un coup de deint Qu’eîn coup de lingue à éin prochain. Aussi je suis persuadé que l’union règne entre tous, que la plus cordiale intimité existe entre les villes et les villages. Si parfois l’habitant des petites villes dit du villa¬ geois : Un poysan et pis un leu Cha n’o qu’eine âme à deux, (1) Oiseleurs. Digitized by Google — 79 — et que ce dernier riposte : Moyenne ville, moyennes geins, Grand pot au fu, rien dedins. Je considère cet échange de plaisanteries comme un in¬ génieux moyen d’entretenir la gaîté, si favorable au main¬ tien de la santé : or, le Picard y tient beaucoup à la santé, Mieux vaut d’aller à ch’molin Qu’d’aller à ch’médecin. Au reste, le médecin en qui il a le plus de confiance, c’est la sobriété ; mais pour éviter tous les excès, il ne pousse point cette vertu jusqu’à l’ascétisme, et il pense que Del soupe à naviaus Pas de bure et beaucoup d’iau Ch’est le potage des Carmes décaus. Le Picard est patient et résigné, et il se dit, comme le savetier de Lafontaine, avec une légère variante : El jour de demain Amène sin pain. Il ne se laisse point éblouir par les premiers succès qu’il remporte, par les premières réussites qu’il obtient ; il sait que c’est la fin qui couronne l’œuvre : Gagner en prumier Ch’est du fumier, Gagner en second Ch’est du bon. Pour réussir dans ses entreprises, il invoque volontiers les conseils, mais il en fait un choix judicieux : Parmi chés cosseyeux Keusissez chés pus vieux. Digitized by v^ooçle — 80 — Les avis religieux de son bon curé trouvent surtout accès dans son cœur et il convient avec lui ique : Feut foère mardi gras aveuque s’femme Et pis Pâque aveu sin curé.. N’a-t-il pas mille fois plus de bon sens que les beaux esprits d’un certain monde littéraire, lorsqu’il exige que ohaque sexe conserve ses prérogatives et ses convenances, et qu’il exprime cette vérité par un distique si pittoresque : Ein fieu qui file, eine fille qu’elle, claqpe, Ch’est in ménage sins cotron ni casaque. Mais le Picard va plus loin , il veut pour constituér un parfait ménage que le mari soit toujours le maître, et que la femme obéisse toujours en silence !... Quand le co a canté, el glainea doit s’taire. Je m’arrête ici. Messieurs, je viens peut-être, par ce dernier trait, de compromettre, dans beaucoup d’esprits, cet éloge de Picard, que je voulais pourtant rendre flat¬ teur. Car si l’exigence de notre dernier dicton est ap¬ prouvée par une partie de cet auditoire, une autre partie dans cette enceinte la condamne peut-être. Permettez-moi de m’abstenir entre, ces deux opinions également inté¬ ressées. J’ai le droit de garder la neutralité et je trouve, pour terminer par un autre proverbe, qu’en certaines circonstances, on doit s’estimer heureux de n’ètre point obligé de se montrer franc comme un Picard . Digitized by v^.ooQle P — 81 — RAPPORT sur les Fêles qui ont eu lieu à l’occasion de l’inauguration de la statue de Du Cange, à Amiens, les 19 et 20 août 1849 , par M. Bouthors. « Messieurs , » La journée du 19 août fera époque dans l'existence de la Société des Antiquaires de Picardie. L’an dernier, a pareil jour, elle tenait, dans cette même enceinte, la séance solennelle d’inauguration de la statue de Du Cange: aujourd’hui, elle s’y réunit de nouveau pour dis¬ tribuer la médaille commémorative de cet évènement. » Sans doute la pensée d’ériger le monument vous ap¬ partient, mais comment s'est-elle réalisée? Avec 1 aide de nombreux souscripteurs. Les offrandes recueillies dans la ville d’Amiens, par leur nombre et leur importance , ne prouvent-elles pas combien votre projet y a rencontré d’adhésions? Le conseil municipal, le conseil général du département, le Gouvernement, l’Institut, les Sociétés savantes de la France et de l’étranger ne s’y sont-ils pas associés ? Vous avez donc eu raison de décider qu’une médaille à l’effigie de Du Cange, serait frappée pour per¬ pétuer le souvenir de la journée du 19 août 1849 et qu’elle serait offerte , comme un témoignage de votre re¬ connaissance, aux personnes qui ont le plus contribue a l’éclat de cette journée. » Celles qui ont mérité la récompense ont dû s’étonner du retard que vous avez mis à la leur décerner. Il faut qu’elles sachent pourquoi vous n’avez pas acquitte votre dette, au jour de l’échéance. La confection des coins de la médaille, entravée par des accidents imprévus, a exigé Digitized by Google un temps considérable qui a dépassé toutes les prévisions du graveur. Vous ne pouvez pas lui en faire un reproche, car la lenteur dans l’exécution est une garantie de plus de la perfection des œuvres d’art. M. de Paulis a voulu que la médaille de Du Gange fût le digne pendant de la mé¬ daille de Corneille, et nous n’hésitons pas à dire qu’il s’est surpassé lui-même dans son dernier travail. » Par cela même que la médaille n’a pu être prête pour le jour de l’inauguration de la statue, il y a eu né¬ cessité pour vous d’en ajourner la distribution à un an, car la Société qui n’a qu’une fois l’an l’occasion de sé mettre en communication avec le public, est condamnée, par les prescriptions de ses statuts, à lui faire attendre, pendant douze mois, la rectification des erreurs ou des omissions qu’il signale dans les procès-verbaux de vos assemblées solennelles. » Nous venons donc , Messieurs , comme organe de la Commission des fêtes de Du Cange, remplir un devoir dont nous devrions être exonéré depuis un an et témoigner aux habitants de cette cité qui ont pris part à l’exécu¬ tion du programme du 6 août 1849 , le regret de n’avoir pas été plus tôt en mesure de leur offrir vos remer¬ ciements. » Aussitôt que le jour de l’inauguration a été connu, des citoyens appartenant à différentes corporations delà ville nous ont exprimé le désir d’élever, à l’entrée de la rue de Noyon, un arc de triomphe à la mémoire des grands hommes qui ont illustré la Picardie. Vous ne pou¬ viez qu’approuver cette idée, car elle avait pour but d’exposer, en regard du monument de Du Cange, les Digitized by v^ooQle — 83 — noms de tous les personnages qui ont conquis, comme lui, des droits à la reconnaissance de la postérité. » Des habitants des rues voisines de la place Saint- Denis qui voulaient illuminer les façades de leurs maisons, nous ont consultés sur le système de décoration qu’ils devaient y adapter, mais nous avons pensé qu’il convenait de laisser chacun libre de suivre ses inspirations. Seule¬ ment vous avez décidé que, conformément aux usages des villes du Nord, vous décerneriez une médaille d’argent et deux médailles en bronze aux personnes qui se seraient distinguées dans ce nouveau genre de concours. » La Société d’horticulture a voulu également saisir cette occasion de vous prouver sa sympathie, en célébrant la fête de Du Cange par une exposition de fleurs, de fruits et de légumes , sous le péristyle de la Bibliothèque com¬ munale. C’est pourquoi deux médailles en bronze et une en argent ont été destinées par la ville aux plus belles collections exposées. » Une autre Société, la Société philharmonique, avait songé à organiser un grand festival à la Hotoie, pour la matinée du 20 août, mais les musiques des villes voisines ayant trop tardé à répondre aux lettres d’invitation, il n’a pas été possible de donner suite à ce projet. Pour combler cette lacune du programme, M. Favas, lieutenant-colonel, aujourd’hui colonel du 4 e cuirassiers, et MM. les officiers de ce corps se sont concertés avec plusieurs amateurs afin de remplacer le festival par un carrousel. Nous pouvons dire que le spectacle de cette fête improvisée, en même temps qu’il avivement piqué la curiosité du public, a témoigné Digitized by Go< le El — 84 — une fois de plus du bon accord qui existe entre les habi¬ tants et la garnison d’Amiens. » Vous parlerons-nous maintenant de la fête nautique : vous savez tous que le succès de cette fête est dû princi¬ palement à la participation active de MM. les amateurs composant la Société des Canotiers et pour beaucoup à l’ai¬ mable surprise que nous avait ménagée M. Germann lieu¬ tenant-colonel du 23.® léger. Il est juste aussi de recon¬ naître que l’Administration municipale avait pris toutes les mesures désirables. Des bateaux aux ordres des com¬ missaires de police, montés par d’excellents nageurs et pourvus de tous les moyens de sauvetage, n’ont cessé de circuler pour porter secours au premier signal d’alarme. Heureusement ces précautions ont été inutiles, car on n’a eu aucun accident à déplorer. » Il faut renoncer à décrire l’effet magique de cette fête nocturne. C’était vraiment quelque chose de fantastique que de voir ces trente et une barques ornées de lanternes de couleurs ou de décorations transparentes, défiler sur deux rangs dans le bassin du port d’amont qui réfléchissait comme un miroir, leurs formes élégantes et variées. Sur les unes sont des sonneurs de trompe en costume de ve¬ neurs ; sur les autres des musiciens de la garde nationale et des orphéonistes qui font entendre tour à tour des fan¬ fares de chasse, des symphonies militaires et des barca- roles. Dans l’intervalle de chaque morceau, 300 soldats du 23. e léger, rangés sur le chemin de hallage, exécutent des feux de file qui lancent dans les airs des milliers de fusées, de serpentaux et d’étoiles, tandis que les barques inscrites au concours , manœuvrant devant l’estrade du Digitized by v^ooQle — «5 — jury, font admirer l’ordre de leurtnarche, l’élégance èt le bon goût de leurs dispositions. ». D’abord, c’èst la Coquette . Un système ingénieux imprimé à ses lanternes le mouvement de rotation des ailes d’un moulin. Un bruit .de tic-tac complète l’illusion. Ensuite parait lé Riqutqui dont la , couronne décorée de perles illuminées forme un dôme soutenu par quatre guirlandes de feux variés* Puis vient le Blitz qui se fait remarquer par le luxe et la profusion de ses lumières et, après lui, le Du Congé dont le transparent illuminé en flammes du Bengale représente la statue. » La Dorade attiré l’attention par l’éclat, le nombre et la variété de ses lanternes, ainsi qüe par le costume de ses rameurs ; mais -la disposition rectangulaire de son plan, lui ôte tout cachet d’originalité. » L'Aurore n’est pas exempte du même reproche, mais plus conséquente dans son mode d’éclairage, elle s’est appliquée à justifier son nom par la couleur de ses feux. » La Sorcière des eaux imite la forme d’une frégate avec ses trois mâts pavoisés. Beaucoup d’ordre, de symé¬ trie et de simplicité dans les décors sont les qualités qui distinguent cette embarcation. » L'Âriel est une jonque chinoise. Sa décoration con¬ siste en une tente qui, éclairée à l’intérieur, fait ressortir sur un fond blanc, une guirlande dé fleurs d’un très bel effet. Pourquoi .faut-il que le costume-de l’équipage ait détruit une partie de l’illusion qu’elle devait produire. '» La Rouldrmaise n\& pas commis cette faute, car tous ses hommes portent l’uniforme des marins. Sans doute la 7. Digitized by v^ooQle — 86 — tente qui surmonte le bateau ne peut être comparée, sous le rapport de l’invention, à celle du précédent, mais la Boulonnaise a sur VAriel l’avantage d’ètre mue par une hélice. Sa lanterne rouge à l’arrière et son double jet d’eau à l’avant, sont des accessoires heureux qui ont fait pencher en sa faveur la balance du jury. » La palme du concours ne pouvait être disputée au bateau amiral le SathanieL Agrès, costumés, décors tout y est en parfaite harmonie. Ses deux mâts s’élancent majestueusement dans les airs. Celui de l’arrière est sur¬ monté d’un globe en cristal bleu où brûle je ne sais quelle flamme mystérieuse qui annonce la présence du génie in¬ fernal dont l’image est figurée à l’avant. Un enfant en costume arabe, mollement couché sur l’arrière, tient la barre du gouvernail, tandis que le chef, portant le mas¬ que et l’habit vénitien , transmet ses ordres à l’aide du porte-voix. » La médaille en vermeil a donc été décernée au pa¬ tron du Sathaniel. Ne l’eùt-il pas conquise à ce titre qu’il l’aurait encore méritée comme organisateur et directeur de la fête. Les trois médailles d’argent ont été pour la Boulonnaise , VAriel et la Sorcière des eaux, les quatre médailles de bronze doré pour le Riquiqui, VAurore , le Du Cange et le Blitz ; les deux médailles de bronze pour la Dorade et la Coquelle. » Cette fête, Messieurs, dont les brillants résultats ont dépassé toutes les prévisions, vous a déterminés à décerner onze médailles au lieu de cinq qui avaient été promises par le programme. Vous avez ajouté à la liste des récompenses une médaille en vermeil pour le 23.° lé- Digitized by v^ooQle — 87 — ger i en reconnaissance de sa coopération toute gracieuse et inattendue, cinq médailles en bronze pour les orphéo¬ nistes,. la grande musique de là garde nationale, la mu¬ sique des pompiers, les hortillons d’Amiens et de La Neuville , à titre, de remerciement de leur concours dé¬ sintéressé. . » Vous ne regretterez pas ce surcroît de dépense s’il peut servir.à encourager nos compatriotes à reprendre la tradition d’un délassement qui a été si longtemps celui de nos pères et dontl’origine remonte à une époque fort re¬ culée. La fête .nautique en effet rappelle la chasse aux cygnes, cette promenade aux flambeaux que les gondo¬ liers amiénois faisaient tous les ans, le 10. 6 jour d’août, sur les lagunes de la petite Venise de Louis XI. En cher¬ chant à ressusciter un usage qui caractérise si bien la topographie de cette cité, nous nous sommes efforcés de réveiller dans l’esprit de la génération qui s’élève-le goût d’un plaisirjdédaigné de la génération qui s’éteint. j» La Société des Canotiers enhardie par ce premier succès voudra donner plus de développement à son orga¬ nisation et tenter, sur une plus vaste échelle, un nouvel essâi de ses forces. Nous faisons des vœux pour que des encouragements en rapport avec les sacrifices qu’elle s’impose , la mettent à même de renouveler périodique¬ ment le délicieux spectacle qu’elle vous a offert l’an der¬ nier. Vous la seconderez , Messieurs, dans la mesure des ressources dont vous pouvez disposer ; mais ce n’est point çsgez. Votre protection sera inefficace si elle n’est point fortifiée par celle- de nos concitoyens , s’il ne se forme, pas des àsspeiations pour patronner les concurrents etrému- 7*. Digitized by v Google nérer les vainqueurs. De son côté l’administration muni¬ cipale doit comprendre qu'il y aura nécessité de déplacer et d’agrandir le théâtre des fêtes nautiques ; que le port d’amont présente un espace trop resserré pour les barques et des abords trop difficiles pour les spectateurs ; que ce bassin , à cause des exigences de la navigation, n’est rendu libre que pendant la durée fort restreinte du chô¬ mage. La ville qui possède , à côté de la Hotoie, de vastes marais improductifs, ne pourrait-elle pas les relier à la création de Le Nôtre , de manière à faire de cette prome¬ nade déjà si belle , l’une des plus magnifiques et des plus animées de l’Europe? Pour lui rendre la vie il ne manque que des pièces d’eau et des passages pour la libre circu¬ lation des nacelles. Les cygnes , en désertant les bords de la Somme, n’indiquent-ils pas que, si l’on veut renouveler les fêtes auquelles ils ont donné leur nom, il faudra suivre l’exemple et la trace de leur émigration ? » Ce n’est pas, Messieurs , au point de vue étroit de l’amusement de la jeunesse , des convenances ou des ha¬ bitudes d’une certaine classe de la population, que nous envisageons la question des embellissements de la cité. C’est à son avenir, à sa prospérité que nous les rappor¬ tons. Nous sommes convaincus que plus la ville déploiera de luxe dans ses monuments , dans ses promenades, dans ses fêtes publiques, plus elle aura de visiteurs et plus elle en recueillera de profit. C’est vers ce but que les efforts de nos administrateurs nous paraissent tendre et nous les en félicitons. La situation d’Amiens, à l’embranchement de deux lignes de fer , est on ne saurait plus favorable pour en faire un lieu d’étape sur le chemin des touristes. La Digitized by v^.ooQle - 89 — cathédrale est déjà un appât qui les attire ; il en faut créer d’autres qui les retiennent et les excitent à prolon¬ ger leur séjour. » La Société des Antiquaires en entrant dans cette voie, dès son origine , ne s’est-elle pas recommandé comme ins¬ titution d’utilité publique? N’a-t-elle pas fondé un Musée qui renferme l’une des plus curieuses collections de la province ? N’a-t-elle pas provoqué Térection d’un monu¬ ment qui sert de décoration à la plus belle de nos places ? N’a-t-elle pas donné l’idée d’une fête qui a eu beaucoup de retentissement au dehors et qui, le jour où elle se renou¬ vellera , fera arriver dans nos murs une grande affluence d’étrangers ? Vous n’en resterez pas là ; nous en avons pour garant le patriotisme qui vous anime. Avec cet ai¬ guillon pour auxiliaire, vous êtes sûrs de réussir, si vous osez entreprendre. On ne manque jamais le but, quand on le poursuit avec résolution, désintéressement et persé¬ vérance. En vérité, Messieurs , vous avez accompli un grand miracle. Vous avez réhabilité dans l’opinion publique, votre titre d’Antiquaires : ce titre qui naguère encore excitait le sourire de la pitié sinon du dédain, vous en devez être fiers aujourd’hui, car il donne ce degré de puissance à vos efforts qu’en vous vouant au culte du passé, vous servez la cause de l’avenir , vous ouvrez de nouvelles sources de jouissance et de profit pour les géné¬ rations futures. » Tout ce que vous avez fait pour honorer la mémoire de Du Cange porte avec soi sa justification. Il n’est pas nécessaire que nous cherchions à expliquer vos intentions / Digitized by v^ooçle — 90 — à cet égard. Personne ne s’y méprendra. Les fêtes qui ont accompagné l’inauguration de la statue, ont prouvé que nos concitoyens entraient dans votre pensée, car ils vous ont facilité les moyens d’arriver au résultat que vous vouliez obtenir. La médaille que vous avez fait frapper, pour marquer l’époque de cette solennité , vous allez l’of¬ frir comme un témoignage de votre gratitude aux per¬ sonnes qui y ont pris la part la plus active. Nous sommes donc bien convaincus qu’elles attacheront plus de prix à la signification qu’à la valeur réelle de la récompense. » L’artiste qui a gravé la médaille s’est inspiré de l’œuvre du sculpteur qui a conçu et exécuté le modèle de la statue. Cette médaille représente d’un côté le profil de la tête de Du Cange , et de l’autre la statue vue de face. Ainsi en supposant qu’un jour , dans un avenir bien éloi¬ gné, le monument subisse à son tour les outrages du temps ou les mutilations du vandalisme , ce malheur ne serait pas irréparable, car tant qu’il restera un exemplaire de la médaille, le bronze de Caudron pourra être rétabli avec la plus scrupuleuse fidélité. Mais hélas ! Caudron n’est pas ici î Pourquoi faut-il que la mort ne lui ait point permis de recevoir de vos mains cette médaille destinée à eonserver le dessin de son dernier ouvrage; cependant il ne sera pas dit que son trépas a éteint la dette de recon¬ naissance que vous avez contractée envers lui. Caudron fils vous remerciera de ne pas le frustrer du seul bien qui lui reste de la succession paternelle. » Si quelqu’un , Messieurs , a des droits incontestables à la médaille de Du Cange , c’est certainement celui de nos collègues qui, pendant sept ans , comme secrétaire de Digitized by Google — 91 — la Commission du monument, ne s’est épargné ni peines, ni soins , ni voyages , ni démarches de toute nature et de tous les instants, pour mener à fin une entreprise retardée par tant d’incidents et de difficultés. Grâce à lui toutes les résistances ont été vaincues, tous les obstacles surmon¬ tés. Pour prix de tant de persévérance couronnée par un si heureux résultat, vous lui avez voté une médaille en vermeil dont l’inscription bien mieux que nos paroles dira ses titres à cette honorable distinction. Elle porte pour lé¬ gende : La Société des Antiquaires de Picardie à M. Charles Dufour : témoignage de reconnaissance . Nous croyons devoir reproduire le rapport suivant fait au Conseil général du département de la Somme par un de ses membres, dans la séance du 29 août 1850 ; une part d’éloge revient à nos correspondants qui prennent à nos travaux une part si active et si utile. Subvention à la Société des Antiquaires de Picardie. Un membre fait, au nom de la 2, e Commission, le rapport suivant. « Messieurs , dans votre dernière session, vous avez reconnu les services que rend la Société des Antiquaires de Picardie, en lui accordant une subvention de 700 fr. » Cette année, la Société se recommande encore à vous par d’importants travaux. Elle a publié le 10. e volume de ses mémoires et le 3. e de ses bulletins trimestriels. Elle continue la publication de l’introduction à l’histoire de Picardie de dom Grenier et des coutumes locales du Bail- Digitized by CjOOQle — 92 — lage d’Amiens. Enfin, la Société s’impose de grands sacrifices pour augmenter la collection déjà si précieuse qui compose son Musée et pour assurer la conservation des monuments qui intéressent l’histoire de notre pays. » M. le Préfet, reconnaissant comme vous le zèle et l’activité que déploie, dans toutes les circonstances, la Société des Antiquaires, lui a demandé de publier, chaque année , un Annuaire du département de la Somme ; il a pensé, avec raison, que, par la nature de ses études, elle devait être appelée à doter le département d’un ouvrage qui lui manque , et dont le besoin se fait vivement sentir. La Société des Antiquaires, par l’organe de son Président, a pris l’engagement de faire , à ses frais, la publication qui lui était demandée. » Dans ces circonstances , pour reconnaître les services rendus par la Société , pour l’encourager à continuer ses utiles travaux, et pour alléger quelque peu les sacrifices qu’elle sera obligée d’ajouter à ceux qu’elle s’impose annuellement pour remplir la mission qu’elle s’est donnée, et à laquelle elle n’a jamais failli depuis sa création, votre 2.® Commission , conformément à l’avis deM. le Préfet, consigné au projet de budjet, a l’honneur de vous pro¬ poser d’allouer à la Société des Antiquaires de Picardie une subvention de 1,000 fr. » Conclusions adoptées (1). (t) Procès-verbal des délibérations prises par le Conseil général du dé¬ partement de la Somme, pendant le cours de la session de 1850. Page-94. Digitized by CjOOQle MEMBRES ADMIS. MM. Achmet d'Hêricoürt , correspondant du comité his¬ torique , à Arras, membre titulaire non résidant. De Plemônt (Léon), licencié en droit, à Eu, id. Tremblay (Victor), vérificateur des poids et me¬ sures, à Beauvais, id. Bretagne, juge-de-paix, à Noyon, id. Joly, docteur en droit, à Renaix (Belgique), mem¬ bre correspondant. OUVEAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ peridant le 2.® et le 3.® trimestre de 1850. l.° Bulletin de la Société de l’Histoire de France, n. 2, 3, 4, 5, 6. — 2.° Bulletin de l'Athenée du Beauvoisis, 2. e semestre, 1849, l. er semestre 1850. — 3.® Bulletin de la Société d’Archéologie d’Avranches. Séance publique du 24 mai 1849. — 4.° Bulletin de la Société historique de Tournay, tom. n, fasc. 1.— 5.° Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, l. er -2.® trimestre 1850. — 6.° Bulletin de la Société archéologique de l’Orléanais, 1848- 1849 f l. #r semestre , 1850.—7:° Bulletin des Comités histori¬ ques, 1849, avril, mai, juillet, août, novembre, décembre; 1850 , janvier, février, mars, avril, mai. — 8.° Séances et travaux de i’Académie de Reims, n. 8 à 19. — 9.® L'Institut, n. 172 , 173, 175, 176. —10.° L'Investigateur, journal de l’Ins¬ titut historique, 182,184, 185, 186. 187, 188.—11.® Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1848-1849, 2 vol.— 12.® Mémoires de la Société des sciences, lettres et arts de Nancy, 1848. — 13.9 Mémoires de la Société de statistique des Deux-Sèvres, 2. e liv., 1847-48-49, tom. xm , liv. 1,2. —14.® Mémoires de la Société archéologique de Touraine , tom. ni. — 15.® Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Châ- lon-sur-Saône r 1847-48-49, in-4®. — 16.® Mémoires dë la So¬ ciété nationale d’agriculture, etc., de Douai, 1848-49.—17.®Mé- Digitized by v^ooQle — 94 — moires de la Société des Antiquaires de Normandie , 17. e vol. — 4 8.° Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, tom. vii et vm et atlas. —-19.° Mémoires de l’Académie d’Arras, t. i, liv. 1-2 ; tom. v n, liv. 1 à 9 ; tom. iii , liv. 1 à 6 ; tom. îv, liv. 1 à 4. — Séances publiques de 1822-23-24-25-26-27-33-34-35- 36-37-38-40-42-44-45-46, et tom. xxiv. — 20.° Annuaiie de l’Institut des provinces et des congrès scientifiques. 1850. Caen, Hardel, 1850, in-8°. — 21.° Mémoires de la Société des sciences naturelles et d'antiquités de la Creuse. Archéo¬ logie, 1849. — 22.° Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1849. — 23.° Mémoires et publi¬ cations de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hai- naut , tom. i, n, ii , îv, v, vi, vii, vm, et l rr liv. du tom. ix. — Discours prononcé par le Président le 13 juin 1835, jour d’ouverture des séances de cette Société. — Règlement. — Pre¬ mier anniversaire de sa fondation , 1834. — Quatrième anniver¬ saire, 1837. — Sixième anniversaire, 4839. — Septième anniver¬ saire, 4840.—24.° Annuaire de la Société philotechnique, tom. v, année 1844. — 25.° Précis analytique des travaux de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant l’année 4 849.—26.° Annales des sciences physiques et naturelles,publiées par la Société nationale d’agriculture de Lyon, tom. ix. — 27.° Exploration scientifique de l’Algérie. Beaux-arts, liv. 22. — 28.° Inscription , article extrait de l’Encyclopédie moderne , par M. Léon Rénier, in-8°. — 29.° Notice historique sur la commune de Boury (Oise) et sur ses seigneurs, par Hersan. Beauvais, Moisand, 1848.—30.° Mélanges historiques, par E. Cartier. Tours (Marne), 1842, in-8°. — 31.° Monnaies frappées en Corse, par Théodore et Paoli, par E. Cartier. —32.° Observations sur les médailles du xi.® siècle trouvées en 1843 près de Rome, par E. Cartier, 1842. —33.° Règlement fait en 1354 par les ou¬ vriers et monnoyers des monnaies royales de France. Extrait d’un manuscrit de la Bibliothèque royale intitulé : Recueil d’or¬ donnances sur les monnaies. Supplément français, n. 1824, par E. Cartier. — 34.° Dernières Observations sur les monnaies au type chartrain, par E. Cartier.— 35.° Mémoires sur le registre Digitized by v^ooQle des dépêches de J.-fi. Colbert, concernant les po aussées pendant les années 1679-80-81-82, par M. Cotelle. (Extrait de la Revue française et étrangère de législation.) 36.° Mémoire sur les divisions territoriales du Maine avant le x. c siècle, par M. l'abbé Voisin, s. 1. n. d., in-8.°. — 37.° Raisonnons un peu s’il vous plaît, par Ch Des Moulins. Bordeaux , Dupuy et compa¬ gnie, 1850 , in-8°. — 38.° Réunions provinciales. — L’Institut des provinces à Bourges en octobre 1849, par M. de Kergorlay. Paris , Derache, 1849, in-8°.— 39.° De la réforme académique en France, par A. de Caumont. Caen, Delos, in-8°. — 40.° Mon opi¬ nion sur plusieurs questions qui doivent être soumises au Congrès des délégués des sociétés savantes des départements convoqués à Paris pour le 10 mars, par M. de Caumont, s. 1. n. d. (1850), in-8°. — 41.° Archéologie des monuments religieux de l’ancien Beauvoisis, par le docteur E. Woiilez, liv. 21 à 26. Ouvrage com¬ plet, in-fol. — 42.° Observations et réponse à quelques opinions de M. Duchalais , par A. Hermand. (Extrait de la Revue nu¬ mismatique (1850.) — 43.° Compte-rendu des travaux de la Com¬ mission des monuments historiques du département de la Gi¬ ronde pendant l'anuée 1846-47 , id. 1847-48, id. 1848-49.— Rapport au Préfet de la Gironde, par MM. Rabanis , Président, et Delamothe, Secrétaire. Bordeaux. Durand, 1847-48-49.— 44.° Glossaire des livres de Jostice et de Plet, par P. Chabaille. Paris, A. Durand, 1850, in-4°. — 45.° Les Sièges d’Arras, his¬ toire des expéditions militaires dont cette ville et son territoire ont été le théâtre, par Achmet d’Héricourt. Arras ,*Topino, 1844, in-8°. — 46.° Manuel de l'Histoire de France, par Achmet d’Héricourt. Paris, Roret, 1844-46, 2 vol. in-8°. — 47.° Ca- renci et ses seigneurs, par Achmet d’Héricourt. Saint-Pol, Warmé , 1849, in-8.°. — 48.° Notice sur le Cabinet monétaire de S. A. le prince de Ligne, d’Amblise et d’Epinoy, par C. P. Ser¬ rure. Gand , Annoot, 1847, in-8°. —49.° Messager des sciences historiques de Belgique , années 1843-44-46-47-48-49. — 50.° Annales de la Société d’agriculture, sciences, arts et commerce du Puy, tom. xiv. — 51.° Essai bibliographique sur la Picardie ou plan d’une bibliothèque spéciale composée d’imprimés cntiè- Digitized by v^ooQle rement relatifs a cette province, par M. Charles Dufour, l. re série. Amiens, Duval et Herment, 1850, in-8.°; exemplaire sur papier bleu. — 52.° Description des vitraux des deux grandes rosaces de la cathédrale de Beauvais (xvi. e siècle), par M. l’abbé Barraud. Beauvais , Desjardins, 1850 in-8.° — 53.° Les livres de Jostice et de Plet, publiés pour la première fois d’après le manuscrit unique de la Bibliothèque nationale, par Rappetti, avec un glossaire des mots hors d’usage, par P. Chabaille. Paris, F. Didot, 1850, in-4°. — 54.° Papiers d’état du cardinal Gran- velle, tom. vii. — 55.° Négociations de la France dans le Levant, etc., par Charrière, tom. n. — 56.° Correspondance administra¬ tive sous le règne de Louis XIV, recueillie et mise en ordre par G. B. Depping. Paris, imprimerie nationale, tom. l. er , in-4°.— 57.° Statistique monumentale de Paris, liv. 24, 25, 26, 27. — 58.° Peintures de l’église de Saint-Savin. Atlas, liv. 4. — 59.° Collec- tanea antiqua, vol. 2, part. 2. par M. Roach Smith. —60.° The^ journal of the British archaeological association, n. 21, 22.—61.° Synopsis of the Muséum of the Society of Antiquaries of Scot- land. Edimburg, 1849.—62.° Discovery of early saxon remains at Barrow-furlong, in the parish of Marston Saint-Lawrence co. of Northampton. By sir Henry Dryden. Commuuicated to the Society of Antiquaries through C. Roach Smith in a letter adres- sed to John Yonge Akerman. London. Nichols , 1850 , in-4°. — 63.° Antiquarian excavations on the site of the roman station at Lymne in Kent, parC. Roach Smith. London, 1850. — 64.° Proceedings of the Society of Antiquaries of London, n. 16.— 65.° Société des Antiquaires de Normandie.— Appel aux Conseils généraux des cinq départements formés de l’ancienne Norman¬ die à propos de la publication des pièces normandes inédites re¬ cueillies à Londres par M. de Brequigny en 1764-65-66. Caen, Hardel, 1850. — 66.° Le Rat employé comme symbole dans la sculpture du moyen-âge, par Duchalais. —67.° Délibération et mémoire adressés à M. le Préfet du département de la Somme par le conseil municipal et le bureau de bienfaisance de Lucbeux, contre l’hospice de Doullens, pour la désunion des biens de l’ancienne maladrerie de Lucbeux, 10 mai 1850. Amiens, Alfred Digitized by v^ooQle Caron, 1850, in-4°. —68.° Histoire de la terre et baronnie de Chacenay, par L. Contant. Bar-sur-Seine, Saillard, 1850, in-8®. — 69.° Notice historique et généalogique snr Noé-les-Mallets, par L. Coûtant. —70.° Formulaire de prières h l’osage des fi¬ dèles qui observent saintement les devoirs religieux, par un prêtre du diocèse d’Amiens. Montdidier, Radenez, 1805, in-12. — 71.® Souvenirs de Saint-Àcheul ou vie de quelques jeunes étudiants. Amiens, Caron-Vitet, 1828, in-8°. (Ces deux ou- vrages offerts par M. Martin de Beauvais.) — 72.° Revue de la Numismatique belge, tom. v, 4.® liv., tom. vi, l. r ® liv.—73.® Géographie du moyen-âge, par Joachim Lelewell, 2.® livr.— 74.° Acta et décréta concilii provinciæ remensis in suessionensi civitate anno Domini mdcccxlix pontificatus Pii papæ noni iv ce- lebrati a sancta sede approbata. Lutetiæ Parisiorum. Lecoffre, 1850, in-8°. — 75.° Annales de l’Académie d’archéologie de Belgique, tom. vu, 2.® liv. — 76.° Nouvelle restitution et ex¬ plication d'une inscription gréco-latine du iv.« siècle, tracée sur un vase de terre cuite trouvée près de Bourges en 1848, par M. Eloi Johanneau. Paris, Techener, 1850. — 77.° Quelques mots sur la littérature nationale de la Belgique, par Achille Jubinal. (Extrait de l'Investigateur.) — 78.° La sorcière de Ribemont, épisode historique de 1579, par Ch. Gomart. Saint-Quentin, Deloy, 1850. —79*° Histoire de Grenoble et de ses environs, de¬ puis sa fondation sous le nom de Calaro jusqu’il nos jours, par Pilot. Grenoble, Baratiër, 1819, in-8°. —80.° Société archéolo¬ gique de Béziers. Séance publique du 9 mai 1850.—81.° Congrès agricole de la Haute-Saône. Session de 1849. — 82.° Précis d’ar¬ chéologie celtique, par l’abbé J. Corblet. (Extrait de l’Inves¬ tigateur, 1850.) — 83.® Le tombeau de Robert-le-Frison, comte de Flandre, par L. de Baecker. Paris, Didron, 1850. — 84.® Chronique du religieux de Saint-Denis, tom. iv —85.® Des dictons historiques èt populaires de Picardie, par l’abbé J. Cor- blet. Amiens, Alfred Caron, 1850.—86.® Annuaire de la Société de l'histoire de France pour 1850. Paris, Dumoulin, 1850.— 87.® Mémoire sur les monnaies des comtes de Saint-Pol, parle docteur Rifirollot. (Extrait de la Revue Numismatique.) — 88.® Digitized by v^.ooQle — 98 Notice sur l’ancienne collégiale de Saint-Pierre de Lille dans ses rapports avec les institutions féodales et communales par M. Taillar. Lille, Danel, 1850, in-8°. — 89.° Institut national de France. — Rapport fait à l’Académie des inscriptions et belles- lettres au nom de la Commission des antiquités de la France, par M. Lenormand , lu dans la séance publique du 16 août 1850. Paris, F. Didot, in-4.° — 90.° Eglises, Châteaux, Beffrois et Hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l’Artois. Château d’Hénencourt, par Goze. Amiens, Alfred Caron, 1850, in-8°. — 9i.o Règlement et tarif de l’octroi de la commune d’A¬ miens , suivi du règlement de l’abattoir et d’autres documents. Amiens, Duval et Herment, 1850, in-8°. OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant les 2.® et 3. e trimestres de 1850. l.° Par M. Dupuis, conseillera la Cour d’appel d’Orléans, une maille d’or de Beaugency, offerte à la nation picarde étudiant en l’université de cette ville, et une médaille en cuivre de Calvin. f 2.° Par la succession Sujol, neuf vases et fioles en verre de l’époque gallo-romaine trouvés à Amiens et à Etaples. 3. ° Par la Chambre de commerce d’Amiens , deux jetons de présence à l’effigie de Colbert. 4. ° Par M. Boistel de Belloy , un vase et un bassin en bronze trouvés à Saint-Acart, près de Belloy-sur-Somme.—Epoque gallo-romaine. 5. ° ParM. Eug. Woillez, docteur en médecine a Clermont (Oise), un coin celtique en silex trouvé dans la forêt de la Neu- ville-en-Hez, et un certain nombre de fragments de coins et de couteaux celtiques, également en silex, recueillis dans le camp romain de Catenoy. 6. ° Par la ville d’Amiens , un grand bassin en bronze et un mors de cheval en fer, trouvés à un mètre au-dessous du lit de la rivière , dans les travaux de reconstruction du pont du Bloc à Amiens ; une cuillère en bronze , trouvée dans les déblais de la rue de la Pâture, époque gallo-romaine; un anneau en or en- Digitized by v^ooQle chassé d’un saphir brut, recueilli dans des fondations, à l'é¬ vêché , xiv. e siècle ; une pièce de monnaie espagnole et un jeton à l’effigie d’Henri IV, trouvés dans les travaux de l’égout, au boulevard de Guyencourt; deux médailles en argent et deux mé¬ dailles en bronze à l’effigie de Du Gange. 7. ° Par l’Académie des sciences et lettres d’Amiens , deux de ses jetons de présence. 8. ° Par M. Ledicte-Duflos, président du tribunal civil de Clermont (Oise), et directeur du Comité archéologique de l’ar¬ rondissement, un coin celtique, trouvé à Montoire (Oise); un vase grec et une anse d’amphore gallo-romaine. 9. ° Par M. Darsy, notaire à Gamaches , un cachet en argent au nom de Jacques Fouache, xvn. e siècle. 10. ° Par M. Martin, grainetier à Beauvais, une empreinte en cire du grand scel et du petit scel aux causes de la vicomté de Gaillefontaine et diverses autres empreintes de sceaux. 11. 0 Par M. Deflandre, propriétaire, un petit vase en bronze et un cercle de médaillon décoré de caractères gothiques, trouvés dans une tourbière à Cérisy-Gailly, xiv.® siècle. 12. ° Par M. Auguste Hue , marchand forain, un moyen bronze de Néron. 13. ° Par M. Warin, jardinier à Amiens, un petit bronze de Constantin , trouvé au faubourg Saint-Fuscien. 14. ° Par M. Tattegrain-Delabartbe, entrepreneur à Amiens, une inscription sur marbre noir provenant de l’ancienne église Saint-Jacques et constatant la fondation par les époux Sur¬ homme , d’un obit à la date du 17 juillet 1743. 15° ParM rae Y e Corbillon, un cippegeminé, trouvé dans la chaus¬ sée romaine de Longueau , et portant une inscription tumulaire. 16. ° Par la Société des Antiquaires de France , deux jetons de présence, l'un en argent et l’autre en bronze , à l’effigie de Mont- faucon. 17. ° Par M. Fred. Tillette-d’Acheux , propriétaire à Amiens, une porte de bahut, en bois de chêne sculpté, xvi. e siècle. 18. ° Par M. Bazot, notaire à Amiens , neuf cachets en cuivre Digitized by v^ooQle - 100 d'administration communale de la Somme sons l'empire et la restauration. (Préfecture de la Somme, communes de Fleury, Saint-Gratien, Thieulloy-la-Ville , Dreuil-lèsrAmiens, Blangy- sous-Poix, Liomer, Vadencourt et Fluy.) 19. ° Par M. me de Frière, propriétaire à Tours (en Vimeu), deux vases en terre grise et une urne en terre rougeâtre, trouvés à Tours, époque gallo-romaine. 20. ° Par M. l'abbé Duval, secrétaire de l'évêché d'Amiens, une inscription en caractères gothiques constatant une fondation dans la chapelle de Notre-Dame de Lorette, à Amiens,xv e siècle. 21.o Par M. Viollet - Leduc , architecte de la cathédrale d'Amiens , une inscription tumulaire du vi.® siècle, trouvée dans les fondations du bâtiment que l’on élève dans la cour de l'Evêché. OBJETS ACHETÉS PAH LA COMMISSION DU MUSÉE. l.° Pièce en argent de Philippe-le-Bel. — 2.° Pièce en or de Philippe VI. — 3,° Pièce en or de Jean II. — 4.° Un buste en marbre blanc, acheté à la vente du mobilier de l'ancienne liste civile qui garnissait le château d'Albert. LISTE DES SOUSCRIPTEURS A la Médaille commémorative de l’inauguration du monument élevé en l’honneur DE DUFRESNE DU CANGE. La Société des Antiquaires de Picardie vient de mettre en distribution la médaille qu’elle a fait frapper pour consacrer le souvenir de l’inauguration du monument élevé par ses soins le 19 aoütt 1849, à la mémoire de Dufresne Du Gange. Cette mé¬ daille, exécutée avec un merveilleux talent par l’un de nos plus habiles graveurs, M. Depaulis, n’a pas moins de 62 millimètres de module. Elle porte d’un côté la tète du célèbre Amiénois Digitized by v^ooQle 101 — avec ces mots en exergue : C. Dufresne Du Gange né a Amiens LE 18 DÉC. 1610 MORT A PARIS LE 23 OCT. 1688. Sur le revers, l’artiste a reproduit dans ses moindres détails le monument au milieu de cette légende, gravée dans le champ : STATUE AVEC LE DE BRONZE CONCOURS ÉRIGÉE PAR DE LA VILLE LA SOCIÉTÉ d’amiens DES ET DES ANTIQUAIRES SOUSCRIPTEURS DE 19 AOUT PICARDIE 1849. La Société croit accomplir un devoir en publiant les noms de ceux qui ont bien voulu souscrire à cette médaille, que sa valeur artistique fera rechercher de tous les connaisseurs et dont la vente est destinée à faire face à quelques dépenses du monument qui restent à acquitter ; elle a donc lieu d’espérer que les personnes qui n’ont pas encore souscrit s’empresseront de le faire, afin de conserver à leur famille le témoignage de leur participation à l’érection de la statue de Du Cange. On pourra se procurer la médaille à Beauvais, chez M. le* docteur Daniel, directeur du Comité archéologique de l’arron¬ dissement; à Paris, chez M. Dumoulin, libraire, 13 , quai des Augustins; et à Amiens, chez M. Garnier, conservateur de la Bibliothèque , rue des Rabuissons. Le prix de la souscription est de 5 fr. par médaille. PREMIÈRE LISTE. La ville d’Amiens, 103 médailles, décernées en prix (1 vermeil, 8 ar¬ gent et 94 bronze). La Société des Antiquaires de Picardie , 32 médailles décernées en prix (3 vermeil, 7 argent, 8 bronze doré, 14 bronze). La Société des Amis des Arts de la Somme, 21 médailles (1 argent et 20 bronze), tirées à la loterie annuelle d’objets d’art. 8 . Digitized by v^ooQle — 102 M. le baron de Fourment, représentant de la Somme, 10 médailles ; M. Dufresne de Beaumetz, à Beaumetz-lès-Loges (Pas-de-Calais), 4; M. Gaston Dufresne de Beaucourt, à Mesnil-sur-Blangy (Calvados), 4 ; M. Blin de Bourdon, auQuesnel, 4; de Wasservas, propriétaire, à Thiepval, 4 ; M. de Monclin, à Beaucourt, 3 ; M. Madaré, Jean-Bap¬ tiste (1), 3; M. Ch. Dufour, avoué près la Cour d’appel, 3. SOUSGBZPTBUH8 A DEUX MÉDAILLES. MM. Bazot, notaire; Bellenger, architecte à Clermont (Oise): Bisson de La Roque, juge au tribunal civil; M.lle El. Blin de Bourdon, au Quesnel ; Chabaille, homme de lettres, à Paris ; Chamont, receveur de la navigation ; d’Acy (Ernest), propriétaire à Villers-aux-Erables ; de Betz, propriétaire; de Beauvillé \Félix), membre du Conseil général de la Somme, à Montdidier; Breuil, juge-de-paix; Delabarthe, entrepre¬ neur de travaux publics ; de Rosny, ancien capitaine du génie, ù Lozem- brune (Pas-de-Calais) ; Dupuch , propriétaire ; Guerard, conseiller- auditeur à la Cour d’appel; Janvier, ancien jurisconsulte; Lallart de Lebucquière, membre du Conseil général de la Somme, à Gézaincourt ; Labourt, ancien procureur du Roi, à Doullens; Ledieu , président du tribunal de commerce; Ledicte-Duflos, président du tribunal civil de Clermont (Oise) ; Marion, licencié en droit, ancien notaire, à Paris ; Rigollot, docteur en médecine; Romain-Boulanger, ancien filatenr; de Roquemont, juge au tribunal civil ; Saint-Amand, avoué près le tribunal civil de la Seine ; l’abbé Santerre, vicaire-général, à Pamiers (Arriège) ; Tillette d’Acheux, propriétaire ; Vast, entrepreneur de tra¬ vaux publics. SOUSCRIPTEURS A UNE MÉDAILLE. MM. Ailhaud, conseiller à la Cour d’appel : Andrieu-Blot, fabricant ; Barni (Aristide), propriétaire; l’abbé Barraud, chanoine titulaire, à Beau¬ vais ; Barthélemy, homme de lettres, à Mantes; Bazin (Charles), substitut, à Senlis ; Belu, ancien' ingénieur en chef ; Billoré (Eugène), secrétaire de la Mairie; Boistel (Amédée), avocat à Arras ; Bor, pharmacien ; Bou¬ cher de Perthes, directeur des douanes, à Abbeville ; Boullet, premier président de la Cour d’appel ; Bourguet, ancien avoué ; Bourlon (Adolphe), vicaire, à Longjumeau; Bournel, capitaine de cavalerie en retraite; Bou¬ thors, propriétaire, à Noyon ; Bouthors, greffier en chef de la Cour * (i) Les souscripteurs dont le domicile n’est point indiqué sur la liste, habitent la ville d’Amiens. Digitized by v^ooQle 103 — d’appel ; Bresseau, rentier, à Poil ; Breton (Ernest), homme de lettres, à Paris; Breuil (Edouard), juge suppléant; Bullot, ancien avoué, à Montdidier ; Carnegy de Balinhart, officier de cavalerie de S. M. britan¬ nique, à Samer (Pas-de-Calais); Cauet-Graa, propriétaire, à Saint-Sau¬ veur; Cheussey, ancien architecte; Codevelle-Delattre, propriétaire; Colson (Alexandre), docteur en médecine, à Noyon; l’abbé Corblet (Jules), prédicateur, à Paris; Cottu-Harlay, imprimeur-libraire, à Noyon; Cou- Ion (Paul), propriétaire ; Cousin (Louis), ancien magistrat, à Dunkerque; Crignon , filateur ; Daniel, docteur en médecine, à Beauvais ; Danjou, vice-président du tribunal civil, à Beauvais ; Danse, président du tribunal civil de Beauvais ; Darsy, notaire, à Gamaches ; Davost, substitut de M. le procureur-général; D’Authieulle, propriétaire; Dauzet, ancien secré¬ taire-général de la Préfecture de la Somme ; Deberly, adjoint ; Deblois, curé doyen de Clermont (Oise) ; de Boncourt (Olivier), propriétaire ; de Boury (Eugène), inspecteur des postes, à Beauvais ; Decaïeu, conseiller à la Cour d’appel ; Decaix de Saint-Àymour, membre du Conseil général de la Somme ; de Cayrol, ancien député, à Compiègne ; de Clermont- Tonnerre , membre du Conseil général de la Somme ; de Crouy, proprié¬ taire, à Compiègne; de Gestas, propriétaire; de Gorguetted'Argoeuves, propriétaire ; de Grattier, conseiller à la Cour d’appel ; de Guimicourt (Alban), propriétaire ; de Guyencourt, propriétaire; de Hauteclocque, ancien maire d’Arras; de Ladoue, vicaire-général du diocèse; de la Maison-Rouge, propriétaire ; de la Querière, négociant, à Rouen ; de la Saussaye, membre de l’Institut, à Paris ; de l’Eloge, propriétaire ; de l’Escalopier, conservateur honoraire de la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris; de Longpérier (Adrien), conservateur du Musée égyptien du Louvre à Paris ; de Louvencourt, propriétaire ; Demarsy, substitut, à Abbeville ; Deneux (Jules), président de la Société philharmonique ; de Puyraimond (Arthur), propaiétaire; deRoucy (Frédéric), ancien juge de paix, à Noyon; Deschamps de Pas, ingénieur des ponts-et-chaussées, à Saint-Omer; Desjar¬ dins, conseiller à la Cour d’appel; d’Estourmel, propriétaire, à Suzanne; de Thieulloy (Julien), propriétaire; de Valicourt, licencié en droit, àBécourt; Devimenx, avoué, à Beauvais ; d’Heilly (Charles), propriétaire ; Digeon, notaire ; Dorbis, décédé archiviste du département de la Somme ; Dordi- gny, propriétaire, à Noyon ; Douchet (Louis), chirurgien ; Dufétel, ban¬ quier; Duparc, notaire; Dupont, pharmacien; Dupont-White, procu¬ reur de la République, à Beauvais ; Dupuis, ancien président du tribunal civil d’Orléans; Dusevel, ancien avoué; Dusouich (Adéodat), percep¬ teur ; l’abbé Duval, secrétaire de l’Evéché ; Duval (Alexandre), imprimeur; Digitized by v^ooQle — 104 Duvette (Isidore-Célestin), propriétaire; Fabignon , juge au tribunal civil de Beauvais; Fatou de Favernay, juge suppléantjJ’abbé Fauvel, maître de pension ; Féret(Ed.), suppléant déjugé de paix, à Clermont (Oise) ; Fevez, adjoint ; Floucaod, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées ; Forceville- Duvette, propriétaire ; Foucart, doyen de la Faculté de droit de Poitiers; Garnier, bibliothécaire; Geoffroy, avoué; Girard, conseiller à la Cour d’ap¬ pel ; Gooy, confiseur; Grimaux, banquier; Gnenard (Léon),pâtissier; Gué¬ rin, avoué ; Harbaville, conseiller de Préfecture, à Arras; Bardouin(Henri), avocat à la Cour de cassation ; Hareux, greffier; Herbet de Raincheval, pro¬ priétaire; Herment, imprimeur; Hesse (Ch.'vDenis). propriétaire ; Hullot, propriétaire ; l'abbé Jourdain (Ed.), chanoine honoraire; Laurent (Henri), ancien fabricant ; Laurent (Natalis), manufacturier; Lecubin, bibliothé¬ caire-adjoint ; Le Glay, directeur des archives générales du Nord, à Lille ; Legros (Auguste), décédé juge de paix à Auneuil (Oise); Lelewel, an¬ cien président de la Diète polonaise, à Bruxelles; Lemaitre, ingénieur des ponts-et-chaussées ; Lemerchier, ancien maire ; Leprince, proprié¬ taire; Le Sellyer, avocat; Lesur, avocat; Madaré père, propriétaire; Mallet (Fernand), négociant ; Mâlot, bâtonnier de l’Ordre des avocats, membre du Conseil général de la Somme ; Marest, architecte ; Martin, recteur honoraire ; Mathieu, propriétaire ; Méniolle de Cyzancourt, an¬ cien adjoint, à Noyon; Moillet, avoué, à Péronne; Moisset, négociant, à Beauvais ; Navarre, notaire ; Normand , artiste peintre ; Paillat, chef de bataillon de la garde nationale ; Paulet, membre du cercle lyrique, à Mons; Paringault, procureur de la République, à Vervins; Picart-De- flesselle (Alexandre), propriétaire ; Pilate-Prevost, secrétaire de la Mairie, à Douai; Pinsard, architecte; Pipaut, peintre; Possel, propriétaire; Renard-Dorville, négociant ; Riquier, notaire ; de Romanet (Adrien), pro¬ priétaire, à Bovelles ; l’abbé Roze, curé de Tilloy-iès-Conty ; M. mc Sau¬ tai, propriétaire; Siffait, conseiller de Préfecture; la Sociétéd’Emulation d’Abbeville; Sobier, propriétaire à Mantes; Soûlas (Edouard), proprié¬ taire , à Noyon ; Terrai (Abel), artiste peintre, à Paris ; Thuillier (Joseph- Augustin) , docteur en médecine ; Topin, notaire ; Yillain (Edmond), propriétaire; Voillemier, docteur en médecine, à Senlis; Wacquet, maître de pension. * La seconde liste sera prochainement publiée . Amiens. — lmp. de Duval et Herment, place Périgord , 3. Digitized by v^.ooQle BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. -—T—■ 'm T— - COMITÉ CENTRAL. ERRATA. Page 46, au lieu de : Grotius, né à Delf en 1563, lises : né à Delft en 1583. 8 Octobre 1850. — Obsèques de M. Dorbis, trésorier de la Société. L’an rail huit cent cinquante, le 8 octobre, à huit heures trente minutes du matin, la Société convoquée extraordinairement s’est rendue de la salle ordinaire de ses séances à la maison mortuaire de M. Victor-Théophile- Bénoni Galtat-Dorbis , décédé le 5 de ce mois, à l’âge de 46 ans, trésorier de la Société des Antiquaires de Picardie. Deux coins du poêle étaient tenus par M. le doc¬ teur Rigollot, ancien président, et M. Garnier, secré¬ taire- perpétuel. Deux officiers de la garde nationale por¬ taient les deux autres coins, et représentaient la légion d’Amiens à laquelle M. Dorbis était attaché en qualité de lieutenant d’armement. Après s’être concerté avec l’offi¬ cier le plus élevé en grade parmi ceux qui assistaient à la cérémonie, la Société a pris rang dans le cortège après la famille et avant les officiers de la garde nationale qui faisaient partie du convoi. Après le service qui a été célébré à l’église S.‘-Remi, 9. Digitized by v^ooQle — 106 — et auqufel la Société a assisté, on s’est rendu au cimetière de la Madeleine, où M. l’abbé Duval, vice-président, en l’absence de M. Bisson de la Roque, président, a pro¬ noncé le discours suivant : a Messieurs , » La Société des Antiquaires de Picardie ne doit pas s’éloigner de cette tombe sans avoir donné à celui qui va y descendre une marque publique de l’estime , de l’affection et des regrets qu’il emporte. Après que dix années d’une confraternité étroite, d’un commerce scientifique assidu , nous ont rais à même d’apprécier si souvent les nobles qualités de son esprit et de son cœur, nous serait-il possible de ne pas mêler à nos pleurs quelques paroles sympathiques, de ne point chercher ensemble dans les souvenirs que laisse sa vie un adoucissement à la douleur que nous cause sa mort ? » Ces souvenirs, Messieurs, vous sont présents : ce sont les services que M. Dorbis vous a rendus , à vous, à l’administra¬ tion , à l’archéologie, à l’histoire de la province. Vous savez que l’entrée de la Société lui fut ouverte presque en même temps que celle des archives départementales ; c’était la même carrière. L’archiviste et l’antiquaire se confondirent en lui, et ces deux titres se prêtèrent une sorte d'appui réciproque pour l'accom¬ plissement de devoirs communs auxquels il ne faillit jamais. L’archiviste s’imposa la rude tache de débrouiller l’espèce de ca- hos où* malgré les travaux de ses devanciers et particulièrement de Lemoine, se trouvaient ensevelies les nombreuses pièces his¬ toriques que renfermait le dépôt confié à sa garde ; aurait-il ja¬ mais réussi, si sa vocation d’antiquaire n’avait inspiré son zèle et soutenu son patriotique courage? Vous avez vu, Messieurs, l’ordre qui règne aujourd’hui dans la salle des archives, vous avez feuilleté les catalogues et les inventaires dressés par ses soins, et vous avez compris que , dans l’accomplissement de cette œu¬ vre, l’homme de métier avait été puissamment aidé par le savant. Je ne ferai que traduire votre pensée, que répéter une parole Digitized b‘y v^ooQle — 107 — qui m’est venue de vous, en proclamant ici que nous sommes en quelque sorte redevables à notre laborieux collègue de nos * belles archives départementales, et qu’il en a été le créateur. C’est un honneur qui lui restera. » Il en est un autre qu’il vous appartient surtout de reconnaî¬ tre. C’est d'avoir généreusement et avec une véritable abnégation fait part à tous de ces précieux trésors qui lui appartenaient pourtant, j'ose dise, par droit de conquête; c'est d’avoir mis dans la main de chacun de nous, dans la main de tous, le fil con¬ ducteur qui guide le paléographe dans ce labyrinthe si patiemment déblayé par ses efforts. Vous avez souvent mis à l’épreuve son obligeance. Je suis sûr, Messieurs, que vous ne l’avez jamais fatiguée. Il était heureux de vous mettre sur la trace du docu¬ ment que vous cherchiez, et il aimait à vous laisser la satisfac¬ tion de l’avoir trouvé : effet admirable de son amour vrai et sin¬ cère de la science autant que de sou caractère bienveillant et de sa rare modestie ! Aussi, Messieurs, si dans nos publications on trouve peu de travaux inscrits sous le nom de M. Dorbis, nous devons à sa mémoire de rappeler qu’il en est beaucoup aux¬ quels il a pris cette part modeste, et bien appréciée par les hom¬ mes d’études, que je viens d’indiquer. Il fut notre collaborateur à tous. » L’esprit d’ordre de M. Dorbis, son exactitude, sa patiente activité faisaient de lui un excellent trésorier de la Société. Vous avez témoigné, Messieurs, combien vous estimiez le zèle qu’il apportait dans l’exercice de ces délicates fonctions, en les lui continuant chaque année. » Hélas! nous ne nous attendions pas que nous serions privés si vite de vos services, bon et cher collègue ; que votre famille , vos camarades, vos amis auraient à pleurer si tôt l’époux affec¬ tueux , le père tendre, le fonctionnaire intègre , l’ami sincère et dévoué, le garde national courageux qui marchait naguère con¬ tre l'anarchie au premier rang dans l’armée de l’ordre. C'est pour cela, cher collègue, que nous sentons si vivement le malheur de vous perdre et que nous nous associons tout entier à la douleur 9.* Digitized by Google — 108 — d’an* famille dont vous étiez l’ornement et la joie. Longtemps nous aurons le cœur serré en voyant votre place vide à nos séan¬ ces où vous ne manquiez jamais. » Adieu donc, Monsieur Dorbis , adieu ; reposez en paix ! Reposez à l'ombre de la croix que vous avez si souvent rencontrée sur la route de vos recherches archéologiques, et que vous avez toujours saluée avec respect et avec foi; reposez dans l'espoir de la résurrection future à laquelle vous avez cru, à laquelle ôn sent plus vivement encore le besoin de croire, quand on perd un col¬ lègue , un ami comme vous. » En rentrant du cimetière, les membres de la Société se sont rendus de nouveau à la maison mortuaire pour exprimer à madame Dorbis tous les regrets que causait à la Société la perte de l’un de ses membres les plus jus¬ tement estimés. Séance extraordinaire du 23 octobre 1850. — M. Gar¬ nier a la parole pour la lecture de la proposition suivante : « Messieurs, » Depuis plusieurs années, le gouvernement a prescrit des mesures pour la recherche et la conservation des mo¬ numents historiques ; et tout ce qui intéresse les diverses périodes de notre histoire politique, religieuse ou artistique, a été recommandé à une surveillance active et intelligente. » La Société, créée dans ce but, et dont plus d’une fois les efforts ont été couronnés de succès, grâce au con¬ cours sympathique des autorités, croirait manquer à sa mission, si elle n’appelait l’attention sur un édifice remar¬ quable qui est menacé d’une destruction prochaine. » La tour de Saint-Remi, commencée en 1517 et ache¬ vée vers 1560, doit avoir bientôt le sort de l’église dont la démolition est à peu près terminée. De tant d’églises et v Digitized by v^ooçle de monastères dont notre- ville était peuplée, des mu¬ railles et des portes qui en défendaient l’enceinte, il ne reste rien aujourd’hui. Le dernier monument disparaitra- t-il encore ? » Si aucun souvenir historique ne s’y rattache, l'art réclame cette haute tour carrée , dont les angles sont ap¬ puyés de contreforts richement décorés, et dont les baies s’élancent si légères avec toute la coquetterie du style flamboyant, pur encore de cette exubérance d’ornemen¬ tation , dont le volume et la complication donnent aux constructions cette lourdeur qui établit le contraste si frappant entre le xvi.” siècle et l’élégante simplicité du xiv.” et de la première moitié du siècle suivant ; l’art, disons-nous, la réclame, comme l’unique spécimen que nous possédions de cette époque. » La façade de l’église, due aux libéralités du doyen Adrien de Hénencourt, a disparu avec celles de St.-Michel et de la chapelle du cimetière Saint-Denis, qu’il avait fait construire. Nous venons de voir tomber le cloître du Machabée qu’on avait si horriblement mutilé naguères, pour y faire le logement d’un ecclésiastique. » Nous nous rappelons tous la magnificence de l’église des Gélestins, que l’architecte Caristie avait à peine ache¬ vée, quand elle tombait sous le marteau des démolis¬ seurs. Serons-nous témoins de cette destruction nouvelle? » Les alignements et les besoins de la circulation ont Assurément une utilité incontestable^ mais les considéra¬ tions d’art et d’histoire ne doivent-elles point aussi être d’un certain poids. » En ajoutant à l’intérêt que présentent les villes, 'Digitized by v^ooQle — 110 — les monuments ne concourent-ils point aussi à en aug¬ menter la prospérité, en excitant la curiosité des étran¬ gers qu’ils y conduisent. Que de ruines nous pourrions citer qui sont la sou rce unique des revenus de quelques localités, qui seraient sans elles condamnées à l’oubli le plus absolu. » Le monument sur lequel nous appelons l’attention, est une propriété privée, et il semble dès-lors qu’il doive rester en dehors de la sphère d’action dans laquelle notre attention doit s’exercer, en dehors aussi de l’action plus puissante de l’autorité administrative. La Société com¬ prendrait mal sa mission , à notre avis, si elle pensait qu’il dût en être ainsi. Le gouvernement, du reste , dans sa sollicitude pour les intérêts de l’histoire et de l’art, a cru ne point devoir s’arrêter aux seuls monuments pu¬ blics , puisqu’il a classé au nombre des monuments histo¬ riques diverses propriétés particulières, parmi lesquelles l’église Saint-Remi, qui nous occupe. Or, « classer un monument, n’est-ce point établir que ce monument, inté¬ ressant par son architecture ou les souvenirs qu’il rap¬ pelle, est placé sous la tutèle du gouvernement, des con¬ seils généraux et municipaux, des préfets, des maires et de tous les amis des arts, et que toute entreprise de des¬ truction devra être arrêtée par leurs efforts réunis. » Telle a été, et telle est, nous le pensons, la pensée des circulai¬ res ministérielles du 20 et du 29 décembre 1834 et du 25 janvier 1838, et au^si du classement que nous trouvons rappelé dans le Mémorial administratif du département de la Somme, de l’année 1840. Cette pensée, d’ailleurs, se trouve plus nettement exprimée encore, la même an- V Digitized by v^ooQle — 111 — née, dans la discussion du projet de loi relatif à l’ex¬ propriation, quand, sur les observations de MM. deMon- talembert, de Broglie et Mounier, M. le Garde-des-Sceaux reconnaît que le sacrifice de la propriété privée pourra être exigée pour cause d’utilité publique, dans le cas où un monument historique appartiendrait à un particulier. Nous ne pensons pas qu’il faille ici recourir à l’expro¬ priation, une transaction amiable pourrait conserver, nous le croyons, la tour de Saint-Remi, et assurer à la ville un monument de plus qui resterait là comme un té¬ moin de l’art et de la piété de nos pères. » En conséquence, nous vous proposons d’émettre le vœu que des mesures soient prises pour assurer la con¬ servation de la tour de Saint-Remi, et son acquisition par la ville ; et. nous sommes certains que notre vœu sera ici l’expression du désir de tous ceux de nos concitoyens qui attachent quelque prix à tout ce qui peut contribuer à la gloire et à l’ornement de notre cité. » Après plusieurs observations présentées par divers mem¬ bres , et qui tendent toutes à la prise en considération de la proposition qui vient d’être faite, la Société prend, à l’unanimité, la délibération suivante : « Considérant que la ville d’Amiens, justement célèbre autrefois par le grand nombre de ses édifices religieux> a perdu la plupart de ceux qui la recommandaient à l’at¬ tention des artistes *, » Qu’il importe de conserver le seul monument encore debout qui présente le plus intéressant spécimen de l’art ogival, dans les années qui ont précédé l’introduction en France du style de la renaissance ; que la tour Saint-Remi Digitized by Google est, après la Cathédrale d’Amiens et l’église Saint-Ger¬ main, le seul monument qui mérite de fixer les regards des étrangers dans cette ville ; » Considérant que , d’après les explications qui ont été données par M. le Garde-des-Sceaux lors de la discussion de la loi sur l’expropriation pour cause d'utilité publique, les principes d’intérêt général qui l’ont fait édicter, sont applicables aux monuments historiques parmi lesquels le gouvernement a classé la tour Saint-Remi ; — que dès- lors l’autorité municipale d’Amiens est armée de tous les moyens de droits suffisants pour prévenir la démolition de ce précieux monument, et vaincre au besoin la résis¬ tance du propriétaire qui refuserait d’entendre à ses pro¬ positions ; — la Société émet le vœu que le conseil muni¬ cipal d’Amiens prévienne la démolition de la tour de l’an¬ cienne église Saint-Remi, en assurant à la ville la pro¬ priété et la conservation de ce monument, soit en traitant de grè à gré, soit en recourant aux voies de l’expropria¬ tion.— Elle décide, en outre, qu’une expédition de la présente délibération sera transmise dans le plus bref délai A M. le Maire de la ville d’Amiens. » Séance extraordinaire du 13 Novembre 1850. — Cette séance est consacrée aux affaires intérieures de la Société. —Sur la demande de M- Le Bas, bibliothécaire de l’Uni¬ versité, la Société accorde ceux des volumes de ses mémoi¬ res qui manquent à la bibliothèque de cet établissement. Séance du 11 décembre 1850. — La Société décide quelle échangera ses publications avec la Société d’ar¬ chéologie de Namur (Belgique), qui lui a adressé la partie de ses travaux qu’elle a fait paraître. Digitized by v^ooQle — 113 — L’ordre du jour appelle le renouvellement du bureau pour l’année 1851, sont nommés : Président, M. l’abbé Duyâl. — Vice-Président, M. C. Dufour. — Secrétaire annuel , M. l’abbé Jourdain. — Trésorier , M. Bazot. —M. Dufour est continué dans ses fonctions de mem¬ bre de la Commission administrative du Musée. — M. Dufour, secrétaire de la Commission, présente l’état de la situation financière de la Commission Du Cange, au 1." décembre 1850. — Sur la proposition d’un membre, la Société décide qu’une médaille en bronze doré, à l’effigie de Du Cange, sera offerte : 1. ° A M. Léon Masson, préfet de la Somme, pour le concours bienveillant qu’il a prêté à la Société lors des fêtes de l’inauguration de la statue de Du Cange. 2. ® À M. Louis Porion, maire d'Amiens, pour le remer¬ cier de la participation de la ville aux frais d’érection du piédestal, et des nombreux témoignages de sympathie qu’il a donnés à la Société pour la seconder dans son entreprise. 3. ® A M. Henri Antoine, architecte du monument, en reconnaissance du désintéressement qu’il a mis 4 offrir gratuitement son concours, et de l’habilité dont il a fait preuve dans la direction des travaux du piédestal, exé¬ cuté d’après ses plans. 4. ® A M. Génin, chef de division au ministère de l'ins¬ truction publique, en souvenir de la mission qu’il a reçue de représenter à la cérémonie de l'inauguration, M. de Falloux, ministre de l’instruction publique, retenu & Paris par une indisposition. Digitized by A Google — 114 — Le secrétaire de la Commission ajoute que la Société aurait encore à acquitter d’autres dettes sacrées de recon¬ naissance , mais que l’état financier lui fait un devoir im¬ périeux d’ajourner toute proposition à cet égard jusqu’au moment de la reddition définitive des comptes de la Commission. —M. Bouthors a la parole pour la lecture d’une notice sur la prévosté de Beauquesne , destinée à servir de pré¬ face aux coutumes de cette prévôté, actuellement sous presse. La prévôté de Beauquesne, dit-il, doit son origine à l'établissement du bailliage d’Amiens, et n’a été créée que peu d’années après que Philippe d’Alsace avait fait bâtir un château à Beauquesne, vers la fin du xm. e siècle, à l’époque où l’Artois, l’Amiénois et le Yermandois étaient sous sa domination. Quand Philippe-Auguste, en 1185 , réunit ces domaines à la couronne, il plaça à Beauquesne un officier qui rendit la justice sous le ressort du bailli d’Amiens, et en fit le siège d’un bailliage qui embrassait une vaste étendue de pays dans l’Amiénois, l’Artois et la Flandre, car Lille, Douai et Orchies étaient de son ressort. L’inventaire des coutumes, rédigé en 1559, constate 150 procès-verbaux apportés en 1507, et dont 11 ont disparu aujourd’hui. L’auteur les classe en deux sec¬ tions : la première comprend les coutumes de l’Amiénois au nombre de 29,1a seconde , celles des villages et com¬ munes de l’Artois, de la Flandre et du Hainaut, au nombre de 128. Il les groupe ensuite selon l’ordre des châtellenies, quand les procès-verbaux indiquent les mouvances. Dans la première section il signale parmi les V Digitized by v^ooQle — 115 — dispositions sur le droit civil, qu’il est rare d’y rencontrer, quatre dispositions qui méritent une mention particulière dans les coutumes d’Authie , de Toutencourt, de Flixe- court et de Beauquesne. Dans la deuxième section, il recherche surtout le but et le caractère qui distinguent les seigneuries et les échevinages, qui sont les deux princi¬ paux objets qu’embrassent les coutumes de cette section. COMITÉ LOCAL DE BEAUYAIS. Séance du 15 juillet 1850. — M. Fabignon fait hom¬ mage à la Société d’un dessin lithographié représentant un escalier perron du temps de la renaissance, situé dans la maison canoniale appartenant à M." Matte. — M. Danjou annonce que M. de Malinghuen a fait hommage au tribunal civil d’une partie importante de sa bibliothèque en exprimant le désir que les ouvrages pure¬ ment historiques fussent remis à la Société académique. Par suite du dépôt qui a été effectué, une vingtaine d’ou¬ vrages historiques, presque tous capitaux, deviennent la propriété de la Société. Nous citerons entre autres, le Dic¬ tionnaire de Moreri, les Mémoires de Sully, Strada de Bello Belgico, l’Histoire des rois Séleucides de notre compa¬ triote Vaillant, etc. Des remercîments seront adressés au nom de la Société au généreux donateur. —M. le Directeur offre à la Société une grande feuille d’impression chinoise d’un travail curieux que l’on sup¬ pose être un firman pour commercer, donné à quelque marchand européen. — M. l’adbé Barraud lit une notice sur saint Muroolin , y' Digitized by v^ooQle — 116 — l’un des plus illustres évêques qui ait occupé le siège de Noyon et dont la vie est cependant peu connue. Né à Constance en Souabe, d’une famille patricienne, une vo¬ cation décidée pour la vie monastique lui fit abandonner les avantages d’une belle position. 11 vient au pied des Vosges, dans le monastère de Luxen, se mettre sous la discipline de saint Colombat vers 630. Plus tard il alla fonder, près Tbérouanne, l’abbaye de Sithiu, où il se trouva avec saint Bertin et d’autres fondateurs des grands établissements religieux de l’Artois. Il en devint premier abbé; puis il fut appelé à l’évêché de Tournay. Il succéda à saint Eloi dans le siège de Noyon, où il a été inhumé dans l’oratoire de Saint-Georges. — M. Daniel termine la lecture de son travail sur la Cité bellovaque, il résume la description de son enceinte et revient sur le travail si remarquable de galeries qui régnaient dans l’intérieur de la cité ; il cherche à établir que cette construction est antérieure à l’invasion romaine, et qu’elle aurait eu pour but d’en faire un point d’appui qui pût résister à Jules César, qui n’est arrivé qu’après longues années dans la Belgique. — Plusieurs membres de la Société s’élèvent contre cette opinion en faisant remar¬ quer que certainement César, décrivant l’oppidum des Bellovaques, eût nécessairement parlé d’une construction aussi importante ; et y aurait établi garnison, au lieu de la laisser entre les mains d’une armée aussi puissante que celle que commandait Corœus. Séance du 12 août 1850.—M. le Directeur annonce que M. Ledicte Duflos, qui a donné au Musée du département de l’Oise une collection d’antiquités celtiques provenant du V Digitized by v^ooQle — 117 — mont de Catenoy, se propose de communiquer à la Société le résultat de ses recherches et de son étude relativement à l’emplacement et à la destination de ce mont remar¬ quable par les investigations archéologiques auxquelles il a donné lieu. M. Duflos lit l’intéressante notice qu’il a composée sur le mont Catenoy, - et termine cette lecture par la des¬ cription analytique des antiquités formant la collection dont il fait hommage à la Société. Sur la proposition de M. le Président et par son organe, des remercîments sont adressés à M» Duflos. — Lecture est donnée d’une lettre adressée à M. le Directeur par M. Houbigant, membre de la Société des Antiquaires de Picardie, et maire de la commune de No- gent-lès-Vierges. Cette lettre renferme des observations relatives à une erreur involontaire commise parM.Ledicte Duflos dans sa notice sur les vitraux peints de l’arrondis¬ sement de Clermont et dans laquelle ce dernier reproche aux fabriciens de Nogent de n’avoir pas acheté les vitraux de la chapelle de Balagny, et de les avoir laissés tomber dans les mains d’un brocanteur de Paris. Pour établir que ce reproche est erroné, M. Houbigant rapporte des faits qui sont à sa connaissance personnelle, et qui lui ont donné la conviction qu'à l’époque de la vente de ces vitraux, il y avait eu, entre les démolisseurs du château et de la chapelle de Balagny et le brocanteur de Paris, un arrangement clandestin qui l’a empêché de les acquérir, ainsi qu’il en avait eu le projet. - II. Duflos répond aux observations écrites de M. Hou¬ bigant que c’est seulement aux fabriciens de Nogent-lès- Digitized by Google / Vierges qu’il a adressé un reproche de négligence, et non à M. Houbigant. Il ajoute qu’il est prêt à rectifier le passage de la notice qui concerne les vitraux peints de Balagny, et que la déclaration qu'il fait en ce moment est déjà un commencement de rectification, puisqu’elle sera insérée dans le procès-verbal de la séance, et par suite, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. —M. le Directeur donne ensuite connaissance d’un pro¬ jet de règlement sur l'admission du public dans la salle du Musée, et par lequel sont fixés les jours et les heures d’entrée et de sortie, ainsi que les moyens de surveillance nécessaires dans un établissement de cette nature. Ce rè¬ glement est adopté à l’unanimité et M. le Directeur est autorisé à le faire imprimer et afficher partout où il le jugera convenable et nécessaire. Séance du 18 novembre 1850. — M. le Directeur, dans une longue notice, rappelle les dons nombreux dont la générosité de nos concitoyens continue à enrichir le Musée. — Le Secrétaire de la Société dépose sur le bureau le fac simile gravé d’une longueur de près de 10 mètres, d’un manuscrit hierogliphyque égyptien. On trouve au commencement et à la fin de véritables fragments de papyrus recouverts de caractères d’écriture égyptienne démotique. Les nombreuses enluminures du texte font présumer qu’il s’agit de quelque document sur l’ad¬ ministration financière et agricole du pays qui avait fait de notables progrès dans l’empire des Pharaons. Du reste , un travail de cette importance et de cette diffi¬ culté, et qui n’a pu être exécuté qu’avec le concours de Digitized by v^ooQle — 119 — l’Etat, a dû donner lieu à quelques notices descriptives publiées qu’il importerait de rechercher à Paris ; il pro¬ vient de la bibliothèque d’un ingénieur attaché à la Com¬ mission d’Egypte. — M. Fabignon fait hommage aux archives de trois documents sur parchemin qui remontent aux années 1417 et 1418, proviennent du château d’Hardivillers, et contien¬ nent d’intéressants renseignements sur une des familles notables de la province dont il n’est point fait mention dans Louvet, la châtelaine Jeanne de Beauvais , fille de Colin de Beauvais, dans laquelle cette famille s’est éteinte. — M. l’abbé Barraud donne quelques détails sur la découverte archéologique faite à Champlieu , commune de Béthisy-S*.-Pierre. Une chaussée Brunehaut sépare deux tertres dont le rapprochement forme une espèce d’amphitéâtre naturel Ou artificiel ; c’est sur ce point, connu sur le nom de Tournelles , qu’on a trouvé une très grande quantité de Statues, d’environ quatre pieds de hauteur, des bas- reliefs représentant des Bacchantes, des Tritons, des enfants sur des poissons, une femme plongeant dans l'eau un enfant qu’elle tient par le pied. Tous ces sujets se rat¬ tachent évidemment à la mythologie payenne et sont, par conséquent, antérieurs à l’établissement du christianisme dans nos contrées. Cependant les ornements des chapi¬ teaux mélangés, ne rappellent en rien l’architecture grecque ou romaine, ils se rapprochent beaucoup du style byzantin. L’auteur de ces renseignements qui suffisent pour indiquer tout ce que ces monuments offrent d’intérêt, «st invité à examiner aussi les caractères géologiques des y Digitized by v^ooQle — 120 roches employées, afin de reconnaître si ces monuments ont été apportés, ou Si Ton a employé à leur confection des matériaux du pays. Recherches historiques sur la Ville de Clermont (Oise). Une fête au commencement du xvn , e siècle (5 juillet 1615), pendant le séjour d'Henri II, prince de Condé, seigneur et comte de Clermont (Père du Grand-Condé). (Communication de M. Féret, membre titulaire non résidant.) Ainsi, comme il n’ya nation , ny ville, ny pays pour petit ou de peu d’étendüe puisse-il estre qui n’ait ses coustumes, ses loix, sa mode, et son parler différent; ainsi n’y a-il province qui n’ait quelque invention de jeux pour se resjouyr en laquelle elle excède en quelque façon et manière l’industrie et dextérité des autres. C’est pourquoy à ceste occasion les peuples et habitans du pays de Beauvoisis, conviez amoureusement par la beauté de la saison et douce tranquillité de l’air ; s’estant de toute ancienneté addonnez à l’exercice des armes, et principalement aux jouxtes de toutes sortes, et à tirer de l’arquebuze se treuvèrent allumez d’un beau désir de faire paroistre aux autres qu’ils étoient maitres et comme singuliers de cest exercice ; et pour ce envoyèrent sur le commencement du présent mois de iuillet (1615) le Digitized by v^.ooçle — 121 — cartel de deffy aux habitaots des villes qui leur estoieut plus proches et voisines. Le lieu choisi pour faire le susdit exercice fut le bourg de Creil, sis entre Beaumont et Clermont, pour la beauté de la place, digne certes d’une telle feste et resjouyssance. Le prix destiné aux vainqueurs et aux gaignans plus dextres et adroicts, furent deux enseignes de diamans et pierreries de la vdlleur et estime de cinq à six mille francs. Monsieur le prince de Condé qui pour lors estoit en sa ipaison et cbasteau de Clermont, fut invité tant par ceux de Creil que par les habitans de Clermont ses sujets de s’y trouver pour y recevoir du plaisir et du contentement, comme il fit, suivy et accompagné de plusieurs seigneurs et gentils-bommes de remarque et qualité. Les villes deffiées pour le gain du prix proposé furent Mantes, Pontoise, Senlis, Luzarche , Verbery , St.-Leu, Beaumont et Clermont. Le jour est prins, sçavoir le dimanche 5.' jour de iuillet. Le samedy jour de la vueille, chacun se trouve et se rend les uns à Beaumont, les autres à Clermont -, et les autres au dit lieu de Creil , pour loyer, attendans le lendemain que tous se devaient rendre au dit Creil. Ceux de Mante arriventdespremiers par batteau, remon- tans par la rivière d’Oise jusques à Beaumont, ils étaient de tireurs choisis environ 40, tous richement accoustrez et habillez, avec des panaches et escbarpes bleües. Us avaient en leur compagnie un porte enseigne, qui avait un pourpoint de satin blanc, et les chausses de velours ronge cramoisi à large passement d’or, avec le haut panache de plumes de heiron sur la teste, attaché 10 . Digitized by v^ooQle avec une moyenne enseigne de petits diamants , l’enseigne bleüe de tafetas portait un St. -Nicolas avec force fleurs de lys d’or. Et outre ce, ils avaient trois trompettes marchans devant le capitaine armé de toutes pièces, sur un cheval grison dont la selle et les brides estoient en broderie d’or et d’argent. Ceux de Pontoise estoient en nombre de 53 hommes, portans l’escharpe et la livrée vert de mer : ils estoient conduits par quatre trompettes et un capitaine habillé de satin gris avec le hausse-col doré, monté sur on cheval hongre , paré d’une selle de velours vert, enrichie de broderies d’or et d’argent, et d’un porte-enseigne habillé de tafetas rouge, l’enseigne verte au milieu à laquelle estoit un St.-Louis, tenant en sa main un sceptre et en l’autre une main de justice. Ceux de Sentis estoient environ 56 hommes portans tous l’escharpe blanche les bandolières et garnitures de forchettes de mesme, ils estoient conduits de deux trom¬ pettes , d’un capitaine habillé de satin rouge cramoisi, chamarré de clinquant, le chapeau de castor embelly d’une aigrette attachée d’une riche rose de diamants; le porte-enseigne habillé de satin blanc, l’enseigne blanche où estait pourtraicte une Nostre-Dame et force estoiles d’or et d’argent. Ceux de Luzarehe en nombre de 25, au lieu dè trom¬ pettes, quatre hauts-bois; leur livrée estoit de roze seiche, leur enseigne de tafectas gingeollin avec les ar¬ moiries de sa majesté au milieu, leur capitaine estoit armé de toutes pièces, d’armes luisantes et dorées, et le perte enseigne de mesme. Diç - by v^ooQle — 123 — Ceux de Verbery estaient 18, conduits d’un capitaine et d’un lieutenant, avec phiffres et tambours, leur en¬ seigne jaune, rouge et blanche, et leurs livrées en cou¬ leurs colombines. Ceux de St.-Leu estaient 22, tous habillés de toile blanche avec les escharpes et bandolières orangées, leur enseigne bigarée A SOCIÉTÉ pendant le i f tT trimestre de 1851. l.° Annale» de la Société Linnéenne de Lyon, 1847-1849 , 1 vol. io-rS*.— 2.® Mémoires de l'Académie des sciences, belles- lettres et arts de Lyon (classe des lettres) , tom. i-n, 1 vol. in-8°. — 3.° Annales de la Société archéologique de Namur, tom. i. OT , liv, 4. — 4.*Jïotice sa? un traité relatif à la peinture au moyen- âge , par Pierre de Saint-Omer, insérée dans le MS. n.°6741 de la Bibliothèque nationale, par L. Deschamps de Pas.—5.° L'Ins¬ titut, n. 03 179, 180 % 1$1> 182,183. — 6.° The numismate chro- nicle, n. 08 50, 51. — 7.° Collectanea antiqua by Ch. Roach Smith , b .* 8 1 , 2 , 3, 4 du tom. i. er et n,° 4 du tom, n. —8 ° So¬ ciété d’émulation de Liège. Procès-verbaux des séances publi¬ ques de 1812-1819-1821 1822-1825-1842-1850,7 vol. in-8,°, et Rapport sur les travaux de l’année 1850, par M. De le Bidart de Thutnaide.—9.° Aperçu sur les religions de l’antiquité dans leurs Digitized by i^ooQle 153 — rapports avec l'art , par Àlf. Maury. —10.° Recherches sur la divinité mentionnée dans les inscriptions latines sous le nom de Camulus, par le même.—11.° Notes sur quelques villes romaines de l’Algérie, par le même. —12.° Examen de certains points de l’itinéraire que les Arabes et les Persans suivaient au ix. e siècle pour aller en Chine , par le même. — 13.° Nouvelles recherches sur l’époque à laquelle a été composé l’ouvrage connu sous le nom d’Evangile de Nicodème, par le même. —14.° Bulletin de la Société de l’Histoire de France, n.° 11. —1-2. —18. 0 Institut des provinces de France. — Bulletin bibliographique des sociétés savantes des départements, l. re année, n.° l. er —16.° Mémoires de l’Académie du Gard, 1849-1880,1 vol. in-8.°.—17.° Bulletin de la Société historique et archéologique de Soissons , tom. m , 1 vol. in-8°. —18.° Publication de la Société archéologique de Montpellier, n.° 18. —19.° Séances et travaux de l’Académie de Reims, tom. xi, feuilles 21 à 27.—21.° Annales boulonnaises , l. Te année, n.° 1 er . —21.° Bulletin de la Société archéologique de l’Orléannais, 2.® sem. 1880. — 22.° Société d'archéologie , de littérature, sciences et arts d’Avranches. Séance annuelle du 6 juin 1850. — 23.° Bulletin des Comités historiques, juillet, août, novembre, décembre 1850.—24.° La Chanson de Roland, poème de Theroulde. Texte critique accompagné d’une traduction , d’une introduction et de notes, par F. Génin, 1 vol in-8°. ^-25.® Description de l’Eglise collégiale, aujourd’hui paroissiale de Lilliers, par M. C. de Linas , in-4.°, 2 pL — 26.° Mémoires de la Société des Antiquaires de France , tom. xx. •— 27.° Société des beaux-arts et de littérature de Gand. Rapport sur les travaux lu à la séance du 8 décembre 1880, par M. de Busscher, broch. in-8®. — 28.° Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, 1841-1849, 7 vol. in-8°.— 29.® On the use of bronze celts in military operations by James Yates, 1849, br. in-8°. — 30.° L’Investigateur, n. os 194, 195. — 31.® Biografia del célébré* diplomatico y distinguido literato es- panol el eximo senor, D. José Nicolas de Azara y Perera, pu- blicada por D. Bas. Castellanos de Lozada. Madrid , 1850, br. inr8.°, port. — 32.® Notes historiques sur la vie de Molière, par A. Bazin. Paris, Techener, 1841, 2.® édition. Offert par l’éditeur, M. Paulin Paris, membre de l’Institut.—33.® Mémoires de la So¬ ciété d'archéologie et de numismatique de Saint-Pétersbourg, n. 08 9,10,11 , et supplément. — 34*® Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 4.® trim. , 1880. — 35.® Recueil agrono- Digitized by v^.ooQle — 154 — inique, industriel et scientifique , publié par la Société d'agricul¬ ture de la Haute-Saône, tom. y , n.° 7. — 36.° Mémoires de la Société des sciences, lettres et arts de Metz, 3.®, 4.®, 5.®, 6.® , 9. e , 10.®, 11.®, 12.®, 13.®, 14.®, 13.®, 17. e années. 42 vol. in-8®. —37.® De l’Architecture au moyen-âge, par M. l’abbé J. Corblet, br. in-8°. — 38.® Annales des sciences physiques, naturelles, d'agriculture et d’industrie, publiées par la Société nationale d'agriculture de Lyon. 2.® série, tom. i.« r et ii. — 39.® The jour¬ nal of the British archaeological association , n.® 24. — 40.® An¬ nales du Conseil de salubrité publique de la ville de Liège, tom. i, ii, iv. Liège, Oudart, 1844-1830 , 3 vol. in-8®. — 41.® André Grétry, poésie, par Busschmann. Anvers, Jacob, 1842, br. in-8®. — 42.® Revue de la Numismatique belge. 2.® série, tom. i.® r , l.® r livr. — 43.® Séance publique de la Société d'agricul¬ ture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, tenue à Châlons, le 4 septembre 1830. Châlons, Boniez-Lambert, 1830, in-8°. — 44.® Le Mystère des Actes des Apôtres, par Ar- noul et Symon G reban, retouché par Pierre Curet. 13.., volume incomplet, in-4®. —43.® Le Mystère de la Passion Nostre Sei¬ gneur Jesu-Crist, avec les additions et corrections faites par Jean Michel, 13.., volume incomplet, in-4®. — 46.® L'Epistre du Roy à Hector deTroye, et aucunes autres œuvres assez di¬ gnes à veoir. Paris, Marnef et Pierre Viart, 1319, in-4.® (Cette épître, de Jean le Maire de Belges, est ajoutée ordinairement à la suite de son illustration des Gaules}. — 47.® Le Traicté de la différence des scismes et des concilies de l’église et de la préé¬ minence et utilité des concilies de la sainte église gallicane, com¬ posée par Jean le Maire de Belges. —Avec lequel sont com¬ prises plusieurs autres choses curieuses et nouvelles et dignes de scavoir. — Si comme de l'entretenement de l'union des princes. — La vraye histoyre et non fabuleuse du prince Syach Ysmael dit Sophy. — Et le sauf-conduit que le souldan baille aux François pour fréquenter en la terre sainte. — Avec le blason des armes de9 Véniciens. Paria, François Régnault, 1323, in-4®. (Ce traité se trouve également à la suite de l’illustration des Gaules, du même auteur.)—Ces quatre ouvrages ont été offert par M. Isid. Debrie, membre titulaire non résidant, à Breteuil (Oise). OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant le l.® r trimestre de 1831. 1.® Par M. Guilmeth, propriétaire à Rouen, une amphore Digitized by v^ooQle ~ 155 — d'une très-belle conservation, de l’espèce dite Diota, trouvée à Saint-Mard-lès-R oye. 2. ® Par M. Isid. Debrie, de Breteuil, un coin celtique en silex-, trouvé sur le terroir de cette commune, au lieu dit le Moulin des Moines , et un jeton en argent de la chambre des huissiers de Clermont (Oise). 3. ° Par M. Tillette d’Acheux , cinq bas-reliefs en bois du xvi. 6 et xvn. 6 siècle, provenant de son cabinet, et représentant des sujets religieux. 4. ® Par M. Pipaut, peintre à Amiens, un biscayen, trouvé dans la tour de l’ancienne église Saint-Remy, en cours de démo¬ lition , et provenant sans doute du siège de la ville par Henri IV. 5. ® Par M. Mancel, adjoint, une médaille P. B. de Constantin, trouvée dans les déblais de la rue de la Pâture, à Henri-Ville. 6. ® Par M. Pansiot, employé aux écritures du Comice, une médaille, en cuivre doré , de la fédération de Paris en 1790. LISTE DES SOLSCBIPTELBS A la Médaille commémorative de l’inauguration du monument élevé en l’honneur DE DUFRESNE DU CANtiE. La médaille frappée en l’honneur de Du Cange n’a pas eu moins de succès en Angleterre qu’en France et en Belgique. C’est au zèle de M. Roach Smith, si justement estimé dans le monde savant par ses importantes publications sur l’archéolo¬ gie générale et sur la numismatique, que la Société des Anti¬ quaires de Picardie doit les nombreuses adhésions qu’elle a reçues des diverses associations scientifiques de la Grande- Bretagne. Aussi se fait-elle un devoir de renouveler ici à l’honorable correspondant tous ses remerciements pour les marques de sympathie qu’iPlui a assurées par son bienveillant concours. TROISIÈME LISTE. SOUSCRIPTIONS ANGLAISES Recueillies par M. Ch. Roâch Smith , membre correspondant dé la Société des Antiquaires de Picardie , à Londres . The British archaeological association ( Association archéologique Bri¬ tannique ), 1 ; the Society of Antiquaries of the North (Copenhagen) (la Société des Antiquaires du Nord, à Copenhague), 1 ; the Society of Digitized by v^ooQle — 156 — Antiqnaries of Newcastle upon Tyue ( la Société des Antiquaires de Newcastle sur le Tyne ), 1 ; the Society of Antiquaries of Scotland (la Société des Antiquaires d’Ecosse), 1; the Susses archaeological Society ( la Société archéologique de Susses ) 1 ; the historié Society of Lancashire and Gheshire ( la Société historique de Lancastre et de Chester), 1 ; M. Ch. Roach Smith, F. S. A., Hon. Sec. Nurn. Soc. London ( membre de la Société des Antiquaires, secrétaire honoraire delà Société de numismatique de Londres), 2 ; M. W." 1 Debonaire Haggard, F. S. A. ( membre de la Société des Antiquaires de Londres), 1 ; M. James Co?e Jones, F. S. A. Hon., Sec. Numis. Soc. London (membre de la Société des Antiquaires, secrétaire honoraire de la Société de Numismatique de Londres), 1 ; M. W.“ Henry Rolfe, à Sandwich, 1 ; M. W. m Chaffers jun. F. S. A. (membre de la Société des Antiquaires de Londres), 1; M. James Yates, M. A., F. R. L. and G. S., Highgate, 1 ; M. Joseph Mayer. F. S. A., Liverpool, 2; M. William Edwards, member of the British archaeological association , London , 2 ; the lord Londesborough, F. S. A., late (ancien) président of the British archaeological association, 1 ; M. John Bruce, treasurer (trésorier) of the Society of Antiquaries of London, 1 ; the Ghelmsford philosophical Society ( la Société philosophi¬ que de Chelmsford), t ; M. Thomas Clarkson Neale, secretary of the Chelmsford philosophical Society, 1; M. George Meggy, Chelmsford chronicle office (directeur de la chronique de Chelmsford), 1 ; the Rev. d George Burder Hamilton, à Springfield, comté d’Essex, 1 ; D. r S. Miller, M. D. (docteur en médecine), à Chelmsford, 1 ; M. John Yonge Aker- man, secretary of the Society of Antiquaries of London, 1 ; M. John Ma- ther, Liverpool, 1 ; M. Jos. Mayer, à Dale Hall, comté de SlrafTord, 1 ; M. T. J. Peltigrew, F. S. A., treasurer of the British archaeological as¬ sociation , London, 1 ; the Literary and philosophical Society (rf Leices- ter, 1; M. William Harvey, member of the Sussex archaeological Society, Lewes, 1 ; M. Joseph Curt, numismatiste à Londres, 1. SOUSGHXPTBU&S A UNE MÉDAIXXB. MM. Bretagne, juge-de-paix, à Noyon ; le Musée de la ville de Calais ; T.-D. Codevelle, numismate à Sainte-Mariekerque (Pas-de-Calais) ; Cré- mery, propriétaire, à Noyon; le docteur Daniel, directeur du Comité archéologique de Beauvais (pour trois anonymes) ; Decaudaveine, notaire à Airaines ; Demotier, libraire, à Calais ; A. Durand, administrateur du Musé de Calais; Lecorreur, capitaine d’artillerie de la garde nationale d'Ataiens ; M.“ c veuve Ledieu, propriétaire, à Amiens ; Lendormy, vérificateur de l’enregistrement, à Amiens ; Marcotte, horloger à Calais ; la Société des Antiquaires de Normandie; Sézille de Biarre, chef d’es¬ cadron d’état-mqjor, à Noyon. Amiens. — lmp. de Duval et Herment, place Périgord, 3. Digitized by v^ooQle BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. Tg’ Ifr^Q-rST-'T^i- COMITÉ CENTRAL. Séance du 9 avril 1851. M. le Préfet écrit qu’il a transmis et recommandé à M. le Ministre de l’Instruction publique la demande de la Société, à l’effet d’obtenir un décret qui lui confère le titre d’établissement d’utilité publique. — M. le Ministre de l’Intérieur informe qu’il vient d’al¬ louer, sur le crédit de son budget, une somme de six cents francs, pour concourir à l’acquittement des frais d’érection du monument de Du Cange, à Amiens, et qu’il accepte l’offre que lui a faite la Société de lui livrer un certain nombre des médailles en bronze qu’elle a fait frap¬ per en commémoration de l’érection de la statue. — M. le Ministre de l’Instruction publique informe que, par arrêté du 8 avril, il a accordé à la Société, à titre d’encouragement, une subvention de500fr. « J’ai été as¬ sez heureux, ajoute-t-il, de pouvoir répondre ainsi au vœu que vous m’aviez exprimé dans votre lettre du 30 mars, et de donner à une compagnie dont j’apprécie le zèle éclairé, une preuve de l’intérêt que je porte à ses travaux. » La Société vote des remerciements à MM. les Ministres 14. Digitized by v^ooQle de l’Intérieur et de l’Instruction publique, ainsi qu’à M. le Préfet et à M. Porion, maire de la ville et repré¬ sentant , pour les nouveaux témoignages de sympathie qu’ils viennent de lui donner. — On entend ensuite la lecture d’une note deM. de Ca- gny sur une découverte de monnaies du xy.' siècle faite à Falvy, canton de Nesle, lieu célèbre par un château que l’on trouve cité dans divers monuments du xu.° siècle, et qui fit partie de l’apanage de la reine Blanche, mère de Saint-Louis. A ce sujet, M. Rigollot émet le vœu que les membres correspondants soient invités, quand ils ne peuvent deve- vir possesseurs de pareilles découvertes, à prendre des empreintes en cire des monnaies. Ce procédé fort simple permettra d’apprécier la valeur et l’intérêt de la trou¬ vaille. — M. Bouthors fait un rapport sur diverses brochures offertes à la Société par M. Polain, archiviste de la pro¬ vince de Liège. Il signale surtout un récit sous le titre de la Warde des Steppes , dans lequel l’auteur prouve comment le comte Henri I. er de Louvain expia, à la Warde des Steppes, dès l’année suivante, le sac de Liège en 1212, et un morceau relatif à l’histoire de la révolution de Liège, ayant pour titre : Henri de Dînant. — M. le Président rappelle qu’il est d’usage de publier quelque temps avant l’assemblée générale un programme des questions qui devront y être discutées. Il propose de les publier dans le bulletin qui va paraître et de charger de ce soin une commission. Cette proposition est adoptée et la commission se com- Digitized by v^ooQle — 159 — posera du bureau auquel sont adjoints MM. Bouthors et Rigollot. —La Commission a publié depuis le programme suivant des questions à traiter dans la séance générale de 1851 : l.° Quels caractères distinguent d'une manière positive les sépultures de l’époque celtique, de l’époque gallo-romaine , de l’époque mérovingienne et du moyen-âge jusques au xiv.® siècle? %° Connaît-on en Picardie des bâtiments civils de la période romane, vulgairement appelée byzantine ? 3. ° Quels sont, dans cette province, les principaux pèlerinages? Quelle origine et quelles vertus la tradition locale leur attribue- t-elle ? 4. ° Quels sont les manuscrits conservés dans les bibliothèques publiques ou privées du département de l’Oise, qui mériteraient d’être publiés par la Société des Antiquaires de Picardie, dans sa Collection in-4.° de documents inédits concernant la province ? Les comités de Beauvais, de Noyon, de Compiègne et de Clermont sont tout particulièrement invités à signaler ceux de ces manuscrits qui se rattacheraient à l’histoire locale de leur cir¬ conscription ou d’une manière générale à la partie de l’ancienne Picardie dont on a formé depuis le département de l’Oise. — M* le Président rappelant la perte que la Société vient de faire de l’un de ses membres les plus distingués, M. Dupont White, dont elle a couronné le beau travail ayant pour titre : la Ligue à Beauvais , et applaudi plu¬ sieurs notices pleines d’intérêt, exprime le vœu qu’une courte notice insérée au Bulletin témoigne des regrets que cette perte a fait éprouver à la Société. La Société s’associe unanimement à ce vœu et charge le secrétaire-perpétuel de la rédaction de la notice qui devra 14/ Digitized by 160 — être insérée au Bulletin actuellement sous presse (1). — La Société désirant s’associer à toutes les manifes¬ tations qui ont pour but d’honorer les sciences et les arts, et aux honneurs rendus aux grands hommes qui ont fait la gloire de la Picardie, vote pour la statue de Jacques Sarrazin, peintre et sculpteur, premier recteur de l’Aca¬ démie des beaux-arts, né à Noyon en 1592, une somme de 100 fr. , et elle exprime le regret que ses ressources ne lui permettent point de prendre une part plus large à cette œuvre de patriotisme. — Un membre rappelle la proposition qui a été faite l’année dernière relativement à une médaille d’argent à l’effigie de Du Cange, qui serait décernée chaque année par la Société des Antiquaires de Picardie, au premier prix d’histoire dans la classe la plus élevée du Lycée d’Amiens, où cette faculté est enseignée. Il lui parait convenable de témoigner ainsi à M. le Ministre de l’Instruction publique la reconnaissance de la compagnie pour les marques d’intérêt qu’elle vient d’en recevoir. Le conseil municipal d’Amiens s’est associé avec le plus généreux empressement à la pensée d’honorer la mémoire de Du Cange ; le Conseil général de la Somme n’a point voulu rester indifférent à un projet qui a ren¬ contré partout les sympathies les plus éclairées. Le bien¬ veillant appui qui de toutes parts est venu seconder l’ac¬ tion de la Société, lui a fait contracter une dette de recon¬ naissance, et elle ne pourrait mieux faire pour l’acquitter que de distribuer chaque année, dans l’établissement prin- (Voir la notice page 146). X Digitized by v^ooQle — 161 — cipal d’instruction publique du département, la médaille même sur laquelle le monument est gravé. A ces considérations toutes de convenance, le même membre en ajoute d’autres qui lui paraissent non moins puissantes. La Société se consacre à l’étude de l’histoire et à la conservation des monuments ; il ne peut lui suffire d’ex¬ citer le zèle du moment pour le culte du passé; elle doit encore songer à l’avenir et disposer les générations fu¬ tures à continuer l’œuvre qu’elle a si laborieusement entreprise : répandre le goût des études historiques, c’est préparer à l’homme de douces jouissances et le rattacher à sa patrie par le culte des souvenirs qui en font la gloire. Une récompense spéciale peut contribuer beaucoup à entretenir l’émulation parmi la jeunesse qui étudie l’his¬ toire, et si cette fondation ne suffit point pour assurer un successeur à Du Cange, du moins elle témoignera des efforts de la Société pour conserver dans sa patrie l’amour des travaux sérieux qui en ont fait le genie même de l’érudition. L’auteur de la proposition demande qu’il soit pris une délibération à ce sujet., afin qu’elle puisse recevoir son exécution à la prochaine distribution des prix. Cette proposition, vivement appuyée, est immédiate¬ ment prise en considération et, à l’unanimité, la résolu¬ tion suivante est adoptée : La Société, désirant encourager l’étude de l’histoire dans la patrie de Dufresne Du Cange et reconnaître, autant qu’il est en son pouvoir, ce qu’elle doit aux sympathies du Gouvernement, du Conseil général de la Somme et Digitized by Google * — 162 — notamment du Conseil municipal d’Amiens qui se sont associés vivement à la pensée de lui élever une statue. Arrête : « Art. 1 er . — Une médaille en argent, & l’effigie de Dufresne Du Cange, sera décernée annuellement à chaque distribution de prix du lycée d’Amiens, à l’élève qui aura remporté le 1." prix d’histoire dans la classe la plus élevée où cette faculté sera enseignée. » Art. 2. — Cette médaille portera sur la tranche l’inscription suivante pour 1851. — Lycée d’Amiens .— Classe de Rhétorique. Au l.' r prix d? histoire. La Société des Antiquaires de Picardie, 1851. » » Art. 3. — La présente délibération sera soumise à l’approbation de M. le Ministre de l’instruction publique.» Séance du 14 mai 1851. — Un membre rappelle, au sujet du prix d’histoire qui a été proposé dans la der¬ nière séance, la promesse faite par M. Génin, délégué de M. le Ministre de l’instruction publique, lors de l’inau¬ guration de la statue de Du Cange, de donner au Lycée d’Amiens le nom de l’illustre savant, et demande s’il ne conviendrait point de solliciter cette dénomination qui sem¬ ble avoir été l’objet d’un arrêté pris par M. le Ministre, d’après ces paroles de M. Génin : « au Lycée Corneille de Rouen; au Lycée Descartes de Tours, Amiens dès aujour¬ d’hui peut opposer sans désavantage son Lycée Du Cange. » Un membre répond qu’il a pris à cet égard quelques informations desquelles il résulte que, l’arrêté qui était en projet n’ayant point reçu d’exécution, le changement ne pourrait avoir lieu sans une demande du conseil mu¬ nicipal de la ville d’Amiens dont le Lycée porte le nom. Digitized by L^OOQle — 163 — Il ajoute qu’aujourd’hui le Conseil académique du dépar¬ tement devrait aussi être saisi de cette question et donner son ayis. Aucune proposition formelle n’étant faite à ce sujet, la Société passe à l’ordre du jour, après avoir toutefois in¬ vité M. le Président à s’entretenir avec M. le Recteur de la marche à suivre pour arriver à ce changement de dé¬ nomination. — M. le Président propose à la Société de voter des remerciements à M. Leprince pour le don qu’il vient de faire à la ville de sa propriété du faubourg de Noyon, située au lieu dit la Fotse-Ferneuse, à la condition d’af¬ fecter l’étage supérieur de la Halle aux grains à l’établis¬ sement d’un Musée d’antiquités, de beaux-arts et d’histoire naturelle, jusqu’au moment où l’administration pourra consacrer le reste de l’édifice à la même destination. Il ne doute pas que le don ne soit accepté avec empres¬ sement par l’administration qui depuis longtemps avait conçu le projet de doter la ville d’un Musée et qui, plus d’une fois , avait exprimé à la Société le désir de pouvoir placerplusconvenablement la collection d’antiquités qu’elle a formée. Cette proposition est accueillie par d’unanimes applau¬ dissements. M. Leprince remercie la Société , il sait combien elle desire la réalisation de ce projet, et s’estimera heureux d’avoir pu loi venir en aide pour la création d’un établis¬ sement qu’elle appelle depuis longtemps de tous ses vœux. Un membre demande quelle part a prise la Société dans la commission d’organisation du Musée qui vient de Digitized by Google — 164 — se former et dont le manifeste a paru dans les journaux. Il pense qu’elle aurait pu être consultée utilement, et qu’elle eût introduit dans la commission des éléments qui paraissent lui manquer. Un membre répond que le comité d’organisation du musée est une création toute spontanée provoquée par M. Leprince; que l’intervention de la Société d’une ma¬ nière officielle ne pouvait être demandée, qu’il n’y a rien encore de certain, et qu’il convient que la Société réserve toute son action pour l'époque où la pensée de M. Leprince sera réalisée ; qu’alors seulement elle pourra réclamer sa part dans l’organisation, pour la partie qui concerne plus spécialement ses attributions et ses études. — M. Guerard a la parole pour une lecture sur les fondations faites en faveur de l’église paroissiale de Saint- Germain d’Amiens. L’examen des registres aux comptes et des titres de cette paroisse ne lui a fourni aucune fon¬ dation qui remontât au-delà du xiv. a siècle. Il n’en existe qu’une de ce temps, les autres sont du xv.*, xvi.*, xvn.* et xvm.® siècle et c’est vers le xvn.“ siècle que ces actes sont les plus nombreux. Les testaments dans lesquels les mourants règlent leurs funérailles en déclarant préalable¬ ment qu’ils ne veulent point mourir intestats, sont du xvii.* et du xviii.* siècle ; un seul remonte au xvi*. La fondation du xiv* siècle est celle de Jacques Petit, chanoine, pour up obit qui ne se disait plus dès le xvi.* siècle, quoique fondé à perpétuité. — Au xv.* siècle Mi¬ chel Acatelle, bourgeois, fonde deux services solennels en la chapelle St.-Nicaise, et en règle toute l’ordonnance. — En 1441 Pierre Harlu déclare vouloir être enterré V Digitized by v^ooQle — 165 — dans l’église et règle aussi ses funérailles. —En 1450 Henri Lemaistre et Jacqueline de Fontaine, sa femme, donnent à l’église un fief sis à Mézières-en-Santerre. C’est cette donation qui aurait valu, suivant la tradition, le nom de fous donné aux paroissiens de St.-Germain. M. Gue- rard entre ici dans de plus longs détails. Un fait assez curieux c’est que les exécuteurs testamentaires s’étant pourvus devant le roi à l’effet d’obtenir des lettres d’a¬ mortissement , le roi les leur accorda au mois de janvier 1450, et les droits à payer furent fixés à 400 livres tour¬ nois lesquelles furent affectées au rachat de la terre et seigneurie de Dun-le-Roy, qui avait été donnée en gage par Charles YII à un chevalier gascon, nommé Robert Soignac, pour 380 réaux d’or. La suite de la lecture de ce travail qui est écouté avec le plus vif intérêt, est remise à quinzaine. Séance du 28 mai 1851. — M. Bouthors a la parole pour la lecture de quelques notes qui doivent servir de développement au texte des coutumes locales du bailliage d’Amiens. Dans une note sur la Waide, Guède ou Pastel (Isatis tmctoria) qui se cultivait en grand dans les environs d’Amiens pour l’extraction du bleu, avant l’introduction de l’indigo dont l’usage ne fut libre qu’en 1737, il fait voir, d’après le rôle de l'aide à Amiens, que cette marchandise a, de 1386à 1389, produit annuellement environ 1130 livresparisis, qui représenteraient aujourd’hui 67,800 fr.; ce qui donne, en supposant l’impôt du dixième du prix de la marchandise, un capital engagé de 678,000 fr. qui se répartit sur 32 maisons, et attribue à chacune d’elles un peu moins de 22,000 fr. par année. — M. Bouthors Digitized by v^ooQle fait voir que la convocation des habitans de Chelers dans le cimetière, pour le renouvellement du corps de ville, n’est pas sans précédent historique; qu’elle est en rap¬ port avec la tradition primitive, et que, jusqu’à la fin du 13.* siècle, les parvis des églises et les cimetières furent souvent choisis pour la tenue des assises. — Un article de la coutume de Pernes relative à l’administration des biens des enfants mineurs lui donne occasion de mon¬ trer que les communes du moyen-âge ne se bornaient pas seulement à prendre l’administration des biens des en¬ fants mineurs, mais qu’elles veillaient au gouvernement de leur personne, fixaient les conditions de la durée de leur apprentissage, et embrassaient en un mot toutes les phases de la vie de l’orphelin , depuis le jour où il était placé sous sa protection , jusqu’à celui où il pouvait se suffire à lui-mème.—La coutume de Fouquevillers fournit une note sur l’usage de terminer les plaids par des repas que les seigneurs offraient aux échevins qui leur avaient prêté concours et assistance. L’auteur fait voir que cet usage est une tradition des mœurs germaniques, et qu’on ne peut douter qu’il n’ait été emprunté à l’Allemagne par la France du Nord , quand on compare les coutumes des deux pays.—M. Bouthors explique la coutume de Lens, qui permettait aux bourgeois d’avoir une pièce de vin à trois, par la coutume d’Amiens et le mode de la levée de l’aide sur le vin, qui faisait préférer aux bourgeois de laisser chez les taverniers une pièce de vin portant le nom de leur famille, pour s’épargner les visites du fisc. — M. Guerard continue la lecture de ses recherches sur les fondations faites en faveur de l’église de St.-Ger- Digitized by v^ooQle — 167 — main : Ce sont celles de Jean de Bertangles, Colay Va- lente, femme de Mathieu Brescot, Jeanne de Beaupigné, Marie Lecouvreur. Les donations de ces deux dernières servirent en partie pour l’agrandissement de l’église. — La liste des fondations du xvi. e siècle est ouverte par Nicolas Delattre et Claire Dupoat, sa femme, qui donne sa maison pour agrandir l’église, à condition d’être en¬ terrée à la place où elle avait coutume de s’asseoir. — Jean Revelois, dont la famille fournit à l’église plusieurs bienfaiteurs, fonde une messe solennelle des Cinq-Plaies qui sera chantée chaque vendredi avec orgue, diacre, sous-diacre et choriste. — Jean Lestren, Augustin de Maucourt, Jean Leclerc , Jean Lebel, la veuve Delavier, Jean Geech, Isabeau Crossette, Antoine Morel, Claude Lecaron, Jacqueline Magnier, enrichissent encore l’église par des fondations d’obits et de messes dont les conditions sont réglées par eux. — M. Breuil lit la première partie d’un rapport sur le travail de M. l’abbé Santerre relatif au culte des eaux et des fontaines. Séance du 11 juin 1851. — Le secrétaire perpétuel dépose un mémoire envoyé pour le concours , ayant pour titre : « Dissertation sur les principales constructions civiles » du département de l’Oise, considérées sous le rapport » de l’histoire de l’art, depuis les temps les plus reculés » jusqu’à la fin du xvn.” siècle. » — Avec celte épi¬ graphe : La génération présente doit conserver avec soin les monuments du passé... le temps se charge trop tôt de les détruire, c’est à elle d’en perpétuer le souvenir. LE DUC DE LUYNES. Digitized by Google Un billet cacheté portant la même épigraphe est joint au mémoire. Le mémoire est envoyé à l’examen d’une commission composée de MM. Rigollot, Garnier, Guerard, Jourdain et Dufour. — Lecture est donnée de la lettre suivante de M. le Ministre de l’instruction publique, en date du 30 mai 1851 : « Monsieur le Président, » Vous m’avez fait l’honneur de solliciter, au nom de la Société des Antiquaires de Picardie, l’autorisation de donner annuelle¬ ment au prejnier prix d’histoire de la classe la plus élevée du Lycée d’Amiens, une médaille en argent à l’effigie de Dufresne Du Gange. » Je m’empresse de vous annoncer que , d’après l’avis de la section permanente du Conseil supérieur de l’instruction pu¬ blique , j’ai approuvé la fondation proposée par la Société des Antiquaires de Picardie. » Je vous prie de vouloir bien remercier, en mon nom, la So¬ ciété de sa généreuse manifestation qui témoigne à un haut degré de l’intérêt qu’elle porte aux études historiques du Lycée d’A¬ miens. » » Recevez, etc. » DE CnOUSElLHES. » — Sur l’invilation faite par la Commission du monu¬ ment à élever à Galland, dans le bourg de Rollot, la Société délègue pour la représenter MM. Rigollot, Breuil qui y lira une pièce de vers dont il a donné lecture à la séance générale de 1850, Garnier et Dufour, et engage les membres qui le pourraient, à s’adjoindre à leurs col¬ lègues. — M. Rigollot fait un rapport verbal sur la première Digitized by v^.ooQle — 169 — livraison d’une publication ayant pour titre : Annales Boulonnaises , et rédigé par M. Morand et M. l’abbé Yan Drivai. Il signale comme d’un haut intérêt un travail sur les éphémérides de l’histoire de Boulogne pour le mois de janvier, et dans lequel les faits ne sont point seulement rapportés, mais éclaircis par des notes. — Un travail bibliographique fait avec beaucoup de soin lui paraît mé¬ riter une mention spéciale. Il s’agit de Matheolus, l’au¬ teur d’un poème latin sur le mariage, traduit en vers français au xiv.* siècle par Jean Lefebvre, et que M. Mo¬ rand revendique comme une illustration boulonnaise. Jean Lefebvre, né à Ressons, département de l’Oise, ap¬ partient aussi à la Picardie. M. Morand a donc, en détruisant l’opinion accréditée au sujet de l’individualité de Matheolus et de son traducteur, non-seulement élucidé un pqint de l’histoire littéraire de la France, mais surtout donné un bon chapitre à l’histoire littéraire encore à faire de la Picardie. — L’étude sur le monument funéraire de la galerie égyptienne du musée de Boulogne par M. Van Drivai, a pour but de démontrer l’importance de ce mo¬ nument qui représente une des scènes principales du jugement de l’âme. M. le rapporteur se déclare incompé¬ tent à formuler un jugement sur ce travail, et ne peut qu’exprimer le plaisir que lui a procuré cette lecture. —M. Guerard fait un rapport verbal sur trois notices de M. l’abbé Decorde contenant la description historique et archéologique des cantons de Neufchâtel, Blangy et Londinières. L’auteur, dit-il, ne se borne point à une simple nomenclature, à un froid inventaire des églises, des monuments divers de chaque commune ; il raconte les y Digitized by v^ooQle faits, les légendes, les croyances et recherche l’origine des pélérinages et des cérémonies particulières aux di¬ verses localités. Les détails sur les familles ont surtout un intérêt réel pour la Société, car plusieurs des familles nobles des verriers du pays de Bray, appartiennent à la Picardie. En résumé il félicite M. l’abbé Decorde de ses travaux et ne doute pas que la Société ne trouve dans son zèle et son talent un collaborateur distingué. — M. Dufour donne lecture d’une lettre de M. le doc¬ teur Daniel de Beauvais, auquel il avait demandé une liste des saints du Beauvaisis. M. Daniel ajoute à la liste des saints des détails curieux sur le culte dont ils sont l’objet, sur les usages locaux, les pélérinages, la fête de Ste.-Angadrême et la procession de l'assaut. M. Dufour ajoute qu’il s'occupe activement avec M. Garnier de la rédaction de l’Annuaire, qui a été demandé par le Conseil général de la Somme, sur la proposition de M. le Préfet, et que déjà il a terminé le calendrier picard de 1852, dans lequel il n’a admis que des saints nés ou honorés, morts ou martyrisés en Picardie, en indiquant quelques événements relatifs à l’histoire ecclésiastique et hagiologique de cette province. Séance du 9 juillet 1851. — Lecture est donnée de la lettre suivaifte de M. Hardouin : « Mon cher Collègue et Président, » J’ai la, dans le dernier bulletin, la proposition deM. Dufour et la délibération de notre Société au sujet de ceux des MSS. de Du Gange qui paraîtraient de nature à être publiés comme docu¬ ments inédits de l’histoire de Picardie. » Accepter avec empressement la mission que mes collègues ont bien voulu me confier, et travailler promptement et de mon Digitized by v^ooQle — 171 — mieux à son accomplissement, c’est le seul tribut de gratitude qu’il me soit permis d’offrir en échange du nouveau témoignage de bienveillance que je viens de recevoir. » Sans adresser, dès aujourd’hui, un rapport circonstancié que je ne manquerai pas de faire parvenir au Comité central pour l’époque de la plus prochaine assemblée générale, je crois devoir consigner ici la substance de ce rapport. » Le manuscrit de VHistoire des Comtes de Montreuil et de Ponthieu , et diverses notices isolées qui se rattachent à des faits ou à des titres d’un haut intérêt pour l’histoire des parties mari¬ times de la Picardie, ont dû fixer tout particulièrement mon attention. » Dans un chapitre préliminaire écrit avec une remarquable vigueur, notre célèbre érudit annonce qu’il s’est proposé de substituer aux fables et aux romans (il faisait surtout allusion ici aux divagations de Malbrancq), le dépouillement des textes pu¬ bliés ouinédits dont l’authenticité ne lui paraîtrait pas douteuse. Il a tenu parole, bien entendu, et son ouvrage me paraît de plus en plus digne de la publicité donnée aux Comtes d'Amiens. Il rentre d’ailleurs incontestablement dans la catégorie de ceux qui embrassent ce que j’appellerai les faits généraux de l’histoire de Picardie, et sur l’utilité des quels ont insisté avec tant de raison MM. les Membres du Comité central et l’auteur de la proposition. Une division par chapitres, quelques légers compléments de rédaction, des annotations enfin qui ne feraient que se juxtà-poser au texte sans en altérer en rien la sincérité, seraient, désormais, en ajoutant quelques titres ou fragments également inédits, le seul travail à faire pour transformer l'histoire des Comtes de Montreuil et de Ponthieu avec ses annexes, en une publication pleine d’intérêt. Son étendue ne dépasserait pas, même avec une introduction et les notes, 200 à 250 pages du format des Coutumes locales du bailliage d’Amiens dont notre très-savant collègue M. Bouthors poursuit si heureusement l’édition. « Dans le cas où le Comité central jugerait devoir procurer, dès maintenant, à sa bibliothèque une copie collationnée, indis- Digitized by v^ooQle 172 — pensable du reste pour l’édition, si elle venait à être résolue, je me ferais un plaisir de traiter ici aux conditions les . moins oné¬ reuses que possible pour ce travail, et de procéder moi-même à la collation. » Agréez, mon cher Collègue et Président, mes compliments bien affectneux. » H. Hardouin. » La Société, en remerciant M. Hardouin de cette pre¬ mière communication, renvoyé à son bureau l’apprécia¬ tion des mesures à prendre pour obtenir la copie du MS. de Du Gange. M.’ Hardouin sera invité à vouloir bien en préparer l’édition. —M. Dufour, au nom de la commission chargée de l’examen du mémoire envoyé au concours, fait un rap¬ port verbal sur ce travail dans lequel il signale le talent avec lequel on a présenté des aperçus généraux sur la marche de l’art ; mais il signale ensuite le peu de dévelop¬ pement donné par l’auteur à la description des monu¬ ments , alors que le programme de la Société demandait surtout une monographie abrégée de chaque construction civile qui.méritait d’être décrite. En conséquence, la commission regrettant de ne pouvoir accorder le prix pro¬ posé , mais reconnaissant que l’auteur, qui s’est montré ■ en plus d’un point un archéologue distingué, pourrait compléter son travail, y ajouter les dessins indispensa¬ bles en pareille matière, et en faire une œuvre réelle¬ ment remarquable, émet le vœu que le même sujet soit remis au concours pour l’année 1853. Les conclusions de la commission sont mises aux voix et adoptées. En conséquence il sera proposé à l’assemblée générale qui , suivant l’art. 34 du réglement, fixe les \ Digitized by v^ooQle — 173 — sujets de prix, de proroger celui-ci pour l’année 1853. — La Société fixe ensuite au dimanche 20 juillet, à neuf heures du matin , son assemblée générale annuelle. Cette époque coïncidera avec l’inauguration de la statue de Gresset, et permettra ainsi aux membres étrangers d’assister aux fêtes qui sont annoncées comme devant être fort brillantes. Mais , par suite du programme, la Société ne pourra tenir de séance publique ; ses statuts d’ailleurs l’en dispensent , lorsqu’il n’y a point de prix à décerner. — M. Dufour rend un compte verbal de l’inauguration du monument élevé à Galland, le 29 juin dernier, dans le bourg de Rollot, à laquelle assistait une députation de la Société composée de MM. Antoine, Bouthors, Breuil, Dufour et Garnier. Cette cérémonie à laquelle s’étaient rendus M. le Sous-Préfet de Montdidier, MM. les repré¬ sentants De Lagrenée et Labordère, des gardes nationaux de toutes les communes voisines, s’est faite avec la plus grande dignité et tout l’éclat que comportent les lieux. Plusieurs discours ont été prononcés , l’un par M. le docteur Debourge, président de la commission , qui a raconté la vie de Galland ; l’autre par M. Galoppe- d’Onquaire qui a retracé l’histoire du monument dû au talent deM. Destremont, de Rollot. M. Garnier , au nom de la Société, a indiqué la part de Galland dans le dé¬ veloppement qu’a pris l’étude des langues orientales. M. Breuil a lu une pièce de vers en l’honneur de Galland; et M. Labordère a terminé par une courte allocution. — Cette cérémonie a été suivie li’un banquet auquel la dé¬ putation de la Société a été invitée. 15. Digitized by v^ooQle — Un membre rappelle que, lors du don que M. de Lagrenée a fait à la Société, à l’occasion de l’inaugura¬ tion de la statue de Dufresne Du Cange, du magnifique cabinet d’antiquités grecques qu’il s’était formé pendant son ambassade à Athènes, et auquel il attachait tant de prix, on avait regretté que la médaille de Du Cange ne fût point encore terminée, ce retard privant la Société d’un moyen d’exprimer, d’une manière durable, sa re¬ connaissance à l’honorable représentant. Mais cette mé¬ daille est aujourd’hui frappée, et rien ne s’oppose plus à ce que la Société réalise sa première pensée. Par suite de cette communication, il est arrêté qu’une médaille en broqze doré, à l’effigie de Dufresne Du Cange , sera offerte à M. de Lagrenée, comme un témoignage de profonde reconnaissance, et qu’elle portera sur la tranche cette inscription : Musée d’Amiens. Antiquités grecques. A M. T. de Lagrenée, donateur, la Soc. des Anliq. de Picardie, reconnaissante. Août 1849. Séance générale annuelle du 20 juillet 1851. — La séance est ouverte à 9 heures du matin, dans la grande salle des Feuillants, sous la présidence de M. l’abbé Duval, président. Sont présents : MM. Dufour , Bisson de la Roque , Cheussey , Lemer- CH1ER , LePRINCE , GUERARD , RlGOLLOT , FORCEVILLE , BOU- thors et Garnier , membres titulaires résidants. MM. Fabignon , de Beauvais ; de Septenville, de Li- gnières-Chàtelain ; Labourt , de Doullens ; Cotelle , de Paris » membres titulaires non-résidants (1). (1) MM. de Baecker, de Dunkerque ;Feret, de Clermont ; Hardouin, de Digitized by v^ooQle — 175 — M. Fournier, de Henri-Ville , membre correspondant. M. le Président ouvre la séance par l'allocution sui¬ vante : « Messieurs, » Je ne serais pas l'organe de la Société des Antiquaires de Picardie, si en ouvrant cette séance je manquais d'exprimer toute la satisfaction qu'elle éprouve du retour de cette solennité an¬ nuelle. Le bonheur qu'elle a en formant avec des membres étran¬ gers à cette cité des liens que le goût des mêmes études sérieuses a préparés d'abord et qu'une confraternité amicale ne tarde pas à resserrer plus étroitement, ce bonheur se trouve aujourd'hui doublé par la présence de ces collègues qui viennent nous ap¬ porter, avec leurs travaux, leur parole, et nous tendent géné¬ reusement la main, en même temps qu'ils nous font part de leurs richesses. » J'ai bien le droit, du reste, Messieurs, de nous féliciter, au nom de la Société, de l'union de tous ses membres, à quelque titre qu’ils lui appartienneut, union rendue visible pour ainsi dire dans cette enceinte. La Société est née de l'union de quelques hommes amis de l'étude autant que de leurs pays : le tronc pri¬ mitif n'est qu'un faisceau, son développement est dû aux branches qui sont venues se greffer sur ce tronc, et si toutes ses branches, aujourd'hui si nombreuses, ont produit quelque fruit, on peut dire que c'est le fruit de l'arbre tout entier. L’émulation qui excite le travail en commun, le profit qui revient à chacun des travaux de tous, le choc des opinions, le contrôle des obser¬ vations personnelles par les observations de tous, la facilité des publications faites sous un titre commun qui va si bien au talent modeste ,* voilà la sève qui fait vivre et qui féconde les Sociétés. Quand on envisage dans le passé les grands travaux historiques ou archéologiques qui ont le plus illustré notre pays et qui ont Paris ; Woillez , de Saint-Quentin , qui se sont rendus à Amiens , pour cette réunion, n’ont pu assister à la séance par suite de l’arrivée tardive du convoi. 15/ Digitized by v^ooQle i — 176 — pris leur plaoe dans les annales de l'esprit humain sous des noms à jamais célèbres, on ne peut pas ne pas voir la part qu'ont prise à un même travail plusieurs mains modestes , mais laborieuses ; et,dans le présent, quand ce n'est plus la religion qui, après des sacrifices dont nous ne sommes plus capables, enrôle l'armée des pacifiques travailleurs et dirige leurs patientes études , il faut que l’association revive sous une autre forme, et qu'une religion, née de la réligion du patriotisme, couvre le sol de communautés d’un nouveau genre , passez-moi ce mot, dont chaque membre, apportant sa pierre, reprenne l’édifice élevé par nos pères, l’achève, le reconstruise quelquefois, et souvent le répare. » Il ne nous appartient pas de nous vanter nous-mêmes, Mes¬ sieurs, mais on me perraetlera sans doute de constater ce fait : Pensez-vous quesâns la Société des Antiquaires, sans son comité central, sans ses comités locaux, sans ses correspondants , sans les sociétés associées, les travaux que renferment onze volumes de mémoires, et d’autres publications annexes, existeraient pour la plupart? ils n’existeraiçnt pas, Messieurs, et ceux qui n'au¬ raient pas eu besoin du sol oh ils ont cru, pour naître et grandir, seraient à coup âûr moins complets. A qui étudie un monument, une charte, une médaille, une image, un mot, un trait, un linéament est souvent une révélation , cet éclair révélateur vient d'une discussion ou d'une lecture, d’un voisin ou d'un corres¬ pondant, d’un compatriote ou d’un étranger; de quelque paTt qu'il vienne, c’est de la communauté. » Donc, Messieurs , restons unis dans cette noble et profitable fraternité. De l'union naîtra le zèle , du zèle j des travaux qui honoreront le pays plus encore que leurs auteurs. Si tous les comités travaillent, si les correspondants écrivent, si les sociétés associées nous enrichissent de leurs travaux , si les assemblées particulières et générales sont suivies, il ne nous manquera rien de ce qu'il faut pour vivre et pour être utile. Beaucoup lire, beau, coup voir, beaucoup entendre, c'est la vie de l'archéologue. Il la rouvera parmi vous, Messieurs, et la Société des Antiquaires sera digne de la haute faveur qu’elle est sur le point de recueillir. » Digitized by i^ooQle — 177 — — M. le Secrétaire perpétuel fait un rapport verbal sur les travaux de la Société pendant l’année qui vient de s’écouler. Il fait voir comment les relations de la Société se sont étendues, et comment elle a établi de nouveaux échanges avec les Sociétés de Genève, de Lausanne, de Goettingue, de Berlin, de Luxembourg, de Liège, etc. Les encouragements que la Société était habituée à recevoir ne lui ont point manqué. Le conseil municipal a continué l’al¬ location en faveur du musée archéologique qu’elle a créé et dont elle conserve l’administration. M. le Ministre de l’ins¬ truction publique lui a accordé, à titre d’encouragement, une allocation de 500 fr. et M. le Ministre de l’intérieur une somme de 600 fr. pour l’aider à solder les dépenses du monument élevé à Du Cange. Le Conseil général a porté son allocation à1,000 fr. en la chargeant de la rédaction d’un annuaire du département actuellement sous presse. — La Société n’est point restée indifférente à ces encouragements; elle a proposé de fonder au Lycée d’Amiens un prix an¬ nuel d’histoire en faveur de l’élève qui aurait remporté le premier prix dans la classe la plus élevée où cette fa¬ culté est enseignée. Cette proposition, soumise par M. le Ministre de l’instruction publique au Conseil supérieur, a été approuvée. La Société aura donc le plaisir de donner cette année une médaille d’argent à l’effigie de Du Cange au premier prix d’histoire du Lycée d’Amiens. Enfin, ajoute-t-il, nous avons pensé que si la Société était reconnue comme établissement d’utilité publique, il lui serait plus facile de remplir la mission qu’elle s’est imposée. Cette demande a été faite , et nous recevons à l’instant de M. le Ministre de l’instruction publique la Digitized by v^ooQle — 178 — lettre suivante qui nous apprend qu’elle sera prochaine¬ ment accueillie : Paris, U juillet 1351. « Monsieur le Président, » J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 30 juin dernier, pour me prier de vous faire connaître le ré¬ sultat de la demande qui a été formée par la Société des Anti¬ quaires de Picardie à l’effet d’étre reconnue par l'État comme établissement d'utilité publique. » Je m'empresse de vous informer, Monsieur, que le Conseil d'Etat a émis un avis favorable sur cette demande. Un décret portant que la Société des Antiquaires de Picardie est reconnue comme établissement d'utilité publique a été immédiatement préparé. Ce décret est à la signature de M. le Président de la République, et j’aurai l'bonneur de vous en adresser une am¬ pliation lorsqu'il m'aura été renvoyé. » Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de itia consi¬ dération distinguée. » Le Ministre de VInstruction publique et des Cultes , » DE CR0U8E1LHE8. » — M. le Secrétaire transmet les excuses je MM. de Betz et Bazot que leurs fonctions de Commissaires des fêtes inaugurales de Gresset empêchent d’assister à la séance; il exprime les regrets de MM. Daniel et Danjou, de Beauvais ; de Linas et A. d’Héricourt, d’Arras ; Féret, Bellanger et Ledict-Duflos, de Clermont, de ne pouvoir se rendre à la réunion. — M. le Directeur de l’Académie des sciences, agri¬ culture , commerce, belles-lettres et arts du département, de la Somme, écrit pour inviter la Société à assister à la séance qu’elle tiendra le 21 à midi, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Ville, et à l’inauguration de la statue de V Digitized by v^ooQle — 179 — Gresset qui aura lieu à l'issue de la séance, dans le jardin de la Bibliothèque. La Société décide qu’elle se rendra en corps à cette double cérémonie. — M. Dufour fait le rapport suivant sur le mémoire envoyé au concours : « Messieurs, » Le concours de 1851 procédait d'une double nature ; le pro¬ gramme que vous en avez arrêté en 1849 était tout à la fois libre et déterminé, en ce sens que tout en désignant le sujet d'archéolo¬ gie à traiter, vous avez laissé au choix des concurrents la cir¬ conscription de l’ancienne Picardie qu’il leur conviendrait le mieux d’explorer. » Vous vous rappelez en effet que le sujet du concours fut proclamé en ces termes : » Signaler et décrire les constructions civiles renfermées dans un ou plusieurs arrondissements de Vancienne Picardie depuis les tems les plus reculés jusqu*à la fin du xvii .® siècle. » Ce programme qui semblait faire appel au zèle studieux de plusieurs de nos collègues, et les inviter à dresser Ai statistique monumentale des divers arrondissements qu'ils habitent, n’a cependant produit qu'un seul mémoire ; mais le cadre que l'au¬ teur s’est tracé nous dédommage par son étendue de la déception que nous avons éprouvée à ne voir qu’un seul concurrent entrer dans la lice. Il a entrepris, en effet, de nous donner une disser¬ tation sur les principales constructions civiles de tout le départe¬ ment de l'Oise, considérées sous le rapport de l’histoire de l’art. » L’auteur entre tout d’abord en matière par l’étude de l’archi¬ tecture militaire antérieurement au xvi.® siècle; il présente dans ce premier chapitre le tableau des principales constructions qui, destinées à servir d’habitation civile, n’en constituaient pas moins tout un système de défense qui permit de repousser parla force des armes les attaques si fréquentes à cette époque. C'est après avoir exposé ainsi ce qui reste dans le département d’en- Digitized by v^ooQle ceintes de villes et de constructions fortifiées, qu’il aborde l’his¬ toire de l’architecture civile en la divisant en plusieurs chapitres correspondants aux diverses transformations que l’art a subies. » Ce mémoire se termine par une indication chronologique, par arrondissement, des constructions civiles ou des restes d’édifices remarquables qui existent encore dans l’étendue du département de l’Oise ; c’est en quelque sorte un tableau synoptique des mo¬ numents publics ou privés qui recommandent si vivement cette partie sud de l’ancienne Picardie à l’attention des antiquaires et des touristes. » Telle est l’esquisse rapide que nous avions à donner du qié- moire avant de faire connaître le jugement qu’en a porté la com¬ mission chargée de Tapprécier. » Au temps où vivait Bergeron , le Valois renfermait 117 ch⬠teaux de gentilshommes de race et 156 seigneurs fieffés possédant aussi dés châteaux. LeNoyonnais et leBeauvaisis, pour n’être pas aussi riches, comptaient cependant un grand nombre d’habita¬ tions seigneuriales d’une grande importance. Ce simple aperçu peut faire juger de l’étendue des engagements que l’auteur contractait en se proposant d’étudier l’architecture civile dans les arrondis|pments du département de l’Oise. C’était là un plan peut-être trop vaste pour le bien remplir; il ne devait point suffire, en effet, de signaler tout ce que l’art roman et ogival, et après lui la renaissance ont élevé d’édifices remarquables dans cette partie de l’ancienne Picardie, il fallait surtout en faire lnde&r cription et révéler, par des détails historiques et archéologiques, la valeur de chacune de ces constructions. Mais l’auteur paraît avoir reculé devant les développements dans lesquels l’examen d’un monument devait nécessairement l’entraîner; carson travail est plutôt une analyse qu’une description ; il indique, mais décrit peu. Pour se maintenir cependant dans les conditions du pro¬ gramme , il avait à faire une monographie abrégée de chaque construction civile qui méritait d’être signalée. Ce que demandait la Société, c’était un mémoire dont la précision ne laissât rien k désirer. Digitized by Google — 181 — » Voici un passage que oobs croyons devoir citer, pour justifier le reproche que nous adressons au laconisme de l’auteur : — Page 23. « Le château de Thiers (arrondissement de Senlis), dont on » peut encore étudier les principaux détails, est un des édifices » curieux que nous ait légués le xrv.« siècle ; on reconnaît qu’il » était entouré de fossés et de boulevards. Ses murailles, d’une » grande solidité , ont plus de deux mètres d’épaisseur et sont en » grès. En plan il forme un carré à angles droits, délimité par » des murs flanqués de tours très-larges ; ce château, dont la » position au milieu de la forêt de Senlis , favorisait les entre- » prises des factions au moyen-âge , fut un de ceux dont on » ordonna la démolition au xv. e siècle. » Les restes du château de Goulancourt (arrondissement de » Beauvais), prouvent qu’à cette époque on construisait au de- » vant du corps principal des forteresses, des ouvrages avancés ; » les fortifications étaient ensuite entourées d’un double fossé ; » enfin, des tours nombreuses consolidaient et servent de dé- » fense aux portes et à ce corps principal. » » Comme vous le voyez, Messieurs , quelques lignes ont suffi pour acquitter cette dette de souvenirs que l’archéologue avait à remplir envers deux monuments curieux du xiv. e siècle ; il importait, d’autant plus cependant de faire connaître leur état actuel, que tous deux sont en ruines et que le jour n’est peut- être pas éloigné où il ne restera plus de leur ancienne splendeur que le passage qui vient d’être cité. Assurément, c’est trop peu ; une pareille mention est évidemment insuffisante pour satisfaire aux conditions de votre programme. La commission devait être d'autant plus frappée de cette forme abrégée d’appréciation, que dans quelques endroits le mémoire révèle le talent d’un archéo¬ logue distingué. Ses observations générales sur la marche de l’art ne laissent aucune place à la critique, et la science leur donnera sa complète adhésion ; mais elles ont reçu un développement qui a pu nuire à la direction du travail, et qui devait faire perdre de vue le sujet principal qu’il convenait de traiter. Digitized by v^ooQle » Un autre point qui doit être relevé, c'est la division du mé¬ moire en deux parties, l'une se référant à l'architecture militaire, et l'autre à l'architecture civile. Depuis le vi. e jusqu'au xvi.® 8iècle,les forteresses renfermaient les principales habitations, et, comme l'auteur l’observe lui-même, c’est dans ces lieux qu'il est seulement possible aujourd’hui de retrouver les traces de l’art de bâtir dans le cours du moyen-âge. On s'est ici évidemment mépris sur le sens du programme; si la Société a restreint aux constructions civiles l’étude des monuments situés dans un ou plusieurs arrondissements, c'est par opposition, aux édifices re¬ ligieux, aux églises, aux abbayes qui déjà ont fait l'objet d'un concours. Vouloir séparer pendant le moyen-âge l’architecture militaire de l'architecture civile , c’est scinder l’histoire de l'art qui, tout en embellissant les demeures des puissants barons, se plaisait en même temps à hérisser leurs donjons de créneaux et à entourer leurs murailles de fossés pour les protéger contre les attaques du dehors. » En isolant ainsi l’architecture militaire de l’architecture ci¬ vile, l’auteur est tombé dans un inconvénient qu’il ne pouvait plus éviter. Plus d’un château encore debout aujourd’hui appar¬ tient tout à la fois par son système de défense à l’art militaire et par la disposition intérieure de l’habitation à ce que nous appelle¬ rons, par opposition, l’art civil. Il est arrivé de là qu’après avoir parlé d’un monument au point de vue militaire, l’auteur a été obligé de revenir sur le même sujet en le considérant sous le rapport domestique. Celle observation s’applique en particulier au château de Pierrefonds , qui est étudié sous ce double aspect dans les deux grandes divisions du manuscrit, d’abord à la page 22, comme construction militaire, et ensuite à la page 48, comme monument civil. On aurait évité cette répétition en confon¬ dant avec raison les châteaux fortifiés et ceux qui ne l’étaient pas, dans une seule et même appréciation chronologique. » Cest pour faire la part égale entre l’architecture civile et l’architecture religieuse, c'est pour que la première n'ait rien à envier à la seconde qui a donné lieu à un excellent mémoire que Digitized by v^ooQle — 183 — la Société des Antiquaires de Picardie couronna en 1845, que votre commission vous propose. Messieurs, de proroger le con¬ cours jusqu’en 1853. » L'auteur du manuscrit aura ainsi la facilité non-seulement de revoir son travail et d'y faire les modifications qui viennent d'être proposées, mais même de le compléter, en y ajoutant une suite de dessins qui sont indispensables pour bien saisir l’intérêt d’un monument. » En mettant moins de précipitation peut-être dans la rédaction de son mémoire, en donnant plus de développement et de préci¬ sion à ses observations sur les monuments qu’il étudie, en limitant même ses investigations à deux arrondissements seulement du département de l'Oise, l'auteur s’assurera une distinction qu'il nous tarde de lui décerner et pour laquelle tous nos vœux lui au¬ raient assigné rendez-vous à la réunion générale de l’an prochain, si déjà le programme du concours de 1852 n’était arrêté depuis l’année dernière. » Cette circonstance fait un devoir à votre commission de vous demander la prorogation du concours de 1851 à l’année 1853. » — M. le Président, rappelant l’art. 34 du réglement qui attribue à l’assemblée générale la- fixation des sujets de prix à mettre au concours, ouvre la discussion sur les conclusions de la commission. — M- Bisson de la Roque fait ressortir l’importance du travail présenté, l’intérêt de la question, et ne doute pas, si elle est remise au concours, que l’auteur ne com¬ plète son œuvre et ne la rende digne duprix, d’autant plus que le rapport a en quelque sorte développé le pro¬ gramme, et fait mieux connaître le point de vue sous le¬ quel la Société veut le faire envisager. Les mêmes considérations sont développées par plu¬ sieurs membres et les propositions de la commission, mises aux voix et adoptées. % Digitized by v^ooQle 184 — En conséquence, le programme du concours de 1851 est prorogé à 1853. — M. Dufour fait ensuite la proposition suivante : « La Société décernera, dans sa séance générale de 1853, une médaille en or de cent francs à l’auteur de la meilleure collection de dessins, cartes et plans inédits, concernant les monuments de l’ancienne Picardie. » L’auteur fait valoir à l’appui les considérations qui lui paraissent recommander sa proposition à l’attention de la Société. Elle aurait l’avantage, dit-il , non seulement d’enrichir les archives de la Société d’une suite de dessins qui se rattacheraient à l’histoire monumentale de la Pi¬ cardie , mais aussi d’exercer le talent de jeunes artistes qui méritent d’être encouragés. D’ailleurs un monument qui est destiné à périr survit à sa ruine lorsqu’un dessin exact en reproduit le plan graphique, l’élévation et la coupe. — M. Labourt appuie la proposition; il l’envisage surtout au point de vue des gravures anciennes qui sont devenues excessivement rares et qu’il importe cependant de réunir pour étudier la configuration des villes dont on entreprend l’histoire. Il cite notamment les vues des châteaux par Chastillon, et une collection de gravures allemandes où sont figurés les principaux sièges de la Picardie. Mais la valeur du prix proposé lui parait insuffisante pour donner à ce concours l’importance et l’intérêt qu’il mérite. —M. Dufour répond que s’il n’a proposé qu’un prix de 100 fr., c’est que les ressources modiques dont dispose la Société ne permettent point de faire plus quant à présent. C’est d’ailleurs un essai qu’il faut faire, et si l’expérience détermine à persévérer dans cette voie, il n’est pas clou- # Digitized by v^ooçle — 185 — teux que la Société ne donne plus d’attrait au concours en doublant la valeur du prix. — M. Labourt considère ce concours comme pouvant réaliser de sérieux avantages pour la Société et la cause de l’art qu’elle soutient avec tant d’ardeur ; mais les con¬ sidérations financières qui viennent d’ètre présentées lui semblent devoir être facilement surmontées, et l'honorable membre prie la Société de vouloir bien accepter une somme de 100 francs qui est immédiatement déposée sur le bu¬ reau au milieu des applaudissements de l’assemblée. —M. le Président remercie M. Labourt du témoignage de généreuse sympathie qu’il vient de donner à la Société, et il pense que ses collègues ne pourraient exprimer leur reconnaissance d’une manière plus convenable qu’en atta¬ chant le nom de l’honorable donateur au prix qui doit être fondé. Cette proposition est accueillie avec le plus vif empres¬ sement , malgré les protestations pleines de convenance du bienfaiteur, et la Société après avoir entendu plusieurs observations de MM. de La Roque, Rigollot, Garnier, Fabignon et Bouthors , sur les conditions du programme, arrête en ces termes le sujet du concours : Prix Labourt. « La Société décernera en 1853 une médaille en or de » la valeur de 200 francs à celui qui lui remettra la » meilleure collection de dessins , cartes et plans, tant » publiés qu’inédits, concernant les monuments de l’an- » cienne Picardie. » La collection qui sera couronnée deviendra la pro- » priété de la Société. » Digitized by Google — 186 — — La parole est ensuite donnée à M. de Septenville. L’honorable membre dans une notice dont la lecture est entendue avec les marques de la plus vive sympathie , présente un tableau aussi vrai que touchant des qualités publiques et privées de M. Dupont-Withe, décédé mem¬ bre non résidant de la Société. L’éloge qu’il fait de ses travaux distingués renouvelle dans le sein de l’assemblée les regrets qu’a produits à Amiens, comme à Beauvais, la mort de cet excellent collègue. La Société remercie M. de Septenville de son intéres¬ sante communication et arrête que sa notice sera immé¬ diatement publiée dans le bulletin. (Voir page 204.) — M. Forceville fait hommage à la Société de la mé¬ daille en bronze sur laquelle se trouve reproduite la statue de Gresset qu’il a exécutée en marbre, et dont l’inaugu¬ ration doit avoir lieu demain. M. le Président lui exprime les remerciements de la Société. —Plusieurs questions avaient été mises à l’ordre du jour et leur discussion devait amener diverses communica¬ tions qui avaient été annoncées au Comité central ; mais les dispositions prises pour la fête obligent à s’éloigner quelques membres qui ont accepté les fonctions dé com¬ missaires , et l’impossibilité, par suite du programme de l’administration, de réunir demain la Société, fait pronon¬ cer le renvoi de la discussion des questions historiques et archéologiques à la première assemblée générale. Séance ordinaire du 13 août. — M. le Président an¬ nonce à l’ouverture de la séance que la demande de la Société afin d’être reconnue par l’Etat comme établisse- "V Digitized by Google — 187 — ment d’utilité publique, vient d’être enfin accueillie. Il donne lecture de la lettre d’avis qu’il a reçue de M. le Ministre de l’instruction publique sous la date du 29 juillet 1851. « Monsieur le Président, » J’ai l’hunneur de vous informer que par un décret rendu sur ma proposition par M. le Président de la République, à la date du 18 juillet 1851, la Société des Antiquaires de Picardie a été reconnue comme établissement d’utilité publique. M. le Préfet de la Somme est chargé de vous transmettre l’ampliation de ce décret. » Je suis heureux, Monsieur le Président, de pouvoir donner par cette décision, à la Société que vous présidez, une nouvelle prepve de l’intérêt qu’inspirent ses savants et utiles travaux. » Recevez, Monsieur le Président, etc., » Le Ministre de VInstruction publique et des Cultes, » De Crouseilhes. » M. le Président annonce que depuis il a reçu de M. le Préfet de la Somme une ampliation de ce décret, dont suit la teneur : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. AU HOM DU PEUPLE FRANÇAIS » Le Président de la République , » Sur le rapport du Ministre de l’instruction publique et des cultes ; » Vu la demande formée par la Société des Antiquaires de Picardie et tendant à être reconnue comme établissement d’uti¬ lité publique ; » Vu les statuts de la Société, ensemble les autres pièces jointes au dossier ; » Le Conseil d’Etat entendu, » DÉCRÈTE : » Art. l. er — La Société des Antiquaires de Picardie est re¬ connue comme établissement d’utilité publique. Digitized by v^ooQle » Art. 2. Les statuts de cette Société annexés au présent dé¬ cret sont et demeurent approuvés. » Art. 3. — Le Ministre de l’instruction publique et des cultes est chargé de l’exécution du présent décret. » Fait à VElysée national le 18 juillet 1851. » Signé: L.-N. BONAPARTE. » Le Ministre de l’Instruction publique et des cultes, » Signé : de Crouseilhes. » Pour copie conforme : » Le conseiller de préfecture, secrétaire-général, » Marotte. » Cette communication est entendue au milieu des mar¬ ques de la plus vive satisfaction ; et la Société invite son président à remercier M. le Ministre de l’Instruction pu¬ blique du nouveau témoignage de bienveillance qu’il vient de lui donner et surtout des termes flatteurs dans lesquels il lui a notifié la signature du décret. —M. le Secrétaire perpétuel donne communication d’une lettre par laquelle le comité de souscription de la statue de Sarrazin, invite la Société à l’inauguration de ce mo¬ nument , qui doit avoir lieu à Noyon, dans le courant de septembre. La Société décide qu’une députation la représentera à cette solennité, et elle désigne pour en faire partie MM. Duval, Dufour, Garnier, Rigollot, de Roquemont, de Grattier et Antoine. — L’ordre du jour appelle le rapport de la Commission qui a été chargée , dans la dernière séance, de présenter un projet de demande à M. le Ministre de l’instruction pu¬ blique, pour solliciter la fondation d’un concours annuel Digitized by Google — 189 — entre toutes les Sociétés savantes de la France départe¬ mentale. Cette commission composée de MM. Bouthors, Garnier et Dufour, donne lecture du mémoire qu’elle a préparé, et l’assemblée adopte le projet en ces termes : MÉMOIRE PRÉSENTÉ A M. LE MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE. Ah nom des Sociétés savantes de la France départementale, Par la Société des Antiquaires de Picabdie. DEMANDE D’UN CONCOURS ANNUEL. Monsieur le Ministre, La Société des Antiquaires de Picardie vient avec une respectueuse confiance appeler votre attention sur la po¬ sition précaire dans laquelle se trouvent les associations littéraires de la France départementale. Les témoignages de haute bienveillance que votre département se plaît ce¬ pendant à leur donner nous encouragent à vous proposer une mesure qui, en secondant mieux leur action com¬ mune, comblera une laoune dans les dispositions législa¬ tives qui se rattachent à leur organisation. Antérieurement à 1850, il était ouvert au budget, en faveur des Sociétés savantes, un crédit de 50,000 fr. qui se trouve actuellement réduit à 35,000 , et cette réduc¬ tion est d’autant plus regrettable qu’elle n’atteint que les départements où le- développement des études sérieuses a le plus besoin d’être encouragé. La seule part que les 16. Digitized by v^ooQle — 190 — Sociétés départementales puissent obtenir sur ce fonds consiste dans une subvention qui varie de 200 à 300 fr. Mais, pour obtenir cette faible allocation, elles ont à publier un volume dont les frais d’impression et la gravure des planches sont rarement inférieurs à 1,500 fr. L’insuffi¬ sance d’un pareil secours est tellement incontestable, que les Sociétés savantes de la capitale obtiennent en dehors une autre subvention, soit sur le crédit de 213,900 fr. affecté à l’achat de livres pour les bibliothèques publiques (art. 26 du budget de l'instruction publique pour 1851), soit sur un autre crédit de 120,000 francs d’une nature identique, mais qui est inscrit au budget sous le titre de souscriptions (art. 30). Ces deux crédits, qui se ratta- chent à la même nature de dépense , n’en font véritable¬ ment qu’un de 333,900 fr., sur lequel il n’est fait au¬ cune part aux Sociétés départementales. Les publications historiques et archéologiques entraî¬ nent cependant en province, pour leurs auteurs, des sa¬ crifices de temps et d’argent que les membres des Sociétés savantes de Paris n’ont pas à supporter. Quel ouvrage sérieux peut-on entreprendre sur l’histoire d’une ville ou d’un monumeht sans avoir à consulter, à la Bibliothèque nationale, les documents historiques qui se rattachent au sujet que l’on se propose de traiter. De semblables re¬ cherches au milieu de manuscrits qui, avant 1789, ap¬ partenaient à nos abbayes de province ou aux chartriers de nos communes, occasionnent des déplacements dispen¬ dieux que n’ont pas à faire les écrivains de la capitale. Je ne veux point m’étendre sur la différence de condition des sociétés départementales par rapport à celles dont le Digitized by v^ooQle — 191 — siège est au centre même des lumières et des matériaux historiques de toute nature. Ce que je tiens seulement à constater, c’est qu’en province les publications historiques et archéologiques ne sont inspirées que par le plus pur patriotisme et le désintéressement le plus absolu. De sem¬ blables études, si nobles dans leur principe, si attrayantes par leur résultat, n’y sont pas encore devenues l’objet d’une spéculation ; elles n’assurent aux travailleurs des départements aucun emploi rétribué dans les bibliothè¬ ques publiques de Paris, aucune mission scientifique aux frais du Gouvernement, et le peu de gloire qu’elles rap¬ portent à leurs auteurs ou à la Société qui a édité le fruit de leurs veilles, ne dépasse point le rayon académique qui l’a vu naître. Un pareil état de choses a éveillé l’attention du Gou¬ vernement. En 1845, M. de Salvandy, alors ministre de l’instruction publique, frappé de la position secondaire qui est faite aux associations départementales, avait cher¬ ché à relier leurs généreux efforts, et à donner à leurs travaux une plus grande publicité ; il tenait à faire valoir tout ce qu’il y a d’esprits sérieux et actifs dans les dé¬ partements , en mettant en relief ce qu’ils produisent d’œuvres distinguées et utiles. C’est pour réaliser cette heureuse pensée qu’à la suite de son rapport au Boi, il fut rendu, le 27 juillet 1845, une ordonnance qui porte : « Art. 6.—Tous les ans, à l’époque du 1." mai, » notre Minière Secrétaire d’Etat au département de l’ins- » tructioh publique, mettra sous nos yeux un rapport » sur les travaux de toute nature émanés des diverses 16.* Digitized by v^ooQle — 192 — » Sociétés savantes du royaume et de leurs membres. Ce » rapport sera publié au Moniteur . » Mais cette ordonnance n’a jamais reçu la moindre ap¬ parence d’exécution, et cependant l’esprit qui l’avait fait édicter ne devait-il pas nécessairement conduire au con¬ cours que la Société des Antiquaires de Picardie sollicite aujourd’hui. Ce rapport aurait fait ressortir les services les plus signalés que quelques-unes des Sociétés savantes au¬ raient rendus à la science en général, et de là à la pensée de récompenser leur zèle et leur activité, il n’y avait qu’un pas que la bienveillance du Pouvoir aurait fran¬ chi tôt ou tard ; car dans la circulaire que M. le Ministre de l’instruction publique adressa aux présidents des So¬ ciétés savantes, sous la date du 23 juillet 1845, je re¬ marque ce passage : « Je désire également connaître, toujours au moment » où le programme est arrêté, l’époque des séances pu- » bliques, et être informé par l’envoi même du pro- » gramme, pour avoir le temps, toutes les fois où ce » serait convenable et utile, de faire intervenir d’une » façon opportune les témoignages de la sollicitude de » l’administration et de la haute bienveillance du Roi. » Quand la pensée d’un concours n’aurait point été dé¬ posée en germe dans les documents administratifs que je viens d’invoquer, cette mesure n’en serait pas moins d’une incontestable opportunité et de nature à exciter l’émulation la plus vive et la mieux soutenue parmi les diverses compagnies qui se sont donné, datfe les départe¬ ments, la noble mission de conserver le précieux dépôt des traditions historiques. Digitized by Google — 193 €e concours ne peut avoir de programme déterminé; il faut laisser aux Sociétés la faculté d’entreprendre les travaux qui répondent le mieux aux besoins des localités. Chaque province n’est point également favorisée sous le rapport des souvenirs ou des monuments. Au Midi de la France, qui est si riche en antiquités gallo-romaines, le centre peut opposer avec avantage ses magnifiques cons¬ tructions féodales, et le Nord, les précieux vestiges de ses institutions communales. Le mieux à faire est donc d’abandonner chaque compagnie à sa propre impulsion et de soutenir son zèle par l’attrait d’une récompense assez élevée qui, en augmentant ses ressources, lui permette de donner plus d’extension à ses travaux. Les publications ne forment qu’une partie de la dépense que les Sociétés savantes prennent à leur charge dans les départements. Vous n’ignorez pas, Monsieur le Ministre, que plusieurs d’entre elles entreprennent des fouilles , achètent pour leur collection des objets d’art ou d’anti¬ quités, contribuent, dans la sphère très-restreinte de leurs moyens, à la réparation d’un monument en ruine , et prennent part aux souscriptions ouvertes pour l’érection des statues qui s’élèvent, dans leur circonscription scienti¬ fique , aux grands hommes dont la province a été le ber¬ ceau. Ce sont là autant de causes de dépenses qui ont un caractère évident d’utilité publique, et qui ne peuvent être acquittées cependant qu’avec le produit des cotisations personnelles des membres attachés à chaque compagnie. Cette diversité de charges qui ne pèsent que sur les sociétés départementales,' vous déterminera, Monsieur le Ministre, à leur venir en aide d’une manière plus effi- Digitized by v^ooQle — 194 — cace que par la répartition égale entre tant de parties prenantes, d’un crédit évidemment insuffisant. Ce résul¬ tat ne serait-il pas atteint si le Gouvernement fondait un prix annuel de 5,000 fr. qui serait décerné, au rapport de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , à celle des sociétés historiques et archéologiques de la France départementale qui, dans l’intervalle d’une année, se serait le plus distinguée par l’érudition et l’utilité de ses travaux. La valeur du prix demandé ne saurait paraître exagérée; des récompenses bien autrement élevées sont décernées par l’Institut de France, en vertu de fondations il est vrai, à un seul lauréat ; et dans l’hypothèse que je pose, le prix de 5,000 fr. serait attribué à une réunion d’hommes stu¬ dieux , à une association composée d’un grand nombre de membres titulaires et correspondants. D’ailleurs, comme la récompense serait destinée aux dépenses communes de la Société, son élévation tournerait toujours à l’avantage de la science sans profiter à aucun de ses membres en particulier. Les personnes dont les travaux auraient valu cette rémunération à la Société dont elles font partie, ne trouveraient-elles pas, dans les motifs du rapport, la plus honorable distinction qu’elles puissent désirer : nommer l’auteur dont l’ouvrage est la cause du prix, c’est exac¬ tement la même chose que si on le décernait à lui-même. L’Académie des inscriptions et belles-lettres peut seule être juge d’un pareil concours. La haute considération qui l’entoure aussi bien que la profonde >érudition des membres qui la composent, la désigne comme le seul arbitre compétent en pareille matière. Digitized by Google t95 — Déjà elle apprécie, chaque année, les ouvrages qui lui sont adressés sur les antiquités nationales de la France ; ne serait-ce pas une sage mesure que de lui confier éga¬ lement l’appréciation des œuvres collectives des sociétés départementales? Elle ne peut assurément que s’associer à une proposition qui ajouterait à son importance en l'in¬ vestissant d’une sorte de suzeraineté sur les associations dont elle serait instituée juge et aux travaux desquelles elle imprimerait une direction plus efficace. Si le concours que sollicite la Société des Antiquaires de Picardie, de concert avec ses sœurs de la province, se trouve restreint aux sociétés savantes de la France dépar¬ tementale seules, c’est pour mieux reconnaître la supé¬ riorité des compagnies littéraires et scientifiques de la capitale. Celles-ci ont d’ailleurs la faculté de trouver dans les bibliothèques publiques de Paris le sujet dedeurs intéressantes publications. Placées comme elles le sont au foyer des lumières, elles ne laisseraient point les sociétés des départements lutter contre elles avec le moindre avantage. Pour qu’un concours soit sérieux , il importe que les chances des concurrents soient égales et elles cesseraient de l’être, si les sociétés de Paris , qui ont l’honneur de compter dans leur sein des membres de l’Institut, c’est- à-dire ce qu’il y a de plus élevé, en Europe, dans le mofide savant , étaient admises à concourir avec les associations de la province, qui n’ont pas les mêmes titres de recom T mandation. Les sociétés qui ne sont point sédentaires se trouver raient, pan» une raison analogue , en dehors du concours; Digitized by v^ooQle — 196 — elles se composent en grande partie des intelligences d’é¬ lite de la province, et cette considération assurerait à leurs travaux une prédominance contre laquelle vien¬ draient se briser les plus courageux efforts des autres as¬ sociations départementales. Mais les services signalés que rendent sans cesse le Congrès scientifique de France et la Société française pour la conservation des monuments historiques , n’ont pu échapper à la sollicitude du Gou¬ vernement , qui leur accordera sur les fonds du départe¬ ment de l’instruction publique, une subvention propor¬ tionnée à la grandeur de leurs efforts et aux charges qu’elles ont à supporter pour se maintenir à la hauteur de leur mission. En dehors des sociétés qui s’adonnent exclusivement à l’étude de l’histoire et de l’archéologie, il en est d’autres dans-les départements qui ne méritent pas moins d’être encouragées. Ge sont les académies qui embrassent dans leurs travaux toutes les branches des connaissances hu¬ maines ou seulement une spécialité, comme la littéra- - ture, l’histoire naturelle , la médecine ou la science du droit. Vous apprécierez dans votre sagesse, Monsieur le Ministre, s’il ne conviendrait pas de récompenser et de stimuler tout à la fois leur dévouement aux études sé¬ rieuses par la fondation d’un concours spécial. Pour rendre sous une forme plus saisissante l’expression du vœu que j’ai l’honneur de vous transmettre, Mon¬ sieur le Ministre, je crois devoir le résumer en ces termes : « Art. 1." — Un concours serait ouvert, chaque an¬ née , entre les diverses Sociétés historiques et archéolo¬ giques de la France départementale. * v Digitized by v^ooQle — 197 — » Art. 2.— Un prix de 5,000 fr. serait décerné par M. le Ministre de l’instruction publique, à celle de ces Sociétés qui se serait le plus distinguée par le mérite de ses travaux dans le courant de l’année. » Art. 3. — L’Académie des inscriptions et belles- lettres serait instituée juge du concours. » Art. 4.r—Chaque année, avant le 1." avril, les Sociétés départementales qui voudraient concourir, adres¬ seraient au secrétariat de l’Institut, un double exemplaire de toutes les publications par elles faites depuis le der¬ nier concours. » Elles y joindraient un aperçu sommaire des travaux qu’elles auraient faits ou des mesures d’utilité publique qu’elles auraient prises dans l’intérêt des études histo¬ riques ou pour la conservation des monuments. » Art. 5. — Dans la séance publique annuelle de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, un rapport serait présenté sur le résultat du concours, et le prix décerné à celle des Sociétés qui l’aurait mérité. » Art. 6.—L’Académie des inscriptions, si elle le jugeait convenable, pourrait décerner, en dehors du prix, une ou plusieurs mentions honorables. » Art. 7. — La Société qui aurait mérité le prix, ne pourrait le recevoir de nouveau qu’après un intervalle de trois ans , et jusqu’à l’expiration de ce délai, elle ne pourrait obtenir qu’un rappel du prix qui lui aurait été accordé précédemment. Disposition transitoire. » Art. 8; — Pour la première année du concours, le mémoire fourni en exécution du deuxième paragraphe de Digitized by v^ooQle — 198 — l’art. 4, contiendrait un aperçu de tous les travaux ac¬ complis depuis dix ans ou depuis la fondation de la Société, si elle n’a pas dix ans d’existence. » Telles sont, Monsieur le Ministre, les dispositions que je prends la liberté de soumettre au nom de la Société des Antiquaires de Picardie , à votre haute appréciation. Vous reconnaîtrez qu’il importe dans l’intérêt des études histo¬ riques , de compléter la pensée de l’ordonnance royale du 27 juillet 1845, et de créer entre les diverses associations des départements, une cause d’émulation qui maintienne leur zèle, récompense leur patriotisme éclairé, et leur offre les moyens d’augmenter leurs ressources en s’assurant par la distinction de leurs travaux , une part plus large à la répartition du crédit que le budget met annuellement à votre disposition. Pour la réalisation d’un projet dont la convenance ne peut être méconnue, quels moyens d’exécution n’offrirait donc pas le budget du ministère de l’Instruction publique? Ne peut-on pas d’abord prélever sur l’article 33 de ce budget, une somme de 5,000 fr. qui formerait l’impor¬ tance du prix ? et ce ne serait assurément pas la détour¬ ner de sa destination, car les 35,000 fr. inscrits sous cet article, sont affectés aux sociétés savantes à titre d’en¬ couragement. Mais d’ailleurs l’Assemblée nationale accueillerait avec empressement toutes les demandes qui lui seraient faites dans ce but. Les sommes considérables qu’elle vote an¬ nuellement pour des travaux historiques qui ne profitent que d’une manière fort indirecte à la province, la déter¬ mineraient à accorder avec une vive satisfaction les fonds V Digitized by v^ooQle — 199 — nécessaires pour l’ouverture d’un concours, auquel les départements seraient seuls appelés à se présenter. Le puissant patronage que vous exercez à si juste titre, Monsieur le Ministre, sur les sociétés savantes, sera tou¬ jours pour elles la meilleure garantie du succès des di¬ verses propositions que vous croirez devoir faire, lors de la prochaine discussion du budget de l’exercice 1852. Veuillez agréer, etc. —La Société invite son bureau à faire recommander cette demande à la sollicitude de M. le Ministre de l’instruction publique, par la représentation de la Sommç ; elle dé¬ cide que le mémoire sera imprimé et adressé à toutes les Sociétés savantes des départements avec lesquelles elle est en relation, en les priant de vouloir bien adresser im¬ médiatement leurs adhésions au ministère. —M. Dufour appelle l’attention de la Société sur les travaux remarquables de restauration qui s’exécutent actuellement aux tours du grand portail de la cathédrale d’Amiens, sous la dire'ction de M. Viollet-Leduc. Plusieurs personnes ont été frappées de l’habileté avec laquelle de simples tailleurs de pierre transforment leurs matériaux en gargouilles, en figures grimaçantes, en rosaces, et font en définitive des œuvres qui sembleraient rentrer uniquement dans le domaine de la sculpture. M. Du¬ four rappelle que déjà, à l’occasion des travaux qui ont été exécutés, il y a dix à douze ans, à Saint-Denis, un arti¬ cle publié dans l’un des meilleurs journaux de Paris, avait fait l’éloge de l’atelier de M. Vast, alors que M. Cheussey dirigeait, comme architecte du département, la restauration de Notre-Dame d’Amieqs. Il demande si Digitized by v^ooQle la Société ne jugerait point convenable d’encourager ces ouvriers en leur décernant des médailles auxquelles ils attacheraient plus de prix qu’à une récompense en argent. L’un d’eux est employé depuis plus de trente ans 4 la restauration des édifices religieux dans le département de la Somme ; il a travaillé à Saint-Riquier, à Saint-Esprit de Rue, et depuis 1832 à la cathédrale d’Amiens. Les comices agricoles ne manquent point de récompenser les journaliers qui, pendant de longues années, ont été attachés à la même ferme ; comment n’entrerait-il pas dans les attribution? et mieux dans les devoirs de la Société, de récompenser un homme qui, pour consolider les magni¬ fiques monuments que nous a légués l’art ogival, a passé une partie de son existence sur des échafaudages dans des travaux difficiles et souvent dangereux. Cetle proposition, vivement appuyée, est accueillie avec empressement ; il est décidé en conséquence que des médailles seront décernées aux ouvriers du pays qui se distinguent le plus dans les chantiers de la Cathédrale par leur aptitude à tailler la pierre, comme à celui qui depuis le plus grand nombre d’années aura été em¬ ployé à la restauration des édifices religieux dans le dio¬ cèse d’Amiens. Une commission composée du bureau et de MM. Ri- gollot, de Ladoue, Forceville, Antoine, est chargée de visiter les chantiers et les travaux de la Cathédrale, et de faire son rapport à la prochaine réunion. Elle devra s’en¬ tendre avec MM. Viollet-Leduc, architecte, et Vast, entrepreneur, sur les droits des tailleurs de pierre à la distinction propqpée. Digitized by v^ooQle — 201 — COMITÉ LOCAL DE BEAUVAIS, Séance du 16 décembre 1850. — M. le Président dé¬ pose sur le bureau plusieurs lithographies offertes par M. Peigné Delacourt, d’Ourscamps , représentant les fragments de sculptures qui décoraient le monument de Champlieu. Ces dessins font désirer vivement que des fouilles bien dirigées complètent une collection déjà si intéressante et en fassent révéler la véritable destination. —M. Barraud entretient la Société des diverses espèces de poteries antiques qui ont été rencontrées dans le dé¬ partement de l’Oise. Ce sont d’abord des poteries celti¬ ques faciles à reconnaître à la grossièreté de la matière ; des poteries gallo-romaines qui leur sont bien supérieures sous tous les rapports, et des poteries dite de fabrique grecque que le commerce répandait dans les Gaules. Ces dernières se distinguent par la pureté des formes, le bon goût des ornements en relief qui les décorent et qui pa¬ raissent avoir été moulées, et enfin par la finesse de la matière et une couverte brillante se rapprochant du rouge antique et intimement unie à la pâte. Séance du 20 janvier .— M. Tremblay lit une ode qu’il a composée à la mémoire de Jeanne Hachette. Séance du VI février .— Lecture est donnée d’un rapport de M. le Président sur les dons faits au Musée et parmi lesquels figure une intéressante collection de raretés bibliographiques dues à la libéralité de M. de Grièges, conseiller de préfecture ; elle consiste en une série de ré¬ impressions faites avec un luxe tout particulier de pièces fort rares sur l’histoire ancienne et moderne de la cité de Digitized by v^ooQle Lyon et les expéditions de Charles VIII et Louis XII en Italie. — M. l’abbé Barraud rend compte d’une excursion qu’il a faite avec plusieurs membres de la Société à Pierre- Fitte, où , depuis une trentaine d’années, la découverte d’un grand nombre de sarcophages appelle l’attention des antiquaires. Une fouille pratiquée n’a point donné les résultats que l’on espérait. Le tombeau découvert est en calcaire grossier, semblable à la pierre de Mello, beau¬ coup plus large vers la tête ; le couvercle bombé est orné de moulures qui le divisent en trois parties autour des¬ quelles régnent d’autres moulures. Les côtés sont ornés de cercles tracés au compas, enlacés les uns dans les au¬ tres, et qui portent encore quelques restes des couleurs employées pour leur décoration ; l’intérieur n’a rien offert de caractéristique. •—M. Damiens offre un aperçu de l’ensemble et des principales divisions d’un ouvrage dont la composition l’a occupé de 1847 à 1850, et qui doit avoir pour titre : Re¬ cherches sur la vie et les travaux des historiographes de la Picardie et particulièrement sur la vie et les ouvrages de Dom Grenier. Ces recherches sont précédées d’une in¬ troduction accompagnée d’une notice sur la formation des bibliothèques communales de notre ancienne province, et terminées par un relevé général de tous les manus¬ crits de Dom Grenier et des historiographes ses devan¬ ciers , ses contemporains et ses successseurs. Séance du 17 mars. — M. Hamel appelle l’attention de la Société sur un pistolet dont le bois offre des mascarons sculptés d’un travail remarquable , dont le style paraît Digitized by v^ooQle — 203 — remonter au plus beau temps de la renaissance, et qui peut, sous ce rapport, figurer avec distinction dans un Musée. Cette arme faisait partie des pièces de conviction dont le greffe a opéré là vente et M. Hamel, qui l’avait remarqué, a bien voulu en assurer la conservation. Séance du 23 avril 1851. — M. Tremblay fait hom¬ mage de cinq médaillons en verre peint provenant de l’ancienne collégiale de saint Barthélemy. — Le secrétaire donne lecture d’une notice sur M. Dupont-White dont la perte récente laisse dans la Société, comme parmi ses amis, un vide qui sera bien difficilement rempli. — M. Damiens esquisse à grands traits l’histoire de la Gaule-Belgique picarde, depuis les premiers temps con¬ nus jusqu’au commencement du vi. e siècle de notre ère. Il montre que dès cette époque reculée, depuis la conquête des Gaules par Jules César, de même qu’auparavant, comme auxiliaires aussi bien que comme adversaires des Romains, les Belges Picards ont toujours été semblables à eux-mêmes et dignes de leur antique renommée de va¬ leur militaire. 11 signale les principaux évènements aux¬ quels ils ont pris part, depuis l’époque romaine jusqu’à la fin du moyen-âge et au-delà. Il fait remarquer aussi que la Picardie a encore la gloire d’avoir vu naître et s’établir dans son sein les premières communes. - O ^ r « Digitized by v^ooQle — 204 — NOTICE Sor H. John-Théodore DUPONT-WflITE, Lue à la Société des Antiquaires de Picardie , dans sa séance générale du 20 juillet 1851, Par M. Léon de SEPTENVILLE. Tu cornes anliquus, tu primis juoctus ab annis. OviDU. Messieurs , Le sincère et invariable attachement, qui m’unit, dès Pen- fance, à John-Théodore Dupont-White % a pu seul me donner la hardiesse et l’inspiration nécessaires pour oser retracer, devant cette solennelle et savante assemblée , les rares qua¬ lités de cœur, les ressources si variées de l’esprit et la sé¬ rieuse ténacité de travail, qui surent concilier au collègue éminent que nous pleurons, la double considération dont il jouissait, et comme magistrat, et comme archéologue. Malgré les préventions si entraînantes de notre longue inti¬ mité et de mon amitié posthume, je ferai tout devant vous, Messieurs, pour me renfermer, à son égard, dans les strictes limites de la justice et de la vérité. Mais, si par hasard et mal¬ gré moi, le mérite réel de ce laborieux ami, doué à un si haut point de la passion des lois et des antiquités , tendait à me donner à vos yeux les apparences d’un involontaire flatteur, n’en trouverai-je pas facilement mon excuse dans nos sympa¬ thiques regrets pour une perte si sensible et si prématurée. v Digitized by v^ooQle — 205 — Né à Rouen, le 21 mars 1801, d'un père français et d'une mère anglaise, M. Dupont-White vint à Paris, avec ses pa¬ rents , vers l’anuée 1811, pour y faire ses études. Je laisserai de côté pour ne pas abuser de vos moments, Messieurs, nos années d’études au collège Charlemagne, ce temps de luttes généreuses et de lointains souvenirs, et je commencerai par vous montrer le jeune Dupont, avocat à Paris de 1822 à 1830. Dès ses débuts au barreau, il s’y fit remar¬ quer par une sagacité au-dessus de son âge et par un esprit observateur et droit. Si l’activité de son imagination en fit bientôt un des plus rudes athlètes de nos joutes judiciaires et littéraires, combien aussi il aimait à oublier avec nous les tra¬ vaux et les fatigues de ses plaidoyers en nous communiquant quelques unes de ces poésies fugitives, qui firent tant de fois le charme de nos réunions. Ce qu’il était déjà, au milieu de nous, présageait assez ce qu : il serait un jour. Cette double étude, pour ainsi dire instinctive chez lui, du droit et des lettres qu’il savait si bien mener de front dès sa jeunesse, ne semblait-elle pas en effet annoncer, pour son âge mûr, l'alliance plus sé¬ rieuse encore et plus importante des lois et des antiquités. Combattant de juillet en 1830, avec l’entraînement de la jeunesse, il fut nommé lieutenant dans la 11.* légion de la garde nationale de Paris. Quelques mois après il dut décliner cet honneur pour venir remplir à Montdidier (Somme) la place de procureur du roi. Cette nomination exceptionnelle et con¬ traire à toute hiérarchie judiciaire, il la dut à son mérite et à la sage fermeté de ses opinions politiques, que l’honorable M. Vivien, son confrère, devenu son procureur général, avait été à même d’apprécier au barreau de Paris. 17. Digitized by v^ooçle Une fois chef de parquet, et comprenant toute l’importance de ses nouvelles fonctions, M. Dupont-White sut de suite s’é¬ lever à leur hauteur, et se montrer d’abord à Montdidier, à Senlis, puis à Beauvais, ce magistrat éclairé et impartial, sé¬ vère avec bienveillance, intègre jusqu’à la délicatesse, dont le souvenir vivra à jamais dans les cœurs Beauvaisins. C’est ici que vient tout naturellement se placer, Messieurs, le récit des actes les plus saillants de la carrière judiciaire de M. Dupont-White. En mars 1841, des incendies répétés avaient consterné et exaspéré la population de Troissereux, commune de 600 ha¬ bitants, à 6 kilomètres au-dessus de Beauvais, sur la grande route de Paris à Calais. M. Dupont-White, oubliant les dou¬ leurs physiques qui commençaient à l’attaquer, se transporte sur ce théâtre de deuil et de désolation. A peine arrivé, des cris tumultueux se font entendre, il se jette au milieu de cette masse compacte et furieuse où un jeune homme .se débattait seul contre tous. Chacun parlait à la fois et vociférait contre cet étranger qu’on prétendait être l’auteur de ces feux. Les uns le frappaient, d’autres déchiraient ses vêtements, tous le pous¬ saient vers le puits pour l’y précipiter. Mais bientôt cette exas¬ pération sauvage dut céder à la prompte et énergique inter¬ vention du chef du parquet de Beauvais. Arrachant à la foule ce malheureux qu’il déclare son protégé, ce magistrat s’écrie: la loi seule , mes amis, doit le frapper et le frappera , je vous le promets , s'il est coupable et comme les clameurs et les flots popu¬ laires continuaient, eh bien , dit-il, en prenant le jeune homme dans ses bras, vous me tuerez avec lui, et comme lui, sans juge¬ ment, nous ne sommes peut-être pas plus coupables l'un que l’autre . Digitized by VnOOQle — 207 — Ces derniers mots calmèrent, comme par enchantement, la foule égarée qui ne s’opposa plus au départ du Procureur du Roi avec son prisonnier. Dès les premières explications, Messieurs, l’innocence de ce malheureux était reconnue et pleinement confirmée deux jours après, par les meilleurs renseignements reçus de Chau¬ mont , son pays. La croix d’honneur fut la juste récompense que M. le Ministre de la justice s’empressa de décerner au ma¬ gistrat courageux, qui avait si noblement exposé ses jours pour assurer le triomphe de la loi sur les passions brutales d’une masse exaltée et inintelligente. Je ferai tous mes efforts, Messieurs, pour éviter, dans le récit suivant, de faire vibrer à vos oreilles la corde politique, bien que je la sache moins tendue et moins discordante ici que partout ailleurs. En avril 1848, le chef-lieu du département de l’Oise, eut à subir, comme tous les autres, sa part d’agitations révolution¬ naires. Heureusement pour notre pays, (dont il ne faut jamais désespérer) on put dire, de cette époque néfaste : Sapientia Dei et stultitia hominum gubernare mundum videbantur. Car à Beau¬ vais, comme partout, sans concert ni préméditation, le senti¬ ment national un instant froissé, se releva tout-à-coup unanime, et comme électrisé par un besoin général de tranquillité et d’ordre. C*est alors que des administrateurs peu capables et impolitiques pour la plupart, se trompèrent, comme les patrons qui les avaient choisis, sur cette profonde stupeur qui suivit l’é¬ croulement inattendu de la monarchie. Ils prirent pour peur personnelle, nos craintes trop fondées hélas ! pour la chose publique. 17*. Digitized by v^ooQle — 208 — Ce fut dans cette périlleuse occasion, Messieurs, que nous retrouvons M. Dupont-White, citoyen courageux et magistrat indépendant. Amovible, il se refusa hardiment à tenir compte de (a sus¬ pension prononcée par d’ombrageux commissaires contre le président de son tribunal, M. Danse, si justement aimé et considéré de tous. Il prouva une fois de plus qu’aucun intérêt personnel n’était capable d’étouffer le cri de sa conscience. Invalide de sa personne on le vit lutter contre ses souffrances pour se maintenir à la tête de la garde nationale, s’appliquant avec elle à modérer l’effervescence unanime de la population , impatiente de briser cette espèce de joug étranger qui lui pe¬ sait. Il sut ainsi , grâce à son influence sur les masses et à la sagesse connue de ses opinions politiques, leur communiquer ce sang froid, celte réserve sévère et digne, qu’exigeait si impérieusement la gravité des événements d’alors. Quel sublime et patriotique tableau, Messieurs, d’un peuple entier escortant ces envoyés du gouvernement provisoire jus- ques aux portes de sa ville, avec le calme de la force, de la raison et la majesté de sa silencieuse antipathie? Que sa voix fut bien réellement ce jour-là, celle de Dieu, cette voix toute puissante et protectrice qui a détourné et détournera encore, de notre patrie, les plus imminentes catastrophes. Vous avez dû remarquer, Messieurs, que c’est surtout dans la magistrature que se développe le goût de scruter les secrets du passé; les magistrats ne recherchent avec tant d’ardeur cet agréable et utile cumul scientifique que pour se dédommager sans doute par les jouissances si étendues et si intéressantes qu’il procure, de l’interdiction absolue et nécessaire qui leur X Digitized by v^.ooQle - 209 — en est prescrite dans l’application des lois. L’étude n’est-elle pas aujourd’hui le seul port assuré contre ces orages politiques qui grondent partout, et menaçeût vainement, il faut l’espérer, le vaisseau de l’Etat* Je quitte M. Dupont-White, magistrat de cœur et de cons¬ cience pour vous le montrer, Messieurs, sous sa deuxième face, comme un de nos collègues les plus laborieux et les plus éclai¬ rés. Je ne vous dirai que quelques mots de son premier et principal ouvrage: la ligue à Béarnais , vous le connaissez tous. Mes¬ sieurs , puisque noire Société lui a décerné la médaille d’or en 184G. L’auteur par l’éclat de son style, l’intérêt soutenu de ses personnages, l’habileté de sa mise en scène et les plus scrupu¬ leuses recherches scientifiques, est parvenu à nationaliser cette histoire spéciale, à faire ressortir, pour ainsi dire de leur petit cadre Beauvaisin, les portraits si vigoureusement tracés du maire Godin, du chanoine Luquin, des évêques de tfeauvais Odet de Chatillon et Fumée, du brave, du loyal capitaine de Saisseval et du farouche Demouy. Cette lecture vous cause une subite illusion, vous vous croyez leur contemporain et regardez comme un acte de toute justice de placer ces nobles figures locales parmi les illustrations de la France, près de cette héroïne Picarde, Jeanne Hachette, à laquelle la ville de Beauvais vient d’ériger une statue, si bien méritée. Son deuxième ouvrage est le siège de Beauvais ; vous le voyez pat ces titres seuls , Messieurs, avec quelle entraînante prédi¬ lection mon studieux ami consacrait ses loisirs et ses veilles à recueillir les.événements historiques les plus instructifs ou les Digitized by v^.ooQle — 210 — plus glorieux pour sa ville adoptive. Je ne puis toieux vous faire connaître ce livre qu’en vous citant un extrait de l’auteur lui-mâme sur ce siège mémorable : a Le 9 juillet 147$, au plus chaud de l’attaque, la chasse » de Ste.-Angadréme, ce palladium de Beauvais, qui avait » jadis fait fuir les Normands et les Anglais, parut sur les rem- » parts porté par les femmes : Déjà un soldat bourguignon, » saisissant les créneaux, y avait planté son guidon, quand » on vit une jeune fille, Jeanne Hachette, s’élancer sur lui, » lui arracher son drapeau et le précipiter du haut des rem- » parts. Ce trait d’intrépidité met le comble à l’exaspération » et au courage des assiégés. Deux autres étendards sont en- » levés, la mêlée devient générale, point de trait qui ne porte, » de coup qui ne tue , la défense est enfin si meurtrière pour » les assiégeans que Charles le téméraire, reculant devant » l’inutile boucherie de ses soldats, fit sonner la retraite après P une heure et demie de combat. » (1) La Société académique de l’Oise plus heureuse que nous, Messieurs, en ce qu’elle était plus à portée de l’auteur, a pu entendre de sa propre bouche plusieurs notices biographiques réunies sous le titre des Grands-Hommes du Beauvaisis et quel¬ ques fragmens d’une histoire presqu’achevée du Château et de la ville de Milly. La biographie de l’abbé Dubos lui valut une lettre de félici¬ tation et d’encouragement de M. Villemain. Le haut prix d’un^ pareil éloge lui inspira plus de gratitude que de vanité. Un des membres les plus distingués de la société acadé*?. mique de l’Oise, son collègue en magistrature et en archéo- (1) Le siège de Beauvais par M. Dupont-White, pages 20 et 30. Digitized by v^ooçle — 211 — logie, fat chargé par cette assemblée reconnaissante, de lui rappeler la personne et les ouvrages de son regrettable fon¬ dateur. Nommer M. Danjou, c’est vous dire assez que notre commun ami ne pouvait trouver de plus éloquent ni de plus digne appréciateur. Je ne vous parlerai. Messieurs, des autres écrits commencés par M. DuponWWhite que pour vous montrer que sa tête, son esprit et son coeur ne se ressentaient en rien de l’affaissement successif de son corps, et combien sa maladie même, qui le tint souvent des mois alité, lui avait fait prendre le travail en amour et en consolation. Permettez-moi de vous citer les titres des principaux ou¬ vrages , qu’il a laissés sur le chantier, au moment où la mort est venue le ravir aux affections de tous. Les Illustrations Militaires deVOise, qui devaient faire le pendant de ses Grands Hommes du Beauvaisis ; la Pairie des évêques de Beauvais; les Vieilles Maisons de Beauvais; et enfin Beauvais en 1848, espèce de réserve historique et littéraire. Il voulait laisser refroidir par le temps, les cendres encore fu¬ mantes de ce volcan politique et ne traiter cet irritable sujet que quand l’amortissement des passions populaires lui permet¬ trait d’aborder ces graves événemens avec toute l’impartialité, tout le sang froid du juge et de l’historien. Ne désespérons pas, Messieurs, de voir quelquè jour mettre la dernière main aux nombreuses ébauches de M. Dupont et tirer parti de ses intéressantes notes, non comme il l’eût fait lui-même, mais de manière à ce que les trésors de ses inces¬ santes recherches ne soient pas perdus pour la science et pour l’histoire. Car quel homme sut mieux que lui interroger les Digitized by v^ooQle — 212 — bibliothèques publiques ou privées, qu’on s’empressait de lui ouvrir, compulser les vieux manuscrits, faire pour ainsi dire l’autopsie archéologique de nos anciennes chroniques, et, grâce à sa patiente application , en exhumer des faits curieux, des étymologies nouvelles ou des habitudes locales échappées même à ceux qui les avaient feuilletées avant lui. A toutes les qualités de l’homme public, mon ajni joignait in¬ contestablement, Messieurs, celles bien plus rares de l’homme du monde. La distinction de ses manières, l’aménité invariable de son caractère, sa constante égalité d’àme le faisaient rechercher partout. Bien qu’il fréquentât avec plaisir les sociétés nom¬ breuses, il leur préféra toujours ces réunions restreintes du coin du feu. C’est là qu’il aimait le soir à se délasser, au sein de sa famille et de quelques amis intimes, de ses enquêtes et de ses réquisitoires, en improvisant quelque histoire, tantôt effrayante, tantôt gaie, toujours instructive et morale. Ses enfans, malgré leur si tendre jeunesse, l’écoutaient muets et immobiles. Une promesse de conte était le présage assuré d’une journée de sagesse et d’assiduité au travail. Il savait se mettre à la portée de toutes les intelligences. Que de fois cet aimable conteur sut trouver chez ses visiteurs du jour ou dans ses ex¬ cursions judiciaires, quelques idées nouvelles, quelque sujet original pour ses récits du lendemain. Que de fois, grâce à son entrain naturel, n’ai-je pas vu l’ignorance malicieuse ou les expressions naïves d’un simple villageois (Jevenir une source de lumière pour lui et de folle gaieté pour son avide auditoire. Son cœur d’honnête homme ne craignit jamais la mort pour lui. Epoux affectueux et père dévoué, il la redouta pour sa femme, qu’il avait tant raison de chérir, et pour ses six enfans Digitized by v^ooQle — 213 — dont l’aiué avait neuf ans et le dernier quatre mois à peine. Il regretta souvent que sa fin prématurée ne lui ait pas laissé le temps de tracer à ses fils le fidèle tableau de ses observations et de son expérience. Car il projetait, Messieurs, sous ce mo¬ deste titre de* pierres d’achoppement de leur mettre en main (comme un père seul peut, le faire) ce fil salutaire qui pût guider plus tard leur fragile jeunesse dans notre labyrinthe social, et lui éviter les écueils et les séductions de ce monde, dont ils connaissait si bien les détours. Que j’aurais eu besoin, vous le voyez sans peine, Messieurs, de l’assistance et des inspirations de cet ami de 40 ans, qui n’est plus, pour légitimer à vos yeux l’audace de mon amitié et rendre cette faible esquisse plus digne de vous et du col¬ lègue, qui laisse un si grand vide dans nos rangs. Au moins, ce qui me rassure un peu, c’est que vous aurez la bienveil¬ lance de vous rappeler qu’ici la plume est peu de chose et que le coeur est tout. M. Dupont-White portait, je puis le dire, à chacun de vous/ Messieurs, une reconnaissante affection, il aimait à se rappeler souvent avec quelle honorable bienveillance vous aviefc ap¬ plaudi à ses premiers essais dans la carrière historique. Il re¬ gardait vos suffrages , comme des encouragemens à redoubler de zèle et d’application dans ses travaux et de persévérance dans ses recherches. Aussi combien devons nous regretter qu’il ne lui ait pas été donné de vivre quelques années encore alors que son passé nous est garant qu’il eût employé cette prolongation d’existence à jeter uh nouvel éclat sur son nom et sur notre Société. Oui, Messieurs, je vous connais assez pour être intimement Digitized by v^ooQle convaincu qu’il y aura de l’écho dans cette enceinte (si heureu¬ sement composée aujourd’hui de tous les membres épars de notre ressort archéologique) quand je vous dirai en terminant, que la mort, avant le temps , d’un homme aussi généralement utile que l’était M. Dupont-White est un double deuil pour la science et pour l’histoire> comme elle sera une blessure toujours saignante pour le cœur de ses nombreux amis. MEMBRES ADMIS. Sont nommés membres correspondants : MM. Génin =&, chef de division au ministère de l’Ins¬ truction publique. l’abbé Desnoyers, vicaire-gén. 1 du diocèse, l’abbé de Torquat, vicaire de S.‘-Aignan, Nouel de Buzonnière, antiquaire, Mentellier, conseiller à la Cour d’appel, de Vassal, archiviste du département, Dupuis, ancien magistrat, Dewàilly, huissier à Corbie (Somme). TITULAIRES NON RÉSIDANTS. MM. T. De Lagrénée, membre de l’Assemblée nationale. Prarond (Ernest), membre de la Société d’Emula- tion, Abbeville. DuMaisniel (Anatole), vicomte, à Liercourt (Somme). Hébert, propriétaire à Lignières-Chàteiain (Somme). à Orléans. Digitized I by GoOglC — 215 — OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ pendant le 2.® trimestre de 185L l.° L'Investigateur, n. 08 195, 196,197, 198,199.— 2.° Essai historique et archéologique sur le canton de Neufchâtel,—sur le canton de Blangy,—sur le canton de Londinières, par M. l'abbé Decorde, 1848-50-51,3 vol. in-8°. — 3.° Alain Chartier, étude bibliographique, par M. Mancel. Bayeux, 1849, brochure in-8°.— 4.° Journal d'un bourgeois de Caen , 1652-1733, publié pour la première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque de Caen, par M. Mancel. Caen, Voiney, 1848,1 vol. in-8°.—5.° Mémoires de l'Académie royale du Gard, 1835 à 1844,4 vol. in-8°. <— 6.° Bulletin de l'Athénée de Beauvais , 2.® sem., 1850. —7.° Itiné¬ raire général de Londres et Paris à Rome et Naples, par Joseph Bard. Première partie, Londres [à Marseille, 1851, iri-12.— 8.° Annales de l’Académie d'archéologie de Belgique, tom. viii, liv. 1, 2, et 3.—9.° La Thiérache, recueil de documents concer¬ nant l'histoire, les beaux-arts, les sciences naturelles et l'indus¬ trie de cette ancienne subdivision de la Picardie. Yervins, Pa¬ pillon , 1849 , in-4.°, l. r ® livraison.—10.° Mémoires de la Société des Sciences, de l’Agriculture et des Arts de Lille. Année 1849, 1 vol. in-8.° avec planches. — 11.° Les Flamands de France. Etudes sur leur langue, leur littérature et leurs monuments, par L. de Baecker. Gand , 1851,1 vol. in-8°. —12.° Congrès scien¬ tifique de France, 17. m ® session tenue à Nancy , en septembre 1850. Nancy, 1851, 2 vol. in-8°. — 13.° Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, l.« r et 2.® trim., 1851.—14.°Pouillés du diocèse de Lisieux, recueillis et annotés par Aug. Le Prévost. Caen, Hardel, 1844, in-4°. —15° L’Erudition, bibliothèque universelle, revue mensuelle. Directeur, M. Ch. Barthélémy, de Paiis (liv. 1 à 9), novembre 1850 à juillet 1851, in-8°.—16.° The numismatic chronicle and journal of the numismatic Society, april 1851, n.° 52. —17.° Proceedings of the Society of Anti- quaries of London , vol. 2, n. 08 18 à 25. —18.° Observations on some of the early inscribed and carved stones in Wales, by J. B. Westwood, 1851, in-8°. —19.° Collectanea antiqua, vol. 2, part Digitized by v^ooQle — 216 — V.—20.® British archaeologieal association. Sixth annual mee¬ ting. Chester 1849.— A catalogne of the Muséum of Antjquities exhibited at the*King’s-School, Chester. — Printed for the use of the Tisitor and members attending the congres, in-8°.— 21.° The Journal of the Bristish archaeologieal association, n.° 25.— 22. ° Proceedings of the Numismatic Society* session 1849-50.— 23. ° Bulletin de la Société de l'histoire de France, n. 08 S-4-5-6. —24.° Bulletin de la Société historique et littéraire de Tournai , tom. ii , n.° 3. — 25.° Hommes et Choses , alphabet des passions et des sensations, esquisses de mœurs ? faisant suite au petit glossaire, par Boucher de Perthes. Paris, Treuttel et Wurtz, 1851, tom. i, n, m. — 26.° Antiquités celto-germaniques, gallo-romaines et gallo-franques, trouvées sur le territoire de Renais, par M. Joly, br. in-8°. — 27.° Notes historiques sur la maîtrise de Saint-Quentin et sur les célébrités musicales de cette ville, par Ch. Gomart. — 28.° The castle of Love a poem by Robert Grosseteste, bishop of Lincoln now first printed from inedited nianuscripts of the fourteenth century. Edited by James Orchard-Halliwell. Brixton-Hill. For private circulation only, 1851, in-4°. —- 29.° Notice sur les rues d’Abbeville et sur les faubourgs , par M. Ernest Prarond. Abbeville , Jeunet, 1850, in-18.—30.° Bulletin de la Société archéologique de l’Orléanais, n.° 4. — 31.° Société archéologique de Namur. —* Rapport sur la situation de la Société pendant les années 1848, 1849, 1850, présenté par le président, br. in-8°. — 32.° Les Maires et les Mayeurs d’Abbeville, 1184-1848, par Louandre, br. in-8°. — 33*°Lettre à M. Paulin Paris , membre de l’Institut, par M. F. Genin, 20 mai 1851. — 34.° Lettre à un ami sur l'article de M. P. Paris, inséré dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes (tom. ii, p. 297 , 1851), par M.,Genin, 30 mai 1851. (Ces deux lettres appartiennent au grand débat philologique qu'a fait naître la publication, par M. Genin, de la chanson de Roland). — 35.° Notice historique sur la ville de Beauvais et ses environs, extraits du dictionnaire statistique, historique , administratif et commu¬ nal des villes, bourgs et communes du département de l'Oise^ Digitized by v^ooQle — 217 — per Vietor Tremblay , in-8.° s. d. —36. Un beau Souvenir de 1790 , par le même. (Notice sur Cl.-Den.-Alex. Mareschal, cul¬ tivateur à Mauregard.) —37.® Améliorations proposées pour assurer d’une manière efficace le service de la vérification des poids et mesures. —Notice historique sur l’établissement du système métrique des poids et mesures eu France, par le même. — 38»° Note sur quelques poids remarquables provenant de l’ancien château du vidaraé de Gerberoy, par le même (en vers). — 39.® Sur l'inspection des poids et tnesures, quatrains dialo- gués, par le même. — 40.° Mémoires de 1*Académie de Metz, 18.% 19. e , 20.®, 21.®, 22.®, 23.® , 25.®, 26.®, 31.® années , 9 vol. in-8®. — 41. 0 Monographie de l’hôtel de la mairie d’Orléans. — De l’institution dés maires et de la justice de la police de la ville, par M« Eug. Bimbenet. Orléans, Jacob, 1851, br. in-8°. — 42.° Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, 1850, in-8®. —43.® Congrès des délégués des Sociétés savantes des départements , 2. e session , 1851, br. in-12. — 44.® Bulletin des Comités historiques. Juin 1850, janvier, Février 1851. — 45.® Bulletin de la Société d’émulation du département de l’Ailier. Mai 1851, — 46.® Annales scientifiques, littéraires et in¬ dustrielles de l’Auvergne , publiées par l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. Janvier, février 1851. — 47.® Recherches sur quelques médailles historiques du xvi.® siècle, lettre de M, Etienne Cartier fils à M. Cartier père, direc¬ teur de la Revue numismatique, br, in-8.® ; pi. —48.® Médaille des monnoyers de Rouen, par M. Mantellier, br. in-8®. —49.® Eglise de Sainte-Clotiide sur le terrain de Bellechasse, par Gil¬ bert. Paris, Leleux, 1851, br. in-8°. — 50.® Notice historique et descriptive de l’église collégiale de Saint-Hildevert de Gournay- en-Bray, par M. l’abbé Cochet. Rouen, Peron, 1851, in-8.°; pl. — 51.® Recueil de documents et de mémoires relatifs à l’étude spéciale des sceaux du moyen-âge et des autres époques, pu¬ bliés par la Société dé Sphragistique. Paris, Forgeais, 1851, 1.*® année, bulletin mensuel, n.®» 1-2.— 52.® Voyage archéo¬ logique en Grèce et en Asie mineure, par M. Philippe Le Bas, Digitized by v^ooQle — 218 — liv. 26 , 27, 28, in-4°. —53.° Notice sur quelques anciens coins monétaires qui existaient à l'échevinage d'Abbeville, suivie de l'indication des principales monnaies de Pontbieu, par M. E. Demarsy. Abbeville, Jeunet 1851, br. in-8.° pl.—54.® Antiquités romaines.—Etude sur les découvertes de Champlieu, par M. E. Caillette de l'Hervillier. Paris, Leleux , 1851, br. in-8.° pl. — 55.° Bataille de Crécy , marche et position des armées française et anglaise rectifiée , par M. le baron Seymour de Constant, 3.® édit. Abbeville, Jeunet, 1851, in-8.°, carte. — 56.° Guillaume- le-Conquérant à Saint-Valery-sur-Somme, chœur à trois voix, paroles et musique par Seymour de Constant. Paris, Lemoine , in-f°. — 57.° Ballade chantée sous les murs de la prison de Jeanne d’Arc, au Crotoy, paroles et musique par Seymour de Constant. Paris , Lemoine , in-f°. — 58.° Essai historique et ar¬ chéologique sur les cantons de Neufchâtel, Blangy et Londi- nières, par M. l'abbé Decorde, compte-rendu par M. l'abbé Cochet. Neufchâtel, Duval, 1851, br. in-8°. — 59.° Histoire lit¬ téraire de la France, compte-rendu des tomes xx et xxi, par Polain. (Extrait du journal de Liège.)—60.° Bulletin de laSociété archéologique et historique du Limousin, tom. ni, 2.® liv.— 61.° Notice historique sur la milice amiénoise, milice commu¬ nale , garde bourgeoise et compagnies privilégiées, par A. Jan¬ vier. Amiens, Duval et Herment, 1851, in-8°. — 62.° Liste al¬ phabétique des saints dont les noms figurent sur les monnaies et les méreaux du moyen-âge, par Ad. de Longperrier. Paris, Crapelet, 1851, in-8°. — 63.° Voyage agronomique, descriptif et archéologique dans le centre et l’est de la France, par Castel. Bayeux, Duvant, 1851, in-8°. — 64.° Mémoire de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bayeux, tom. i et n. — 65.° Mémoire de la Société de statistique des Deux- Sèvres , 3. e liv., 1849-1850. — 66.° Notice sur les fortifications de Beauvais, extrait d'un MS-. moderne, intitulé la Ville de Beauvais avant 1789 ,*par M. f Daniel. Beauvais, Desjardin, 1851, in-18. — 67.° Revue numismatique belge ^tom. i et n , 2.® série. — 68.° Notice biographique sur Gresset, suivie du programme Digitized by v^ooQle — 219 — des fêtes qui seront célébrées à Amiens, les 20 et 21 juillet 1851, pour Pinauguration de sa statue. Amiens, Alfred Caron, 1851, in-8°. —69.° L’Institut, avril, mai 1851. —70.° Institut archéo¬ logique liégeois , lettres à mes amis et à mes collègues, par A. d’Otreppe de Bonvette. Namur, Legros, 1851. — Recherches et fouilles dans le but de former un Musée provincial à Liège , par le même. Liège , Garmaune ,1851,2 vol. in-18. —71.° His¬ toire et'archéologie locales, par M. l'abbé Decorde. Neufchâtel, Du val, 1851, br. in-8°. OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant le 2.® trimestre de 1851. l.o Par M. le Ministre de l’agriculture et du commerce, les statuettes en pâte de biscuit, de Racine et de la Fontaine, pro¬ venant de la fabrique de Sèvres. 2. ° Par M. Herhault, architecte à Amiens, un vitrail repré¬ sentant les armes de Feydeau de Brou et portant la date de 1696. 3. ° Par MM. Félix et Victor de Beauvillé, anciens magistrats à Montdidier, deux médailles en bronze à l’effigie de Parmentier. 4. ° Par M. Maillard, receveur à la halle, deux médailles des forts de la halle au blé d’Amiens. 5. °_Par M. Gamot pharmacien à Montdidier, deux coins cel¬ tiques en silex gris, trouvés dans le défriché du bois de Villers- Tournelle. 6. ° Par M. Seignette, proviseur du Lycée d’Amiens, la pierre tumulaire de Marguerite Dufresne , veuve de Nicolas de Villiers de Rousseville, l’auteur d’un nobiliaire de Picardie, morte le 17 août 1748. * 7. ° Par M. Legros, médecin à Marquais, un lot de monnaies Picardes, un vase en terre noire, plusieurs grains de collier en pâte vitreuse, des boucles et des agrafes mérovingiennes et autres objets provenant de la découverte de Longavesne,quise trouvent décrits dans le tome x des Mémoires de la Société des Anti¬ quaires de Picardie, p. 179. Digitized by Google — 220 — 8. ° Par M. Guilmeth, homme de lettres à Rouen, une agrafe de ceinturon mérovingien, trouvée à Gontay (Somme). 9. ° Par M. Opigez, artiste à Paris, une réduction en plâtre , par son nouveau procédé, du bas-reliet'de l’hôtel Bourgthéroulde à Rouen, représentant le Camp du drap d’or. 10. ° Par M. l’abbé Roze, curé à Tilloy-lés-Conty, une mé¬ daille en or, trouvée dans les environs de cette commune à l’effigie de Placidia, femme de Constance III. 11. 0 Par M. Eugène Woillez, docteur en médecine, àParis t plusieurs fragments de mosaïque provenant de l’ancienne abbaye St.-Bertin à St.-Omer; des débris de poterie et d’armes trouvés dans le camp mérovingien de Précy-sur-Oise ; une partie de boucle d’oreille, un stylet et une pince épilatoire recueillis dans le même cimetière. 12. ° Par M. Forceviile-Duvette, propriétaire à Amiens, la médaille en bronze gravée d’après la statue en marbre qu’il vient d’exécuter en l’honneur de Gresset. 13. ° Par M. Xavier Crapier, propriétaire à Vermand, une coupe en terre rouge trouvée près de Saint-Quentin. Epo¬ que gallo-romaine. OBJETS ACHETÉS PAR LA COMMISSION DU MUSÉE. l.o Une médaille en bronze de fabrique hollandaise, frappée à l’occasion de la paix d’Amiens. 2. ° Les médailles en bronze de Calvin, Fernel, Racine et La¬ fontaine. 3. ° La médaille de trois modules différents de la Société agri¬ cole et industrielle de l’Oise. 4. ° La médaille commémorative de l’ouverture du bassin à flot de Calais en 1842. Amiens. — lmp. de Durai et Herment, place Périgord, 3. Digitized by v^ooQle BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. - M-S » QfrlBl,«g-T ^. -- COMITE CENTRAL. -«g-*—- Séance du 11 novembre 1851. M. le président appelle l’attention de la Société sur l’accroissement considérable que prend la bibliothèque. Depuis la dernière séance, 76 numéros ont été inscrits sur le catalogue. La Compagnie ne doit pas seulement ces nombreux témoignages de sympathie à l’estime que l’on veut bien faire de ses publications, mais, il faut le dire, au zèle soutenu et intelligent de M. le Secrétaire- Perpétuel , qui, par ses demandes aux ministères et aux sociétés savantes, s’efforce de faire prendre au dépôt littéraire de la Société une importance dont il convient de le remercier. M. le président sollicite en conséquence un vote de remerciements en faveur de M. Garnier, et l’Assemblée adhère à cette proposition par une salve d’applaudissements. — M. le Secrétaire-Perpétuel dépose sur le bureau len.°202du Bulletin des Lois, partie supplémentaire, dans lequel se trouve publié le décret du 18 juillet 1851, qui reconnaît la Société comme établissement d’utilité publique. Il explique quels sont les droits civils que . 18. Digitized by v^ooQle confère cette nouvelle institution ; ils rendent la Société apte à recevoir des dons et legs, soit pour fondation de prix, soit pour tout autre mode d’encouragement de ses travaux. — M. Peigné-Delacourt, membre non résidant à Ourscamp, présent à la séance, fait sentir la nécessité de réunir et de coordonner tous les faits historiques, quelle qu’en soit l’importance, qui se trouvent dissémi¬ nés dans les cartulaires ou monuments civils de toute nature qui passent sous les yeux de l’homme d’études. « Les faits, dit-il, qui intéressent notre ville natale ou » d’adoption, notre bourgade ou notre hameau, se trou- » vent dans une masse telle de titres, actes, chroniques, » histoires générales et particulières, manuscrites ou » imprimées, collections ou monuments, qu’on peut assu- » rer que les points omis l’emportent de beaucoup sur ceux » non omis, quelque longues et sérieuses qu’aient pu être » nos recherches. Les forces de l’homme isolé n’onl-elles » pas leurs bornes, et ne serait-il pas bien que la So- » ciété des Antiquaires de Picardie, prenant en ceci l’ini- » tiative, réglementât à ce titre la forme d’un travail » méthodique et d’ordre, consistant à tracer sur des fi- » ches ou cartes de grandeur uniforme l.° le nom et la » situation des lieux; 2.° le sommaire de l’acte ou de l’é- » vénement; 3.° la date; 4.° la nature du document. Ces » matériaux classés par ordre alphabétique au chef-lieu » de chaque département, par les soins des archivistes, » conservés et communiqués par eux, formeraient succès- » sivement un ensemble d’un immense service pour les » recherches historiques ultérieures. Le travail de chacun Digitized by v^ooQle » fût-il borné à quelques points, servira toujours à tous. » Une communication fraternelle de département à dépar- » tement, de pays à pays, s'établira forcément à l’avan- » tage général. Plus l’œuvre avancera, plus l’œuvre inté- » ressera. Pour les détails d’exécution, pour les mesures » à prendre, afin d’indiquer les champs moissonnés ou à » moissonner, c’est à vous, Messieurs, à les citer et à » les prescrire. » M. Peigné-Delacourt développe ensuite sa pensée en entrant dans quelques détails sur la forme à donner à ces cartes, comme sur la manière de les remplir; il an¬ nonce .qu’en dépouillant plusieurs cartulaires, il a déjà composé plus de 1,500 cartes qu’il s’empressera d’offrir à la Société, si son idée vient à être admise. M. Bouthors appuie vivement cette proposition ; elle lui paraît de nature à faciliter les recherches des hom¬ mes studieux qui entreprennent souvent l’histoire d’une église ou d’une commune sans savoir à quelle source ils devront en puiser les matériaux isolés. M. Breuil considère la proposition sous un autre point de vue, et comme de nature à faire dresser un diction¬ naire géographique de tous les documents déjà connus sur les divers points d’une province. M; Garnier signale les difficultés d’exécution ; il n’y aura peint de contrôle , dit-il , pour s’assurer que les cartes seront remplies d’une manière méthodique, comme pour en obtenir L’envoi au chef-lieu chargé de les classer. M. Dufour distingue le principe en lui-même de l’ap¬ plication que l’on en demande. Quant au principe, il le trouve excellent ; et de nature à conserver au moins la 18 .* Digitized by v^ooQle trace de documents pleins d’intérêt et dont l’existence pour la plupart est ignorée; mais il demande que l’appli¬ cation en soit restreinte à la Picardie, sous l’action de la Société, qui manque de moyens pour prescrire utile¬ ment l’usagé de ces cartes dans toutes les provinces : ce qu’elle ferait pour la Picardie, trouverait certainement des imitateurs sur les autres points de la France. La Société renvoie l’examen de la proposition de M. Peigné-Delacourt à une commission composée de MM. Garnier, Rigollot, Bouthors, Guerard et de Grattier. — M. Peigné-Delacourt signale ensuite un point du dé¬ partement dé l’Oise où des fouilles ne seraient point sté¬ riles, si la Société se décidait à les entreprendre. Des dé¬ couvertes considérables de tuiles ou de pierres sculptées ont déjà été faites à Quierzy, sur un monticule édifié autrefois d’un palais mérovingien. Il se chargerait vo¬ lontiers de diriger les ouvriers dans la recherche à entreprendre des fondations de l’ancien château, et de veiller ensuite à ce qu’aucun objet ne fût égaré. Un crédit de 100 à 150 fr. lui paraîtrait suffisant pour fouiller le terrain, et les travaux profiteraient nécessai¬ rement au Musée de la Société. Cette proposition étant appuyée par plusieurs mem¬ bres, la Société décide en principe que des fouilles se¬ ront faites à Quierzy, sous la direction de M. Peigné- Delacourt, et avec le concours de M. Petit, membre non résidant. Quant au chiffre de la dépense, la fixation en est ajournée à la discussion du budget de 1852. — Par dérogation à son réglement, la Société décide que ses séances ordinaires se tiendront désormais le se- Digitized by v^ooQle — 225 — cond mardi au lieu du second mercredi de chaque mois. — M. le Secrétaire-Perpétuel dépose sur le bureau trois lettres écrites à M. le duc de Luynes, sur le ch⬠teau de Lucheux, par M. Labourt. M. Ch. Dufour est chargé de faire un rapport sur ce travail fort étendu , dans lequel l’auteur, tout en traitant la question étymo¬ logique , l’a appuyée de faits historiques et de curieux rapprochements topographiques avec d’autres points de la France. — La séance est terminée par la lecture d’une notice deM. Gilbert, conservateur des tours de Notre-Dame de Paris, concernant la découverte de deux statues dans un jardin dépendant de l’ancienne collégiale de S.‘-Frambourg, à Senlis. Voir plus bas, page 248. Séance du 9 décembre. — Communication est donnée d’une lettre de M. Chabaille, qui terminera sa notice sur les Trouvères picards, aussitôt qu’il aura achevé la publication du Brunet Latin dont M. le Ministre de l’instruction publique l’a chargé, en collaboration avec M. Desnoyers. — En réponse à la demande que lui avait faite M. le Président de la Société des Antiquaires de Picardie, M. le Président de la Société de Genève écrit qu’il ne pourrait procurer au Musée d’Antiquités d’Amiens les médailles de Calvin, né à Noyon, en 1509, qui se trou¬ vent décrites dans le tom. vu des Mémoires de la Société genévoise. Plusieurs ont été décrites d’après Haller et n’existent même pas au médaillier de Genève. M. le pré¬ sident offre un cliché du n.° G3 et propose de procurer au prix d’édition la grande médaille gravée par M. Rouy en Digitized by v^ooQle — 226 1833, en souvenir du Jubilé, et une autre plus petite, frappée à la même époque, et à l'effigie de Calvin. —• Ces propositions sont renvoyées à la Commission du Musée. — L’ordre du jour appelle la réception de M. Jan¬ vier, nommé membre titulaire résidant dans la der¬ nière séance. Le récipiendaire, sur l’invitation de M. le Président, prend place au bureau, et remereie la Société du témoi¬ gnage d’estime qu’elle vient de lui conférer. L’allocu¬ tion qu’il prononce à ce sujet, et dans laquelle il fait valoir le puissant intérêt des études historiques, estécou- tée avec les marques de la plus vive sympathie. M. le Président, en lui répondant , rappelle les nom¬ breux services rendus à la ville d’Amiens par l’aïeul et l’oncle de M. Janvier, qui tous deux ont rempli les fonc¬ tions de secrétaires de la mairie et de conservateurs des archives communales. Ils ont laissé de nombreux docu¬ ments sur l’histoire du pays, et de semblables matériaux ne peuvent qu’être habilement mis en œuvre par le nouveau collègue qui déjà s’est fait connaître par son histoire de la Milice bourgeoise d’Amiens. — La Société procède ensuite au renouvellement de son bureau pour l’année 1852. Sont nommés : président, M. Güerard , vice-président, M. DoroüR,et secrétaire annuel, M. Janvier. — M. Forceville-Duvette, dont la statue de GreSset a été inaugurée il y a quelques mois, entretient la So¬ ciété d’un projet de monument à élever à la ménioire du premier prédicateur des Croisades , de Pierre l’Ermite, né à Amiens en 1053. Il a entrepris des études artisti- Digitized by v^ooQle - 227 — ques sur ce sujet; il eu fait hommage à la Société, et réclame son concours pour le monument qu’il se pro¬ pose d’exécuter en l’honneur de l'illustre Amiénois. 11 entre dans quelques détails sur les moyens d’exécution qui lui sembleraient assurer le succès de cette entreprise. Plusieurs membres prennent successivement la parole pour adhérer à la proposition de M. Forceville. Il leur parait convenable que la Société prenne sous son patro¬ nage l’élévation d’un monument historique en l’honneur des Croisades, dont les conséquences ont été si favorables au développement de la science et aux progrès delà ci¬ vilisation. C’est d’Amiens que le cri de guerre Dieu le veult a retenti pour la première fois dans toute la chré¬ tienté ; n’est-ce pas sur le sol de cette cité que doivent être jetées les fondations d’un monument à élever à la gloire d’un de ses enfants. D’autres membres , tout en reconnaissaht qu’il y aurait justice à honorer la mémoire de Pierre l’Ermite, se préoccupent des difficultés pécuniaires de cette entre¬ prise. Ils estiment qu’il ne faudrait s’engager dans cette opération qu’avec la certitude qu’une souscription dans les divers diocèses de France serait assez produc¬ tive pour en couvrir les frais. — La Société, tout en prenant en considération, et à l’unanimité, la proposition de M. Forceville, en renvoie l'examen à une commission chargée d’examiner le modèle et d’étudier les voies et moyens d’exécution, sans engager en rien les ressour¬ ces déjà si restreintes de la Société. Cette commission est composée de MM. Rigollot, de Betz, Guerard, Bou¬ thors et Bisson de la Roque. Digitized by v^ooQle — M. le Secrétaire-Perpétuel donne lecture d’une notice de M. Léon Paulet, membre non résidant, de Mons (Belgique), et dans laquelle il établit que le château de Ham a dû être construit non point en 1470, comme l’ont écrit plusieurs auteurs, mais antérieurement à cette époque, soit par Jeanne de Bar, avant son mariage avec le connétable de Sajnt-Pol, soit par ce dernier, du vivant de sa première femme. Voir plus bas, page 258. — M. le Président communique le rapport qui a été présenté à la dernière session du Conseil général, sur les travaux de la Société. Le Comité central, heureux de l’appréciation qui a été faite du zèle de l’association, se fait un devoir de renvoyer aux membres résidants et correspondants qui secondent si puissamment son action, les éloges que renferme ce rapport, dont l’assemblée vote la reproduction dans le Bulletin. Voir plus bas, page 246. — Sur l’interpellation d’un membre, la Commission de l’annuaire annonce que cet ouvrage aurait été publié pour le 1." janvier 1852, si l’administration n’avait point apporté tant de retards à fournir les renseigne¬ ments qui lui ont été démandés. Quatre lettres ont été écrites à M. le Préfet de la Somme, les 1." août, 10 septembre, 24 octobre et 23 novembre 1851 ; la der¬ nière seule a amené la communication que l’on désirait. Le délai de quatre mois, que la Société a perdu à atten¬ dre des matériaux que l’on avait sous la main, ne per¬ mettra point de faire paraître Y Annuaire avant le 15 fé¬ vrier 1852. La première partie de ce travail a été présentée au Conseil général dans sa dernière session ; elle renferme un calendrier picard à la préparation du- Digitized by v^ooQle — 229 — quel M. le docteur Daniel a bien voulu concourir par d’excellentes notes sur les saints et les pélérinages du Beauvoisis. . COMITÉ LOCAL DE BEAUVAIS. Séance du 19 mat 1851. — M. le Directeur rend compte des négociations entamées avec M. Séroux re¬ lativement aux antiquités de Champlieu. Les proposi¬ tions faites par le propriétaire du terrain paraissent exagérées au Comité, qui invite MM. Danjou et Bar- raud à solliciter des conditions plus avantageuses, lors¬ qu’ils se rendront sur les lieux. — Le Comité regrette de ne pouvoir, à cause de ses fi¬ nances, prendre part à la souscription qui est ouverte pour l’érection d’un monument à Jacques Sarrazin, àNoyon. — M. Auxcousteaux offre plusieurs médailles trou¬ vées lors des fouilles qui ont eu lieu pour la construc¬ tion du piédestal de la statue de Jeanne Hachette.—Quel¬ ques médailles sont également offertes par M. Tremblay. — Lecture est donnée d’un rapport de M. Danjou sur les dons qui continuent d’enrichir le Musée. — M. Tremblay entretient le Comité d’un travail sur les médecins célèbres nés dans le Beauvoisis ou qui l’ont habité, et parmi lesquels l’auteur compte Fernel et Guy-Patin. La lecture est entendue de la notice qui a trait à ce dernier médecin, dont la correspondance, réimprimée récemment par les soins d’un habitant de Beauvais, renferme tant de détails intéressants sur une époque remarquable par son mouvement intellectuel. Guy-Patin, né à La Place, commune de Hodenq en Bray, Digitized by v^ooQle — 230 — en 1601, fût d’abord correcteur d’imprimerie à Paris, où il se lia d’une manière intime avec Rioland, célèbre médecin. Cette amitié le porta à embrasser la même carrière. Il devint professeur au collège de France en 1654, et se fit remarquer par la guerre pleine de verve qu’il fit à l’antimoine. Il mourut en 1672. Séance du 16 juin 1851. — Mi Delaherche rend compte d’un voyage qu’il a fait en Angleterre, et de l’impression qu’ont produite .sur lui les tapis de la ma¬ nufacture nationale de Beauvais, qui figurent avec dio- tinction à l’Exposition universelle. — M. Daudin, de Pouilly, fait hommage au Musée d’une vue gravée de l’ancienne porte de Paris et d’un portrait d’Oudry, peintre distingué, directeur de la ma¬ nufacture de tapisseries de Beauvais. — M. Damiens continue, à titre d’essai, de donner communication de ses recherches sur les évènements mémorables de l’histoire de l’ancienne proviûce de Pi¬ cardie. Les particularités si intéressantes et si glorieuses de cette histoire, à la fin du Moyen-Age, en Beauvoi- sis, notamment le siège de Beauvais, en 1472, font oette fois l’objet de sa communication. — Le Comité , à l’occasion de la solennité prochaine et de la fête de l’anniversaire du siège de Beauvais, exprime le vœu que M. Daniel, prenant pour base un plan topographique de la ville de Beauvais, vers 1472, entreprenne de rédiger à l’usage des étrangers et des visiteurs, sous forme de résumé, une description à la fois complète et succincte des particularités les plus re¬ marquables que pouvaient offrir, au xv.* siècle, l’an- X Digitized by v^ooQle — 231 — cienne enceinte marée de la ville et ses principaux édi¬ fices publiés. —M. le Directeur, rappelant à la Société le travail fait par M. Barraud sur les cloches, présente d’intéressantes observations sur celles des beffrois des anciennes cités communales ; il pense que ce$ cloches avaient un tim¬ bre d’un caractère particulier, analogue à l’usage auquel on les destinait- Séance du 21 juillet 1851.—A l’occasion du travail de M. le docteur Daniel sur l’enceinte fortifiée de la ville de Beauvais, plusieurs membres font remarquer combien il serait intéressant d’avoir un plan figuratif qui permettrait à l’œil d’en suivre le développement. Les anciens plans de la ville rendraient ce travail facile. M. Bouchard est prié de se concerter avec M. Daniel pour l’exécution de ce plan. -— M. Michel Lefebvre communique une partie de ses recherches sur la vieille église de St.-Etienne, un des types les plus intéressants du style 'roman. Il décrit avec un soin remarquable la façadé du portail, et si¬ gnale à l’intérieur plusieurs pierres tombales et inscrip¬ tions qui peuvent éclairer l’histoire locale, notamment celle de Foulques, seigneur de Vandampierre, Pouil- ly, etc., dont le nom a eu un certain retentissement dans le Beauvoisis, au temps de la ligue. Sa femme a été inhumée à St.-Etienne en 1594. — Dans une notice sur la statue de Jeanne Hachette, nouvellement inaugurée, M. Danjou s’attache à âppré* cier le travail de M. Vital Dubray, sous le rapport ar¬ tistique et monumental. Digitized by v^ooQle — 232 — Séance du 16 août 1851. — Le Comité, reconnaissant tout l’avantage que présenterait la publication du cata¬ logue du Musée, charge une commission de ce travail. MM. Hamel, Maillard, Barraud, Duparc, Delaberche, Bouchard et Tremblay, sont désignés pour en faire partie. —- M. Michel Lefebvre appelle l’attention des Anti¬ quaires sur les divers blasons qui se trouvent au Mu¬ sée, et dont l’étude jetterait une vive clarté sur l’histoire de la province. Il annonce que plusieurs d’entre eux ont déjà été, de sa part, l’objet d’un examen attentif. Parmi les pierres tombales qu’il a déjà étudiées, il si¬ gnale celle du nommé Tourillon, maçon de la cathé¬ drale, né le 16 avril 1637, mort en 1719; celles du sieur Villain, chanoine , décédé le 30 décembre 1649 ; d’un sieur Bazin, marchand , à Beauvais , portant fon¬ dation d’un De profundis, et de Berard de Chezelles, chanoine régulier de la cathédrale de Beauvais, décédé le 30 décembre 1632, à l’âge de dix-neuf ans. — M. Daniel appelle l’attention du Comité sur plu¬ sieurs souvenirs de la ligue dans notre province, no¬ tamment sur le drapeau conquis à Mouchy par Mayenne, le 29 mars 1591. Ce trophée, déposé dans la cathédrale, a disparu pendant la révolution. Il ne serait pas sans intérêt de rechercher ce qu’il a pu devenir. Séance du 17 novembre 1851.—-M. Sagnier expose que dans les travaux de nivellement pour l’établissement au franc-marché, d’une arène pour le Carrousel qui a été donné à l’occasion des fêtes de Jeanne Hachette, il a été trouvé plusieurs antiquités gallo-romaines : un vase Digitized by v^ooQle — 233 — renfermant des médailles, une petite colonne en pierre et des épingles antiques. — M. Danjou présente son rapport sur les dons faits au Musée et à la Bibliothèque depuis la dernière réunion. — M. Victor Tremblay donne lecture d’une notice qu’il a rédigée sur les princes Je la maison de Condé, dont le dernier descendant avait fixé sa résidence à Chan¬ tilly. — Le Comité, tout en rendant justice aux réparations intelligentes que la ville fait exécuter à l’église de Saint- Etienne, sous l’habile direction de M. Verdier, charge M. Barraud de lui faire un rapport sur ces travaux, qui ne pourront être définitivement appréciés que lors¬ que le nivellement qui abaissera le cimetière de près d’un mètre aura rendu leurs véritables proportions aux parties réparées. — M. Barraud appelle l’attention de la Société sur les souterrains de Troissereux, qui ont été, il y a plusieurs années, l’objet d’un examen attentif auquel s’est livré M. Hamel. Il exprime le désir que la publicité vienne en conserver le souvenir. Inangnration des Monuments élevés en l'honnenr de l’orientaliste Galland, à Rollot, et dn sculpteur Jacques Sarrazin, à Noyon. Dans un intervalle de moins de trois mois, la Société des Antiquaires de Picardie a eu la satisfaction de voir inaugurer deux nouveaux monuments érigés à la mé- Digitized by v^ooQle maire d’illustres enfants du pays, et dont elle avait encouragé par sa souscription la généreuse pensé. Mais avant de rendre compte de la brillante cérémonie* qui vient de populariser la mémoire de Jacques Sarrazip, nous avons à compléter le compte-rendu de la fête de Rollot, en faisant connaître le discours de M. J. Garnier et la pièce de vers de M. Breuil que l’abondance des matières n’avait point permis d’insérer dans le dernier Bulletin. Yoici tout d’abord les paroles^ prononcées par M. le Secrétaire-Perpétuel : « Messieurs, » Quand la Société des Antiquaires de Picardie élevait un monument à Du Cange, elle était loin de s'attendre qu’un hom¬ mage dût être si tôt rendu à la mémoire d’un autre érudit. » C’est qu’en effet la gloire des hommes laborieux qui n'ont d’autre mérite que de donner à nos connaissances plus d’étendue et de certitude, frappe moins vivement la multitude que les ex¬ ploits des guerriers, les accents des orateurs ou les chants har¬ monieux des poètes. Ceux-ci n’ont qu’à se montrer ou à se faire entendre pour être salués d’unanimes applaudissements; pour les autres, ils ne sont qu’utiles , et l’on jouit seulement du fruit de leurs travaux. » Le nom de Galland est une preuve encore que l’imagination l’emporte toujours sur la science; on connaît ses contes, et l’on ignore la plupart et les plus importants de ses travaux. 11 ne faut point se le dissimuler, les MilU et une Nuits , qui ont tant de oh&iraæ pour l’enfance avide de nouveautés, de poésie, d’im¬ possible, et qui délassent et reposent encore si agréablement l’âge mûr, ont surtout valu à Galland la popularité dont il jouit. Et pourtant, le moindre mérite de ces contes, dont Galland n’est que le traducteur, est d’amuser. yy Cette publication eut une portée bien plus hante et plus sé¬ rieuse, c’est d’avoir révélé la poésie des Arabes, d’avoir appelé Digitized by v^.QOQle — 235 — 1’aitention sur une littérature longtemps inconnue, et d’avoir donné naissance à des études auxquelles semble s’attacher le charme qui nous attire vers les écrivains d’Athènes et de Rome. C’est de eette époque, on peut le dire, que date l’étude des langues et des civilisations orientales, trésors inépuisables, qu’avaient entrevus les voyageons du xni,® siècle, et que les Croisés, occupés d’autres intérêts, paraissent n’avoir pas même soupçonnés. C’est depuis lors que les monuments de poésie si nombreux et si riches qui brillent dans l’Orient furent décou¬ verts, que la magnificence de ses orateurs, l’exactitude de ses géographes, la certitude de ses historiens furent mis en évidence, en même temps que les sciences et les arts y trouvaient d’excel¬ lents préceptes, d’utiles observations, des expériences sûres. » La gloire de Galland est surtout d’avoir ouvert cette ère nouvelle, et d’avoir indiqué ces richesses historiques et littéraires auxquelles les langues orientales permettent seules d’avoir accès. » Ajoutons que nul autre n’était plus propre à cette grande mission dont sa modestie n’a point deviné toute l’importance. Galland, dans ses nombreux voyages, dans ses longs séjours chez les peuples orientaux, avait vu de près leurs institutions reli¬ gieuses, politiques et civiles, il s’était, sur les lieux, initié à leurs usages, à leurs mœurs, à leurs études; il avait pu, en de¬ hors des livres, recueillir des savants avec lesquels il s’était en¬ tretenu, la pratique et le développement de leurs théories. Ses connaissances philologiques s’étaient donc fortifiées et agran¬ dies par l’observation même des faits, et aux investigations histo¬ riques, il avait ajouté la comparaison des monuments, qui les complète et les rectifie. Aussi ses travaux ont-ils répandu un jour nouveau sur les faits relatifs à l’histoire orientale, et en même temps qu’il nous enrichissait de documents pnisés aux sources mêmes, il amassait, sans songer aux conquêtes qu’il fai¬ sait, des matériaux qui devaient être exploités plus tard, et se préparait les plus illustres héritiers (1). (1) Les deux Capperonnier, Bosquillon, Gaussin de Perceval, nés il Montdidier; DeSacy, devenu picard par alliance. Digitized by Google — 236 — » Qu’on ne croie pas cependant que les langues orientales oc¬ cupaient exclusivement Galland ; une activité soutenue, un tra¬ vail opiniâtre lui avait encore conquis une des premières places parmi les antiquaires et les numismates, et ses dissertations sont autant de monuments de la critique la plus judicieuse et d’une sagacité remarquable. Moins ingénieux que quelques-uns de ses contemporains dans l’explication des médailles et des inscrip¬ tions , moins avide de trouver un sens quelconque qu’une expli¬ cation rationnelle et plausible, il eût préféré, comme il le disait iui-méme, répondre qu’il ne comprenait point, que d’expliquer au hasard. » Aussi les règles qu’il a tracées pour la lecture sont-elles les seules qu’admettent la raison et l’expérience. Pour lui, les mé¬ dailles sont les pièces justificatives de l’histoire, des documents authentiques de l’état des arts, des usages, des mœurs, qui doi¬ vent confirmer ou contrôler ce qu’elle apprend. On comprend dès lors qu’il exige, pour les étudier, la connaissance parfaite des faits et des époques, et qu’établissant la numismatique sur des bases réelles et solides, il ait combattu la science conjecturale qui, aujourd’hui encore, ne s’instruit point, mais juge; qui n’apprend point, mais qui décide. L’exemple, chez lui, appuyait le précepte; la variété et la profondeur de son savoir en avaient fait, dans cette matière difficile, une des autorités les plus res¬ pectées, et l’une des lumières de la science, à laquelle il ouvrait, avec Vaillant, un autre picard, son ami, la route nouvelle où l’on fait tous les jours tant et de si utiles découvertes. » Au milieu de ces travaux, Galland n’avait point oublié son pays, et l’étude de nos vieux poètes avait également appelé son attention. Une intelligente appréciation, un jugement historique ferme et plein de goût, prouve qu’il avait médité, discuté les textes, et combien était grand le prix qu’il attachait à ces poèmes ou romans si recherchés de nos jours, et que les travaux moder¬ nes ont ressuscités avec tant de bonheur pour l’histoire et pour la philologie. » Et cependant Galland, avec ses trésors d’érudition si appré- v Digitized by v^ooQle 237 — ciés même de son temps, refusait la garde des médailles du Roi qai lai était offerte comme an plus digue, pour n’être point ex¬ posé au grand monde et distrait de ses travaux. Détaché de tout intérêt personnel, il était riche de la médiocrité de ses désirs, et n'avait d’ambition que pour la science., » Vous avez donc raison, Messieurs, d’être fiers d’avoir vu naître l’enfant pauvre et Obscur qui s’éleva si haut par son travail et son intelligence, et de rendre à sa mémoire l’hommage auquel nous venons applaudir. » Pour nous, qui représentons ici une société vouée au culte du passé, et qui consacrons nos loisirs à la recherche des titres et des traditions de notre vieille Picardie, nous sommes heu¬ reux d’avoir été associés à cet acte de justice et de patriotisme éclairé. » Nous avons foi dans la puissance des souvenirs, et nous croyons que les monuments élevés aux grands hommes sont un enseignement pour les générations, et que, comme des titres de famille pour les enfants de race antique, ils établissent entre elles et le passé un lien moral qui anoblit et qui oblige. » M. Breuil a rendu un hommage justement mérité à la mémoire du savant orientaliste, en lisant les vers sui¬ vants : GAUAVD. Il est bien d’honorer, en dressant leurs images, Les artistes fameux, les savants et les sages: Qu’ils sont touchants surtout les honneurs décernés k ces hommes au sein de la misère nés, Qui, de l’aveugle sort refusant d’être esclaves, S’ouvrirent un chemin en brisant mille entraves, £t qui, grâce au courage, au talent, leurs seuls biens, Surent donner la gloire à leurs noms plébéiens ! Nous aimons Palissy, cherchant, infatigable, Le secret si voilé de son art admirable ; De l’extrême misère il subit tous les maux, Et lorsque un jour le bois manque dans ses fourneaux, 19. Digitized by v^ooQle 238 — Il brûle le plancher de sa triste demeure; Mais pour lui du succès le temps amène l'heure , Et maître d'un secret pendant dix ans rêvé. Il dit comme Archimède : enfin je l'ai trouvé!.. — Nous aimons Amyot qui, pauvre domestique, D'Homère et de Plutarque apprend la langue antique, Et médite la nuit ses livres bien-aimés. Aux douteuses lueurs de charbons enflammés. Pour prix de la science en ses veilles acquise. Il deviendra plus tard un prince de l’église. Et celui qui vécut dans le servile emploi. Enseignera l'Histoire aux enfants de son roi!! — Pauvre berceau, combat contre la destinée, Long travail, patience à la fin couronnée, N'est-ce point, dites-moi, l'histoire du savant Que vous ressuscitez dans ce bronze vivant? Par les livres séduit, de la science avide. L'enfant de Rollot cède à l'instinct qui le guide. Abandonnant le bourg où son esprit captif Sous le joug d'un métier languissait inactif. Il arrive à Paris. Dans l’ardeur juvénile, Que d'hommes pour théâtre adoptent cette ville ! Combien aussi, perdus en son immensité, Regrettent leur pays imprudemment quitté ! Abordant à quinze ans la Corinthe nouvelle, Galland fut plus heureux , et Dieu bénit son zèle. L’opiniâtre étude enseigne à Partisan La langue de la Bible et celle du Coran ; Son nom se fait connaître, et bientôt à Byzance Il suit, jeune érudit, l'ambassadeur de France; Il entreprend trois fois ce voyage lointain, Visite tour-à-tour l'Euphrate, le Jourdain, Et sur leurs bords foulés par les races antiques Recueille du passé les nombreuses reliques, Marbres, inscriptions, médailles, manuscrits; Enfin, hazard heureux, découverte sans prix, Digitized by v^ooQle — 239 — Galland pour notre France a conquis le beau livre, Le roman merveilleux par qui son nom doit vivre!... — Des Mille et une Nuits quand naïf traducteur, L’antiquaire picard enchantait son lecteur. Les profanes écrits des peuples de l’aurore D’un voile pour la France étaient couverts encore. Vattier, qui traduisait au temps de Mazarin D’historiques récits de l’arabe El-Macin, S'excusait en chrétien, au seuil de sa préface, De narrer les exploits d’une infidèle race. Galland, moins scrupuleux pour des contes charmants, Au public, sans rougir, offrit ses Musulmans. Un succès éclatant, un succès populaire Accueillit aussitôt son œuvre littéraire. Elle n’eut pas le sort des livres trop vantés Qiti, pendant quelque temps par la mode adoptés. Vont, comme un favori tombé dans la disgrâce, Gagner l’asile obscur où l’oubli les efface : Toujours nouveaux après deux siècles révolus, Les contes de Galland partout sont encor lus, . Et ces fleurs d’Orient, de leur fraîcheur parées, Chez nos derniéft neveux brilleront admirées. Où donc est le secret d’un si rare bonheur? Il est dans ce talent, dans cet art du conteur Qui, varié, fécond ainsi que la nature, D’un imprévu piquant dote chaque aventure; Il réside surtout dans ce fond merveilleux Qui captive, éblouit nos esprits curieux, Et nous fait oublier, en déroulant ses fables, Les trop réels ennuis de nos jours misérables. Des Mille et une Nuits parcourons les tableaux : Us passent en éclat nos rêves les plus beaux. Auprès des palais d’or, de perles diaphanes, Tous les palais de rois ne sont que des cabanes; Rassemblons les trésors épars dans l’univers. Entassons les joyaux à la beauté si chers, 19/ Digitized by v^ooQle — 240 — Puis avec le Régent (1), le Kohinour (2) splendide, Couronnons le sommet de notre pyramide, Elle ne vaudra pas la lampe qu’Àladin Va découvrir au fond du magique jardin. L’aérostât volant dans la libre atmosphère, Et le wagon, roulant ainsi que le tonnerre, Ne sont-ils'pas vaincus dans leur célérité, Alors que le tapis par Houssain acheté, Sans gaz et sans vapeur, peut, jusqu’au bout du monde. Porter le voyageur en moins d’une seconde ? — Les Houris du Prophète ont-elles plus d’attraits Que de notre roman les féminins portraits ? Combien j’aime surtout Gulnare, Zobéide, Pari-Banou la fée, aussi belle qu'Àrmide, Badoure au longs cheveux, et Parizade enfin, Au milieu des dangers obtenant pour butin L’oiseau qui sait parler et l’eau jaune qui chante, Parizade en valeur surpassant Bradamante!... Ah ! laissons des esprits tristement sérieux Regarder eu pitié ces contes merveilleux. Et les placer au rang des niaises ch^pères Qu’à des enfants peureux débitent les grand’mères! Répondons seulement à ces graves docteurs Que, maître de la lyre et prince des conteurs, Lafontaine jugeait dans un autre langage Les féériques récits, délices du jeune âge. Celui que d’Arioste enchantait le talent, N’aurait pas dédaigné les tableaux de Galland, Celui qui désirait qu’on lui contât Peau-d’Âne , Aurait, comme Schahriar, fait grâce à la Sultane! Du grand siècle français intéressant acteur, Galland sut y remplir un rôle novateur. (1) Diamant de la couronne de France. (2) Le plus gros des diamants connus, appartenant aujourd’hui à l’Angleterre. Digitized by v^ooQle — 2*1 — Galland, lorsque Du Cange écrivait le Glouaire, De l’Orientalisme ouvrit la nouvelle ère, Et prépara de loin les travaux éclatants Dont Sacy, Perceval ont doté notre temps; Aussi, quand de Galland vous érigez l’image. Le Du Cange d’airain sourit à cet hommage, Et, tressaillant de joie, il salue aujourd’hui Le buste d’un Picard, immortel comme lui!! Le 14 septembre dernier, la Société s’est rendue avec empressement à l'appel que lui avait fait la ville de Noyon. Une députation composée de MM. Ch. Düfour, vice-président; Garnier, secrétaire-perpétuel ; Guerard; Félix et Victor de Beau ville, membres de la Société, a été chargée de la représenter à l’inauguration delà statue de Jacques Sarrazin, œuvre aussi remarquable que dé¬ sintéressée de M. Malknecbt. La présence de l’Institut national de France a répandu sur cette cérémonie un grand éclat, et la Société s’est vivement applaudie de rencontrer en Picardie, parmi les députés de l’Académie des beaux-arts, des noms aussi justement célèbres que ceux de MM. Auguste Dumont, statuaire, président ; — Lemaire, statuaire ; — Horace Vernet, Robert Fleury et Schnetz, peintres ; — Huvé et Lesueur, architectes ; — Henriquel Dupont, graveur et Ambroise Thomas, compositeur, portant tous le costume officiel et la poitrine couverte de décorations noblement acquises par des travaux qui font la gloire de la France. Le défaut de place ne nous permet point de reproduire les remarquables discours qui ont été prononcés au pied du monument par MM. Randoing, préfet de l’Oise ; Au- Digitized by v^ooQle — 242 — debert, maire de Noyon ; Obré, vicaire-général, qui, au nom de la religion, a répandu les bénédictions du ciel sur l’image de l’artiste noyonnais qui avait puisé dans la capitale du monde chrétien le goût des beaux- arts et dont Rome avait fécondé et développé le génie. Nous regrettons également de ne pouvoir reproduire les paroles si chaleureusement senties que M. Auguste Du¬ mont a prononcées au nom de la députation de l’Institut qu’il présidait et qui ont été couvertes d’applaudissements. Nous nous bornerons à transcrire ici le discours de M. J. Garnier, dans lequel la Société des Antiquaires de Picardie a rendu un juste tribut d’éloge et d’admi¬ ration à l’artiste picard qui a eu la gloire de fonder l'Académie de peinture. « Messieurs , » A voir Pempressement avec lequel la province élève des monuments aux grands hommes qu’elle a vus naître, ne semble- t-il point qu’elle veuille protester contre l’esprit de dédain qu’on a si longtemps affecté pour elle. C’est ainsi, du reste, qu’à la vue des grands fleuves, on oublie souvent les ruisseaux féconds qui leur apportent le tribut de leurs eaux et sans lesquels ils ne pré¬ senteraient qu’un lit aride et desséché. Aussi ces solennités où se consacre en quelque sorte l’importance de la province, où se retrempe cette force morale dont elle a su et saura encore au besoin donner la preuve énergique, attirent-elles une foule immense, avide de constater son droit de dire, en présence de ces monuments : nous aussi nous sommes quelque chose pour la patrie, nous avons à sa couronne de gloire attaché plus d’un fleuron, et notre épée a plus d’une fois pesé dans les destinées de la France. » Nous avons compris cette pensée, Messieurs, et la Société des Antiquaires de Picardie, qui s’est vouée à l’étude de l’histoire Digitized by v^ooQle — 243 — de notre vieille province, est heureuse de s’y associer et de glo¬ rifier avec vous aujourd’hui un de ses plus illustres enfants. » Ne pouvons-nous pas être fiers de notre Picardie, et lever haut sa bannière, quand ces statues la feront connaître et appré¬ cier plus vivement encore. À moins de deux années de distance, en effet, de glorieuses fêtes ont célébré le savant dont le génie investigateur et fécond a créé pour ainsi dire en la rendant possible, l'histoire du moyen-âge, et que l’on a proclamé le génie de l’érudition ; le philologue qui ouvrit la voie aux études des langues orientales et charme nos loisirs par les contes merveil¬ leux qu’il ravit aux Arabes; l’héroïne dont le mâle courage sauva des Bourguignons l’un des boulevards de la France; le poète gracieux et délicat qui mérita d’être cité comme un modèle d’élé¬ gante facilité, de bon goût et de bon langage ; ici l’artiste dont le ciseau énergique ou gracieux enfanta des merveilles et bientôt, pour compléter cette pleïade d’illustrations picardes, nous salue¬ rons l’image de l’un des grands maîtres dans l’art enchanteur de l'harmonie. Nous n’essaierons point, Messieurs, de dérouler la liste des travaux qui ont valu à Jacques Sarrasin le grand nom dont il jouit, ni de vous montrer quels caractères distinguent les œuvres si variées que le temps et les révolutions plus barbares encore ont rendues si rares aujourd’hui; disons seulement que Sarrasin, préparé par un maître habile, sut, au milieu des chefs-d’œuvre dont l’Italie abonde, voir, apprécier, choisir, et que son goût, éclairé par de profondes études, cherchant en toutes choses des rapports utiles et vrais, lui fit trouver cette juste imitation de la nature qui donne à ses ouvrages la convenance, la simplicité parfaite, la vérité enfin dont le charme est toujours nouveau. Si l’habileté de l’artiste consiste à unir la fermeté avec la souplesse, l’ampleur avec la légéreté/la méthode avec la grâce, Jacques Sarrasin n’a-t-il pas des droits incontestables au titre glorieux d’artiste, car la précision, la fermeté, la grâce et la sévérité des formes caractérisent ses travaux. Ce n’est pas une imitation va¬ gue, c’est la chose même que vous y retrouvez, car l’étude sévère Digitized by Google — 244 — et consciencieuse de la nature et des maîtres a cela de précieux que l’art d'imiter conduit à l’art de créer et que la simplicité et la beauté que l’on cherche d’abord avec tant d’efforts et de peine, viennent ensuite s’offrir et se présenter d’elles-mêmes, traduction admirable du beau dont l’antiquité nous a légué d’inimitables modèles, dont Jean Goujon et Germain Pillon ont retrouvé le secret en France, et que Sarrasin, dernière lumière de cette brillante école, avait su aussi nous conserver. Enfin, Messieurs, ce qui n’est pas le moins glorieux pour Sarrasin, c’est que l’Italie, dont nous avons emprunté si souvent la palette et le ciseau, l’Italie, que tant de siècles ont enrichie de leurs chefs-d’œuvre, montre encore avec orgueil les travaux si remarquables à divers titres du disciple et de l’ami du Dominiquin. » Pour vous. Messieurs, dont les pères ont élevé cette basi¬ lique, témoin admirable de leur charité, de leur religion, et de leur amour pour les arts qu’elle vivifie, vous avez voulu montrer dans ce monument que vous avez hérité de ces nobles passions. Vousavez eu raison, Messieurs, car il y a entre l’esprit public, les arts et les mœurs une influence réciproque que l’on ne peut répudier. Et quand l’histoire s'unit aux monuments pour offrir des exemples de courage , de talent, de génie ou de vertu, l’ins¬ truction devient plus frappante ; il semble que l’on grandit avec le cnlte que l’on rend aux grands hommes, et qu’en leur présence on ne saurait faillir, car leurs images sont à la fois un sujet d’enseignement et d’orgueil. » Un splendide banquet préparé par l’hospitalité noyon- naise a réuni le soir tous les invités dans les salons de l’hôtel-de-ville, qui avaient été magnifiquement décorés. Au dessert, divers toast furent portés ; l’un des com*- missaires du monument, M. H. Bouthors, a dit : « Messieurs , » Je propose un toast à la Société des Antiquaires de Pi¬ cardie qui déjà par ses travaux constants a retracé une partie de l’histoire et des monuments de notre pays ; à la Société de& Digitized by v^ooQle — 245 Antiquaires de Picardie qui n’a jamais cessé de seconder cette partie de la province et qui l’a si bien montré en s’associant à l’œuvre que nous avons inaugurée aujourd’hui. » M. Ch. Dufour, vice-président de la Société, a répondu : « Laissez-moi vous remercier, Messieurs, de l’accueil bienveil¬ lant que la Société des Antiquaires de Picardie reçoit dans cette cité hospitalière et de l’honneur que vous lui avez fait en l’invi¬ tant à s’associer à la solennité du jour. » Gardienne fidèle des traditions historiques de cette antique province, dépositaire pour ainsi dire des souvenirs de gloire que lui ont légués les siècles passés, notre compagnie a été heureuse de vous voir tirer de l’oubli le nom de Jacques Sarrazin et de pou¬ voir concourir dans la sphère de ses modiques ressources à po¬ pulariser sa mémoire. » Votre ville. Messieurs, qui possède l’un des monuments les plus intéressants de la chrétienté, a raison de compter aussi parmi ses titres de gloire celui d'avoir donné le jour à ce sculp¬ teur distingné qui devint plus tard le fondateur de l’illustre Aca¬ démie devant laquelle j’ai l’honneur de parler. Les annales de Noyon offrent ce précieux rapprochement qu’on y voit le ber¬ ceau de la monarchie s’élevant en quelque sorte auprès du ber¬ ceau de l’art. C’est dans vos murs que Charlemagne et Hugues Capet ont reçu la couronne royale, et c’est parmi vos aïeux que l’histoire de l’orfèvrerie et de la sculpture en France doit re¬ chercher ses deux noms les plus chers. » Un passé aussi glorieux, que la reconnaissance pour votre gracieuse hospitalité me faisait un devoir d’évoquer ici, promet à votre cité un avenir non moins brillant, et quelque chose de son ancienne splendeur survivra toujours dans les esprits, tant que les noms de Saint-Eloi et de Sarrazin rayonneront sous sa couronne murale. » ▲ LA VILLE DE NOTON ET AUX BEAUX-ARTS QU’ELLE SAIT SI BIEN HONORER î Le lendemain un bal brillant a terminé les fêtes de Digitized by v^ooQle — 246 — l’inauguration, qui, pour les étrangers, ont été marquées par une splendide hospitalité. Aussi la députation de la Société est-elle rentrée pénétrée de reconnaissance pour le cordial accueil qu’elle a reçu de l’administration mu¬ nicipale et des collègues distingués qui composent le Comité archéologique de Noyon. Rapport fait au Conseil général de la Somme, par la î. e Commission, sur les travaux de la Société des Antiquaires de Picardie, dans la séance du 30 août 1851. « Messieurs , x> Celui de vos collègues qui est chargé de vous présenter le rapport sur le crédit proposé à titre de subvention , en faveur de la Société des Antiquaires de Picardie, ne remplirait pas la mission que votre 2.° Commission lui a fait l’honneur de lui confier, s’il ne signalait à votre bienveillance et à vos sympa¬ thies cet utile établissement, et s’il n’appelait votre attention, d’une manière toute spéciale , sur les progrès incessants qu’il réalise et les services signalés qu’il reod à notre département. » La Société des Antiquaires de Picardie, depuis sa création, n’a cessé de témoigner, d’une façon éclatante, son zèle et son activité ; elle a entrepris avec résolution et exécuté, toujours avec succès, les travaux les plus divers. Elle a popularisé son nom en popularisant celui du savant illustre dont la belle statue orne l’une des places publiques du chef-lieu du département. » Elle contiuue de publier les Coutumes locales do Bailliage d’Amiens, qui lui ont conquis la haute approbation de l’une des sections de l’Institut de France. Ses mémoires, livrés exacte¬ ment , chaque année, à la publicité, et ses bulletins trimes¬ triels sont recherchés et appréciés. L’histoire de notre pays, si riche en souvenirs du passé, vient y puiser d'utiles et indis¬ pensables renseignements. Elle a fondé, à perpétuité, avec l’au¬ torisation du Ministre de l’instruction publique et l’approbation du conseil académique, un prix d’une valeur de 80 fr. à décer- V Digitized by v^ooçle — 247 — ner, chaque année, à l’élève du Lycée d’Amiens qui obtient le premier prix d’histoire dans la classe la plus élevée où cette faculté est enseignée. Elle rend encore d’éminents services au département en veillant avec un zèle infatigable et désintéressé à la conservation de nos monuments historiques. » Tant de travaux utiles, tant de bien réalisé ont fait à la .Société des Antiquaires de Picardie une réputation qui devait dépasser les limites de l’ancienne province dont elle a pris le nom. Le 18 juillet dernier, une distinction d’autant plus flatteuse qu'elle est plus rarement accordée, lui a été décernée par le gou¬ vernement; un décret du Président de la République l’a élevée au rang d'établissement d'utilité publique. » Vous vous rappelez, Messieurs, la promesse que vous a faite la Société des Antiquaires, lorsque, dans votre dernière session, vous lui avez accordé une subvention de 1,000 fr. Elle a pris 1’engagement de publier annuellement un annuaire du dépar¬ tement de la Somnje, et aujourd’hui elle vous a mis à même d'apprécier et de reconnaître qu’elle a dignement entrepris la tâche difficile Qu’elle s’imposait. Une partie volumineuse, quoi¬ qu’elle ne soit que la plus petite de l’annuaire du département, a été déposée sur votre bureau. Votre 2.® Commission en a pris une connaissance complète, et elle est heureuse d’adresser pu¬ bliquement des félicitations à la Société pour la manière dont l’œuvre est conçue, pour l’ordre et la méthode qui ont été adoptés. Dans cet ouvrage, qui manquait au département, il sera désormais facile de trouver, sans peine et sans travail, des renseignements qu'il est utile de se procurer chaque jour, et qui nécessitaient auparavant des recherches longues, diffi¬ ciles, et souvent infructueuses. » L’époque avancée de l’année où il vous a été permis de voter une augmentation de subvention , l’impossibilité de se procurer, pendant le temps qui sépare votre session de la fin de l’année, les renseignements innombrables qu’il faut puiser à des sources différentes et éloignées, ne pouvaient permettre à la Société de faire paraître l'annuaire an l.« r janvier 1851; Digitized by v^ooQle son budget, d’ailleurs, ne s’établit qu’au commencement de l’année, et elle ne pouvait, par anticipation, faire régulière¬ ment une dépense qui ne s’élèvera pas à moins de 900 fr. Nous avons reçu l’assurance, et la production qui nous en a été faite doit vous donner la certitude que l’annuaire sera livré à la pu¬ blicité le l. er janvier 1852, et que, chaque année, à pareille époque , cette indispensable publication se produira. » A l’ouverture de votre session, la première partie de l’an¬ nuaire n’était pas encore imprimée, et, conséquemment, M. le Préfet n’ayant pu avoir la preuve de ce que la Société avait fait pour remplir l’engagement qu’elle avait pris vis-à-vis du Conseil général, et qui lui avait valu une augmentation de subvention de 300 fr., a suspendu le mandatement de cette somme qu’il n’y a plus aujourd’hui de molif de retarder. » En conséquence , votre 2.* Commission a l’honneur de vous proposer de donner à M. le Préfet l’autorisation de mettre à la disposition de la Société l’intégralité du crédit voté au budget de 1851, et, en second lieu, de maintenir, sur votre budget de 1852, la subvention de 1,000 fr., en autorisant M. le Préfet à ne pas faire de distinction dans le mandatement de cette somme. » Les conclusions de la Commission sont adoptées. MÉMOIRE SUR LA DÉCOUVERTE DE QUATRE STATUES, FAITE DANS LE TERRAIN qu’occupait l’ancienne église collégiale de saint-rieul, A SENLIS, EN OCTOBRE 1845, 8UIVI PB QUELQUES DETAILS SUR LA CATHÈDRALB DE CETTE VILLE, PAR M. r GILBERT, Membre correspondant Le 20 octobre 1845, M. Dulac, propriétaire à Senlis, faisait faire des fouilles dans le terrain sur lequel était érigée anciennement l’église collégiale de Saint-Rieul, actuellement occupée par sa maison et son jardin. Les Digitized by v^ooQle — 249 — ouvriers, en creusant, découvrirent à environ trois mètres de profondeur, quatre statues en pierre, dont trois d’un mètre quarante-huit centimètres de proportion et la quatrième d’un mètre soixante-quatre centimètres. Ces statues représentent d’abord deux évêques revêtus de leurs habits épiscopaux ; la troisième, un prince portant une couronne ; la quatrième, sainte Agnès ou sainte Anastasie, toutes deux vierges et martyres et portant les mêmes attributs. Aux signes caractéristiques qui accompagnent l’un des deux prélats, on reconnaît saint Rieul, premier évêque de Senlis, et apôtre de cette contrée qui vint y apporter la lumière de l’Evangile vers le milieu du troisième siècle. La seconde statue paraît être celle de saint Leuvain, neuvième évêque de cette ville. Quant à saint Rieul, il est ordinairement accom¬ pagné, dans les statues et tableaux (fui le représentent, d’un cerf et d’une biche qui rappellent la grande ferveur dont les populations entouraient sa mémoire et la pré¬ sence de ses reliques au moyen-âge, dont l’exposition publique avait lieu dans la collégiale érigée sous son invocation, le 23 avril de chaque année ; personne n’ignore l’immense concours de fidèles qui s’y por¬ taient. Ecoutons l’auteur de la vie du saint Thauma¬ turge, M. Jaulnay, dans toute la bonhomie et la naï¬ veté de son langage (1). ({) Le parfaict prélat ou la vie et miracles de sainct Rieule, second euesque (TArles, depuis second euesque de Paris , et ensuite premier euesque , apostre et patron de la ville et diocèse de Senlis , etc., par M. Charles Jaulnay , chanoine de Sainct-Rfeule. Paris, 1648, pages 71 et 75. Digitized by Google — 250 — « La première merveille que je trouve estre arrivée » depuis son inhumation (saint Rieul), c’est que tous » les ans au jour que l’on célébrait la solennité de » son entrée au Ciel, et la déclaration de sa saincté, » comme d’un très grand confesseur, ainsi que l’on en » fait encore de présent le 23 avril, mais non avec » tant et si fervente déuotion que pour lors à nostre » grande confusion, non seulement le peuple de Senlis, » mais aussi des lieux circonvoisins de plusieurs villes » et citez s’y trouvaient en si grande affluence, qu’à » peine pouvait on approcher de l’Eglise, et à ce sujet » pour faciliter l’entrée et la commodité du peuple, » lorsqu’elle fut rebastie la seconde fois par le roy » Robert I.® r , fils de Hvgues Capet en 1030, outre ses » deux grands portaux, l’on fist encore deux moyennes » portes et deux • petites, desquelles restent à présent » seulement, les deux grands portaux, les quatre au- » très estant bouchés en signe de refroidissement : mais » bien dauantage, Dieu vovlant montrer combien il » auait cette dévotion agréable et pour d’autant plus » l’augmenter, il permettait qu’en ce jour de solemnité » seulement, plusieurs cerfs, biches et chevreuils, par » chacun un sortaient de la forest, non pour lors de » beaucoup éloignée de Senlis, et suivaient le peuple » venant en procession, où estans (merveilles des mer- » veilles ), ces animaux comme s’ils eussent eu l’usage » de raison, se plaçaient proche de la sépulture de » sainct Rieule et y demeurant le long du service diuin » et de la messe, laquelle finie, ils s’en retournaient » paisiblement en leur séjour ordinaire. Ce qu’ils con- ■V Digitized by v^ooQle — 251 — » tinuèrent plusieurs années, jusqu’à ce qu’un nommé » Gobert (comme l’on tient par tradition) voulant un jour » les empêcher d’entrer dans l’église selon leur cous- » tume ; nonobstant ses efforts, ils le pressèrent et con- » traignirent à se retirer, et eux entrèrent et jouysent » encore cette fois du contentement tel qu’ils le pou*- » vaient avoir , les années précédentes , et des de- » puis on ne les a plus veuz. De là vient que l’on met » un cerf et une biche proche l’image de sainct Rieule » pour le distinguer des autres saincts Euesques, et en » mémoire d’un tel signalé miracle, duquel Je Légen* » dier fait mention le jour que l’on fait solemnité de » ses miracles. » Sainct Léuain , neuviesme Euesque de Senlis , » estant en la ville de Reims , pour assister au sacre » du roy Clovis premier , depuis peu entré au giron de » l’Eglise, et qui a mérité d’être favorisé du ciel lors » de son sacre faict par les mains de sainct Remy, ar- » cheuesque de la mcsme ville de Rheims, ne manqua » pas d’être rendu certain des miracles qui s’opéraient » au tombeau de sainct Rieule, et lui en donna avis, » au roy qui prit incontinent résolution de venir hono- » rer de sa présence la sépulture du sainct, et de fait » aussitôt après les cérémonies de son sacre, il s’ache- » mina à Senlis avec toute sa cour, en délibration de » faire enlever de terre ses précieuses reliques qui y » étaient, il y avait 339 ans, étant décédé comme nous » l’avons dit l’an 161 (1), et cette translation fut faite (t) Toutes les chronologies des évéques de France, à cette époque, sont généralement fautives ; c’est pourquoi la date du décès de saint Rieul est Digitized by v^ooQle - 252 — » l’an 500 (lisez 493), pour le mettre en lieu plus ho- » norable. Ce qui fut fait sans beaucoup de difficulté, » car à la première ouverture de la terre, chacun sentit » une odeur la plus suave du monde, ce qui fist cognois- » tre que ces saintes reliques n’étaient pas loing; et » de fait elles furent trouuêes et retirées de terre auec » réuérance et déuotion d’autant plus grande que » plusieurs infirmes et malades les ayant approchées » reçurent guarison de leurs infirmités et maladies, à » la plus grande gloire de Dieu, et honneur de sainct » Bieule.*Les chairs étaient totalement dissoutes, on » ne trouva plus que des ossements. » L’Euesque Leuain ci-dessus nommé et qui, après » sa mort a été mis au nombre des saincts, et les osse- » ments duquel sont encore de présent en une châsse » posée sur le contre-table du maistre-autel de l’église » de Sainct-Rieule, et dont la solemnité s’en fait le 9 » octobre, par l’advis des autres prélats et pour satis- » faire à l’instante prière du roy et prind des petites » tenailles et auec une saincte appréhension arrache » une dent de la mâchoire de sainct Rieule, laquelle il » bailla au roy qui ne la reçeut pas avec le respect complètement erronée, car cetévéque mourut, d’après le Gàllia Chris - ttana, vers la fin du troisième siècle, et fut enseveli dans la petite chapelle consacrée par ses mains à saint Pierre et saint Paul et édifiée par ses soins snr le terrain destiné à la sépulture des chrétiens, où son corps resta jusque vers l’an 495, époque à laquelle saint Lévain, huitième évé- quede Senlis, après saint Rieul, ouvrit son tombeau, pour exposer ses reli¬ ques à la vénération des fidèles, à la prière de Clovis, qui s’était fait un devoir de visiter les églises de son royaume, recommandables par la sain¬ teté de leurs fondateurs. Digitized by v^ooQle ^ 253 — » qu’il deuait; ce qu’il recognoistra bientôt en voulant » rentrer dans la cité de Senlis, de laquelle il était » sorti peu auparauant pour venir au sépulchre qui » estait alors hors de la ville, selon l’ancienne cous- » tume des Romains qui enterraient leurs morts hors » des villes. Les Euesques présents à cette circons- » tance providentielle, l’interprétèrent en faveur du » sainct, en disant que Dieu faisait paraître par cet » acte miraculeux, combien il lui déplaisait de ce » que l’on avait retiré une dent des ossements de sainct » Rieule, son fidèle amy. Ce qu’entendu par le roy » avec l’aduis des Euesques, il retourna au sépnlehre » où estant, il fit de rechef ses humbles prières, les- » quelles finies, il rendit la dent qui fut remise à sa »» place. Et pour une reconnoissance et perpétuelle » mémoire de tels miracles, le roy Clouis commanda » que cette église fut rebastie plus grande qu’elle n’a- » vait été faicte par sainct Rieul, ce qui fut exécuté » aux dépens du roy, et duquel bastiment reste encore .» de présent une travée. Le roy Robert ayant aduis » par Robert, trente-septième Euesque de Senlis, après » sainct Rieule, qu’elle avait été bruslée par accident, » la fist rebastir encore plus grande et plus magnifique » que n’auoit fait Clouis, et l’an 1030, dernier de son » règne, la mort l’ayant empècbé d’achever son ou- » vrage. » C’est cette même église qui fut achevée par la suite, et qui a subsisté.jusqu’à l’époque des évé¬ nements de la révolution de 1789. « Pour revenir à » Clouis (continue le narrateur de la vie de saint Rieule, » laulnay, ) il ordonna que les ossements de sainct 20 . Digitized by Google — 254 — » Rieule. fussent déposés dans une châsse d’or qu’il fit » foire, et cette châsse a existé jusqu’en 1484, laquelle » estant toute rompue par son antiquité et vétusté, » les doyen et chanoines de Sainct-Rieule, la firent » refaire tout à neuf comme on la voyait encore en » 1647, époque à laquelle écrivoit Jaulnay, doyen de » cette collégiale. Outre ladicte châsse, le roy Clouis » donna plusieurs revenus pour la dotation de l’église » et nourriture des ecclésiastiques , particulièrement la » seigneurie de Bucy-sur-Mame, auec toutes ses dé- » pendances. Outre ce , il donna plusieurs vases sacrés » en or et en argent, et ornements pour la décoration » de l’église et commanda à un docte et pieux person- » nage nommé Célestin, hybernois de nation, d’extraire » la vie de sainct Rieule, qu’il trouuerait écrite en » deux grandes pierres placées sur le sépulchre du » sainct, et de la mettre en bon ordre pour l’exposer et » donner à cognoitre au peuple.' Ce passage est inséré » dans l’ancien Légendaire d’Arles en Provence, ou » saint Rieul avait été Evesque avant de venir appor- » ter la lumière de l’Evangile à Senlis. » L’exécution des quatre statues trouvées dans le terrain qu’occupait l’ancienne église de Saint-Rieul, apparr tient à la fin du xv.’ et au commencement du xvi.f siècles, elle n’offre rien de remarquable. Ces statues ont été données par M. Dulac, leur propriétaire, à l’église de Notre-Dame de .Senlis. Notice sur l’ancienne cathédrale de Sentis. L’ancienne église cathédrale de Senlis n’a point été v Digitized by v^ooQle — 255 — comprise dans la circonscription des évêchés et ar¬ chevêchés de France, fixés par les concordats de 1801 et de 1817 ; elle est restée simple paroisse dépendante du diocèse de Beauvais, dont l’évêque prend le titre d’évê¬ que de Beauvais et de Senlis. Cette église est sous l’invo¬ cation de la Sainte-Vierge et des saints martyrs Ger- vais et Prothais, qu’elle honore comme ses seconds pa¬ trons titulaires. Elle reconnaît pour son premier évêque, comme nous l’avons dit, saint Bieul, disciple de saint Denis, premier évêque de Paris. Cette église, telle que nous la voyons aujourd’hui, fut commencée sur la fin du règne de Louis VI dit le Gros, vers le commencement du xii.® siècle, et achevée sous celui de Louis VII dit le Jeune, son fils, des bien¬ faits de ces deux monarques, à l’exception de plusieurs parties de l’édifice, postérieures de plusieurs siècles et que l’on reconnaît à la différence de style. La façade principale, les grands arcs de la nef et du chœur, et une partie des bas-côtés ont été construits en 1154, et partié des chapelles au xm. e siècle. L’église cathédrale fut détruite en grande partie par le feu du ciel et rétablie d’après le don d’un denier obole que Louis XII accorda au Chapitre en 1505, à prendre sur toutes les mesures de sel vendu dans toute l’étendue du royaume: bienfaitque François I er prorogea jusqu’en 1544. On admire l’un des deux clochers, ainsi que le portail du côté du sud, à cause des ornements qui sont répan¬ dus avec profusion sur toute cette façade. Près de la porte qui est de ce côté à gauche en entrant dans l’é¬ glise, on voyait avant les désastres de la révolution de 20 .* Digitized by v^ooQle — 256 — 1789, la statue de Louis XII, à titre d’hommage rendu au père du peuple, bienfaiteur de cette église, et vis-à- vis ce prince, celle d’Anne de Bretagne, son épouse. Le plus élevé des deux clochers a 211 pieds de hau¬ teur, depuis le sol jusqu'à l’extrémité de la croix qui le surmonte. Ce clocher surpasse en hauteur les céteaux les plus élevés d’alentour ; on l’aperçoit à sept lieues de distance. On a fait observer avec raison que ce clocher, ainsi que le reste de la façade, était trop étroit, ce qui nuit à sa perfection réelle et laisse trop peu d’espace au mouvement des cloches qu’il renferme, inconvénient qui a causé deux fois la rupture de celles que la piété des habitants y avait fait replacer de¬ puis peu d’années. La flèche est d’une admirable cons¬ truction , tous les arêtiers du cône pyramidal sont ornés de crochets découpés très-délicatement et dont la saillie ajoute un caractère d’élégance et de légèreté lorsqu’on en considère la silhouette des différents points de la ville. Ce clocher, ainsi que le reste de la façade, a été soigneusement réparé en 1835, comme le témoigne l’inscription peinte au-dessus du portail central. M. Pierre Robinet, statuaire de Paris, a restauré en 1845, par l’ordre du ministre de l’intérieur, toutes les sculptures de ce portail qui avaient subi d’assez graves mutilations , à la suite des événements de la révolution de 1789. Les têtes des huit statues qui en décorent les faces latérales, ainsi que leurs dais, avaient été cassées; elles ont été parfaitement restaurées et avec infiniment de soin. Avec une légère notion de l’Ecriture, on y reconnaît lés prophètes qui ont figuré par leurs actions ou annoncé Digitized by v^ooQle — 257 — par leurs prédictions quelques circonstances de la nais¬ sance, de la vie et de la mort de Jésus-Christ. Isaïe tient dans ses bras l’enfant Jésus, dont il prédit la nais¬ sance ; saint Jean donne à un juif le baptême, parce que l’eau doit désormais sauver les hommes, comme le sang de l’Agneau préserva autrefois les Hébreux. Le prophète qui tient cet agneau symbolique est à côté de Moïse qui porte la colonne ou était le serpent d’airain, autre symbole du Christ. Puis on voit Abraham qui va sacrifier Isaac, puis les trois prophètes qui ont prédit le couronnement d’épines, le percement des pieds et des mains, le crucifiement ; ces derniers prophètes por¬ tent la couronne d’épinesles clous et la croix. Dans le tympan au-dessus de la porte principale de la façade, on voit à gauche les apôtres ensevelissant la Sainte-Vierge et à droite les anges qui enlèvent le corps de Marie ressuscité du sépulcre dans lequel il avait été enseveli. Il faut se garder de confondre ces deux scènes très-distinctes et qui sont surmontées par le couronnement de Marie que son fils fait asseoir à sa droite. On doit distinguer également l’Assomption de l’âme et celle du corps. Après l’ensevelissement , le corps restant au tombeau, l’àme s’en échappe et vole entre les bras de Jésus-Christ qui la reçoit dans le ciel ; trois jours après, c’est le corps lui-même qui, ressuscité, est emporté dans le paradis au milieu des acclamations des anges et des saints. L’âme se, réunit au çorps comme une flamme qui rallume une bougie ; c’est alors que Jésus-Christ couronne sa mère. Toute la voussure du portail se compose de quatre archivoltes garnies de Digitized by v^ooQle — 258 — quarante-quatre statuettes représentant les anges, les archanges, les trônes et les dominations du ciel. Dès qu’pn a franchi le seuil de la porte pour péné¬ trer dans l’intérieur, on est saisi d’admiration, en con¬ sidérant les longues files de colonnes qui supportent les murs latéraux de la nef et du chœur; on dis¬ tingue principalement les six colonnes de l’abside dont la structure est d’une hardiesse et d’une élégance re¬ marquables. D’autres détails ne se font pas moins ad¬ mirer, mais les bornes prescrites par le cadre de ce Mémoire, ne nous permettent pas de nous étendre davan¬ tage sur les autres parties de cet édifice qui ne méritent pas moins l’attention des amateurs de l’architecture du moyen-âge. QUELQUES DÉTAILS SUR LE CHATEAU DE HAH, Par H. Léon Poulet, membre titulaire non-réiidant. Tous les historiens qui se sont occupés du château de Ham assignent à la Tour du Connétable, la date de 1470. Ils se basent sur les mots gothiques Jtton Jïlieulï qui se remarquent sur la porte d’entrée et au-dessus d’une des fenêtres extérieures et qui, suivant eux, signifient que le connétable regardait cette tour comme son meilleur ou¬ vrage, comme un boulevard capable de le défendre contre les attaques de Vautorité royale ; de là le mot mon mieulx. Les mêmes historiens invoquent à l’appui de ce qu’ils avancent la tradition locale. La tradition locale attribue, il est vrai, la bâtisse de cette tour au connétable de Saint-PoL mais ne lui assi¬ gne pas de date. Ceux qui le disent se trompent. La V Digitized by v^ooQle — 259 — tradition est toujours trop poétique pour se conduire d’une manière aussi mathématique. Les mots Mon Jtlteulï qui décorent la grosse tour du château de Ham, ne furent pas spécialement affectés à ce monument. Dès longtemps avant ils faisaient partie des armes du connétable ; ils lui servaient même de cri dè guerre et signifiaient : « Je ferai de mon mieux , » devise qui est bien dans l’esprit du moyen-âge. Nous trouvons ces mots brodés sur son étendard à la bataille de Montlhéri en 1465 : « L’estandart du comte de Sainct-P61 my-parti de » soye grise et rouge, à une licorne d’argent au bout » dé dessus envers la lance, à toute la corne et le bout » des pieds d’or, et si avoit escript de grandes lettres » d’or : Mon Mieux. »» (1) Quant aux houppes répandues sur tout le monument et que certains historiens prétendent être des houppes pendantes au bout du cordon entrelacé que portent les religieuses et sur lesquelles ils se basent pour faire cons¬ truire la tour du connétable par une Jeanne de Bour¬ bon , abbesse des Cordelières, elles faisaient également partie des armes du connétable longtemps avant 1470 (2). A la bataille de Montlhéri « les archers de corps du » comte de Sainct-Pol avoient paltoz le dessoubz de » drap gris découppé, et le dessus de drap rouge tout » chargé d’orféverie, à une houppe au milieu, devant (1) mémoires de Jean de Haynin. MS. à la Bibliothèque de Bourgo¬ gne à Bruxelles, n.°« 11677-11683. (2) Ces houppes et les deux mots dont elles sont surmontées ont été reproduites dans le n.° 464 de YIllustration . Année 1852, p. 45. Digitized by v^ooQle — «260 — • » et derrière, sans avoir la croix Sainct-Àndrieux (1). » Maintenant le château de Ham et surtout la grosse tour ont-ils été reconstruits par Louis de Luxembourg connétable de Saint-Pol? La date de 1470 peut-elle être assignée au monument ? Gela est difficile à dire , à cause des J entre deux cordelières qui se rencontrent sculptés dans toutes les parties de l’édifice. Ce J est la première lettre de Jeanne, femme de Louis de Luxem¬ bourg et fille unique de Robert de Bar, dame de Sois- sons, Marie, Ham, etc., etc., qui devint sa femme en 1436 et mourut en 1462. Le château de Ham étant la propriété de Jeanne de Bar, aurait-elle, avant son mariage, fait sculpter son chiffre, entouré de cordelières ou houppes pour désigner son état de demoiselle ? Le connétable aura-t-il voulu, en bâtissant le monument, perpétuer le souvenir de sa emme et placer ces houppes dans ses armes? L’une de ces deux suppositions est admissible et le passage suivant des mémoires du sire de Haynin nous montre en 1466 les mots Jtton Jtlmtlï brodés sur les étendards du comte de Saint-Pol, avec les houppes et la lettre /. Lors de la guerre contre les Dinantais , « l’estendart » du comte de Sainct-Pol , lequel estoit encores à » Ghastelet, party de vermeil et de gris à une Iicorgne » au chef, et s’y avoit en escript « ilton Jttteulx » et » semé de petits j et de houppes : les paltoz de ses » archers partis de rouge et de gris à une houppe dé¬ fi) Ibidtm, loeo citato. V Digitized by v^ooQle — 261 — » vant et derrière, et ung / parmy tout, otels qu’il » avoit eu au voyage de France. » (1) Je crois plutôt, avec un vieux manuscrit cité par VAug. Feront., que le château de Ham a été reconstruit en 1461, par Ch. Noël, architecte de Valenciennes, pendant le mariage du connétable avec Jeanne de Bar, de laquelle il tenait presque toutes ses richesses et pour laquelle il avait beaucoup d’affection. Si le château eût été bâti en 1470, pourquoi le connétable aurait-il plutôt placé sur ses murs le chiffre de sa première femme Jeanne de Bar, que celui de sa deuxième femme Marie de Savoie (2), belle-sœur du roi Louis XI, et cela au moment où le monarque venait de le combler de faveurs? Il est donc plus rationnel de penser que ce monument fut érigé ou par Jeanne de Bar avant son mariage avec le connétable ou par ce dernier pendant la durée de son mariage avec sa première femme, car il n’est pas possi¬ ble de penser qu’il érigeait ce monument en 1470,. dans le but de s’en faire un boulevard capable de le défendre contre les attaques de l’autorité et cela au moment de sa plus grande faveur auprès de son beau-frère le roi, pour lequel il prenait St.-Quentin, dont il détruisit la citadelle. __ NOTES SUR DEUX MONUMENTS DU BEAUVAISIS, Par K. TREMBLAY, Membre titulaire non-résidant. Thurs , ancienne seigneurie de la maison de Nanteuil, avait un château-fort qui fut souvent habité par les (1) Ibidem, loco citâto. (2) Le m&riage eut lieu en 1466. Digitized by v^ooQle — 262 — évêques de Sentis. Il fut dévasté par la Jacquerie el dé¬ truit en partie par ordre de Charles VII ; mais la car¬ casse de la forteresse, flanquée de neuf tours, est restée debout à cause de la difficulté que présente la démo¬ lition. Elle est encore entourée de fossés et de boule¬ vards. La maçonnerie des murs est en grès et a plus de deux mètres d’épaisseur. La porte du sud était défendue par deux grosses tours dont les murs forment un massif de onze mètres. Les beaux vestiges de ce château-fort, situés au milieu d’une prairie, sont traversés par les eaux vives et limpides de la rivière de Thève ; ils sont bien conservés et fort remarquables, et donnent une idée complète d’un château du moyen-âge. Senantes , qui était compris dans le comté de Beau¬ vais, selon la charte du roi Robert, en 1015, avait une châtellenie considérable dont le siège était au hameau de Goulancourt, qui ressortait du vidamé de Gerberoy. Le château seigneurial de ce lieu était une forteresse importante à cause du voisinage de la Normandie. Elle fut réparée et rendue plus forte en 1357, lors de la visite générale des places du Beauvoisis, par ordre du Régent; mais les différentes guerres en amenèrent la des¬ truction en 1420. On établit à côté un superbe palais pour la résidence des évêques de Beauvais. Ce palais est maintenant une ferme. Les ruines de l’ancienne for¬ teresse, qui subsistent auprès, sont remarquables par leur étendue. On y voit les restes de neuf tours et d’une porte flanquée de tourelles hexagones, celles du don¬ jon, dont les murailles ont trente pieds d'élévation. La ‘V Digitized by v^ooQle tour de la chapelle, construite par Simon de Nesle,en 1312 , se fait remarquer par ses ogives surmontées de roses. Un double fossé entourait les fortifications. Une tour, dite Soudan, est encore debout; une autre, nommée tour de Beiquecamp, a été démolie il y a peu d’années. Un établissement de templiers existait au hameau de Montperthuis ; il n’en reste que quelques vestiges. Découverte archéologique à la Neuville-sire-Bernard. Une découverte archéologique, faite tout récemment, doit être mentionnée ici dans l’intérêt de l’histoire. Au mois de décembre dernier, les ouvriers occupés à la confection d’une nouvelle route de Pierrepont à la Neu¬ ville-sire-Bernard ont trouvé tout près de cette dernière commune , à un endroit nommé la Capelle , un cime¬ tière dont l’existence était ignorée. M. Victor de Beau- villé s’est empressé obligeamment d’instruire la Société de cette circonstance, en l’informant que les objets avaient été recueillis avec le plus grand soin par M. l’abbé Bourbier, curé de Braches. Depuis, cet honorable ecclésiastique s’est empressé, sur le désir qui lui en fut exprimé par la Société, d’offrir au Musée départemen¬ tal d’Amiens les antiquités évidemment mérovingiennes, qu’il avait pu soustraire à l’ignorance des ouvriers, et parmi lesquels on remarque des épées courtes, un fer d’angon, un fer de lance, une urne en terre noire, deux autres vases fragmentés en terre grise, une ba¬ gue, de petites forces, une tuile romaine, un gros an¬ neau et divers ornements en cuivre provenant d’une garniture de ceinturons. M. l’abbé Boursier a eu l’at- Digitized by v^ooQle tention de signaler, dans an rapport qu’il a adressé à M. le président de la Société, les diverses circonstances de cette découverte, en faisant connaître l’intelligent concours que le surveillant des ouvriers, M. Cardon, de Vrely, lui avait prêté pour assurer la conservation des objets. La Société se fait un devoir de leur expri¬ mer à tous deux ses remercîments pour les services qu’ils ont rendus à la science. Voici un passage que nous extrayons du rapport de M. Bourbier : « Les antiquités ont été trouvées dans la terre, tout » près des sarcophages et des tombeaux en maçonne- » rie ; mais il n’y avait dans les demeures sépulcrales » que les ossements. On a trouvé une dixaine de sa- » rcophages et deux ou trois tombeaux faits en ma- » çonneriè. Les maçonneries, parfaitement conditionnées, » étaient tellement exigues, que les corps ont dû y être » introduits sans cercueils. J’ai assisté à l’ouverture de » l’un d’eux, et j’ai remarqué que la tète était au » Nord, tandis que dans les sarcophages, les tètes étaient » tournées à l’Orient. Je vous ferai observer que les » morts inhumés simplement en terre avaient, pour ia » plupart, une pierre ou une tuile qui couvrait la tète; » il en était même qui étaient recouverts en pierres » depuis la tète jusqu’à l’estomac seulement. J'oubliais » de vous dire que les tombeaux faits en maçonnerie » présentaient la forme du corps humain : ainsi, ils » étaient plus étroits du côté des pieds, et s’élargissaient » insensiblement jusqu'aux épaules ; pour la tête, elle » reposait dans une niche juste ad hoc . Il me semble Digitized by v^ooQle — 265 - » difficile de faire connaître le nombre de cadavres que » les ouvriers ont exhumés. J’en ai fait conduire au » presbytère de là Neuville jusqu’à huit à dix tombe- » reaux. Tout porte à croire qu’il existait en cet endroit » un cimetière communal ; la preuve de cela, c’est »» qu’on y voit encore l’emparquement où était située » la chapelle. À l'endroit de la chapelle, tout près de la »» nouvelle route, il y a encore beaucoup de morts. En » faisant le talus, on trouve des sarcophages. Aussi, » se propose-t-on de demander au propriétaire l’autori- » sation de faire des fouilles. » J’avais encore en ma possession un fer à char- » rue ; je me faisais un bonheur de l’offrir à la Société » des Antiquaires de Picardie, mais un fonctionnaire y> public voulut bien m’honorer de sa visite pour » examiner le dépôt que j’avais entre les mains, et il » envoya plusieurs fois chez moi pour obtenir ces » objets précieux ; j’ai cru devoir céder à ses impor- » tunités, en lui envoyant le fer à charrue, qui était » d’une forme oblongue et bien plus étroit que ceux » d’aujourd’hui. » OUVRAGES OFFERTS A AA SOCIÉTÉ pendant le 4.* trimestre de 1851. 1.* Recueil de la Société de Sphragistique, n. 3,4, 8, à, 7. — 3." Annales de la Société d’Agricolture et du département d’Indre-et-Loire, n. 1, 2, de 1830. — 3.* Les greniers d’abon¬ dance appropriés à, notre époque, par de Marolles. Paris, Y* Bouchard-Huzard, 1830. Br. in-8°. — 4° Travaux de l’Académie de Reims, n. 2, 1830, n. 1,1851,1852. — 5.* Société archéolo¬ gique de Béliers, séance publique du 29 mai 1831 et programme Digitized by v^ooQle du concours de 1852. — 6.° Bulletin des comités historiques, mars, avril, mai, juin, juillet, août. — 7.° Bulletin de la société archéologique de l’Orléanais, n. 4. — 8.° Mémoires de la société archéologique de l’Orléanais, tom. 1 er . — 9.° Mémoires de la so¬ ciété archéologique du midi de la France, tom. n, liv. 2, 3, 4,3, 6. — 10.° Mémoires de la société d’agriculture, du commerce et des arts de Calais , année 1844 à 1851, 1 vol. in-8°. — 11.° Mé¬ moires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Caen, 1851.1 vol. in-8°.—12.° L’érudition n. 10,11,12, du tom. î et l. er du tom. n. —13.° L’Investigateur, journal de l'institut histori¬ que, n. 200, 201,202.—14.® Proceedings of the Society of Anti- quaries of London, n. 26,27. — 15.° The numismatie chronicle, n. 53, 54. — 16.° État descriptif des objets formant la magnifique collection d’armes anciennes et modernes réunies au château de Jean d’Heurs (Meuse), par M. le maréchal Oudinot, duc de Reggio, br. in-8°. — 17.° Mémoires et documents publiés par la société d'Histoire de la Suisse romande, tom. vu. —18°. Collec- tanea antiqua, vol. 2. Part, vi et vil. — 19.° Messager des Sciences historiques et archives des arts de Belgique, années 1845 et 1850,2 vol. in-8°.— 20.® Inauguration du monument d’Antoine Galland. Simple notice publiée au nom de la commission, par M. Galoppe d’Onquaire. Montdidier. Radenez, 1851, br. in-8°.— 21.° Annales du conseil de salubrité publique de la province de Liège, tom. m, 1.** fascicule. — 22° Académie des sciences, agriculture, commerce, belles-lettes et arts du département de la Somme. Inauguration delà statue de Gresset, 21 juillet 1851. br. in~8 0 * — 23.° Abandlungen der philosophisch-philologischen clisse des Koniglich Bayerischen Akademie der Wissen- schaften. — Sechsten-bandes. Zweiteabthelung. München, 1851 in-4*. —■ 24.° Annales scientifiques, littéraires et industrielles de l’Auvergne. Publiées par l’Académie des sciences de Cler- mont-Ferrant, tom. ix à xxm. 15 vol. in-8°. et mars, avril, mai, juin 1851.—25.° Catalogue des ouvrages imprimés et manuscrits concernant l’Auvergne, mis en ordre par Gonod, et extrait du catalogue.général de la bibliothèque de Clermont-Ferrant. 1849, 1 vol. m^8°. — 26.° Annales de l’Académie d’Archéologie de Digitized by v^-ooQle — 267 — Belgique, tom. viii, n. 4. —27.° Des libertés de la Bourgogne* d’après les jetons de ses Etats, par Rossignol (Publication de la société éduenne). Autun, 1841, in-8°, pl. — 28.° Bulletin delà Société d’archéologie de Lorraine, tom. il, 1841. — 29.° Société académique de Saint-Quentin. A anales industrielles et agricoles. Tom. yni, 1840. — 30.° Recueil des publications de la Société havraise d’études diverses, de la 14 e , 16 e et 17 e année (1847 à 1840), 1 vol. in-8°. — 31.° Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales, 8 e vol. — 32.° Bulletin de la société archéologique de Sens, 1841. — 33.° Bulletin de la Société d’émulation du département de l’Ailier, août 1846, avril 1847, août 1847, novembre 1847, janvier 1849, avril 1840, septembre 1840. — 34.° Congrès agricole de la Haute- Saône, session de 1840, br. m-&°. — 34.° Compte-rendu des travaux de l’Académie du Gard en séance publique du conseil général, le 30 avril 1841 * par M. Nicot, secrétaire perpétuel* in-8*. — 36.° L'Institut, n. 186, 187,188,189. — 37.® Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie. 2 e série, 8 e vol. in-4°. — 38.° Des influences des stations grecques dans les Gaules et particulièrement dans le Lyonnais, la J^ourgogne et la Bresse, par Jos. Bard, 2 e édition, br. in-18°. Lyon, 1841. 39.°Mémoires de l’Académie royale de Belgique, tom. xxiv et xxv, 2 vol. in-4° —40.° Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers', publiés par T Académie royale de Belgique , tom. xxin,*in-4°. -^-41.° Bulletin de l’Académie royale de Bel¬ gique, tom. xvi, 2 e partie, tom. xvn, i. re et 2 e partie, tom. xvm, l Te partie, 4 vol. in-8°. — 42.° Catalogue des livres de la bibliothèque de l’Académie royale de Belgique, 1840,1 vol. in-8’ — 43.° Annuaires de l’Académie royale de Belgique, 1840 et 1841, 2 vol in-18. — 44.° Mémoire sur la chimie et la phy¬ sique végétale et sur l’agriculture, par Henri Le Docte (Ouvrage couronné par l’Académie royale de Belgique en 1848). Bruxelles, 1849, in-8°. — 44.° Abhanlungen der historich-philologischen classe der konigliçhen gesellschaft der Wissenschaften su Got- tingen. Vierter band, in-4°. — 46.° Nachrichten von der Georg Auguste Universitat und der Konigl. gessellschaft der Wis* Digitized by v^ooQle senschaften zu Gottingen. Von Jahre, 1880, n. 1 à 17, in-12. — 47.° Précis analytique des travaux de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant les années 1843 et 1849-80. Rouen, Péron, 1880, 2 vol. in-8®. — 48.° Mémoires de la Société d’agriculture, science et arts d’Angers, 2® série, l. cr vol. et 2® vol. U® liv. — 49.° Mémoires de la Société d’agri¬ culture, sciences et belles-lettres du département de l’Aube, n.° 9 à 14.1849-80. — 80.® Rapport fait à l’Académie des inscrip¬ tions et belles-lettres, au nom de la commission des antiquités delà France, par M. Lenormant, lu dans la séance publique du 22 août 1881, in-4°. — 81.° Revue de numismatique belge, tom. i, 2® liv. — 82.® Annales de la Société archéologique de Namur, tom. n, 1 T ® liv. — 83.° Procès-verbal des délibérations prises par le conseil général du département de la Somme pen¬ dant le cours de la session de 1881, 1 vol. in-8®. — 84.° Mé¬ moires de l’Académie des sciences, agriculture, commerce, belles-lettres et arts du département de la Somme, années 1880-81, 1.®* semestre. — 88.® Des antiquités celtiques, ger¬ maniques et romaines trouvées dans le Hainaut, par Désiré Toilliez, 184J, in-8°. — 86.° I e , 2®, 3® notice sur des antiquités découvertes dans le Hainaut, par le même, in-8®. — 87.® Notice sur des pierres taillées, monuments de l’industrie primitive, par le même, in-8®. — 88.® Résumé d’un mémoire sur les pierres taillées, monuments de l’industrie primitive, par le même, in-8®. — 89.® Des pierres sphéroïdes taillées anciennement, par le même, in-8®. — 69.® Aperçu historique sur le mineur et sur les mesures protectrices dont il a été l’objet, par le même, 1847, in-8®. — 61.® Mémoires de la Société impériale d’archéo¬ logie de Saint-Pétersbourg, vol. V, in-8®. n. 1. — 62.® Bulletin de la Société de l’Histoire de France, n. 7, 8, 9. — 63.® Mé¬ moires de l’Académie nationale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 4® série, tom.i. — 64.® Numisma¬ tique montoise. Une médaille de Charles de Croy, par M. Re- nier-Chalon. — 68.® Le dernier prétendant de Looz, monnaie de Brée, par le même. — 66.® Trois médailles relatives à l’his¬ toire des Pays-Bas. Supplément à Van Loon, par le même. — Digitized by v^ooQle — 269 — 67.° Un mot sur les ruines de Saint-Bertin à Saint-Omer, 1851, lu à la séance annuelle de la commission des monuments his¬ toriques du Pas-de-Calais, à Arras, le 25 juillet 1851, par M. Henri de la Plane. Arras, Lefranc, 1851, in-12.— 68.° Hom¬ mes et choses, par M. Boucher idePerthes. Paris Derache, 1851, tom. iv.— 69.° Notice sur les encouragements qu'il convien¬ drait d'accorder vaux jeunes gens instruits, peu fortunés, qui se consacrent à des travaux scientifiques et à de pénibles re¬ cherches dans l’intérêt de leur pays, par V. Tremblay. Senlis, Regnier,br. in-8°. —70.° Bulletin delà Société des antiquaires de l'Ouest, 3 e liv. 1851. —71.° Notice sur le mont de Catenoy, dit Camp de César, par M. Ledicte-Duflos. Beauvais, Desjar¬ dins, 1851, in-8°. pl. —72, Travaux de l’Académie de Reims, 1851-52, n. 1. —73.° Société d'émulation de Cambray, pro¬ gramme des questions agricoles et littéraires mises au con¬ cours de 1852, br. in-8°. — 74.° Recueil agronomique publié par la Suciété d’agriculture de la Haute-Saône. —75.° Collec- tanea antiqua, par M. Roach-Smith, vol. 2, part. 7. — 76.° Mémoires de l'Académie du Gard, 1850-51, in-8°. Dons oe M. le Ministre de l'Instruction publique. 77.° Mémoire historique sur les deux délivrances de Con¬ dom, 1369-1374, par Gillot de Kerhardène. Auch, Foix, 1847, 1 vol. in-8°. — 78.° Histoire des membres de l'Académie royale de nîédecine, ou recueil des éloges lus dans les séances publiques, par M. Pariset. Edition publiée par Dubois (d'Amiens). Paris, Baillière, 1850. 2 vol. in-12. — 79.° Devoirs, droits, assistance par le christianisme, la liberté, l'éduca¬ tion, par de Bausset-Roquefort. Paris, G a urne, 1849. 1 vol. in-12. — 80.° Annuaire météorologique de la France pour 1849 et 1850, par MM. Haeghens, Martins et Bérigny. Paris, Gaume, 2 vol. in-8®*—81° La précellence du langage français par Henri Estienne. Nouvelle édition accompagnée d'une étude sur Henri Estienne et de notes philologiques et littéraires, par Léon Feugère. Paris, Delalain, 1850.1 vol. in-12.—82° Examen criti¬ que de la succession des dynasties égyptiennes, par W* Brunet de 21 . à Digitized by v^ooQle — 270 — Presles. Paris, Didot, 1850. l. Te partie, 1 vol. in-8°.—83.° Chartes de la ville de Mont-de-Marsan. 1850,1 vol. in-8°.~84° De l’exis¬ tence morale et physique des femmes, par Amory. Paris, De Surcy. 1849, in-8°. — 85.° Des changements dans le climat de la France, histoire de ses révolutions météorologiques , par le docteur Fuster. Paris, Capellc, 1850, in-8°. — 86.° Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie, le Tibet et la Chine, pendant les années 1844,1845 et 1846, par M. Hue. Paris, Leclerc, 1850. 2 vol. in-8°. — 87.° Expédition dans les parties orientales de l’Amérique du Sud, de Rio-Janeiro à Lima et de Lima à Para, pendant les années 1843 à 1847, sous la direction de M. Francis de Castelnau. Paris, Bertrand, 1850, 6 vol, in-8°.—88.° Histoire des grandes forêts de la Gaule et de l’ancienne France, par Al¬ fred Maury. Paris, Leleux, 1850, in-8°. — 89.° De l’impôt et du libre commerce du sel dans les Etats romains, par Tho- massy. Rome, 1849, in-8°. — 90.° Histoire des races mau¬ dites de la France et de l’Espagne, par M. Franc. Michel. Pa¬ ris, Franck, 1847, 2 vol. in-8°. — 91.° Correspondance admi¬ nistrative sous le règne de Louis XIV , recueillie et mise en ordre par Depping. Tom. ii, in-4°. — 92.° Histoire de la con¬ quête du Mexique, par W. Prescott, publiée en français par A. Pichot. Paris, Didot, 1846, 3 vol. in-8°. — 93.° L’Alsace illustrée ou recherches sur l’Alsace pendant la domination des Celtes, des Romains, des Allemands et des français. Par Schœpflin, traduction de Ravenez. Mulhouse, Perrin, 1850,2 vol. in-8°. — 94.° Manuel du droit rural et d’économie agricole, par Jacques de Valserres. Paris, Thorel, 1847, in-8°. — 95.° Rapport sur les traitements orthopédiques de M. le docteur Jules Guérin. Paris, 1846, 1 vol. in-4°. — 96.° Statistique mo¬ numentale de Paris. Liv. 28, 29. — 97.° Voyages archéologi¬ ques en Grèce, par M. Ph. Le Bas. Liv. 10, 11. — 98.° Comptes des dépenses de la construction du château de Gaillon, d’après les registres manuscrits des trésoriers du cardinal Georges d’Amboise. Par A. Deville. Paris, imprimerie nationale, 1850, in-4° et atlas in-folio. t Digitized by v^ooQle — 271 — DESSIN. M. Victor de Beauvillé, membre non-résidant à Montdidier, vient d‘offrir à la Société la belle planche qu’il a fait graver sur le tombeau de Raoul de Lannoy à Folleville. C’est la première fois que ce magnifique mausolée a été reproduit dans un aussi grand format. OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant le 4.® trimestre de 1854. 2.° Par M. Aug. Le Prince, propriétaire à Amiens, une fi¬ bule en bronze, trouvée lors de la construction du pont du Bloc à Amiens; un grain de collier de pâte vitreuse et six mor¬ ceaux de flûtes gauloises, trouvés sur divers points de cette ville. 2. ° Par M. Cauet-Gras, une épée en bronze, de l’espèce dite parazonium, trouvée près le camp romain de Tirancourt. 3. ° Par M. Beguery, entrepreneur de travaux publics, à Noyon, un coin celtique en silex ; un parazonium en bronze de petite dimension, et un objet en bronze, forme d’équerre, qui a dû servir à garnir l’angle d’un meuble. Ces trois objets ont été trouvés séparément auprès de Noyon (Oise), 4. ° Par MM. Duthoit frères, sculpteurs à Amiens, un coin cel¬ tique en pierre verte, trouvé à Belloy-sur-Somme; un morceau de marbre vert, provenant de la mosaïque construite sous Louis XV, au grand autel de St.-Riquier, et un instrument de vitrier en fer damasquiné, du xvi. e siècle. 5. °. Par M. Padé, curé de Saint-Riquier, deux fragments de marbre provenant de la mosaïque mentionnée ci-dessus. 6. ° Par M. Moser, bijoutier à Amiens, deux exemplaires de la petite médaille qu’il a fait graver pour l’inauguration de la statue de Gresset. 7. ° Par M. Feret, suppléant du juge-de-paix à Clermont (Oise), deux boutons estampés au nom du district de Clermont en BeauvoisUy et l’empreinte en cire du sceau de Saint-Quentin de Beauvais. Digitized by v^ooQle — 272 — 8. ° Par M. Carré, un coin celtique en silex, ébauché et trouvé à Conly. 9. ° Par M. Forceville-Duvette, propriétaire à Amiens, une statue en pierre paraissant représenter saint Christophe et pro* venant d'une ancienne église d'Amiens, xvi. e siècle. OBJETS ACHETÉS PAR LA COMMISSION DU MUSÉE. 1. ° Un meuble en chêne à quatre panneaux, représentant les quatre saisons; il provient de l'ancien château de Ville- Saint-Ouen, fin du xn.® siècle. 2. ° Le tableau peint sur bois offert en 1567 par Nicolas Roche, procureur, à la confrérie Notre-Dame-du-Puy, avec cette de¬ vise : Roche d'au $ourt fontaine d’eau vive . Les trois derniers mots du philaotère sont seuls conservés, cette curieuse pein¬ ture ayant été sciée dans sa partie inférieure. 3. ° Deux épingles en jais, divers fragments de vase en verre et quelques grains de pâte vitreuse, recueillis dans des ter¬ rassements au faubourg Beauvais d'Amiens. Epoque gallo- romaine. 4. ® Un tombeau en plomb dont le couvercle est orné de des¬ sins en grains d ? orge figurant des croix en sautoir. ▼.• siècle; il a été trouvé à Amiens, près du chemin qui longe la Fon¬ taine des Frères. 5. ® La médaille en argent commémorative du voyage de Charles X à Amiens, en 1825. Amiens. — lmp. de Duval et Herment, place Périgord, 3. Digitized by Google BULLETIN DE U SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. I -S I fil l î n> au nom d’une com¬ mission, le rapport sur les comptes de M. le trésorier pour l’année 1851, et donne lecture du projet de budget pour 1852. La Société adopte le projet de budget, et., conformé¬ ment aux conclusions du rapport, vote des remerciements à M. Bazot, dont elle approuve la gestion. — M. Bouthors donne lecture de la première partie d’un travail dans lequel il se propose de résumer les dispositions des coutumes locales qui ont rapport à la ruralité. Le fragment qu’il communique à la Société expose l’origine du droit rural. —Après avoir essayé Digitized by Google - 280 — d’établir qu’il se manifeste de la même manière chez toupies peuples, et qu’il suit les progrès de la civilisa¬ tion , l’auteur s’attache à montrer l’influence que l’af¬ franchissement des serfs et l’érection des communes ont exercée sur celui de la France du Nord, au moyen-âge. — Il termine en annonçant qu’il exposera avec plus de détails dans les chapitres suivants, les divers objets de. la police intérieure et extérieure des villages de l’an¬ cienne circonscription du bailliage d’Amiens. — M. Dufour communique une lettre de M. Daniel, directeur du Comité de Beauvais, qui appelle l’atten¬ tion de la Société sur le catalogue publié dernièrement par M. Eug.Viollet-Le-Duc, dans le Bulletin des Comités, des portefeuilles de Gaignières qui se trouvent aujourd’hui à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford. Parmi les dessins qu’ils contiennent, plusieurs intéressent la Picardie, et il demande si la Société ne jugerait pas utile de prier le gouvernement d’en faire lever des copies. M. Dufour fait remarquer l’importance de cette communication et appuie fortement l’idée émise par M. Daniel. Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs membres, M. Dufour dépose la proposition suivante: « Le membre soussigné propose à la Société de solli¬ citer de M. le Ministre de l’intérieur le crédit néces¬ saire pour envoyer à Oxford un dessinateur qui serait chargé de reproduire les dessins de la collection Gai¬ gnières intéressant la Picardie. » — Cette proposition est mise aux voix et adoptée. Séance du 9 mars . — M. Peigné Delacour adresse un paquet de cartes indicatives de tous les noms de lieu v Digitized by v^ooQle — 281 — qui se rencontrent dans la première série de l’introduc¬ tion à Y Histoire de la Picardie , de Dom Grenier, et re¬ nouvelle la proposition qu’il a faite d’entreprendre, pour la Picardie, cet inventaire historique qu’il considère, à bon droit, comme un travail très important. — M. l’abbé Decagny, membre correspondant, pro¬ pose à la Société de prendre l’initiative d’un monument à élever àLhomond, et lui adresse, à ce sujet, une lettre dont il est donné lecture. ( Voir page 284.). Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs membres,la Société arrête qu’il sera répondu àM. l’abbé Decagny qu’elle est en ce moment occupée des soins d’une autre œuvre ; mais que, cependant, si la commune de Chaulnes voulait prendre l’initiative d’un monument modeste, comme il convient à la mémoire de Lhomond, ses sympathies lui seraient acquises. — M. Forceville ajoute qu’il serait heureux de prêter le concours de son talent à la réalisation de cette entreprise. — M. Pinsard, architecte , fait hommage du plan des caves qui se trouvent sous le Grand-Marché d’Amiens et d’une cave monumentale située sous la place de la Mairie; il offre de lever toutes celles qui se trouvent sous la voie publique, moyennant le remboursement des frais. — Un membre fait observer que ce travail existe à la Mairie ; mais il est répondu qu’entrepris pour les besoins de la voierie seulement,il ne comprend ni les élévations, ni les coupes, ni les détails archéologiques dont la cave de la place de la Mairie offre un curieux spécimen. — Un autre membre fait remarquer que ce travail, dont les limites ne sont pas suffisamment connues, pourrait cn- Digitized by Google — 282 — traîner dans une assez grande dépense, et que, d’ailleurs, parmi les caves à explorer, un très petit nombre, assu¬ rément , seraient dignes d’attention. — Après une courte discussion, la Société prend la proposition en considéra¬ tion et en renvoie l'examen à une commission composée de MM. de Grattier, Bazot et Magdelaine, et à laquelle M. Pinsard sera invité à donner tous les éclaircis¬ sements désirables. — M. Romajn-Leroy , membre nouvellement élu , lit un discours en vers dans lequel, après avoir remercié la Société, il passe en revue les divers monuments his¬ toriques de l’ancienne Picardie, et rappelle les souvenirs religieux et politiques qui s’y rattachent. — M. le président répondant au récipiendaire, rappelle le vide qu’a laissé dans la Société le départ d’un de ses membres les plus aimés, M. Le Serrurier, qu« M. Leroy est appelé à remplacer, et il exprime l’espérance de le voir prendre une part active et assidue aux travaux de la Société. Parlant ensuite de la belle collection de dessins et de vues de monuments recueillie par M. Leroy , il l’engage à réunir les documents qu’il possède sur les antiques abbayes, les anciens châteaux, et c’est alors plus que jamais, dit-tt, que la Société se félicitera de le voir unir ses efforts aux siens pour travailler à l’histoire de la Picardie. — M. Darsy, présent à la séance , dépose sur le bureau un travail manuscrit dont il est l’auteur, et qui a pour titre : Gamaches et ses Seigneurs. Sur l’invitation du président, M. Darsy donne lecture de divers frag¬ ments de son mémoire. Dans l’un, il examine quelles Digitized by v^ooQle - 283 — forent les limites de ia Picardie et de la Normandie. Faisant voir qu’en l'absence de documents authentiques que le traité de St-Clair aurait pu fournir, il faut s’en tenir à des conjectures plus ou moins fondées, il examine les diverses opinions émises et conclut que la Visme bor¬ nait le Vimeu d’un coté , comme le Tal bornait le Taleu de l’autre, et que le Vimeu comprenait tout le bassin de la Visme, comme le Taleu, tout le bassin du Tal, c’est-à-dire toutes les inflexions, tous les plis du terrain ayant leur pente vers la rivière. —-11 donne ensuite la description de l’ancien château de Gamacbcs, dont il ne reste plus que des ruines assez importantes; il termine enfin par la lecture d’un troisième chapitre dans lequel il résume l’histoire de l’Abbaye de Sery. La Société, remer¬ cie M. Darsy de cette communication, et l’engage à con¬ tinuer avec le même zèle consciencieux un travail qu’elle sera heureuse de publier dans ses mémoires. — Le secrétaire-perpétuel donne lecture d’une notice de M. l'abbé Cochet sur cinq monnaies d’or trouvées dans le cimetière mérovingien de Lucy, près Neufchâtel, (Seine-Inférieure), en J851 (1). M. Rigollol fait remarquer l’importance de cette dé¬ couverte , qui prouve que les populations chrétiennes on.t longtemps conservé les habitudes des générations pré" cédentes en matière de sépulture, et vient confirmer la justesse de l’attribution faite à l’époque mérovingienne de certaines armes et de certains ornements trouvés dans (1) Cette notice ayant été publiée dans la Revue archéologique, nu¬ méro du 15 mars 1851, page 717, la Société ne pourra donner suite à Pintention qu’elle avait eue de l’insérer dans ses Mémoires. Digitized by v^ooQle — 284 - les sépultures où l’on n’avait jusqu’ici rencontré ni mé¬ dailles ni inscriptions qui en fixassent la date d’une manière positive. — M. Janvier lit une note tendant à établir qu’il n’y avait point de juifs à Amiens. ( Voir page 287.) Cette note a été rédigée par lui en réponse à une demande de M. Cahen , traducteur de la Bible, sur cette question... « Y avait-il à Amiens des établissements juifs et des » réglements y relatifs. » — M. Bouthors fait observer qu’une nouvelle considération pourrait être ajoutée à celles qu’a présentées M. Janvier, à savoir que l’état de la ville, qui fut longtemps soumise à la juridiction ecclé¬ siastique, excluait naturellement l'établissement des. juifs. MOTICE SUR LnOMOMD, Par M. l’abbé P. DecâGNT. « Messieurs , » Dans sa séance du 9 décembre 1851, la Société a pris en considération le louable projet d’un monument à Pierre l’Er¬ mite , en se préoccupant néanmoins des difficultés pécuniaires de cette entreprise. Je viens, à mon tour, proposer un projet analogue, mais dont l’exécution offre des chances de succès bien plus assurées. Je veux parler d’une statue à élever à l’humble et célèbre Lhomond sur la place de Chaulnes, son pays natal, et en face de l’ancien château de ces ducs et pairs de France qui ont donné tant d’illustration à notre province. — Avant démotiver ma proposition , permettez-moi, Messieurs, d’esquisser en quelques mots la biographie du grand homme sur lequel je désire appeler tout votre intérêt. « Lhomond (Charles-François), professeur émérite à l’Uni¬ versité de Paris, reçut le jour au bourg de Chaulnes-en-Santerre, en 1727, de parenté peu fortunés, mais recommandables par Digitized by Google — 285 — leurs vertus. Il fit ses études à Paris , à l’aide d'une bourse an collège d'Inville, et s’y distingua par la pénétration de son esprit et la régularité de sa conduite. Ces belles qualités et la justesse de son jugement le firent remarquer en Sorbonne, où il obtint sa licence avec applaudissements. » Promu au sacerdoce, il fut nommé principal de la maison d'Inville qui l'avait élevé; mais il n'occupa cette place que peu de temps. Ce petit collège et plusieurs autres furent supprimés, les élèves, réunis aux collèges de plein exercice , et chaque prin¬ cipal , doté d’un honoraire annuel. Lhomond fut depuis attaché comme professeur au collège du Cardinal-le-Moine. Alors on reconnut en lui un de ces hommes rares et laborieux, éminem¬ ment humbles et désintéressés, qui consacrent au bien leurs veilles et leurs talents, dans toute l'étendue de leur pouvoir. » Dès sa nomination à ce professorat, se croyant trop riche pour un prêtre (comme il le dit lui-même à M. Haüy, son collègue et son ami intime), il renonça à sa pension d'ex-prin¬ cipal. Appelé plusieurs fois aux premières chaires de l'Uni¬ versité, il joignit à un noble refus la généreuse résolution de se consacrer tout entier à l'instruction de l'enfance. Ce fut avec la même modestie qu'il refusa les dignités ecclésiastiques et les bénéfices. La classe de sixième , peu honorable pour tant d'autres, et par là même souvent négligée, exerça, près de vingt ans , la sollicitude et l'amour assidu du savant Lhomond. Aussi ^Assemblée du clergé lui en témoigna-t-elle sa recon¬ naissance par une gratification honorable, sans aucune sollici¬ tation de sa part. » Lorsqu'il fut devenu émérite, ses chers enfants ne cessèrent point de l'occuper; il leur consacra sans réserve tous ses loisirs. Pour diriger et encourager leurs premiers pas dans la carrière des sciences, il composa d'abord les Eléments de la Grammaire française et latine ; — YEpitome; — le De Viris, etc., ouvrages incomparables, si souvent réimprimés et devant lesquels ont échoué de savantes prétentions. Jaloux de former leur cœur plus encore que leur esprit, il offrit successivement à leurs tendres méditations les vérités de l'Evangile dans la Doctrine Digitized by v^ooQle — 286 — chrétienne , et les annales des deux Alliances, dans les Abrégés de Vhistoir$ de l'Eglise et de la Religion , écrits admirables qui respirent les vertus et la piété de l'auteur , et dans lesquels ce¬ pendant des éditeurs modernes ont eu la présomption de vouloir corriger et réformer. Dans sa pieuse sollicitude pour les âmes de ceux qu’il aimait de préférence p il avait encore composé pour la direction des enfants une Méthode fort estimée des théologiens et surtout du célèbre sulpicien Montagne. Les biographies n'en font pas mention , parce quelle ne fut imprimée qu’en 1824, » Si un xèle semblable à celui de Lhomond est devenu si rare parmi ceux qui sont chargés de l'éducation , c’est qu'ils oublient ce qu'il répétait souvent et qu'il n’oublia jamais: Que la jeunesse est un précieux dépôt dont on répond à Dieu et à la patrie l Professeur laborieux, il aplanit les premières difficultés de l'é¬ tude, la fit aimer aux enfants, et hâta leurs progrès. Directeur éclairé , il 6ut saisir leur caractère , se mettre à leur portée ?t mériter leur confiance. » Lhomond touchait au terme de sa belle et honorable car¬ rière ; Dieu voulut la couronner par les épreuves. Aux jours de nos malheurs, il fut incarcéré au séminaire de Saint-Firmin , avec l’abbé Haüy, son collègue, pour refus de serment. €es deux confesseurs de la Foi échappèrent aux massacres de sep¬ tembre par une faveur extraordinaire. L’abbé Haüy dut sa li- berté aux réclamations de l’Académie des sciences dont il était membre; Lhomond la dut à M. Haüy, qui fit valoir son dé¬ vouement et ses services. » Leur réunion fut de peu de durée : une maladie longue et pénible enleva l’abbé Lhomond le 31 décembre 17.fM, à l'âge de soixante-six ans. Ceux qui l’ont connu rapportent qu’il était sérieux dans son abord, simple dans son extérieur, d'un com¬ merce doux et agréable, d’un cœur franc et généreux. » Voilà ,Messieurs, quel aétéÿ'homme modeste, mais vrai- ment célèbre, que je rappelle aujourd'hui à votre estime et k votre admiration. Ses services envers la patrie, ses travaux extraordinaires et inappréciables, dont le bienfait se répand en¬ core sur la génération présente, ne lui donnent-ils pas un titre Digitized by v^ooQle — 287 — légitime au souvenir, aux hommages, à la reconnaissance de ses compatriotes ? — Aussi, déjà plusieurs membres de TUniversUé ont-ils essayé, sans succès, le dessein que je viens soumettre à la sagesse de vos délibérations. Déjà aussi, sur mes instances persévérantes , le Conseil municipal de Chaulnes a-t-il formé, à cet effet, une commission spéciale dont les derniers événemens politiques ont suspendu les résultats. Le succès d’un projet si louable est sans doute réservé à la puissante initiative et à la direction intelligente de la Société des Antiquaires de Picardie, que je viens réclamer avec confiance. » » On comprendra sans peine toute la facilité d’exécution pour un monument destiné à ce savant si populaire, auquel est ac¬ quise la reconnaissance de tant de milliers de souscripteurs qu’il a dirigés et qu’il dirige encore dans l’étude des langues française et latine, dans la connaissance et la pratique de la religion, par ces ouvrages élémentaires si simples, si faciles, si bien accommodés à l'intelligence du premier âge* Ne s’adresserait- on qu’aux 66,000 curés et instituteurs de la France, un don de 60 centimes de la part de chacun d’eux fournirait déjà une somme plus que suffisante pour remplir le but- de ma propo¬ sition. » Lhomond, peut-être, ne saurait entrer eo ligne avec plu¬ sieurs de ces grands hommes qui, les premiers , ont obtenu les honneurs de l’immortalité temporelle; mais il en est beaucoup qu’il égale et qu’il surpasse même, par des talents, des services» des mérites moins éclatants et plus solides : du moins, à cause de sa noble modestie et de ses rares vertus ; on ne pourra lui appliquer, comme à plusieurs autres célébrités , ces paroles de saint Augustin : Laudantur ubi non sunt, et cmciantur ubt sunt ! » MOTB IIJB LES JUIltt» Adbesséb a M. GAHES. ( Par M. Aug. Janvier ). M. V***, à qui vous vous êtes adressé, a bien voulu me prier de réunir les documents pouvant exister sur Digitized by v^ooQle — 288 - » l’état des juifs en Picardie durant le Moyen-Age. J’ai dû borner mes investigations à la ville d’Amiens, dont l’histoire m’est la plus familière ; mais mes tra¬ vaux ne m’ont rien fait découvrir, et m’ont seulement donné la conviction intime que dans cette ville il n'a pas existé de juifs. J’espère prouver en peu de mots cette assertion par les raisons suivantes : La première consiste dans le silence absolu qu’ont gardé sur ce chapitre le père Daire, Lamorlière et tous les auteurs qui ont traité son histoire. La deuxième se fonde sur l’esprit religieux des Amié- nois, et la foi vive des habitants de cette cité qui, au Moyen-Age, comptait, outre sa cathédrale, un nombre considérable d’églises, de monastères et de couvents, foi vive et persistante que la grande renovation de la réforme put à peine ébranler et qui se révéla quelques années plus tard avec tant d’énergie, par la participa¬ tion active qu’elle prit à la ligue. Cette piété ardente, dis-je, a dû nécessairement repousser du sol où elle florissait, les Israélites dont le contact et l’approche étaient, pour tout chrétien, regardés comme une souil¬ lure ineffaçable. Ce n’est, il est vrai, qu’une induction toute morale, mais qui, pesée à sa véritable valeur par quiconque a suivi avec attention l’histoire religieuse de la Picardie, doit paraître fort acceptable. J’aborde maintenant mon troisième argument. Les différentes corporations ouvrières et commerçantes du Moyen-Age habitaient chacune un quartier ; ainsi le voulait le besoin de l’époque. Les juifs aussi obéissaient à cet instinct de centralisation, et, plus que tout autre. k. Digitized by v^ooQle — 289 — leur intérêt les y portait, d’autant plus qu’isolés au sein de populations ennemies , pour qui, aux moindres troubles, le sac de leurs maisons et le pillage de leurs biens étaient à la fois une œuvre agréable à Dieu, et toujours profitable à ses auteurs, ils devaient naturel¬ lement chercher à former un faisceau compact. Dans un grand nombre des villes où ils résidèrent, pour ne pas dire dans toutes, les quartiers qu’ils occupaient et qui, ' * quelquefois, étaient fermés de murailles et faisaient une ville à part au sein de la cité, ont emprunté de leur sé¬ jour et conservent encore leur dénomination actuelle, comme à Paris, la rue des Juifs. A Amiens, il n’existe pas de rue de ce nom , je n’ai rencontré cette désignation dans aucun titre; cependant les noms de nos vieilles voies publiques ont peu varié, et nous avons encore, comme aux XIII.*, XIV*, XV.* et XVI.* siècles, les rues des Archers, des Bouchers, des Gantiers, des Tanneurs, des Lombards, des Huguenots, etc. Enfin , je me fonderai sur l’absence des mesures in¬ jurieuses et vexatoires qui, partout où ils résidaient, atteignaient les descendants du peuple hébreu, telles que celles, par exemple, de porter un chapeau jaune ou de forme pointue, ou une rouelle de couleur sur la partie la plus apparente de leurs vêtements, ou bien encore l’obligation , comme à Toulouse, de se présenter durant la semaine sainte, à la porte de la cathédrale, pour y' recevoir un soufflet d’un chrétien. J’ai lu atten¬ tivement les plus anciens registres aux ordonnances de police que possèdent les archives municipales de la ville d’Amiens, et n’y ai rien trouvé d’analogue. Je sais bien 23. Digitized by v^ooQle — 290 — qu’on pourrait m'objecter que le registre, coté if, ne contient que des ordonnances sans date, de la fin du XIV.® siècle; que la première pièce qui y est datée ne l’est que de l’année 1402 ; que vers cette époque déjà Ion commençait à se relâcher un peu de la grande sé¬ vérité déployée contre les juifs, et que les mesures aux¬ quelles je fais allusion, étaient sans doute contenues dans des registres antérieurs aujourd’hui perdus; mais le fait què je vais citer sera une présomption fort puis¬ sante que ces registres antérieurs ont dû garder le même silence. Vous savez , Monsieur , que parmi les prétextes plus ou moins spécieux mis en avant pour chasser les Juifs de France et s’approprier leurs biens , un des plus célèbres est l’imputation dirigée contre eux en l’année 1321, d’avoir, à l’instigation des soudans de Grenade et de Tunis, et de concert avec les lépreux , empoisonné les puits et les fontaines. Un grand nombre d’entr’eux payèrent de leur vie cette monstrueuse accusation. Nous savons qu’à Amiens des exécutions eurent lieu; mais les lettres de non préjudice (1) données à cette occasion à la commune par Pierre-Remont de Rapestain, bailli royal, pour les supplices qu’il avait fait faire des cou¬ pables à la Fosse-Fèrneuse, étant ès mettes de la Ban¬ lieue de la Ville » en tant que besoin accordée par le roi Philippe IV à » Jacques l’Hermite, receveur du conseil d’Etat des Pays- » Bas, et à son frère Antoine l’Hermite, licencié en droit à » Malines. Cette patente... portant au centre des armoiries » coloriées mais qui ont souffert, offre tous les caractères » de l’authenticité. Il en résulte que Pierre l’Hermite était » bien réellement d’Amiens ; qu’il épousa une fille de la » noble maison de Roussy ; et que sa postérité s’est con- » tinuée sans interruption jusqu’aux impétrants. » (1) Ce diplôme, se trouvant déjà mentionné tout au long dans la vie de Pierre l’Hermite par le père d’Oultremann de la Société de Jésus, opuscule publié en 1647, son authenti¬ cité est surabondamment établie. Le même biographe analyse les titres qui, de son tems, étaient entre les mains de Martin l’Hermite sieur de Bé- , (I) Bulletin de l'Académie de Belgique du * novembre 1837, n.° 10. 27.* Digitized by Google tissart, et cite fréquemment une vie manuscrite par » Nicolas de Campis dit Bourgogne, roi d’armes du roi » Catholique , qui, ajoute-t-il, a curieusement ramassé ce » qu’il a pu retrouver de la vie et postérité de Pierre » l’Hermite.» (1) Il publiede plus un très curieux fragment du manuscrit espagnol, conservé à la bibliothèque St.- Laurent de l’Escurial, qui a pour titre : Faits héroïques de la Chevalerie Européenne à la.Conquête de Jérusalem. L’auteur de ce livre, D. Alonzo Gomez de Mincbaca vi¬ vait en 1315. Il donne des indications sur Pierre l’Hermite qui avait, dit-il, été chevalier avant de se vouer au sa¬ cerdoce. Deux textes, l’un de Ughellus, (2) l’autre de la collec¬ tion intitulée : YOriensChristianus, (3) que d’Oultremann ne cite point, portent qu’Àlbert, évêque de Bethléem en 1179, était un descendant de Pierre l’Hermite, Pétri Eremitœ nepos fuit. Ainsi, tout en laissant aux biographes du xv. e et du xvn.* siècle, la responsabilité de leurs généalogies et des détails qu’ils donnent sur le séjour de Pierre l’Hermite dans les universités d’Italie ; sur ses fonctions de précep¬ teur des fils d’Eustache 1." comte de Boulogne et, par conséquent, de Godefroy de Bouillon lui-même ; sur sa blessure à la bataille de Cassel dans les rangs des cheva¬ liers qui combattirent pour Robert le Frison contre la comtesse Richilde ; enfin sur « la damoiselle de bon lieu » dont les bonnes grâces et la vertu n’eurent pas peu de (1) V. la Vie du vénérable Pierre l’Hermite par d'Oultremann, p. 1H. (2) V. ltalia Sacra . Tom. 4, col. 1099. (3) Idem. Tom. 3, p. t279. Digitized by v^-ooQle — 345 - » force pour le faire résoudre au mariage, » et qui pour¬ tant n’était « ni jeune, ni riche, et par conséquent estait » privée de deux parties qui seules presque estaient con- » voilées, » (1) on ne saurait révoquer en doute qu’a¬ vant de se réfugier dans une solitude, il avait été chef de famille. Guibert de Nogent, Albert d’Àix, et la plupart des autres contemporains constatent d’ailleurs très nette¬ ment qu’il était prêtre (sacerdosJ et non pas moine, cir¬ constance qui jette quelque incertitude sur le sens de l’ex¬ trait suivant d’un bref de recommandation des défunts aux prières des religieux de Corbie au xiu.* siècle, recueilli par le bénédictin Dom Grenier : « D. Pelro Cognomine » Heremiia priori Scli Quinctini de Monte. » (2) La re¬ traite de Pierre l’Hermite au pays de Liège après la Croi¬ sade , dans les domaines cédés à l’évêque Otbert par Godefroy de Bouillon, semble d’ailleurs indiquer d’autant mieux la préexistence de relations entr’eux , que, d’a¬ près Gilles d’Orval, c’était bien d’un retour et non d’une première arrivée qu’il s’agissait : ad partes Leodienses revertitur. VI. Ce fut, selon toute apparence, vers 1093, que Pierre entreprit ce pélérinage de Jérusalem auquel suc¬ cédèrent si rapidement ses prédications et la Croisade. La renonciation au monde et la visite du tombeau de l’homme Dieu étaient, à cette époque , des exemples dont la fréquence est attestée par l’histoire, et que donnaient les princes et les souverains eux-mêmes. La pratique des austérités du christianisme, tout en continuant à frayer, (1) D’Oultremann, p. U et 15. (2) Y. Biblioth. nation. MSS. Dom Grenier, paq. 2 art 8. Digitized by v^ooQle — 346 — par la régénération des âmes, les voies de la civilisation, participait elle-même de la rudesse des mœurs. A une époque où sévissaient encore les maux de l’anarchie ; où la force assurait trop souvent à quiconque en disposait, l’impunité des désordres et des crimes ; où la licence fran¬ chissait jusqu’au seuil des asiles de la prière ? l’aversion pour la vie du siècle, chez les uns, et chez d’autres les remords déterminaient ces vocations à l’épreuve de tous les obstacles, ces abdications des biens de la terre, ces pè¬ lerinages enfin qui impressionnèrent si vivement les po¬ pulations. Si de telles manifestations de piété ne furent pas toujours sans mélange d’exagération et d’orgueil, elles n’en révélèrent pas moins la puissance de la foi qui les inspira. Elles furent un langage tenu à l’imagination et pour ainsi dire aux sens de la multitude. Les yeux de¬ meurèrent frappés de l’éclat des œuvres, et elles se pro¬ pagèrent par émulation et comme par instinct, en atten¬ dant que la sublimité des dogmes et de la morale du christianisme vint pénétrer dans la plupart des esprits. L’entreprise de la délivrance de Jérusalem , la grande aventure , selon l’expression de M. Guizot, marqua l’apogée du mouvement qui, dans le cours du onzième siècle, réveilla de sa torpeur le monde d’Occident, y ba¬ laya la poussière de la barbarie, préluda à la renaissance des lettres et des arts', et permit à l’église de promulguer, sous la dénomination si vraie de trêve de Dieu, ce par¬ tage des jours de la semaine entre les œuvres de destruc¬ tion ou de sang et leur réparation par le travail, qui frap¬ pait de déchéance l’institution de la guerre entre peuples ou membres de la chrétienté. La coalition contre l’Isla— Digitized by v^ooQle 347 — mismene pouvait tarder à s’en suivre, et l’histoire ne ré¬ servait aucun démenti aux parolès suivantes de toucher de Chartres qui, dès le tems d’UrbainïI, louait ce pontife: « d’avoir médité une oeuvre qui fit fleurir le monde d’Oc- » cident, en y rétablissant la paix, en y réhabilitant » l’autorité de l’église , et en écartant de ses frontières, » avec toute la prescience de l’instinct, l’invasion des » Mahométans. » VII. Lorsque Pierre entreprit son premier voyage, rien extérieurement ne le distinguait de ces pèlerins dont les exactions des gouverneurs de Jérusalem et l’hostilité de la population, semblaient ne faire qu'accroître le nombre. —Une fois l’enceinte franchie, donner cours à l’effusion de la piété ; s’indigner des profanations ; puis, hâter vers la patrie, cette marche du retour à laquelle se communique si naturellement la précipitation des mouvements du cœur; c’était le rôle de tous. Méditer, exécuter un plan de déli¬ vrance , telle fut la mission de Pierre l’Hermite. Aux vi¬ sions dont son esprit ne tarda point à être obsédé, succé¬ dèrent des entretiens avec le patriarche de Jérusalem. Pierre devient le messager des Chrétiens qui subissent l’opprobre et la persécution. Il franchit les mers; il dépose aux pieds du Pape la supplique de ses frères ; il devance, par de là des Alpes, l’arrivée du chef de l’église. Bientôt siège le concile de Clermont. La pensée d’unir contre l’Islamisme les forces de la chrétienté qui s’épuisent par les luttes et la licence, revêt la solennité d’un pacte de religion et d’honneur. La Croisade est décrétée, et la foule qui se presse autour du pontife a répété ce cri Dieu le veut dont retentit soudainement l’écho des plus loin- Digitized by v^ooQle — 348 — taines contrées. Alors se succédèrent sans intermission, sans halte ou repos en chemin, ici dans la chaire des basiliques, là sur les tertres des campagnes, en Au¬ vergne , en Berri, en Picardie, en Flandre, et jusqu’aux rives de la Meuse et du Rhin, les prédications de Pierre l’Hermite. Il s’inspirait, tantôt du souvenir de la profana¬ tion des lieux saints, tantôt de la grandeur de l’œuvre de leur délivrance et du pressentiment des desseins de Dieu. Les populations se précipitaient sur son passage ; biens, famille, patrie, tout était abandonné pour le suivre, et, tandis que la Chevalerie convoquait ses- hommes d’armes, que les milices formaient leurs rangs, et que les flottes s'équipaient, un essaim de pèlerins descendait la vallée du Danube et franchissait la Drave. Fanatisme, s’est-on écrié, fanatisme donc par lequel fut révélé un de ces décrets que les puissances de la terre ne méditent ni ne promulguent, et qui n’était rien moins que l’avènement de l’Europe, et que son initiation au mystère de sa prépondérance sur l’Orient. L’homme prédestiné entre tous à l’accomplissement de ces volontés de la Providence, fut-il exempt d’erreurs ? Ne le vit-on pas exalter jusqu’au délire l’enthousiasme de la foi ? Que la pensée se reporte au tems où il vécut, et l’on se convaincra qu’il rencontra l’héroïsme jusques dans l’excès du zèle et de la piété : aussi sa mémoire ne cessera-t-elle de franchir les âges pour recueillir honneur et respect auprès de la postérité. VIII. Pierre l’Hermite avait vu s’accroître, du contin¬ gent des nations d’Allemagne, la multitude des pèlerins de France. Naguère encore, ascète et solitaire ignoré, il Digitized by v^ooQle se trouvait maintenant chef d’année, excès de confiance qu’il ne devait pas tarder à expier cruellement. A quelle autorité pouvait en effet raisonnablement prétendre, sur une foule sans cohésion et sans frein , un homme dp prière, en un tems où l’élite des chevaliers échouait dans ses efforts pour maintenir quelque discipline dans les rangs des hommes d’armes? Des conflits avec les Hongrois, et en dernier lieu, une déroute auprès de Semlin, après des désordres que Pierre l’Hermite, Gauthicr-sans-avoir et le petit nombre de chevaliers qui les avaient suivis, ne purent ni prévenir, ni réprimer, décimèrent l’armée. Ses débris furent ralliés avec peine sous les murs d’Andri- nople, et ce ne fut point sans répugnance que l’empereur Alexis Comnène laissa les pèlerins s’avancer jusqu’à Cons¬ tantinople. Ils établirent leur camp à proximité de la ville. Une lettre du pape Urbain II avait annoncé à l’empereur, la venue de Pierre l’Hermite, qui d’ailleurs était devancé par le retentissement de ses prédications et de ses aven¬ tures. Sa présence ne pouvait donc que piquer vivement la curiosité de la cour du Bas-Empire. Pierre y parut, et Anne Comnène, fille de l’Empereur, se garda bien d’o¬ mettre dans ses récits cette entrevue et le portrait du pré¬ dicateur. L’impatience des pèlerins et la connivence d’Alexis h⬠tèrent leur extermination. Après avoir franchi le Bosphore sans attendre l’arrivée des chefs de la Croisade, et avoir provoqué par leurs incursions les représailles des Turcs de Nicée, ils finirent par ne pouvoir plus défendre même leur camp qui devint le théâtre d’un horrible carnage. Gau- thier-sans-avoir y périt, et les ossements de plusieurs Digitized by v^ooQle — 350 milliers de corps sans sépulture jonchaient les plaines de Scutari lorsque, l’année suivante, Godefroi et ses hommes d’armes traversèrent ces solitudes de la mort. Pierre l’flermite put alors se réunir à l’armée des Croisés avec le petit nombre de ses compagnons qui avaient échappé au glaive ou à la captivité. 11 n’avait dû lui-même son salut qu’à sa présence à Constantinople où il s’était rendu peu de jours avant la catastrophe pour réclamer contre les fraudes des agents de l’Empereur. IX. L’histoire autorise-t-elle à dire avec M. Michaud que Pierre disparut désormais de la scène pour demeurer oublié dans la foule des pèlerins ? Le message dont il se chargea auprès du visir Kerbogab, et le rôle qui lui fut dévolu soit lors de l’assaut, soit après la prise de Jéru¬ salem Sont autant de faits qui réfutent l’assertion dè l’il¬ lustre écrivain. Maîtres de Nicée et d’Antioche après des sièges meur¬ triers , les Croisés subissaient, dans cette dernière ville, la famine et les ravages d’une épidémie. L’armée du Soudan d’Arménie était en vue des murs. Des désertions avaient achevé d’éclaircir les rangs ; les coeurs chancelaient. En¬ joindre néanmoins la cessation de la guerre au chef mu¬ sulman , telle fut la résolution arrêtée, exécutée. Pierre l’Hermite, accompagné d’un interprète dont l’histoire a aussi conservé le nom, (le croiséHerluin), vint haranguer le visir, dont l’étonnement surpassa sans doute le cour¬ roux. Peu de jours après, la victoire livrait aux Chrétiens le camp dont leur messager avait si héroïquement franchi l’enceinte. L’armée poursuivait enfin, malgré les rigueurs d’un Digitized by v^ooQle été de Judée, les travaux, du siège de Jérusalem, et se préparait aux derniers assauts. En cet instant, le clergé multipliait les solennités du culte, et l’on vit les Croisés suivre processionnellement sa bannière au Mont des Oli¬ viers. Là retentit encore une voix dont l’énergie n’avait été brisée ni par le temps, ni par les souffrances, ni par les revers, la voix du prédicateur qui, depuis quatre ans, n’avait pas un seul instant cessé d’accourir au premier rang pour partager les périls ou pour soulager l’infor¬ tune. Sa parole commandait l’abjuration de toute ini¬ mitié entre frères d’armes à l’heure suprême du combat; elle ranimait dans l’âme de tous l’héroïsme qui défie les obstacles et la mort ; elle décernait les palmes mé¬ ritées et par le guerrier qui survit, et par celui qui succomba avec honneur ! Et lorsqu’enfio l’étendard de la Croix flotta sur les murs de Sion, lorsque les heures de carnage et de sang eurent fait place aux jours d’action de grâces et de prière, aux pieds de qui vit-on se prosterner les chrétiens préservés dans Jérusalem ? aux pieds du pè¬ lerin à qui Dieu avait réservé de tenir la promesse de leur délivrance. Quelques mois après, Pierre suppléait le patriarche Arnoul dans la direction de l’église de Jérusalem, au moment où l’armée des Croisés dût venir combattre les milices du Soudan de Babylone près d’Ascalon et presque en vue de ce mont Thabor, où sept cents ans plus tard, paraîtraient et vaincraient encore des guerriers venus aussi de France. Sa mission était accomplie. X. Au pays de Liège, sur les bords de la Meuse et à Digitized by v^ooQle — 342 — proximité de la ville d’Huy, exista, sous le vocable du St.-Sépulchre et de St.-Jean, un monastère où s’obser¬ vait la règle de St.-Augustin. Son fondateur fut Pierre l’Hermite, dès son retour de la Terre-Sainte, en 1101, avec Gonon de Montaigu et quelques autres chevaliers. Il mourut dans ce monastère le 8 juillet 1117, et y fut enseveli. Deux cents ans environ plus tard, lorsque les récits des historiens de la Croisade et surtout une traduction en langue vulgaire du livre de Jacques de Vitry, eurent ré¬ veillé les souvenirs de la population, on vit s’accomplir, au tombeau de Pierre l’Hermite, des pèlerinages qui dé¬ terminèrent l’érection d’un nouveau monument. Il a dis¬ paru comme l’autre. Il existait au temps où Gilles d’Orval, qui en reproduit l’épitaphe, rédigeait sa chronique des évêques de Liège. Consacrer à la mémoire de Pierre l’Hermite, dans Amiens sa ville natale , un monument dû au ciseau d’un artiste dont on a pu dire si justement que le talent était chez lui une improvisation du goût et du patriotisme (1), c’est exaucer les vœux de la France et de l’Europe en¬ tière. Elles ne cesseront jamais de révérer, dans,l’apôtre des Croisades, un envoyé de Dieu. Quel autre nom don¬ ner à l’homme que l’on vit sortir si soudainement des rangs de la foule et de l’oubli d’une solitude pour accom¬ plir , par l’ascendant de sa parole et de sa persévérance, les prodiges que l’on connaît? (1) a II s’endort financier et se réveille artiste, » disait naguère au sujet de M. Force ville , l’honorable et disert- M. St.-Albin Berville , notre collègue. _ Digitized by v^ooQle — 353 — Hôte de H. De Cagny, membre correspondant, sur des sarcophages et vases funéraires trouvés à Athxes, canton de Ham. Le 24 juin 1852, des ouvriers défonçant le terrain qui se trouve en fàce du portail historique de l’église d’Athies , décou¬ vrirent plusieurs tombeaux en plâtre à 50 centimètres environ de profondeur. De ces tombeaux, de 2 mètres de long, et recou¬ verts de morceaux de pierres informes , l'un renfermait deux squelettes Téunis, la tête tournée vers l’Orient et les bras croisés sur la poitrine , et un autre , plusieurs têtes réunies à des osse¬ ments divers. Dans le premier se trouvait un vase de gran¬ deur moyenne , contenant des charbons encore bien conservés. Les fragments que j’envoie feront connaître la nature et la forme de ces sortes de vases qu’on plaçait autrefois dans les sarcophages. J’adresse aussi à la Société un petit vase, bien conservé, comme on en trouve assez communément dans les cimetières d’A- tbies , d’Ënnemain et même de Maricourt, canton de Combles. Ces vases qu’on découvre dans les anciens cercueils en bois, ne paraissent pas remonter au-delà du xv. e ou du xvi. e siècle. D’après la tradition locale, ils renfermaient la cendre des étoupes qui avaient servi à extrémiser le mort, et quelquefois aussi son alliance et les deniers de mariage. Il existe encore aujourd’hui un usage funéraire, particulier sans doute aux communes des cantons de Ham et de Nesle, qui formaient autrefois la petite contrée du Vermandois appelée le Meige. Cet usage consiste à couper le bas des cierges qui doivent servir aux funérailles, en parties très-minces qu’on étend en forme de croix au fond des cercueils avant d’y placer le mort. Je n’ai pu découvrir l’origine ni le motif de cette coutume. Note sur la Motte de Cauroy-lès-Tours, par M. Darcy, titulaire non résidant. Parmi les monuments peu variés d’ailleurs que nous ont lais¬ sés les Gaulois, nos prédécesseurs sur ce sol auquel des mœurs Digitized by v^ooQle — 354 — plus douces, une religion plus humaine ont fait prendre une physionomie nouvelle, on a depuis longtemps remarqué avec intérêt ces monticules plus ou moins élevés, mais toujours de dimensions imposantes dont sont parsemées certaines contrées et notamment la Picardie. Cependant on ne paraît pas s'être ja¬ mais bien accordé sur leur destination, non plosqne sur l'épo¬ que où ils ont été élevés. J’ai fouillé deux monticules. Deux notes que j'ai adressées à la Société lui ont fait connaître mes remarques sur la composi¬ tion de la Motte de Gamaches, sur la nature et l'état de conser¬ vation des objets qui y ont été trouvés. Je vais aujourd'hui l'en¬ tretenir d’une autre non moins intéressante. M. le baron de Prières est propriétaire à Tours en Vimeu d’une habitation fort belle, dont l’emplacement est considéré par quel¬ ques personnes comme celui d’une villa domaine. On y a trouvé autrefois la jolie Cybôle en bronze au front couronné de tours dont M. de r*aylus a donné la description. Dans toute l'étendue de cette propriété se rencontrent fréquemment des objets anti¬ ques de toute sorte. Il en est de même à Cauroy, dépendance de Tours. Dans un herbage appartenant aussi à M. de Frières , il existe une tombelle qui, selon M. Louandre (i), est citée par D. Grenier comme destinée anciennement à rendre la justice. M. me la baronne de Frières, dont le goût pour ce qui tient à la science est connu * a bien voulu pejmettre ou plutôt ordonner l'ouverture de ce tertre. Elle a suivi le travail avec un grand in¬ térêt et à même eu la générosité d'en faire les frais. Je me plais à lui en rendre le témoignage le plus reconnaissant. Appelé à di¬ riger la fouille, j'ai bientôt constaté une analogie frappante entre cette tombelle et celle de Gamacbes. En effet, la hauteur de la tombelle de Cauroy est de 2 mètres perpendiculairement et de 3 mètres au moins en talus. Le diamètre dans la partie circulaire est d’environ 26 mètres. On remarque vers le Nord une appa¬ rence d'ancien fossé qui a dû fournir les terres dont se compose la Motte. Une tranchée de 2 mètres de large ouverte du Sud au (!) Histoire d'Abbeville , 2/ édition, tom, 1, pag. 427. Digitized by v^-ooQle — 355 — Nord jusqu’au centre, et ensuite vers l’Ouest, a fait voir que la tombelle de Cauroy était composée de couches d'argile variant en épaisseur et divisées par des couches de cendre et deeharbon. Elles sont horizontales et se prolongent ainsi dans presque toute l'étendue du monument. À 50 ou 60 centimètres environ au-des¬ sous du gazon parait une première ligne noire de 3 à 4 centimè¬ tres d’épaisseur ; suivent 15 à 18 centimètres d’argile ; puis une deuxième ligne noire de même épaisseur que l’autre ; puis l’ar¬ gile descend jusqu'à 1 mètre 49 centimètres de profondeur. Là se présente une forte couche de bois et de paille brûlés et presque entièrement pulvérisés, dont l'épaisseur n'a pas moins de 6 à 8 centimètres; au-dessous une couche d'argile noircie et cuite. Enfin, à une profondeur de 25 à 80 centimètres au-dessous du niveau du sol voisin, le terrain paraissait vierge. Toutefois, de distance en distance se rencontraient de légères excavations dans lesquelles, depuis la couche de cendre (66 centimètres plus haut), gisaient des ossements informes pour la plupart et quel¬ ques dents seulement reconnaissables ; le tout comme en pleine décomposition et exhalant une odeur nauséabonde assez sensible. Ces débris que le feu n’avait pas eu le temps de carboniser, pla¬ cés dans certaines conditions favorables, au milieu d’une argile naturellement compacte et d’ailleurs battue, ne sont entrés que difficilement sans doute en décomposition, car après un grand nombre de siècles ils offraient encore, comme en état de ferraen- tation, un aspect rougeâtre et gluant. Vers le centre de la tombelle et sous la principale ligne noire (j'appelle ainsi l’inférieure) se trouvait une sorte d’aire pavée en tessons de tuiles à rebord posés à plat et environnée de farts silex comme pour les maintenir Cette aire à peu prés (Circu¬ laire, mais non régulière, avait environ un mètre de diamètre. Au-dessus, des cendres et du charbon. Au-dessous, rien que l'ar¬ gile battue. Dans toutes les parties de la tombelle, même sur la surface* se rencontrèrent, mais en faible quantité, des tessons de tuiles à re¬ bord , de poterie grise et blanchâtre. Dans l’intérieur, un grès et un morceau de meule à bras. Dans les couches brûlées, nous l’a- Digitized by Gooole — 356 — vous vu, des parcelles d'ossements. Et de plus, dans la princi¬ pale, un éperon à pointe, un fej à cheval, des morceaux de fer oxidés, informes, sans doute des débris d’armes. On le voit, ranalogie est complète entre cette motte et celle de Gamaches ouverte en 1845 et 1846 (1). Dans Time comme dans l’autre, les couches sont régulièrement superposées. Ici comme là c’est le sol voisin qui a fourni la matière composant le monument , et la couche brûlée est dans la partie inférieure. On peut seulement remarquer à Gauroy trois couches noires, les su¬ périeures moins foncées que l’inférieure et allant disparaître vers le talus à l’Est ; tandis qu’à Gamaches on n’en trouve qu’une bien sensible, à moins qu’un autre lit qui, au-dessus, contenait aussi beaucoup d’objets, quelque peu de charbon, et était couvert de terre glaise, ne remplaçât ceux plus noircis de Gauroy? Ici des places en quelque sorte réservées sur des aires en argile battue ; à Gamaches, même disposition sur des aires en sable battu. On ne peut nier que ces deux monuments n’aient été élevés sous l’influence des mêmes idées, à une même époque. Si à Gauroy la motte est écrasée vers l’Est et va mourir au sol par une pente de 10 degrés à peine, au lieu d’être, comme à Gama¬ ches, presque entièrement circulaire et en forme de cône tron¬ qué, cela peut tenir à des circonstances particulières qu’il est à peu près impossible d’apprécier aujourd’hui Si , d’un autre côté, à Gamaches, ce qui n’existe pas à Gauroy, on remarque une bordure au sommet et plusieurs fossés et levées de terre à l’entour, c’est peut-être que le monument a été utilisé plus tard. Le rebord aussi pourrait bien n’être qu’une disposition capri¬ cieuse ou n’avoir été préparé que dans les prévisions d’autres funérailles. Car c’est là ma pensée : nos deux Mottes et beaucoup d’autres sont des bûchers élevés d’après le rite gaulois, mais à l'époque de la domination romaine. Si on leur a prêté souvent une autre destination, c’est qu’elles n’ont pas été assez étudiées, qu’on a fouillé trop peu. Les uns en ont fait des mottes où les seigneurs (1) Bullet. Soc. Antiq. Picard. 1845, p. 245. Digitized by Google — 357 — tendaient la justice, des emplacements de donjons ou de moulins à vent, des vigies, des lieux de retraite où les populations gau¬ loises se retranchaient en cas d’alerte. Les autres y ont vu, avec plus de raison, des lieux de sépulture qu’ils ont seulement eu le tort d’attribuer exclusivement à des chefs. Je ne me sens point les connaissances nécessaires pour entrer dans l’examen et la discussion de toutes ces opinions. Aussi, san 3 nier que les premières puissent être vraies en certains cas, me bornerai-je à faire quelques observations et à appeler l’at¬ tention de la Société sur les monticules considérés comme lieux de sépulture et dans ce cas proprement nommés tombes ou tom» belles. • • ' * ■ Jules César, en parlant des funérailles chez les .Gaulois, dit qu’elles se faisaient avec pompe, que l’on jetait sur le bûcher tout ce que le défunt avait eu de plus cher pendant la vie, même des animaux; que ceux de ses esclaves qui lui avaient été le plus at¬ tachés étaient brûlés avec lui; servi et clientes, quos ... dilectos esse constatât ... tina cremabantur.ÇDe Bello Gallico, lib. 6, n° 19.) Dans un autre passage voisin, il dit encore : « Quand les Gau¬ lois entrent en campagne, ils vouent ordinairement au dieu Mars les dépouilles de leurs ennemis; huic (MartiJ ea quœ bello cesserunt plerùmque devovent .Vainqueurs, ils immolent les animaux et le reste est mis en tas; in unum locum confé¬ rant .» Aussi, ajoute-t-il : «l’on voit en beaucoup de cités des mottes élevées sur ces objets; harum rerum exstructos tu - mulos locis consecratis conspicari licet.... Ces lieux étaient sa¬ crés et le plus cruel des supplices frappait le criminel assez osé pour ravir quelqu’un des objets destinés à de pareils trophées ; quispiam posita tollere auderet ... » (Loco citato, n.° 27.) Voilà qui explique clairement et positivement la destination de ces tumuli si nombreux dans les Gaules! Mais y renfermait-on seulement des objets inanimés ? Il n’est pas permis de le croire. Et nous avons vu tout à l’heüre comment les fouilles ont prouvé qu’il en était autrement. N'était-il pas en effet tout naturel que d’une part rendant à leurs chefs qui avaient péri dans le combat, 28 . Digitized by Google — 358 — des honneurs funèbres splendides, d’autre part faisant masse de toutes les dépouilles ennemies, les Gaulois aient confondu le tout en nne même cérémonie et brûlé leur chef au milieu de ces dé- pouilles. Si César ne dît pas qu’on brûlait eelles-ci, il ne dit pas non plus que les cendres des chefs reposaient sous des tumuli. Et cependant ce dernier point ne fait doute pour personne. Mais des chefs seuls étaient-ils brûlés ainsi? Je ne le crois pas. Le dia¬ mètre considérable des tombelles explorées, et dans toute l’éten¬ due desquelles existent des traces de feu et d’un feu violent, indique le contraire. Il est probable que beaucoup de ces mottes contiennent les cendres non seulement d’un chef ou de plusieurs chefs et de leurs esclaves, mais encore d’un certain nombre de guerriers. Une chose mérite l’attention. La couche brûlée se compose, dans la partie supérieure, de charbons de bois et de paille, tantôt pulvérisés, tantôt par morceaux reconnaissables, même la paille. Dans la partie inférieure on trouve, à Cauroy, beaucoup de cendre grise, à Gamaches fort peu. Cette disposition prouve assez que le feu immense allume sur la motte, élevée à un point donné, ne s’est pas éteint seul et naturellement, mais qu’il a été étouffé aveo régularité, c’est-à-dire partout au même moment, par le jet des terres qui reposent sur cette couche. Cette circons¬ tance est parfaitement sensible tant à Gamaches qu’à Cauroy. Qu’on pense donc à la quantité de travailleurs qu’il fallait pour que les choses se passassent ainsi. Mais on n’a pas toujours brûlé les corps qui gisent dans les tombelles. Le Comité de Beauvais qui a fait ouvrir la tombelle de Montreuil-sur-Bresche, n’a reconnu aucune trace de feu. Dans un rapport fait en 1835 à la Société d’Emulation d’Abbeville sur l’ouverture de la tombelle de Noyelles-sur-Mer, on ne signale non plus rien de pareil. Mais dans tontes deux, comme ailleurs, des ossements, des débris divers. Toutefois, Noyelles offre un caractère particulier : des crânes humains y sont disposés en uu cône au milieu duquel reposent des cadavres entiers. N’est*-ce pas que ce* tombelles sont postérieures à celles de Gamaches et Digitized by v^ooQle 359 — 4c Caùroy? N’esl-cé pas que l’infiuertce du christianisme a fait fëûôncér à l’antique usage de l'incinération avant que Ton ait cessé d’élever de tels monuments dans lès mêmes occasions qu’autrefois ? En résumé, je crois que dé nouvelles et attentives observa¬ tions, d’nutres fouilles dans diverses localités sont nécessaires pour faire reconnaître et pour bien apprécier la nature de ces tombelles si nombreuses au temps de César, et qui ont dû s’ac¬ croître encore dans la suite, comme pour les distinguer des mottes, des tertres élevés pour une autre destination. MÈMDftÉS ADMIS. Titulaires résidants. MM. Magdelaine 5$ , ingénieur eû chef des ponts-et- Chaus&êes, en retraite. Aug. Janvier , propriétaire, à Amiens. Titulaire non résidant. M. Le Férqn d’EterPigny , propriétaire à Cuise-la-Motte (Oise). Correspondants. MM. Quandalle , secrétaire de la Société de sphragistique, à Paris. Forgeais, gérant de la même Société, à Paris. Ch. Louandre , homme dè lettres, à Paris. ÔÜVRAOrs OFFÊ&Tâ A IA SOCIÉTÉ pendant îe 2.® et te 3.® trimestre de 1832. 1.® Notice encyclographiquc sut Airaines, par M. Macby. Broch. in-8°. Offert par M. Alf. Caron. — 2.° Collectanea anti- qua by Boa ch Smith , vol. 2 , part. 8-0. — 3.° Proceedings of the Society of antiquaries of London, n.° 29.—- 4.° Orationes academicæ de historico juris neerlandici studio quas Irobuit J. 28 / Digitized by Google deWal. Lugduni-Batavorura, 4852.—5.° Bulletin de ^société de l'bistoire de France, n.° 2,3,4, 5,6, 7.—6.° Bulletin de la société des antiquaires de l’Ouest, l.« r et 2.® trim. 1852.— 7.° L’Institut n. ws 195-196-197.—8.° L’Investigateur, journal de l’Institut histo¬ rique, n* s 307-308-309-310-311-312.— 9.° L’ancien hôtel-de-ville de St.-Omer, par M. L. Deschamps de Pas , in-4.°, lplanch. — 10.° Le château de flam et ses prisonniers , par M. Ch. Gomart. — 11.° Etudes Saint-quentinoises, par M. Gomart, tonr. 1 er . — 12.° Le drainage an Charmel (Aisne), par M. Gomart.— 13.° An¬ nales de l’académie d'archéologie de Belgique, tom. 9, livr. 2-3. — 14.° Bulletin de la société d’archéologie de Lorraine, liv. 3. — 15.° Journal de la société d’archéologie et du comité du musée lorrain, liv. 1-2-3-4-5— 16.° Société dunkerquoise pour P en¬ couragementdes sciences , des lettres et des arts, l. cr bulletin. —17.° Bulletin de l’Athenée du Beauvoisis, 2.® sera. 1851. — 48.° Recueil de la société de sphragistique, n.°* 11-12, tom. 2, n.os 1-2-3. — 19.° Fragment d’un essai sur la vie et les ouvrages de Hugo Grotius (Hugues de Groot), par M. Hardouin. — 20.° Mémoires de l’académie des sciences , etc., du département de la Somme, 1848-49-50, 1 vol. in-8.®, et 2.® sem. 1851-52. — 21.° Notice sur un diplôme de Louis-le-Débonnaire, par M. L. Polain. — 22.° Société archéologique de Namur. Rapport sur la situation de la société en 1850, par M. Del Marraol > président. — 23.° Le progrès. Moyen de l’obtenir. Soumis au conseil d’ad¬ ministration de la société d’émulation de Liège, par le sècré- taire-général M. d’Otreppe de Bouvette, in-12.— 24.° Recher¬ ches sur les monnaies des comtes de Hainaut, par Renier Chalon, supplément. 1 vol. in-4°. — 25.° Mémoires de l’académie de Cherbourg, 1835, 1 vol. in-8°.— 26.® Travaux de l’académie de Reims, n.° 1,4.® trim. 1851, n.°2, l.® r trim. 1852. —27.® L’éru¬ dition , février-mars-avril-mai-juin-juiliet 1852.— 28.® Mémoires de la société archéologique de Touraine, tom.2.—29.® Sociétédes antiquaires de la Morinie. Bulletin historique, liv. 1-2.—30 ® Bul¬ letin de la société historique et littéraire de Tournay, 1851, tom. 2.— 31.® Emma ou quelques lettres de femme. (Par M. Boucher de Perthee}, in-12. — 32.® Sitzungsberichte der Kaiserlichen Digitized by v^ooQle — 361 — Akademie der Wissenschaften. (Académie impériale des sciences de vienne.) Philos, hist. classe Jahrg, 1851. Vil band. heft. 2,3, 4,5. — Archiv. fnr Kunde osterreichischer Geschicbts- Quellen. Band. II, heft 1, 2.— Notizcnblatt 1851, n.° 19 à 24, 1852, n. os 1,2.-— 33.° Archéologie liégeoise, par D. d’Otreppe dé Bouvette, in-8®. — 34.° Collections scientifiques d’objets d’art, d'antiquités et de curiosités de la ville de Renaix (Belgique). (Par de M. Joly). — 35.° Nouveaux éclaircissements sur la chronique de Jean le Bel ^ par M. Polain. — 36.° Société de statistique des Deux-Sèvres, 3.®liv. 1851-1852. — 37.° Mémoires dé la société des sciences et arts du Hainaut, tom. 10, feuilles 8 à 31. — 38.° Mémoires de la société nationale d’agriculture , sciences et arts séante à Douai, centrale du Nord , 2. e série, tom. 1, 1849-51.— 39.° Annales scientifiques de l’Auvergne, publiées par l'acadé¬ mie de Clermont-Ferrand , juillet et décembre 1851. — 40.® No¬ tice nécrologique sur M. de Forest de Quartdevillc, par M. Bi- gant. — 41.® Annales de la société d'agriculture , sciences et arts d'Indre-et-Loire, tom. 21, n.°® 1, 2. — 42. De l'autorité des ducs de Brabant sur la ville de Maëstricht, par M. Schaep- kens. — 43.° Rapport présenté à M. le Ministre de l'intérieur au nom des sociétés savantes départementales, par la société ar¬ chéologique de Soissons. Demande de la création d'un musée monumental d'architecture du moyen-âge. — 44.» Bulletin de la société industrielle d'Angers et du département de Maine-et- Loire, 10.® année, 1839 à 22.® année , 1851, 13 vol. in-8°. — 45.® Congrès scientifique de France. Onzième session, tenue à Angers en septembre 1843 , 2 vol. in-8°. — 46.® Note sur cinq monnaies d'or trouvées dans le cimetière mérovingien de Lucy, près Neufchatel, en 1851. ParM. l’abbé Cochet. — 47.® Souve¬ nirs historiques de la conquête de Corse, 1768 , par M. Ménard. - : -48. 0 Société d’agriculture, des sciences et des arts de Bou¬ logne, 2.® sem. de 1852. —49.® Revue de la numismatique belge, tom. 2 , liv. 1, 2.® série. — 50.° Une lettre inédite de Montaigne, accompagnée de quelques recherches à son sujet , par Ach. Jubinal, 1850 , in-8°.— 51.® Sujets dramatiques , par M. Boucher de Perthes , 1852 , 2 vol. in-12.— 52.° De l'esprit Digitized by v^ooQle — 362 — et du cœur ou l’hcbnme considéré sous le rapport de la naissance* de Téducation , de T instruction et de l’application des connais¬ sances acquises, par M. A. d’Qtreppe de Bouvette. Liège 1852 , in-12.— 53.° Esquisse historique sur les anciens péages abolis en 179Q , par M. Cotelle, in-8°. 54.° Bulletin de la société ar¬ chéologique de l’Orléanais , 7-8-9. — 55.° Bulletin de la société d’émulation de l’Ailier , décembre 1851.— 56.° Société archéo¬ logique de Béziers. Séance publique du 20 mai 1852.— 57,° Bi¬ bliographie liégeoise, xvi. e siècle, par M. Capitaine, 1632, in-8°.— 58.° Nécrologe liégeois pour 1852, parle même in-12.— 59. # Recherches historiques et bibliographiques surfes journaux et les écrits périodiques liégeois, par le même , 1850 , ia-l?. -* 60. ° Annuaire de la société nationale des antiquaires de France, 1852.— 61.° Annales de la société d’agriculture, sciences et arts du Puy, tqm xv, 1850.— 62.° Report on excavations made on the site of the roman castrura at Lymne, in Kent, in 1850, by Ch. Roach Smith. With notes on the original plan ôf the castruip and on the ancient state of the romney marshes by J. Elliot. London 1852, in-4,% planche. —63.° Notice historique q* description de l’église prieuriale de Sigy (arrondissement de Neufchatel), par M. l’abbé Cochet, in-8°. — 64.° Mémoire de lq société nationale archéologique du midi de la France, tom. vi # liv. 7 et 8. — 65«° The numismatic chronicle and journal of the numismatic society, n.° 57. —66.° Catalogue of the egyptiau muséum, n.° vm. Colquit Street Liverpool 1852 (hy J. Mayer).— 67.® Lettre sur l’histoire monétaire de France, par E. Cartier. Blôis, Dezairs, 1836-43-50, 1 vol. in-8.°, pl. — 68.° Mémoires^ de la société impériale d’archéologie de St.-Pétershourg, n.°14* — 69.° L'Aquis Segeste de la carte de Peutinger doit être placé àMontbouy, dans l’arrondissement de Montargis. Par M. Du¬ puis, kroch. ui-8°. — 70.° Des oeuvres, littéraires et artistiques inspirées par Jeanne Darc. Par M. Dupuis, broch. in-8°.— 71.° Dictionnaire du patois du pays de Bray, par l’abbé Decorde, 1 vol. in-8°. — 72.° Annales de la société archéologique de Na- mur, tom. 11, liv. 3. — 73.° Thomas Sprott’s chronicle of pro-*- fayae and sacred history : translated frora the original manuscript Digitized by Google — 363 - on twelwe perchaient skias (seven of them double) in the posses¬ sion of Joseph Mayer, by William Bell, accompanied by an exact anastatic fac simile of the entire original codex. Liverpool 1851,1 vol. im-4.° et atlas..— 74.° Sur quelques objets antiques découverts à Notre-Dame de Livoye, près Avranches. Par M. Charma, broch. in*8°. — 75.° Sur les fouilles exécutées à Catil- lon. Par une commission composée de MM. Charma, l'abbé Durand et G. Mancel. — 76.» Cathédrale de Limoges, par M. l’abbé Arbellot. Méra» de là société archéologique du Limousin. — 77.° Notice sur les armoiries de Poitiers. Par M. Ménard, in-8°.—.78.° Compte-rendu des travaux de l’académie du Gard. Séance publique du 27 août 1852. Par M. Nicod. — 79.° Bul¬ letin semestriel dé la société des sciences, belles-lettres et arts du département du Var, 20.® année , n.° 1; — 80.° Mémoires de la société nationale des antiquaires de France, 3.® série, tom 1 er . — 8i.° Mémoires de la société des antiquaires de Normandie, tom. iv, liv# 1 et 4 , tom. vi, tom. vu, liv. 4, et tom. ix. OBJETS OFFERTS AU MUSÉE pendant le 2.® et le 3.® trimestre de 1852, 1. ° Par M. Dewailly, à Corbie, une hache en silex ébauchée, un fragment de hache, un instrument celtique en os, une garde d’épée eu fer et un tronçon de lance. 2. ° ParM. Aug. Breuii, deux lampes en terre , recueillies dans les catacombes de Rome. 3. » Par M. Teinturier, contrôleur des contributions, un glaive et un fer de tance mérovingiens. (Bernay, 1852.) 4 . ® Par M. Louchard , un Magnence P. B. (Sains, 1851.) 5. ° Par M. l'abbé Pouillet, fragment de fibule en bronze trouvé entre Courcellea et Moyencourt, en un lieu où l’on trouve souvent des tuiles romaines. Juin 1851. 6. ® Par M. Crapier, de Vermand , un Trajan. Arg, trouvé à. Verraand. Digitized by v^ooQle — 364 — 7. ° Par M. Divoire, brigadier forestier à Reveîles, Auguste et Agrippa M. B. Monnaie de la colonie de Nisme. 8. ° Par M. Varin , jardinier, Constantin jeune P. B. 0.° Par M. Bazot, un douzain de Henri II. 10.° Par M.l'abbé Rose, un gros tournois de Louis XI.— TrebonicusGallus. Arg. 11. 0 Par M. l'abbé De Cagny , curé d’Ennemain , trois pièces de monnaies chinoises, rapportées par M. lé duc Edouard de Fitz-James. (Cashe, valant 0 fr., 00824. C’est le 0,001 du taie qui vaut 8 fr., 24 c.) — Un vase funéraire du xvi. e sièclé, bien conservé, du genre de ceux que l’on rencontre fréquemment dans les anciens cifnetièrcs d’Atbies , d^Ennemain, Maricourt.— Plusieurs fragments de vases de même nature. 12. ° Par.M. LefebvTe-Levert, une maille de Valenciennes. 13. ° Par M. René Brucàmp, couvreur en ardoises à Hailles , une tuile romaine, trouvée sur le chemin de Hailles à Fouen- camps, en faisant des plantatious communales. On a recueilli dans ces travaux une grande quantité de tessons de tuiles à rebords. Monument à élever en l'honneur de Pierre l’BERSUTE. SOUSCRIPTION. Deux projets inspirés par une pensée noble et patriotique occupent actuellement la Société des Antiquaires de Picardie. Le premier a pour but d’honorer la mémoire de l'illustre prédi¬ cateur des croisades par un monument qui rappelle tout ce que la civilisation doit à ce grand évènement dont le pèlerin amié- nois fut le promoteur. M. Gédéon Forceville, membre résidant de la Société , dont le ciseau a déjà produit la statue en marbre de Gresset et les bustes de Blassel et de Delambre, s’est chargé de l’exécution du monument. Cette entreprise a rencontré toutes les sympathies qu’elle méritait, et nous ne pouvons mieux le Digitized by Google — 3G5 — prouver qu’en publiant les premières listes de souscription. Ceux de nos collègues qui n’ont point encore souscrit, ne voudront point tarder à nous faire parvenir leurs offrandes ; chacun, nous en sommes certains, s’associera à un hommage si justement mérité. Première Liste [l. eT juin 1852). MM. Allart, maire d’Amiens , 40 fr. ; D’Authieuile, pro¬ priétaire , lOfr. MM. Barny (Arist.), 10 fr. ; Brioude, supérieur du séminaire, 10 fr. ; Brailly, curé de Maison-Rolland, 5 fr. ; Boucher de Per- thés, à Abbeville, 10 fr. ; Baillet (M. lle ), propriétaire, 10 fr. ; Boubers (comté de), à Long, 20 fr. ; Bourgeois de Saint-Riqûier, propriétaire, 5 fr., Bocquet* négociant, 5 fr. ; de Blavette, ancien membre du conseil général, 10 fr. ; de Boncourt (Olivier), propriétaire, 5 fr. ;’ Boullet, premier président, 40 fr.; Boistel de Bellpy, propriétaire, 20 fr. MM. Canaple , chanoine , &fr. ; Capellier, chanoine , 5 fr. ; Capella, curé du Pelit-Sf.-Jean, S fr. ; Castéja (comte de), 10 fr. ; Cosserat, négociant, 25 fr. MM. Dumont, curé d’Albert, h fr. ; frère Dauphin, directeur des frères, de la doctrine chrétienne, 10 fr. ; Delattre (Paul), propriétaire, 5 fr. ; Dary de Senarpont (comte), à Senarpont, 10 fr. ; de Cagny, curé d’Ennemain, 5 fr. ; de Beaumont, curé de Coisy , 3 fr. ; Drevelle (Edmond), négociant, 5 fr. ; Dehesdin, propriétaire, 10 fr. ; Defrance, restaurateur, 10 fr. ; Doria (marquis), à Caïeu , 20 fr. ; Duparc, notaire , 10 fr. ; Dupont- Bacqueville, négociant, 10 fr. ; Daveluy, négociant, 10 fr. ; Düvetle-Grandpré, propriétaire, 100 fr. : M Estourmel (marquis d'), à Paris, 20 fr. MM. Fîaquet, curé de Villers-sür-Authie , 5 fr.^ Fissot, curé de Camon , 2 fr. ; Fauvel (l’abbé), maître de pension, 5 fr. ; de Franqueville, rue du Soleil, 10 fr.; de Franquevilled’Abancourt, 10 fr. ; Faton de Favernay, 10 ft*. MM. Gravai, curé de Picquigny, 10 fr. ; Guidée , supérieur Digitized by v^ooQle du collège de la Providence, 5 fr. ; Gorguetted'Argœuves (de), 10 fr. ; Guerlin, receveur municipal, 5 fr. ; de Guyencourt, 10 fr. ; Gavois , curé de PucheviUers, 5 fr. MM. d’Hinnisdal (comte), à Regnières-Ecluse, 200 fr. ; Hulot, curé d’Essertaux, 5 fr. ; Herbault, architecte, 10 fr. ; Hocquet, curé d’Heudicourt , 2 fr. ; Hanocq , propriétaire, au Piessier- Rosainviller, 5 fr. M. Ingot, curé de Xoutencourt ,3 fr. MM. LéraiUé , curé de St.-Remi, 20 fr. ; L'abour , avocat à Doullens, 20 fr. ; Lardé, curé de Maison-Ponthieu, 2 fr. 50 c. MM. Lejeune, cuté de Longueval, 3 fr. ; Leroy, curé de Cauchy, 10 fr. ; Lecul, curé de Yareuues, 5 fr. ; du Liège (M. m * veuve), à Condé-Folie, 10 fr. ; Ledieu, négociant, 25 fr. ; Ledieu (M. m ® veuve), 25 fr. ; du Liège d’Aunis, à Boismont, 10 fr. MM. Mallet, prêtre à St.-Acheul, 3 fr. ; Mâlot, avocat, 10fr.; Mancel (J.), ancien adjoint, 20 fr. ; Mitiffeu, conseiller de préfec¬ ture , 10 fr. ; de Montalerabert, de F Académie française, 25 fr.; Marest, propriétaire, 100 fF. ; Martin , curé de Courcelles- sous-Moyencourt, 5 fr. ; de la Maison - Rouge , proprié¬ taire, 5 fr. M. de Nerville, receveur général, 100 fr. MM. Paillat, curé de St.-Jacques, à Abbeville, 3 fr. ; Pipaut, curé de Conty, 5 fr.; Poullin, curé d'Arret, 3fr.; dePuy- raimond (M.®® veuve), 1Q fr.; Pouillet, curé de Moyencourt,_ 5 fr. ; de Piémont, propriétaire à Eu; 10 fr. ; Péru-Lorel,. négociant, 10 fr. MM. Rousselle, curé de Carfcp-PÀmiénoiSiO fr. ; de Rainne- ville , à AUonville , 20 fr, ; Roger, curé deFrettemolle, 5fr. MM. de Salinis , évêqua d'Amiens, 200 fr.; Souverain , curé d’Hornoy, 3 fr. ; Solente , aumônier de la Visitation, 5 fr. ; Scellier, curé de ForceviUe , 5 fr. ; Société d'émulationd’Ab¬ beville , 20 fr, MM. de Tbieulloy , propriétaire à Bacouel, 20 fr. ; Tholomé, curé d'Epehy, 2 fr. ; Thuillart, propriétaire à Caix15 fr»; de- Tanlay, préfet de la Somme, 100 fr. Digitized by Google — 367 — M* Wf *en?e Varie* des Plantyes, Sir.; M. Villain, pro~ priétaira, 10fr, Total : 1,670 fr. 60 c. Deuxième Liste (2 juillet 1852). MM. André, propriétaire, 5 fr. i d’Anvin de Hardenthujv (Alphonse), capitaine de cavalerie , 10 fr, ; d’Anvin de Harden^ thnn (le baron), ancien garde du corps de Charles X, IQ fr. ; d’Anvin de Hardenthun (le chevalier), ancien garde du.çorpsde Charles X, 10 fr. MM, Bazenery, président à la cour d’appel, 10 fr.; Belq * ingénieur honoraire, 10 fr. ; de Biençourt (marquis), propriétaire à Paris , 80 fr. ; Breuil, jüge de paix, membre de la Société des Antiquaires, 10 fr. ; Benoît, notaire à Rosières, Sfr. ; Boca, ar¬ chiviste du département, 10 fr,; Blanger, vicaire à Péronne, 5 fr. MM, Cresspn-rPion, négociant, 10 fr. ; Cpltnaire , curé-doyen de Saint-Valéry, 5 fr. MM* Devimepx, avqué à Beauvais, 5 fr. ; Dubois de Fores-^ telle, 5 fr. ; Dargnies, propriétaire, k Court-Cheverny (Loir- et-Cher); 20 fr, ; Dauzet, ancien secrétaire-général de la pré¬ fecture, 10 fr. ; D’Haqgest de Lépinoy, propriétaire, Sfr. ; Dancoisne t notaire à Hénin-Liétard , S fr. ; Darsy, notaire à Gamaches , 10 fr. ; de Çagny, curé-doyen de Mailly, S fr. ; Decroix-Ledoux, maître d’hôtel, 5 fr. ; Dewailly, huissier à Corbie, S fr. ; Duval et Herment, imprimeurs , 10 fr. ; Pausse, adjoint, 40 fr. ; Duroyer, ancien maire d’Amiens , 100 fr. MM. de Fransures (le comte), à Viilers-Toiirnçlle, 20 fr.; Fleury, teinturier, 10 fr. ; de Franqueyille (Victor), propriétaire, 30 fr. ; Feuilloy, négociant, S fr. MM, Gastambide, procureur général, 40 fr:; Gosselin de Bénicoprt,, officier en retraite, S fr, ; Girard, conseiller * S fr.; Geollier-Fprtin, cafetier , 6 fr. MM.Hprbet de Raincbeyal, prop., 10 fr, ; Hamel, cons, l « r î Sfr. M. Uo de Pupel i % propriétaire, 10 fr, ; MM. Pesage , proprié¬ taire à Boyea, S f ».\ Pecadieu, curé de Thoix t S fr. ; Pacolley, Digitized by v^ooQle — 368 — ancien avoué , 8 fr. ; Pabbé Letemple, à Beaueourt-en-Santerre, 5 fr. ; Lendormy, vérificateur des domaines , 5 fr. ; Letellier- Beldame, artiste peintre, membre de la Société des Antiquaires, 18 fr* ; Hiéronyme Lefebvre , propriétaire , 5 fr. MM. Magdeleine , ingénieur en retraite, 18 fr. ; Madaré, fils aîné, propriétaire , 20 fr. ; Mille , curé de Vignacourt, 8fr. ; Mathiote, cafetier-restaurateur, 8 fr.; Madry-Chaussé, marchand de bois, 8 fr. ; de Mailly (le comte), ancien pair de France, 28 fr. M. Normand , curé de Sainte-Segrée , 8 fr. MM. Possel, propriétaire , 10 fr. ; Piteux, curé de Sorel-le- Grand , ï fr. 80 c. ; Pécoul , vicaire de St.-Remi, 8 fr.; Picart- Deflesselle, propriétaire , 10 fr. MM. de Queirieux (le marquis), propriétaire, 100 fr. ; Queval, curé de Liéramont, 2 fr. MM. de Riencourt (le vicomte), à Andecby, 10 fr.; de Roque- mont, conseiller , membre de la Société des Antiquaires, 20 fr.; M. me la comtesse de Riencourt, à Beaumont, par Hange9t-en- Santerre , 100 fr. ; Rivery, prêtre aux Auteux, 8 fr. ; Randoing, ancien membre de l'Assemblée législative, 80 fr. ; de Roucy, négociant, 10 fr. ; de Riencourt, propriétaire , 2,000 fr. MM. Souplet, propriétaire , 8 fr. ; Senard (Ovide), prop., 8fr. M. de Thieulloy (Edmond), à Thieulloy-la-Ville., 10 fr. M. de Yerton (le baron), propriétaire à St.-Martin-Eglise (Seine-Inférieure), 8 fr. M. Watteau , conseiller, 10 fr. Un anonyme, 8 fr. Total : 3,039 fr. 80 c. Troisième Liste (31 août 1882). MM. Allou , recteur, 10 fr. ; d’Aumale, (Gustave), proprié¬ taire, 8 fr. ; Andrieu-Egret, membre du conseil municipal, 8 fr.; comte d’AUonville , ancien préfet dé la Somme , à Marolles-en- Brie , 30 fr. ; lord Arundel Surrey, à Londres , 128 fr. MM. Bàrny (Antoine), propriétaire à Paris, 8 fr.; Boulenger, curé deContày, 2 fr. ; comte de Betz, chef de bataillon de la Digitized by v^ooQle — 369 — garde nationale , 20 fr. ; M. me veuve Braj eux, 10 fr. ; Brajeux fils, 10 fr. ; M. lles Bourdon , 10 fr. ; Bouté,V chanoine honoraire vicaire de St.-Riquier, 1 fr. MM. Caboche, receveur de l'enregistrement, à Roye, 10 fr. ; les curés du canton de Chaulnes , 15 fr. ; marquis de Clermont- Tonnerre , membre du conseil général , 20 fr. ; Cornet (Amable), 20 fr. M. 1,es d’Hubert, 10 fr* MM. Desjardins, ancien conseiller, 10 fr. ; Darras-Pillon, 5fr.; Deschamps de Pas, ingénieur h Saint-Omer, 20 fr.; Cadeau- d’Acy (Ernest), à Villers-aux-Erables , 10 fr. ; Darras, ancien notaire à Warloy-Baillon , 2 fr. ; Dauphin fils, avocat, 5 fr. ; Dequevauviller , chancelier de Mgr. de Valerga , patriarche de Jérusalem , 5 fr. M. le baron de Fourment, sénateur , 250 fr. M. me la vicomtesse de Galametz, 20 fr. ; MM. le comte de Gomer, 50 fr. ; Gosselin , vicaire de Péronne, 5 fr. ; de Guillebor. -Vaudeuil, ancien conseiller, 10 fr. ; Genest de Chatenay, 5 fr. ; M. ,Ies de Guimicourt, 10 fr. ; Gonsse , phar¬ macien, 5fr. MM. Hardouin , président du tribunal civil, 15 fr. ; Hareux, greffier du trihunal de commerce, 5 fr. ; Hullot, 5 fr. ; Hesse, propriétaire, 10 fr. M. Kulhmann , fabricant de produits chimiques , 20 fr. MM. L, D., ancien élève de St.-Acheul, 3 fr^ Levoir, filateur, 10 fr. ; de Lascous, ancien officier supérieur de cavalerie, 5 fr.; marquis de Landreville , 10 fr. M. Morgan de Maricourt, maire à Maricourt, 10 fr. MM. Petit, vicaire général, 10 fr. ; Paris (Edouard), vérifi¬ cateur des poids et mesures, 10 fr. ; Porion , ancien maire d’Amiens , 20 fr. MM. Retourné, curé de Selincourt, 2 fr. ; comte de R,ougé, propriétaire à Guyencourt, 100 fr. ; Rossignol, notaire à Pé¬ ronne , 5 fr. ; Rose, curé de Tilloÿ , 5 fr. ; Renard-Dprville, ancien colonel de la garde pationale, 10 fr. Digitized by v^ooQle — 370 — Société éduânne et commis&iou d'antiquités d'Autun , 50 fr. \ M. Siffait , secrétait général de la préfecture, 5 fr. M. de Vauguérin, diiecteur des contributions indirectes , 5 fr. M. de Waubert de Genlis (Louis) , 0 fr. Total : 1,048 fr» RECAPITULATION : 1. re Liste. .......... 1,073fr.806. 2. ® Liste. . 3,039 50 3 . ® Liste. ......... y 1,040 »» Total général .... 5,750 fr. »» c. LOTERIE PICARDE Pour la construction d’un Musée monumental à Amiens. Un autre projet, dont le succès n'est pas moins assuré que la souscription à la statue de Pierre l'Ermite , se référé à la Loterie picarde, autorisée par le Gouvernement pour là construction d'un Musée monumental à Amiens. Le principe de l'association rendra facile ce que le dévouement de quelques-uns n'aurait pu accom¬ plir. Notre belle province a d'ailleurs ici un intérêt puissant qui la sollicite et la détermine à s'associer à cétte oeuvre d'utilité pu¬ blique. Aussi, la pensée de la Société des Antiquaires de Pi¬ cardie est déjà parfaitement comprise, comme le démontrent le prompt écoulement des billets, l’empressement que chacun apporte à en demander tri dépèt pour éü faciliter le placement, et aussi le conoours généreux des souscripteurs à une entreprise qui intéresse si vivement la dignité des arts. Par an arrêté du 21 j uin dernier, que nous publions plus bas, M. le» Maire d'Amiens, à l'instar de ce qui s'est Lit à Toulouse, a ouvert un L*vre d'Honneur , sur lequel les souscriptions do 50 fr. et au-dessus seront fteritioMêés. Les archives de l*Rôtel- V :ized by (^.ooQle — 371 — de-Ville le conserveront à toujours > comme un témoignage de reconnaissance pour tous ceux qui auront attaché leur nom à l’élévation du Musée projeté. Dans le prochain Bulletin nous donnerons avec la première liste des souscripteurs, quelques détails sur la composition du livre d’or amiénois, à l’exécution duquel tous les artistes picards vont être invités à concourir. * Le Maire d’Amiens a ses Concitoyens , Depuis longtemps , l'opinion publique réclamait la création , à Amiens , d’un Musée qui réunît les collections de peinture, de sculpture, d’archéologie et d’histoire naturelle disséminées dans divers bâtiments communaux dont l’exiguité est un obstacle re¬ grettable à leur accroissement. L’administration municipale , en présence des charges incessantes de son budget, se voyait dans l’impossibilité de réaliser ce vœu de la population. La Société des Antiquaires de Picardie , qui a su justifier son titre d'établissement d’utilité publique , avant même que le Gou¬ vernement le lui ait accordé, a conçu l’heureuse idée d’ouvrir une Loterie au capital de un million de francs, comme moyen d’obtenir le fonds nécessaire h la construction d’un Musée. L’arrêté qui autorise cette Loterie réserve une somme de 250,000 fr. pour la formation des lots gagnants, et prescrit de les composer d’objets produits par Findustrie du département ; c’est assez dire que le commerce d’Amiens recueillera, en très grande pariie , le bénéfice de cette condition. La Loterie picarde, dont le bot est de créer un monument qui deviendra la propriété de la ville , a droit à toutes les sympathies de l’administration municipale. Elfes ne loi feront pas défaut. Le maire invite donc ses concitoyens à rivaliser de zèle et d’efforts pour faciliter les opérations de la Société des Anti¬ quaires de Picardie. Les commerçants ont un intérêt manifeste à ce que le prompt écoulement des billets hâte le moment où la commission pouffa, dans une exposition publique des lots, mettre en évidence les Digitized by v^-ooQle — 372 ressources et les progrès de notre industrie locale. Toulouse et Lyon nous ont donné l’exemple : le succès obtenu par ces deux villes doit nous encourager. Les personnes qui, par leur position et leur caractère , sont au-dessus des considérations d’intérêt personnel, (et le nombre en est grand dans une ville qui compte déjà tant de bienfaiteurs des établissements publics) ; celles qui, par leurs relations d’af¬ faires ou de famille, par les nécessités et les devoirs des hautes fonctions dont elles sont investies, ont été entrainées hors du lieu de leur naissance, toutes celles en un root qui, de loin comme de près, ont à cœur la gloire et la prospérité de leur pays, s’empresseront de concourir à une œuvre destinée à ac¬ croître l’éclat et la richesse de la cité. Le maire en faisant appel à toutes les sympathies de ses con¬ citoyens , sera heureux de s’associer au dévouement de la Société des Antiquaires de Picardie. Un registre spécial sera ouvert au secrétariat de la Mairie , pour constater les souscriptions de &Û fr. et au-dessus, et ce re¬ gistre sera conservé comme Livre d’Honnedr, aux archives de l’Hôtel-de-Ville. Fait à Amiens , à l’Hôtel-de-Villç, le 2* juin 1852. AtLART La huitième série des coutumes locales du bailliage d’Amiens vient d’être mise en distribution. Les membres de la Société qui ne l’auraient point reçue sont invités à la réclamer. Ceux des membres qui n'ont point encore acquitté leur cotisa¬ tion annuelle , sont priés de l’adresser à M. le trésorier qui, à partir du l. ér novembre, tirera à vue sur les retardataires la somme de onze francs. Amiens. — lmp. de Duvuet Hksmekt, place Périgord , 3. Digitized by v^ooQle BULLETIN DE U SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. li ra i nn is~ » v COMITE CEITRAL. ■ ai iii ain gi Séance du 9 Novembre 1852. M. le Président donne lecture d’une lettre qu’il a reçue de M. Daullé, architecte, relativement aux travaux de la cathédrale d’Amiens ; elle est ainsi conçue : Monsieur le Président, Permettez-moi d'appeler votre sérieuse attention, comme Pré¬ sident de la Société des Antiquaires de Picardie, et celle de vos collègues sur les travaux déjà exécutés et sur ceux que l'on doit entreprendre à la Cathédrale d'Amiens. Sous le vain prétexte de mettre les détails de cet édifice en harmonie avec le style de l'ensemble, l'architecte, chargé de la direction des travaux , se propose, dit-on, de faire disparaître les grilles et les boiseries qni garnissent le chœur et les chapelles. Hier, c’était un orgue dont il fallait trouver la place, ce que l'on a fait aux dépens de la beauté et de la majesté du chœur; demain ce sera la chaire que l'on sup¬ primera pour y substituer un banc d’œuvre dont l’utilité est au moins contestable. Afin de préparer les esprits à cette démolition, on prétend que cette chaire, chef-d’œuvre dans son genre pour¬ tant , n'est pas dans le style de l'édifice. Que l'on répare, que l'on restaure la Cathédrale , rien de mieux ; que si des additions sont à faire, on les fasse dans le style général du monument, je 29. Digitized by v^ooQle — 374 — le conçois encore , mais que Ton détruise, sans nécessité, des œuvres qui, pour n’être pas dans le style de l’époque, n'ont pas moins un mérite incontestable , c’est là ce que l'on ne peut ad¬ mettre. Aussi bien, si c'était un motif sérieux à prendre en con¬ sidération, il faudrait jeter par terre , dès aujourd’hui, certain monument qui date d'hier. Ne soyons donc pas si difficiles et res¬ pectons toujours ce qui est beau , quelqu'en soit d'ailleurs le style particulier. On se demande encore si c’est par amour de l'art que l'on a empêché à jamais par de lourdes et inutiles constructions le dé¬ gagement de la Cathédrale sur la rue des Soufflets et l'ouver¬ ture de cette rue. Puis, passant de l’orgue superflu à l’hor¬ loge égoïste, qui ne dit l'heure que pour elle, on arrive à recon=- naître qu’il y a des travaux extérieurs bien plus utiles à faire pour la conservation de l'édifice, que là doivent être employées les ressources que l’État met généreusement à la disposition de M. l'architecte. Quand un propriétaire gêné n'à pu faire en temps utile les réparations indispensables à la Conservation de Sa maison, et que des circonstances plus heureuses le mettent à même de faire ces travaux, il n’édifie pas de nouvelles choses ; il commence par solidifier les murailles, réparer la couverture, avant de faire à l'intérieur des embellissements et d'y introduire le luxe. Nous pensons que l’Etat et ses mandataires doivent se conduire comme ce propriétaire. Convaincu que mes observations isolées, quelque fondées et justes qu’elles puissent être, ^.obtiendraient pas l’accueil que la raison indique , j’ai pensé , Monsieur, qu'en éveillant son atten¬ tion et sa sollicitude , le corps savant que vous présidez et qui a déjà rendu tant de services ferait entendre sa voix , et que son autorité incontestable , en pareille matière, serait prise en haute considération. J'ai l’honneur d’être, etc. DAULLÉ, Architecte . Un membre critique le style de la lettre qu’il ne trouve ni sérieux ni convenable et regarde comme ctaimé- Digitized by v^-ooQle — 375 — riques les projets que M. Daullé prête à l'architecte delà Cathédrale. Les allégations qu’il porte n’Ont rien de fondé. An surplus, il se demande si la Société a le droit de s’in¬ sérer dans des affaires purement administratives, alors qu’il y a un comité compétent, qui seul peut contrôler les travaux dont il s’agit. ' — Un membre insiste sur le droit qu’a la Société de s’occuper de questions qui sont, avant tout, des questions d r arL—■ Unautre rappelle les termes de l’ar(. 4 des sta¬ tuts approuvés par arrêté du Ministre de l’instruction publique du 5 février 1839, par le conseil d’Etat et par décret du 18 juillet 1851, article ainsi conçu : n , « La Société veillera à la conservation des édifices an- » tiques qui ne sont point tombés dans le domaine privé; « et, à cet effet t elle s’entendra aveo les architectes des départements, pour que leur réparation ne devienne pas » une mutilation. » — Un membre propose de nommer une commission chargée de prendre des renseignements sur les change¬ ments que l’on projette à la Cathédrale ; sur le rapport qui lui serait fait, la Société présenterait les observa¬ tions qu’elle croirait convenables. Si le succès ne cou¬ ronne pas ses efforts, du moins elle aura fait son devoir. — Un autre membre appuie celte proposition, et rappelle une discussion qui eut lieu au mois d’octobre 1850, à laquelle il n’a point été donné suite à cause des promesses qui avaient été faites de ne rien changer à l’intérieur de la basilique. Aujourd’hui des changements regrettables ont été faits cependant. Il ne doute pas que M. le Ministre n’ignore complètement ce qui se passe. 29.* Digitized by v^ooQle — 576 — Après une discussion à laquelle plusieurs membres prennent part, la Société, saisie de diverses propositions, adopte la suivante : une commission sera nommée pour l’éclairer sur le mérite des travaux de suppression ou de modification déjà exécutés ou projetés dans la Cathédrale. Cette commission est composée de MM. Bazot, Lemer- chier, Le Tellier, Magdelaine et Dufour. Séance du 23 Novembre . — Lecture est donnée d’une lettre de M* le Ministre de l’instruction publique en date du 22 novembre , par laquelle il informe la Société qu’il lui a accordé, à titre de subvention , une somme de 500 tf. Des remercîments sont volés à M. le Ministre pour ce nouveau témoignage d’intérêt et de bienveillance. — M. Peigné-Delacourt adresse la note suivante rela- iative aux fouilles qu’il a fait exécuter à Quierzy, de concert avec M. Petit : Vous nous aviez chargés MM. de Grattier, Petit, de Quierzy, et moi, dès l’année dernière, de faire exécuter quelques fouilles à Quierzy, sur une éminence de forme quadrilatère , d’une éten¬ due de 60 mètres sur la gauche, dans la ligne parallèle au cours de l’Oise, dont le lit est éloigné de ce point de 50 mètres environ. Ce terrain offre 40 mètres d’étendue dans le sens transversal. À diverses reprises, notamment en 1842, on avait retiré sur ce point de nombreux matériaux de construction consistant en pierres de taille d'assez grand appareil et en moellons. . Le nom de Capelette , conservé à ce lieu , sa situation près de l’emplacement du palais habité par Pépin, Charlemagne et Charles-le-Chauve , jusqu’au temps où, dès les premières incur¬ sions des Normands, il fut détruit et brûlé; tout y indiquait l’exis¬ tence à cette époque d’une église ou chapelle. Nous étant préalablement concertés sur la direction et sur l’é¬ tendue des fouilles à pratiquer, l’un de nous, M. Petit, habitant Digitized by Google - 577 - Quierzy, voulut bien se charger de suivre personnellement le travail et de surveiller les ouvriers. En conséquence, le 15 octobre dernier, onze fosses furent pra¬ tiquées à des points assez régulièrement espacés, de manière à explorer toute l'étendue du terrain. Sur chacun d'eux, les fouilles furent poussées jusques au terrain naturellement stratifié. Il ne fut trouvé nulle part de vestiges de maçonuerie, mais partout des terres de décombre mélées à un sixième environ de pierres brisées en moellons. Sur deux points, à 50 centimètres environ de profondeur, au milieu de ces terrains transportés, existait une zone de un à trois centim. d'épaisseur, irrégulièrement répartie, formée de débris de charbon de buis, en menus fragments et en poussière, parmi lesquels nous avons parfaitement reconnu des grains de blé*, d'avoine et d'orge, des débris osseux en menus fragments, et des portions de vases en terre cuite , noire et rouge, n'of¬ frant aucun ornement ; sur deux points, les terres étaient par¬ semées de débris de tuiles plates de forte épaisseur, de forme romaine, ainsi que de fragments d'une sorte de stuc poli, peint à fresque, avec une couleur rouge-brun, sans ornements. Nous avons l'honneur de vous adresser des échantillons.des uns et des autres , ainsi que d’un petit cube de terre cuite blan¬ che , qui nous a paru provenir d’une mosaïque. Le rapporteur vous prie de recevoir un cachet en métal, trouvé peu de jours auparavant dans le champ absolument voisin. Il pré¬ sente un croissant au centre de Vécu, avec trois quintefeuilles 2 et 1 ; et pour exergue Scel Jackemart le Coreur. —M. Dufour, au nom d’une commission, donne lec¬ ture d’un mémoire en réponse à une demande de M. le Maire de la ville d’Amiens, dans lequel il établit les droits de propriété de la commune à la prison de la Conciergerie. — M. Breuil continue la lecture du rapport qu’il avait commencé sur un mémoire de M. l’abbé Santerre, relatif aux pelérinages et au culte des eaux et des fontaines. Le- Digitized by Google — 378 — rapporteur, après avoir cité , tant d’après le travail de M. l’abbéSanterre, que d’après ses propres recherches, une foule de pratiques encore en usage, et dont on re¬ trouve des analogues chez les peuples oriëntaux , conclut à l’impression du curieux travail soumis à son examen ( en ce qui touche le culte des eaux et des fontaines du dé¬ partement de l’Oise. Cette proposition est adoptée ; il est arrêté en outre que le rapport de M. Breuil sera égale¬ ment publié. — Le Secrétaire perpétuel annonce à la Société que les Çoutumes locales du Bailliage d'Amiens, publiées par M. Bouthors, ont obtenu , pour la troisième fois, une mention très-bonorable de l’Académie des inscriptions et belles- lettres (Institut de France). Il cite le rapport présente par M. Lenormand, au nom de la commission des antiquités nationales, inséré au Moniteur du 17 novembre 1852, equel s’exprime ainsi : « C’est aussi avec un véritable intérêt que votre com- » mission suit la publication des Coutumes locales du % bailliage d’Amiens, par M. Bouthors. Nous ne doutons ». pas que quand ce recueil sera complet, il n'ait droit de » prétendre à la plus haute des récompenses que vous » puissiez décerner. M. Bouthors est un feudiste comme » on l’était à l’époque où de grands intérêts se liaient à ». la connaissance de cette partie de l’ancien droit. Quand » la législation, ne. repose pas sur des principes abstrait^ n et quand elle découle d’une multitude de faits contra- » dictoires, il faut, pour en connaître tous les détours, % une rare intelligence des matières historiques *, .et.,.pour » l’étude des institutions féodales vers lesquelles la eu- Digitized by Google » riosité çeule peut pousser aujourd’hui, ou citerait peu » de personnes capables d’atteindre à la pénétration et à. » l’expérience que possède M. Bouthors, » D’unanimes applaudissements accueillent cette eommu-, nieation, et la Société, en félicitant M- Bouthors, arrêtes que cet extrait du rapport de M- Lenorroand sera inscrit au procès-verbal de la séance. —■ M, Dufour présente une fiole en verre de forte di-' mension et une belle patère en bronze trouvées dans les* terrassements que la ville d’Amiens fait exécuter k St>- Roch. — Des remerciements sont votés à M. Antoine, aux soins duquel la Société est redevable de la conserva¬ tion de ces deux objets d’origine gallo-romaine, •* *—M . Dufour annonce ensuite que les fouilles entreprises’ à Tours, sous la direction de M. Darsy, dans une pro¬ priété et avec le concours de M, le baron de Frières,. n’ont offert jusqu’à présent que peu de résultats. Cependant M, de Frières veut bien mettre à la disposition de la So¬ ciété, des ouvriers pour reprendre les travaux; cette gra¬ cieuse proposition est acceptée. Une Commission composée de MM. Bouthors, Magdelaine et Dufour est invitée à se rendre sur les lieux et à relever dans un rapport tout ce que les travaux pourraient présenter d’intéressant. Sémce 4% 14 décembre, — M, A. d’Héricourt, secré¬ taire-général du congrès scientifique qui doit tenir à Arras sa 20.‘ session, invite la Société à formuler un certain nombre de questions pour le programme qu’il doit publier prochainement. — Le soin de répondre à cette demande estrenvoyéau bureau» • - ;— Le Secrétaire perpétuel lit un travail de M. Des- Digitized by v^ooQle — 580 — champs de Pas, membre titulaire non résidant, ayant pour titre : Essai historique sur les monnaies des comtes de Ponthieu, suivi de quelques notes sur les mireaux de la collégiale de St.-Vulfran d’Abbeville. Cette notice est entendue avec un intérêt soutenu, et la Société décide qu’elle sera insérée dans le prochain volume ; des Mémoires. — M. Dufour, qui devait lire au nom de la commission î de la Cathédrale le rapport qu’il a rédigé, s’excuse de ne > pouvoir en donner lecture par suite de quelques docu¬ ments officiels qu’il tient à se procurer. Il demande en conséquence l’ajournement à une prochaine séance. — Cette séance est fixée au jeudi 23. — M. Forceville informe la Société que le modèle de - la statue de Pierre l’Hermite peut être considéré comme . terminé et invite ses collègues à prendre jour pour le visiter dans son atelier. En disant que son travail est fait, il entend ne parler que de l’ensemble ; quelques semaines peuvent suffire pour l’exécution des détails. Il'demande donc qu’il soit pris des mesures pour réunir les fonds né¬ cessaires à l’exécution du bronze, dépense qu’il estime ne devoir point dépasser la somme de 11,500 francs. Une discussion s’engage à la suite de laquelle la Société décide que le président de la commission sera invité à la réunir dans le plus bref délai, pour qu’elle ait à indi¬ quer les moyens qu’elle croira les plus propres à hâter l’exécution de ce projet. -— M. Bouthors informe que la Commission s’est ren¬ due le 6 décembre à 'Tours pour visiter les fouilles pra¬ tiquées dans le parc de M. le baron de Frières ; qu’elle y Digitized by v^ooQle — 581 — a reçu l’accueil le plus bienveillant, et que M. Magdelaine s’est chargé de faire connaître dans un rapport le résultat ■ de cette exploration à laquelle M. Darsy a bien voulu prêter son concours. , Séance extraordinaire du 23 décembre. —M. le Ministre de l’instruction publique écrit qu’il met à la disposition - de la Société les Archives des missions scientifiques et littéraires parues depuis 1849. Les livraisons de ce re¬ cueil seront pour la suite adressées à mesure qu’elles se¬ ront publiées. — Un membre demande la parole pour une communi- ? cation touchant les restaurations qui s’exécutent à la Ca¬ thédrale. Il expose que la galerie à jour qui surmonte le - grand portail et qui porte le nom de Salle de» musiciens, a vu , par suite des travaux qui y ont été faits, modifier > d’une manière notable son architecture primitive. Il ne sait pas jusqu’à quel point un architecte, chargé de la ré¬ paration d’un édifice public , peut se permettre de subs¬ tituer son style à une œuvre que le temps a consacrée ; il demande ensuite que cette substitution soit signalée à l’autorité supérieure, et offre de fournir à l’appui un plan détaillé de la décoration primitive. — M. Dufour lit, au nom de la commission , le rap¬ port qu’il a été chargé de rédiger sur les travaux exécutés à la Cathédrale d’Amiens.— Les conclusions de ce rapport sont mises aux voix et adoptées. M. le Rapporteur est en¬ suite invité à faire mention dans son travail des observa¬ tions présentées à l’ouverture de la séance. (V. page 390). — Le secrétaire de la commission Pierre l’Hermite, après avoir rappelé le chiffre auquel se sont élevées les Digitized by v^ooQle souscriptions, et la somme qu’il faut réunir pour faire face à la dépense, propose au nom de la commission; l.° de solliciter de S. M. l'Empereur une souscription qui entrainerait certainement une foule d’adbésions au projet qui aurait acquis un si puissant patronage ; 2.° d’ad- jondre à la commission quelques personnes étrangères à la Société qui consentiraient à l’aider de leurs démarches; 3.” de charger un membre de traiter avec un praticien pour l’exécution du grand modèle. Les deux premières propositions sont adoptées ; sur la troisième, un membre fait observer qu’il faudrait qu’au- paravant le modèle fut adopté par la Société. —r 11. Rigollot rend compte de l’impression favorable que lui a faite la statue ; il ne doute pas que la Société ne- soit du même avis, toutefois ce n’est pas seulement par elle qu’il voudrait voir partager cette opinion, mais par le public tout entier, Une exposition du modèle achevé, soit à Paris, soit è Amiens, influerait beaucoup, il le pense , sur le résultat des souscriptions. --•M. Foreevilie répond que finir sa statue qui est en demi-grandeur serait en ce moment un travail inutile, qu’il ne lui resterait point assez de temps pour que le grand modèle pût être exposé au proobain salon ; mais qu’il ne verrait aucun inconvénient à l’exposition du petit mo-. dèle à Amiens, pendant quelques jours. Sur la proposition d’un membre , rendez-vous estdonné pour le dimanche suivant dans l’atelier de M, Foreevilie, afin de visiter la statue. L’ordre du jour appelle le renouvellement du bureau pour l’année 1853. Sont nommés : Digitized by v^ooQle - 383 - Président: M. Masdeuaine; Vice-Président: M. Dufour; Secrétaire annuel: M. Janvier. M. Bazot est continué dans ses fonctions de Trésorier. COMITÉ PE BEAUVAIS. ' Séance du 19 avril 1852. Les travaux de restaura-* tion du petit portail latéral de Saint-Etienne, du côté du Nord, ont fixé l’attention de la Société. Cette partie du monument, qui se rattache au genre roman le pluq orné, présentait des difficultés sur lesquelles elle dési- ait connaître l’opinion de ceux de ses membres qui se sont ]e plus oecupés de l’architecture religieuse. M. l’abbé Barraud, qu’un suffrage unanime désignait pour eette mission, a bien voulu s'en charger. Dans le rapport dont il donne lecture, il rend le meilleur témoignage à l’habile architecte, M. Verdier, qui a parfaitement jus¬ tifié la confiance de l’administration et par la solidité des matériaux employés et par la parfaite harmonie de style qui font le grand mérite des restaurations bien entendues. — M. Caron, qui s’occupe avec autant d’intelligence que de bonheur à reproduire les sites les plus remarquables et les principaux monuments du pays par la photogra¬ phie, promet la reproduction de ce portail. — Une Commission est chargée de donner dans le Mu¬ sée la place là plus convenable à la collection de porce¬ laines de Sèvres dont la ville a été gratifiée si libérale¬ ment par lé gouvernement, et qui offre une réunion in¬ téressante d’ouvrages d'art et les types les plus parfaits des ustensiles usuels. — M. Lamothe, maire, prend occasion de ces travaux Digitized by v^ooQle - 584 - pour proposer à la Société de compléter cette collection en y joignant les produits les plus remarquables de la céramique fabriqués à Voisinlieu. On sait qu'il y a une vingtaine d'années, un artiste éminent, M. Ziegler, parvint, à force de persévérance et de sacrifices, à naturaliser cette belle industrie ; il s’ap¬ pliqua d’abord avec un rare bonheur à traduire les formes les plus belles des modèles empruntés aux Maures d’Es¬ pagne , aux Persans, aux Indous, aussi bien qu’aux maîtres de la Renaissance. Plus tard , les nécessités du commerce ont ramené les produits aux formes plus com¬ munes qu’adopte la consommation usuelle ; les premiers vases n’étant plus reproduits deviennent moins communs et même rares. 11 appartient à la ville de les conserver dans son Musée. Cette proposition est adoptée, et la Commission, chargée d’en assurer la réalisation. — M. Tremblay, qui se complait à louer toutes les illustrations du pays, offre une notice sur l’illustre fa¬ mille des Cassini. — La biographie du dernier des Cassini, par M. Dévie, curé de Mouchy-le-Chatel, a fourni à notre biographe beaucoup de renseignements intéressants. Jean Cassini, natif de Périqaldo, au comté de Nice, s’é¬ tait rendu célèbre à l’université de Bologne où il traça dans l’église principale le premier méridien. Appelé en France par Louis XIV, sous le ministère de Colbert, il épousa, en 1673, Geneviève Delattre, fille du lieute¬ nant-général de Clermont, et devint propriétaire des terres de Thury et Fellesval. Son fils, Jacques Cassini, né à Paris le 18 février Digitized by v^ooQle 1677, établit un observatoire à Thury où il lit, en 1753, d’intéressantes observations avec Maraldi, son compa¬ triote et son collègue. César François Cassini, son fils, lui succéda et devint directeur de l’Observatoire. Son fils, Jean-Dominique Cassini, naquit en 1748. La noblesse scientifique oblige encore plus que toute autre; Cassini l’avait compris; observateur infatigable, il entrait , en 1770, à l’Académie des sciences. Il avait surtout cette aptitude à la patience qui , sui¬ vant l’expression de Buffon, est le génie pour les sciences d’observation. Par une opiniâtreté que rien ne rebu¬ tait, il conduisit à son terme l’immense travail de la carte de France, ouvrant en quelque sorte un autre monde pour les études géographiques, par l’application de procédés nouveaux pour rendre les reliefs de topogra¬ phie locale. En 1774, il fut chargé de la jonction des méridiens de Paris et de Greenwich. Froissé violemment par la tourmente révolutionnaire, il se retira à Thury , partageant sa vie entre l’éducation de ses enfants et la bienfaisance la plus éclairée, dotant sa commune des établissements les plus utiles, et diri¬ geant ses concitoyens dans la voie du véritable progrès. Tout dans son modeste asile rappelait le sage ; l’her- mitage qu’il avait élevé près de la forêt de la Neuville , où était sa bibliothèque, portait pour inscription : De livres ainsi que d’amis, Il en faut peu , mais bien choisis. Un petit baril servait de siège, il portait sur un fond ; Digitized by Google - 586 - Petit qaartaut de viu d’élite Est suffisant pour un bermite. Et sur l’autre : Un peu de Vin, pas trop n’en tout, Pas trop non plus n’y mettre d’eau. Membre du Conseil général de l’Oise, de 1800 à 1819, il fut appelé Cinq fois à la présidence qu’il ne quitta que pour remplir les fonctions de secrétaire. Il eut le malheur de survivre à ses deux fils dont l'ün mourut au champ d’honneur ; l’aîné, magistrat distingué, fut enlevé à la Cour de cassation et à l’Institut qui l’avait' admis dans son sein comme naturaliste, par l’épidémie du choléra de 1832. Ce sage, après avoir vu la seconde moitié du xvnu s siècle et la première moitié du xix.% s’éteignit à Thury le 18 octobre 1845. Son corps repose dans le cimetière, avec cette épitaphe qu’il avait faite : Ci oit l’ami nas habitants de Thury. Qu’un autre que lui dans l’histoire Soit désireux d’étre cité; Il u’a point cette vanité : Hélas! il snffît h sà gloire. Que l’habitant de son hameau Donne nne larme à sa mémoire. Vienne prier sur son tombeau. Séance du 17 Mai 1852. — M. le Président présente un exposé des dons faits au Musée, et consistant prin¬ cipalement en médailles et monnaies. — M. Caron communique des épreuves obtenues par la photographie, et représentant : l.° les ruines dupor- Digitized by LjOOQle - 587 - tail et le petit portail de St.-Thomûs, 2.° le grand por¬ tail de St.-£ tienne. Ces épreuves sont surtout très-inté¬ ressantes au point de vue de l’archéologie, par la précision et lâ finesse des détails. Il exprime l’opinion qu’on pour¬ rait reproduire, par les mêtnes procédés , les objets d’in¬ térieur placés dans un jour favorable, entr’autres l’ex- voto qui se trouve derrière le chœur de St.-Etienne. — M. le docteur Daniel lit un fragment de son grand travail sur la ville de Beauvais avant 1789 ; il s’occupe spécialement, dans ce passage, de l’ancien palais épis¬ copal. Après des aperçus historiques empruntés à Loü- vet et à Loysel, sur quelques-uns des plus remarquables évêques de Beauvais du xi.* au xiv. e siècle, notam¬ ment sur Henri de France, Philippe de Dreux et Milon de Nanteuil, l’auteur insiste particulièrement sur l’épis¬ copat belliqueux de Simon de Nesle et sur les causes qui auraient amené au xiv. e siècle l’érection des deüx tours de l’évêché. Il rappelle à cet effet les longs démêlés qui ont troublé Beauvais à cette époque, les exactions des agents de l’êvèque préposés aux fours et moulins épiscopaux, la prétention du corps de ville d’affranchir la commune dé ces péages et de quelques autres, les violences commises de part et d’autre, et l’arbitrage enfin remis, après de longs délais, à la prudence de Guill. Bonet, trésorier d’Angers, et de messire Guill. de Marcilly, conseiller de Philippe IY. Leur jugement, dont un extrait a été emprunté au texte donné par Lou¬ vet , ( tome il, p. 515 ), condamnait la commune à une amende de 8,000 livres envers l’evêque, sans préjudice des amendes déjà payées au roi par la commune comme Digitized by v^ooQle - 588 par l’évcque. Suivant l'opinion adoptée par M. le docteur Daniel, d’après Hermand, qui se conformait lui-même à la tradition populaire, cette somme de 8,000 livres aurait été consacrée à élever les deux tours du palais épiscopal. — M. Tremblay lit ensuite deux notices ; la première, sur M. de la Hante, ancien maire de Crespy et président du conseil général de l’Oise ; la deuxième, sur M. Genty, de Senlis , membre aussi du conseil général de l'Oise,, après avoir été, sous Louis XVI, président de l’admis nistration provinciale d’Orléans ; pendant la Révolution » procureur-syndic du district d’Orléans ; sous l’Empire,* proviseur du lycée d’Orléans. . ,■% Séance du 21 juin 1852.— Un membre dépose un fregj ment de vase antique trouvé au rempart St.-Nicolas» et rappelle les regrets des archéologues sur la nécessité qui amena la démolition de la tour qui dépendait de cette partie de l’enceinte, elle offrait le singulier mélange d’up monument antique reposant sur des bases romanes dues à;des reprises en sous-œuvre. Il rappelle aussi que l’en¬ ceinte carrée que renfermait cette tour était ornée de peintures en réseau d’une grande solidité. — M. Tremblay présente le manuscrit de l’histoire de Senlis, auquel il travaille depuis plusieurs années. — M. le docteur Daniel lit une notice sur le palais épiscopal, converti en palais de justice. Il décrit avec soin les différentes parties de cet inté¬ ressant édifice, aujourd’hui classé parmi les monuments nationaux ; son état avant le siège qui l’endommagea fortement, l’incendie qui faillit le détruire et sa recons¬ truction en 1500, par Louis de Villiers, son 81.* évêque. V Digitized by v^ooQle 11 rappelle que la tour de Groult dont nous voyons encore les ruines, et qui formait en quelque sorte un des ouvrages avancés du palais, a été construite en 1180 et qu’en 1290 Thibault de Nanteuü y fit de notables augmentations. 11 donne des détails circonstanciés sur les deux tours qui en forment encore aujourd’hui la prin¬ cipale entrée et qui rappellent les longs et graves dé¬ mêlés qui, dans les temps féodaux , ont divisé nos tur¬ bulents ancêtres et le prince auquel ils obéissaient ; il fait connaître qu’en 1306, à l’occasion d’un droit sur la mouture, la vjUe s’insurgea contre Simon de Clermont qui fut chassé. Le prélat ne put opposer à l'émeute triomphante que les armes spirituelles alors puissantes, en prononçant l’interdit et l’excommunication, et la guerre ne finit que par un arbitrage du 29 octobre 1306, à la suite duquel la commune consentit au paie¬ ment de 8000 livres. L’évèque s’engagea alors à lever toutes les défenses dont il l’avait frappée, et à mettre en oubli tous les torts des Beauvaisins, promesse qu’il mé¬ connut , en défendant par son testament qu’on l’enterrât À Beauvais. C’est avec l’argent de la ville qu’il fit élever les deux tours de l’entrée de son palais. Cependant le tribut que lui paya la commune lui profita peu ; car un arrêt du Parlement le condamna lui-même à payer la somme de 6,000 liv., pour n’avoir pas su conserver dans son comté la part du Roi, à qui la somme fut déclarée acquise. Digitized by v^ooQle DÉLIBÉRATION CONCERNANT LES TRAVAUX DE LA CATHÉDRALE D AMIENS. Séance du 23 Décembre 1852. M. le Rapporteur de la commission (1), chargée par la Société d’apprécier le mérite et la convenance des travaux intérieurs ou extérieurs, récemment exécutés à la Car thédrale d’Amiens, s'exprime en ces termes : Messieurs , •€ « Des travaux considérables s’exécutent depuis quelques années à la Cathédrale d’Amiens. La direction qu’on leur imprime a soulevé diverses réclamations dans la pressé locale et dernièrement encore le Mémorial publiait une lettre de M. Daullé, architecte, qui appelle votre atten¬ tion sur les changements projetés ou accomplis dans l’in¬ térieur du monument (2). » Sur la communication qui vous en a été donnée dans votre séance du 9 novembre et que vous ne pouviez rece¬ voir plus tôt à cause des vacances, vous avez reconnu qu’il y avait lieu de charger une Commission d’apprécier (1) Cette commission était composée de MM. Guerardf, Lemerchïer, Magdelaine, Bazot, Letellier et Dufour. (2) Voirie Bulletin de la Société des Antiquaires^ Picardie, tom.iv* page 373. Digitized by v^.ooQle — 3Ô1 — le mérite et la convenance des restau rations, construc¬ tions ou changements tant intérieurs qu'extérieurs, pro¬ jetés ou exécutés à Notre-Dame d’Amiens. » Avant d’aborder les diverses questions qui se ratta¬ chent à ces travaux, la Commission tient à répondre à une objection présentée légèrement, et qui, si elle n’était dé¬ truite , pourrait, en égarant l’opinion publique , enlever au jugement de la Société le degré d’autorité auquel elle doit prétendre avant tout. - » La Société des Antiquaires de Picardie a-t-elle qualité pour apprécier la convenance des travaux qui s’exécutent "à la Cathédrale? Lui appartient-il de faire connaître son sentiment sur le caractère des changements qui se pré¬ parent ou qui sont déjà effectués ? , » Votre association, Messieurs, disons-le de suite, n’au- L " rait aucune raison d’être, si nous devions rester té¬ moins muets et impassibles d’une mutilation qui affec¬ terait soit la solidité d’un monument public, soit sa décoration architectonique; et il serait dérisoire que la Société parfaitement compétente pour sauver de la ruine ' une statue , un bas-relief, un objet d’art d’une valeur uniquement relative , fût sans droit pour faire respecter l'ornementation d’un édifice qui fait à lui seul la gloire de toute la chrétienté. » Mais vos statuts renferment à cet égard des disposi¬ tions d’autant plus péremptoires qu’elles ont été approu¬ vées par le conseil d’Etat et annexées au décret du 18 juillet 1851 qui élève la Société au rang des établisse¬ ments d’utilité publique. . » En effet, l’article 2 détermine les monuments qiii 30.* M Digitized by v^ooQle — 592 — doivent principalement appeler votre attention, ef fodeu¬ xième paragraphe mentionne les églises , tous les gethibs DE DÉCORATION SOIT INTÉRIEURE, SOlf EXTÉRIEURE QUI LES RENDENT RED A RQU ARLES , LES SCULPTURES , BOISER IES, TITRES PEINTES, ETC. » Dans l’article 4 qui d’est pas inoins précis, dn lit : la Société vrillera a la conservation des édifices an¬ tiques qui ne sont point tombés dans le DOMAINE public , ET , A CET EFFET , ELLE S'ENTENDRA AVEC LES ARCHITECTES DES DÉPARTEMENTS POUR QUE LEUR RÉPARATION NK DETIENNE PAS UNE MUTILATION. » Enfin, pour démontrer que la Société ne sort, en au¬ cune façon, du cercle régulier de ses travaux en doimarit un avis qui ne lui est point demandé, il suffirait de rappeler la circulaire du 20 décembre 1834 de M. le Ministre de la justice et des cultes. Elle signale les ser¬ vices qoe les sociétés archéologiques ont déjà rendus^ l’administration par leurs efforts j udfcieux à prévenir la suppression ou la mutilation des monuments anciens, et invite ces compagnies à communiquer le résultât de leurs recherches concernant lés églises qui se recom¬ mandent à l’attention du Gouvernement, en hntiqo&nt sous quels rapports elles méritent cette attention. fPièèe justificative A.) » N’est-ce point en conformité de ces instructions minis¬ térielles que l’administration départementale a plusieurs fois chargé la Société de surveiller la restauration des sculptures du portail principal et de celui de St.-Hottoré, ou des peintures qui décorent le pourtour du chœur de là Cathédrale. V,, Digitized by v^ooQle — 595 — » Après avoir étahh un droit d'intervention qui oescrait point contesté, si oa avait des éloges à attendre, la cojmaissirwi doit vous justifier . Messieurs, de ne l’avoir point encore exercé, » L’opinion publique s’est complètement égarée sur l'attitude de la Sociétédans les débats qui déjase sont en- jagés à l’occasion des travaux de la Cathédrale ; en l’a accusée d’indifférence, peut-être même de faiblesse ; on a mis en doute sa sollicitude pour la conservation intacte v de ce magnifique monument et des œuvres d’art qui lui doaneat tant d’éclat. Jamais reproche ; ne fut plus injuste. Sans vous entretenir de la part que deux de vos collègues prise publiquement à cette discussion, nous devons yous rappeler la délibération qui a marqué votre séance .,du $3 octobre 1850. Déjà , à cette époque, on s’entre¬ tenait de projets qui devaient modifier sensiblement l’état antérieur de l’édifice ; un membre les a signalés à votre attention,, en vous invitant à agir auprès de l’autorité. î> Lesehangements quel’on prévoyaitalors intéressaient les stalles, les grilles du chœur et la gloire du sanc¬ tuaire. La Société concevait de sérieuses inquiétudes sur leur conservation,,et après une discussion animée, elle émit le vœu d’étre informée des modificiitions qui pour¬ raient tètre projetées dans la Cathédrale. Il fut arrêté, en outre, qu’une pétition serait adressée au conseil mu¬ nicipal d'Amiens pour le prier d’intervenir ; au près de ^administration supérieure afin que ces modifications ne portassent aucune atteinte à l’état actuel du chœur et dp sanctuaire. » Mais dans la séance du 13 novembre, M. le Président Digitized by v^ooQle — 394 — fui autorisé à vous annoncer officiellement qu’il ne serait fait aucun changement dans l’intérieur du monument et que l’architecte était tout disposé à vous communiquer ses plans et projets de restauration ou de décoration. » Trop confiante dans cette déclaration toute spontanée, la Société décida qu’il ne serait donné aucune suite à sa délibération précédente, qui lui semblait alors avoir pro¬ duit tout le résultat qu’elle en attendait. » Ce n’est donc point tardivement et en cédant à la pres¬ sion de l’opinion publique que la Société se préoccupe des moyens d’assurer à la basilique amiénoise la protection qu'elle lui doit, et si elle élève aujourd’hui la voix, c’est avec la ferme confiance qu’on ne saurait se méprendre sur les sentiments qui l’animent. » Sa pensée, en effet, ne peut être dénaturée ; ce que nous avons à apprécier , c’est le mérite de certains tra¬ vaux ou changements qui pourraient modifier l’état ac- # tuel de la Cathédrale. Est-il convenable de supprimer les grilles, la gloire et tout ce que le siècle de Louis XV a prodigué de décoration dans ce monument, grâce aux libéralités de Mgr. de la Mothe et de son chapitre ? tel est le seul point que vous ayez à examiner et votre commission, Messieurs , ne voit rien dans cet ordre d’i¬ dées qui puisse affaiblir dans l’esprit des masses le res¬ pect qu’inspire l’autorité épiscopale. Ne sait-on pas d’ail¬ leurs qu’elle est uniquement chargée du spirituel et que le clergé et les fabriques des cathédrales n’ont que le simple usage des églises, qui restent la propriété de l’Etat ou des communes. Les lois et réglements sur la matière sont formels, et nous n’avons garde de les rappeler au y Digitized by v^ooQle vénérable prélat qui administre le diocèse d’Amiens. Son esprit -éclairé et le parfait sentiment des convenances qui l’anime lui feraient un scrupule de s’écarter des termes de la circulaire ministérielle du 1." décembre 1838. En présence des principes de droit administratif qui s’y trouvent rappelés, aucune considération ne s’oppose à ce que la Société se livre à une discussion purement artistique et qui ne doit et ne peut embrasser que les actes seuls de l’architecte. » Après' ces observations préliminaires, il convient, dans l’intérêt même de l’histoire du monument qui nous occupe, de rappeler sommairement les circonstances qui ont signalé la reprise des travaux en 1850. » Au mois de janvier de cette année, une commission du conseil municipal se concerta avec l’architecte sur les mesures à prendre pour dégager la Cathédrale des constructions qui l’obstruaient de divers côtés et sur la part de concours que l’Etat pourrait prêter à l’exécution de ce projet. » Voici dans quels termes le conseil municipal a été in¬ formé , par sa commission , du résultat de cette confé¬ rence: (Séance du 26 février 1850.) « L’Etat se chargerait de la suppression des sacristies » et des masures accolées à l’édifice, y compris le loge- » ment du suisse placé à l’angle Nord-Ouest du grand » portail, non compris par erreur sans doute dans le » plan d’alignement, ainsi que du logement placé dans » la cour du Puits-de-l’GEuvre, le long du cloitre Notre- » Dame. Ces terrains seraient réunis à la voie publique. » La chapelle des Machabées , le bâtiment qui y attient Digitized by v^ooQle » » et le cMtre qui lie cette confection à la Cathédrale t> seraient restaurés et augmentés d’nnè continuation de » cloître, le tout pour offrir les moyens d’établir une » sacristie» une salle de catéchisme et le logement né- » cessaire aux deux serviteurs gardiens de l’église. La '■ •» condition de ces sacrifices serait que la vilieachêterait ° > et ferait disparaître les maisons placées entre l’abside ' » et la grande porte de i’èvècbé. La célérité apportée à B » l’exécution de cette obligation serait la mesure de r » celle que mettrait l’Etat à faire les travaux ci-dessus h ”» indiqués. » L » Le Courrier de la Somme , en rendant compte, te 27 r février, de cette séance du conseil, annonçait que, pour " compléter les travaux d’amélioration dont tes abords de la Cathédrale devaient être l’objét , uhe voie publique 1 COUStËNÇANT À LA RUE DES SOUFFLETS ÉTABLIRAIT LA CIRCU¬ LATION AUTOUR DE L’ÉDIPICB. • ■' » Chacun de nous, Messieurs, applaudit à cette pensée d’isoler le plus beau monument religieux que l’art ogival ait élevé en France, de lui rendre enfin l’air et l’espace ’ que réclamaient ses grandioses proportions ; il semblait que ce serait le grandir davantage et l'honorer comme les ‘ cathédrales d’Orléans et de Paris. L’église de Saint-Ger¬ main l’Anxerrois doit être aussi prochainement dégagée et en entrant prudemment ici dans la même voie., on aurait évité de mécontenter l’opiuion publique et de bles¬ ser les règles de la bonne foi. * Personne ne pouvait douter en effet que le'compte- rendu du journal me'fût parfaitement exact ,' il étoa ■«ait du secrétaire même du conseil et il semblait Digitized by v^ooQle -exprimer officiellement la pensée de la délibération , puisque l’affiche annonçant l’ouverture de l'enquête sur le projet d’acquisition des trois maisons de la plaoe Saint- Michel , portait en tète ces mots : Isolemeht ®e ia CATHɬ DRALE ET DéGAGEttlÈNr DE u’ÉvêCHÉ. » Mais à peine le sacrifice des 45,500 fr. était-il voté par la ville pour sa part dans les frais d’isolement, que Ton entreprenait dans l’avenue du palais -épiscopal la construction d’une salle de catéchisme qui devait être cependant, d’après te rapport cité plus haut, établie du «été des Machabées. La direction que l’on donnait au nouveau bâtiment était un obstacle à Couverture -de 'la rue projetée peur isoler la -Cathédrale. Pourquoi donc engager la ville dans une dépense considérable, lors- Le sentiment des arts ne prescrivait-il point un sys¬ tème d’architecture qui s’harmonisât avec le style de l’é- difide principal? Si les monuments civils du xm.* ou du commencement du xiv.»sièole se rencontrent rarement, esfc-ce une raison pour adopter une époque d’un caractère si lourd et si monotone, et ne pouvait-on donner à la Car- tbédrale d’Amiens un entourage plus digne d’elle et de l’ère ogivale dont die nous a transmis le plus parfait specimen. » On paraît se complaire à élever autour de l’abside des monuments de diverses époques , mais à l’inté¬ rieur , on change complètement de système. Ici on tient On profond mépris tout ce qui, dans la décoration, n’ac- cusepasle xiii.* siècle le plus pur, et comme la Cathé¬ drale ne renferme rien dans son ameublement qui date de sa construction, les esprits ne sont pas sans inquié¬ tude sur le sort de cette ornementation si riche dont le siècle de Louis XV l’a dotée» » Les grilles du chœur sont particulièrement menacées ; l’une d’elles a déjà disparu , sous le prétexte que l’éta— Digitized by v^ooQle — 402 — blissement du jeu d’orgues s'opposerait à sa remise eu place. C’est là une véritable défaite , et les hommes de l’art affirment que la grille sera facilement rétablie lorsqu’on le voudra. » Votre Commission, Messieurs, n’a point à faire valoir devant vous le mérite de ces magnifiques clôtures en'fer où le dessinateur a prodigué toutes les ressources de son talent. Mais à côté de la belle ordonnance de ces grilles , chacun admire la difficulté du travail. Vivarais qui les a exécutées en 1764 sur les dessins de Micbel-Ànge Slodtz a fait un véritable chef-d’œuvre de serrurerie ; les impostes sont décorés de fleurs, de grappes de raisin', d’attributs religieux et même de portraits et tout cela est d’une exécution qui donne aux clôtures du sanctuaire une valeur d’autant plus grande, que l’on ne pourrait actuel- 1 lement travailler le fer avec un égal succès. La fonte a supplanté l’art du serrurier ; il faudrait aujourd’hui, d’après l’avis d’hommes compétents que nous avons con¬ sultés, former à grande peine tout un atelier pour par¬ venir à la construction de ces grilles monumentales. Ce serait là une dépense considérable, qui ne produirait peut-être pas tout le résultat qu’on en attendrait. » Il n’est pas un auteur qui ’n’ait, en écrivant sur la Cathédrale, fait l’éloge des grilles du sanctuaire, et s’il nous fallaitune autorité pour lespréserver du vandalismequi les menace, nous la trouverions heureusement dans le clergé. Notre honorable collègue, M. l’abbé Jourdain, s’exprime ainsi dans l’excellente description qu’il a publiée des clô¬ tures historiées du sanctuaire : « Pour Amiens, nous ne redemandons pas toutes nos Digitized by Google — 405 — » clôtures démolies ; les grilles qui les remplacent au- » tour du sanctuaire sont un bel ouvrage de serrurerie ». qu'il faut conserver à son tour; nous demandons seu- » lement en grâce que les deux précieux restes demu- » raille historiée auxquels on ira pu substituer des grilles » soient désormais mieux respectés qu’ils ne l’ont été » jusqu’ici (1). » » De quelle autorisation s’est-on pourvu pour opé¬ rer l’enlèvement de la grille du chœur que nous si¬ gnalions il y a un instant? M. le Ministre des cultes avait seul qualité pour l’autoriser, comme.il l’a rappelé par sa circulaire du l.* r décembre. 1838, et si les rensei¬ gnements qui nous ont été donnés sont exacts, on ne l’au¬ rait même pas consulté. Ce qu’il y a de constant, c’est qu’on ne trouve à la Préfecture aucune trace d’une sem¬ blable autorisation. » Si maintenant nous passons au jeu d’orgue , nous trouvons un clavier avec des accoudoirs de goût moderne implantés au milieu des stalles et venant rompre le coup- d’œil qui cherche à embrasser dans un regard d’admira¬ tion l’ensemble de ces magnifiques boiseries. Trois pan¬ neaux pleins , ont été enlevés et remplacés par des pan¬ neaux fleurdelysés à jout dont l’aspect contraste avec le nu des hauts dossiers des formes voisines; Enfin on a établi derrière, la maçonnerie de l’arcade un'buffet dont l’emplacement vient couper la ligne architecturale du bas- côté. Cette armoire, pour l’appeler par son véritable nom , se comprendrait dans les églises modernes de Pa¬ ris , mais à Amiens , au milieu de cette architecture si (1) Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tom. ix, p. 164. Digitized by v^ooQle sévère et en même temps d’on aspect aussi religieux » établir un pareil meuble,, c’est un contresens et un manque de goût. Un fait bien autrement grave, c’est la mutilation déplorable que l’on a fait subir à l’appui dea stalles basses dont la scie a fait disparaître un fragment de lm. 60ce(kt. de long, sur 85 oenLde large. Sans respect pour ce précieux vernis que le temps a imprimé au vieux chêne , sans pitié pour ces boiseries que le chapitre d’Amiens prenait autrefois sous sa protection en interdis- saut d’y poser un seul clou, on s’est rendu coupable d’un sacrilège qu’on chercherait en vain à couvrir d’une autorisation ministérielle. M. Ié Ministre a consenti àl’é- tarissement d’an jeu d’orgues, c’est vrai, mais lui arUm fait savoir l’emplacement qu’on lui ménageait. Sa lettre du 28 décembre 1850, entièrement muette à cet égard t semble témoigner qu’on ne lui a demandé qü’une part dé eonoours dans les frais d’acquisition. Les plans et devis qui lui ont été soumis ont-ils pu éclairer sa religion? nous l’ignorons, nous les avons vainement recherchés dans le dossier de la Préfecture ; en tout cas, il est cons¬ tant que le gouvernement aurait prescrit un autre emplacement, s’il avait été informé des conséquences fé- oheuses que les stalles de la Cathédrale devaient éprouver du voisinage d’un orgue. » Lorsque l’opinion publique s’émut, il ya deux ans, des modifications que cet établissement apporterait à l’état ac¬ tuel des boiseries , une note demandée par l'administration parut au Courrier deiaSomme pour rassurer là population, et le 31 octobre 1850 on garantissait au public que , pour poser l’orgue, il ne serait pas enlevé aux stalles du chœur Digitized by v^ooQle — 40;i — un éclatée la grosseur d’une épingle et qu’il serait même complètement invisible. (Pièce justificative E.) » On sait ce qu’il est advenu depuis de ces promesses officielles et comment on s’y est pris pour dissimuler la présence d’un orgue qui a nécessité la mutilation des stalles si justement vénérées jusqu’alors par le clergé, et dont le buffet ne compte pas moins de 25 pieds d’élévation sur 10 de large. » Les changements déjà opérés et cette résolution que l’on paraît avoir prise de ne tenir aucun compte du mécontentement public semblent donner quelque fondement aux. inquiétudes que l’on manifeste relati¬ vement à la gloire du sanctuaire. On ne peut lui pardonner d’avoir été construite au 18.* siècle par un artiste d’Amiens, et à la suite d’un concours ouvert par le chapitre. » Pour la protéger contre les profanations dont on la menace, nous ne pouvons mieux faire que d’invoquer l’opinion de l’honorable collègue dont le nom fait autorité dans l'histoire de l’art. Voici, en effet, comment M. Ri- gollot s'exprimait dans votre séance du 23 octobre 1850 ; a La gloire de la Cathédrale d'Amiens est une œuvre » très-remarquable pour l’époque ; il faut la considérer » surtout avec les anges, les évangélistes , et tous les » ornements qui se trouvent appliqués sur les piliers du » chœur. Cette décoration fait le plus grand honneur à » l’artiste amiénois qui l’a produite et forme un ensemble » on ne peut plus régulier et plus satisfaisant. » » M. Gilbert, dans sa description de la Cathédrale d’Amiens , fait remarquer le bel effet que produit cette 31. Digitized by v^ooQle gloire rayonnante au-dessus du maître-autel ; il signale l’expression respectueuse des anges et des séraphins qui s’y trouvent groupés ; leur pose, ajoute-t-il, et leur forme élégante et gracieuse fixent l’attention des amateurs qui , malgré l’incorrection de leur style, rendent justice au. talent de l’architecte Christophe, qui a conçu et exécuté cette riche décoration en 1768 (1). » Mais ce n’est point seulement comme artiste qu’il faut l’envisager, et si quelque chose la recommande tout particulièrement à la sollicitude du clergé, c’est le sen¬ timent religieux qui domine dans cette composition. N’est-ce point là, en effet, une sublime apothéose de la foi qui élève l’àme vers Dieu et résume, dans cette expo¬ sition permanente de l’hostie consacrée, tous les saints mystères de l’église. Nous devons espérer que l’esprit novateur avec lequel on médite certains changements dans l’état actuel du sanctuaire s’arrêtera cependant de-, tant cette image vivante de l’adoration. Sans doute il eut mieux valu ne point l’élever au fond du chœur , comme une barrière qui interdit à l’œil de pénétrer jusqu’au fond de l’abside, mais elle existe, et sa magnificence, pour être toute moderne, n’en a pas moiqs de droits aux, respects des chrétiens comme des artistes. ô » Nous ne pouvons admettre que l’on médite égale-? ment la suppression de la chaire ; c’est encore l’ar¬ chitecte Christophe qui l’éleva en 1773. M.Gilbert % écrit que ce morceau de sculpture jouissait d’une grande; réputation (2) ; nous n’irons pas aussi loin ; mais» (t) M. Gilbert, description historique de la cathédrale d’Amiens, p. 305. .(*) Ibid., p. 140. bX. Digitized by v^ooQle — 407 — _ . nous prétendons que son aspect grandiose mérite bien qu’on lui témoigne quelques égards. Si on en a exagéré la valeur en la plaçant au nombre des plus belles chaires de France, il est certain toutefois qu’il est fort peu de cathédrales où on puisse rencontrer un monument de cette époque d’une forme plus noble et d’un caractère plus imposant. » Cette tendance à vouloir supprimer dans un monument ancien toutes les œuvres d'art modernes qui le décorent, s’est produite déjà dans diverses circonstances, et lors¬ qu’elle a été signalée au Comité des arts et monuments établi près le ministère de l’instruction publique, une vive protestation s’élevait contre les architectes qui la manifestaient. (Pièce justificative F.J » Aussi que de paroles amères n’aurait-on point fait entendre, il y a 5 à 6 ans, si les faits que nous venons de signaler s’étaient alors produits dans la Cathédrale d’Amiens 1 Quel blâme on aurait infligé à l’architecte, qui se serait permis d’altérer la décoration de la balus¬ trade dont le dessus de la grande rose est couronné I Cette partie du grand portail , connue sous le nom de Salle des Musiciens , se composait d’une galerie que décoraient des trèfles losangés, au milieu desquels s’ou¬ vraient cinq arcades de forme surbaissée. On a jugé con¬ venable de substituer à cette ornementation du xiv.° siècle, que le temps avait consacrée et que l’archéo¬ logie respectait, en l’étudiant, une série de 15 arcs en ogive encadrés de clochetons. Lorsqu'on présenta à M. le Ministre des cultes un devis de 322,735 fr. 75 c. pour la restauration du grand portail, l’a-t-on in- 31.* Digitized by Google — 408 =r formé des changements que l'on méditait? Loin de là, on a déclaré un cube de maçonnerie de 30 métrés 03 centimër très, parfaitement conforme au métré de l'ancienne gale¬ rie. frétait - ce peint exprimer l’intention de la re¬ produire fidèlement, alors surtout qu’on prenait l'enga¬ gement de déposer avec soin tous les morceaux qui se¬ raient susceptibles d’être remis en œuvre. s Après avoir reconnu ainsi que la décoration de l’an¬ cienne galerie n’offrait rien de choquant pour le style * général de* l’édifiee, l’arcliitecte a pris sur lui d’en altérer sensiblement le caractère, et pour expliquer ce change¬ ment déplorable, on soutient que les ornements de l’an¬ cienne balustrade produisaient un mauvais effet, qu’ils étaient d’un caractère mesquin, etc. —Mais oublie-t-on que la tour du Nord n’a point d’autre couronnement, et ■qu’en le restaurant, l’architecte s’est senti dans l’obliga¬ tion de respecter l’œuvre de ses devanciers. Quelle étrange contradiction! Et comment ne se croit-on pas assez honoré d’avoir à réparer unmonument d’une si grande valeur d’art que la Cathédrale d’Amiens, pour se permettre certaines modifications qui peuvent ne pas rencontrer une approba¬ tion générale. Que l’arcbiteete, s'érigeant en juge souve¬ rain dans sa propre cause, trouve ce qu’il fait de beaucoup • préférable, à ce qui existait, cela se conçoit «ans peine, - mais dans les questions d’art et de goût, qui ne peuvent ;se discuter, un jugement isolé ne saurait prévaloir contre lesentime public. Avec une retenue prudente et reli- -giense, on échappe infailliblement à la critique lorsqu’on se renferment dans les conditions premières de l’entre¬ prise et que l’on se borne à reproduire la penséç de Digitized by v^ooQle l’artiste qui a conçu et exécuté sous l'inspiration de la foi religieuse de l'époque » Le déplacement de l’horloge ne doit point passer in¬ aperçu dans un rapport qui embrasse tous les change¬ ments opérés depuis peu à- la Cathédrale. Le timbre se trouvait placé autrefois sur l’un des contreforts du Sud-¬ Est de la tour du portail qui fait face au cloître de l’horloge. I/architeete a jugé convenable de l’établir dans le comble qui couronne la tonr et en le pré¬ sentant à une lucarne qui s’y trouve pratiquée* Le» es 1 - pèces de joues et le chaperon dont cette lucarne est garnie, emprisonnent les Vibrations de celte horloge égoïste qui ne sonne plus que polir elle, comme l’exprime avec râiSéto la lettré que vous avez reçue. La sonnerie était destinée à' tout le quartier de l’Est qui n’en' possède aucune, et maintenant elle n’est plus entendue que du quartier Ouest qui ést déjà desservi par trois horloges communales. » Le conseil municipal, préoccupé dtl désordre qu’un pareil état de choses jetait dans lés habitudes de la popu¬ lation ouvrière*, ne pouvait rrtiétit critiquer les disposi¬ tions vicieuses que l’on avait prises sans le consulter, qu’en refusant) de voter les frais de déplacement qu’on lui réclamait. C’est ce qu’il a fait sous la fortné d’un ajournement , dans sa séance* du là décembre 1951* De¬ puis lors , une lettre a paru dans’ l'itori de l’Ordr* (1) ; l’architecte déclare que la sonnerie doot on voulait ce¬ pendant faire supporter la dépense quelques jour» aUpâ- (I^Voir te N." Sa ïO jartvtet lSSî. . 1 ' . ..... Digitized by Google ravant par l'administration municipale, •n’était que pro¬ visoire, et que l’on avait été obligé de supprimer le cam¬ panile qui chargeait ta tour d’une manière dangereuse. » Mais est-ce là une raison sérieuse? La balustrade surmontée de clochetons dont le contrefort se trouve ac¬ tuellement couronné, ne le charge -1 - elle pas autre¬ ment que ce dôme à jour supporté par des colonnettes et sous lequel le timbre était autrefois établi ? » Si nous appelons votre attention sur le changement de la sonneriece n’est pqjnt seulement pour critiquer la forme disgracieuse de la niche qui lui a été ménagée sous le toit de la tour et qui lui donne l’aspect d’une horloge de manufacture, mais bien surtout pour vous informer du projet que l’on a conçu de l’établir dans la flèche cen¬ trale. On aurait l’intention de flanquer sa première galerie de quatre grands cadrans correspondant aux quatre points cardinaux et qui feraient de cette partie de l’édifice un clocher d’église rurale. La pensée de ce dépla¬ cement n’est-elle qu’une simple supposition de notre part, ou un bruit sans fondement? Que l’on se reporte à la lettre du 20 janvier 1852 , que nous citions, il y a un instant, et on y trouvera le principe de cette modifica¬ tion , offlcitiJ’fiment communiquée au public. » Mais nets ne partageons point l’avis de l’architecte. Nous trouvons que u véritable place de la sonnerie est à l’endroit nêae où elle a toujours été établie, et que pour répaiei la première faute que l’on a commise en la déplaçant sans consulter la ville d’Amiens qui en est seule projriétairt. , on ne saurait rien faire de mieux Jà rétablirai# le contrefort à sa. place, primitive* u , Digitized by v^ooQle » 11 paraît aussi que l’établissement du cadran ëVde la sonnerie dans la flèche centrale se rattache à un autre projet dont nous avons déjà entendu parler et qui nous semble tellement déraisonnable que nous ne pouvons y croire. Il s’agirait de refaire un autre clocher et de le surélever de 18 pieds. Comme il faut toujours colorer d’une apparence de danger les changements que l’on mé¬ dite , on motive celui-ci sur le mauvais état de la char¬ pente. Est-il exact que les bois de chêne et de châtai¬ gnier dont elle’a été construite, en 1533, soient déjà- atteints par l’humidité? Votre commission manque de renseignements à cet égard ; elle se borne à exprimer le voeu qu’il ne soit apporté aucun changement à l’état actuel du clocher, avant que des hommes de l’art choisis dans la localité et qui ne seront pour cela moins compé¬ tents , n’aient été invités à en constater là nécessité. » Les innovations que votre commission vient de vous signaler vous font ud impérieux devoir, Messieurs, de les porter à la connaissance de l’autorité supérieure- La Cathédrale d’Amiens n’est assurément pas tombée dans le domaine de l’Etat pour se trouver exposée aux actes arbitraires d’un architecte quelque distingué qu’il soit, et c’est surtout lorsqu’il est étranger à la loca¬ lité qu’il doit plus que personne en respecter l’inviolabilité. M. Lassus a publié de sages principes pour la restauration des édifices religieux ; il recommande à l’artiste d’oublier ses goûts, ses préférences, ses instincts, et d’avoir pour but unique et constant de conserver, de consolider et d’ajouter le moins possible , et seulement lorsqu’il y a urgence J Plusloin r le savant archéologue s’exprime Digitized by v^ooQle — 442 i — en oes termes : « Dans une restauration , il faut absolu- -*■ " » ment que l’artiste sort constamment préoccupé dé la » nécessité de faire oublier son œuvre» et tous ses effort» » doivent tendre à ce qu’il soit impossible de retrouver 2 » la trace de son passage dans le monument (1), » i » n y a de ces sentiments nés des instincts ou des pré¬ jugés locaux, dont il est prudent de tenir eotnpte. Une ville qui pousse aussi loin l’esprit de conservation et le ! respect des grandes choses du passé , ne se prête pas fa- 5 alternent aux innovations de quelque nature qu’elles puis- ’ sent être. Sa sollicitude pour un monument qui fait sa * gloire et, son honneur ne saurait done être taxfce d’exa- - gératioa en présence de faits qui contredisent les instru©- 2 tiens si formelles du gouvernement. En effet », lorsque 2 M. le Ministre des cultes recommandait à MM. les Pré- ' fets de vriller avec soin aux restaurations dés églises' anciennes et qu’il les engageait à conserver les ob- <■ jeta d’art qu’elles pouvaient renfermer , il terminait ainsi : A L’aspect vénérable de la vieille église qui a en- » tendu les chants et les prières des générations passées » ne parle pas avec moins de force que les pompes et les' » solennités du culte , à l’imagination de celle qui vient * » s’y agenouiller à leur place. Gardons-nous bien de? » priver le sentiment religieux de ces puissants auxr- » Unir es, à une époque où H ne se montre que trop a telle aux efforts qu’en fait si imprudemment pour » l’affaiblir. Les habitants des campagnes surtout croi-" * root moins facilement que le christianisme s’en va, (l) Annales 8CM3hé»lo^lqftfé8'; s ‘ > u* Digitized by Google ~ .415,- v » quand ils verront que leur vieille église reste, quand » ils y retrouveront tout ce qu’y ont vu leurs pères (1), » » Ces paroles, nous l’espérons, seront comprises-... On sentira qu’il est temps de s’arrêter dans cette voie de cban- gements successifs où l’on s’est témérairement engagé- Votre Commission, Messieurs, a voulu prévenirde nouvelles modifications, en appelanL l’attention de l’autorité sur celles qu’elle ignore vraisemblablement. Elle ne peut admettre» en effet » que l’Etat qui apporte une si sage économie dans l’emploi des fonds consacrés à la restauration des mo¬ numents religieux et qui veille avec tant de sollicitude à leur conservation , approuve des modifications qui ont soulevé contre elles l'opinion publique, en blessant les susceptibilités de toute une ville et ea menaçant même de ! compromettre la religion. Les instructions si précises que , l’autorité supérieure faisait donner sous la date du 31, janvier 1839, à l’ancien architecte de la Cathédrale, nous^ permettent d’espérer qu’elle sera heureuse de protéger ( l’ornementatiou intérieure du monument contre de non- ' » velles entreprises. (Pièce.justificative G.) Si notre attente était déçue, il resterait à la Société la conscience d’avoir., accompli un devoir, et ses efforts impuissants la déchar-. géraient de la responsabilité que son silence lui aurait fait encourir. . » C’est pour rester fidèle à la pensée conservatrice de votre institution, que la Commission a l’honneur de vous proposer , Messieurs : » l.° De signaler à l’attention du Conseil municipal. (I) Circulaire ministérielle^u ^0 #ç^ppre4f^. Digitized by Google — 414 — d’Amiens les constructions élevées à l’extérieur de Notre-Dame en contravention au projet de dégagement de l’édifice ; » 2.* De solliciter de l’autorité supérieure la suppression du jeu d'orgue et le rétablissement de la grille du choeur faisant face à l’entrée de la sacristie ; » 3.° Et de décider qu’une expédition de la présente délibération sera transmise à M. le Ministre de l’Instruc¬ tion publique et des cultes, à M. le Préfet de la Somme , à Mgr. l’Evêque d’Amiens et à l’autorité municipale de cette ville. » Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées. Ont signé au registre : Le Président, ODEBABD. >■;*» ViV* Le Secrétaire , JANVIER. V Digitized by PIÈCES JUSTIFICATIVES (Pièce A.) Extrait d’une circulaire, adressée le 20 décembre 1834 par M. le Ministre de la justice et des cultes ( M. Persil ) aux Préfets. . Ce qui importe avant tout, c’est de les éclairer (les fa¬ briques) sur la valeur de ce qu’elles possèdent. Les sociétés ar¬ chéologiques , partout où il s’en est établi, ont été d’un utile secours dans beaucoup de localités: elles ont rendu des services éminents en s’occupant de la recherche et de la description des monuments anciens , et en prévenant, par des efforts judicieux, leur suppression ou leur mutilation. Il est à souhaiter que le goût de ces associations scientifiques et conservatrices devienne géné¬ ral , et que leur attention , partout où il y en a d’établies , se porte sur les édifices employés utilement, avec autant de zèle que sur de simples ruines ; les premiers offrent un double intérêt, celui de l’antiquité et celui de l’actualité. Je n’ai pas besoin , M. le Préfet, de vous exciter à favoriser de tout votre pouvoir la formation des sociétés de ce genre dans votre département, s’il n’en possède pas encore. S’il en existe une ou plusieurs, je désirerais qu’elles voulussent bien me com¬ muniquer le résultat de leurs recherches concernant les églises qui se recommandent à l’attention de l’administration ou du gouvernement, en indiquant sous quels rapports elles méritent cette attention. Digitized by v^ooQle Extrait du procès-verbal de la séance du 7 novembre 1850 de la Commission départementale, faisant fonctions de Conseil général du département de li Seine. ' .Après avoir exposé la situation générale des travaux et récapitulé l'ensemble des féssouftfés qui leur sont affectées, M. le Rapporteur aborde la question-relative à la Sainte-Chapelle. En 1849, dit-il, une difficulté grave s'éleva : on demanda l'i¬ solement de cet édifice qui se trouvait masqué par la galerie droite de la cour du Mai; on insista même pour que la galerie fût démolie. Après- de longs débats r de vives contestations, une sorte de transaction fut couclue ; on convint que la Sainte-Chapelle ser¬ rait isolée , qu'il y aurait une distance de 1 mètre 10 centimètres entre les côûtfeforts de l’église et lé nfiür dëlk galerie ; qû'à cet effet, i y extrémlté de la gâterie riôiiVelléitiénf construite serait dé- motte et réé dit-il r m’a particulièrement frappé , et die mérite de ûxer vot^e attention. Digitized by Google — 417 — M. le Rapporteur a dit que la sacristie d* la Sainte-Chapelle adhérait maintenant au Palab^de-Justice, C’est une erreur, sans doute, car il a toujours été entendu que la Sainte-Chapelle serait isolée : M. le Préfet l’a annoncé à U Commission départementale tjanssa session de février dejrnier, et cela a été consigné dans la délibération (jup vous avez prise alors. D’où vient donc que cet isolement n’a plus lieu ? voulu tromper la Commission départementale ? Sans aucun doute , elle pas aqpepté Ip projet de transaction si l'on n’eût pas perti¬ nemment assuré que l’isolemept aurait lieu. 11. ip Rapporteur 4*1 qu’il a fait cette obseryation aux arqhi- tentes ; ijs pp*répondu qu’ils avaient toujours pensé que la CP08- twtiPR nécessaire k h sacristie devait rester . L’isalenwnt promis, dit un autre Membre t est un mensonge » et nous devons protester. * Plusieurs Membres appuient cette opinion et en font l’objet /Tune proposition formelle. - Le prédit de 749,176 fr. 44 o. est voté. La Commission prend, au sujet de la Sainte-Chapelle, la délibération qui sait e La Commission départementale, * Considérant qu’il avait été çxpressémout convenu que la Sainte- jÇbeneUe serait complètement isolée ; o Que c’est sur la foi de cette convention et en considération dp .cet iaoiqment t que te Çnmmissipn départementale a décidé dans an séance du W février dernier que te dépense à laquelle cet iso¬ lement donnerait lien serait suppqrtép moitié par l’Etat et moitié par le Département ; t/ Que, nonobstant cette convention, on a non seulement main¬ tenu les constructions de la Sainte«Chapelle adhérentes à la ga¬ lerie du palais et qui devaient être démolies, mais que récem¬ ment on les a réparées et même exhaussées ; Proteste contre cette violation de la convention, et invite M. ' le Préfet do la Seine à faire auprès des autorités compétentes les diligences nécessaires pour assurer l’exécution de là dite convefi- Digitized by v^ooQle — 418 — fion, de manière à ce qae l'isolement ait lieu dans toute la lon¬ gueur de la galerie du palais et de la Sainte-Chapelle. (Pièce C.) Paris, le 33 août 1852. Le Ministre de l’Intérieur, à M. le Préfet, « Monsieur le Préfet , d J’avais soumis à l'examen du Conseil d'Etat un projet de dé- J cret conforme à votre proposition et tendant à modifier le plart^ général d'alignement de la ville d’Amiens, en arrêtant un nouvel alignement pour les abords de la Cathédrale de cette ville. Ce^ projet de décret, conformément à divers avis successifs émis par le Comité de l’Intérieur, affranchissait des servitudes ordinaires'! de voirie les propriétés entièrement retrancïiees ou fortement at¬ teintes par ce nouvel alignement. » Le Comité de l'Intérieur, délibérant sur l’affaire, s’est pro- v noncé de la manière suivante : d Considérant que la seule modification importante proposée ; » est l’élargissement de l'impasse des Soufflets ; » Que ce nouvel alignement, aux termes de l'article 3 du pro- » jet, ne recevra son exécution que quand la Ville aura été auto- * » risée à acquérir, soit à l’amiable, soit par,voie d'expropriation; ' » Qu’ainsi la modification proposée devra dépendre d’un dé- 5 ’ » cret nouveau ; ' * » Est d’avis qu’il n’y a point lied d’adopter le décret proposé. ) d Par suite de cet avis, Monsieur le Préfet, je ne puis donner * suite à votre proposition, et j’ai l’honneur de vous en envoyer' ci-joint les pièces. » Recevez, etc. » Le Ministre de VIntérieur , Pour le Ministre et par autorisation : » Le Secrétaire général , » Signé : Alfred BLANCHE. Pour copie conforme destinée à M. le Maire d’Amiens : » Le Conseiller de Préfecture , Secrétaire général , n * » Signé : Marotte. » -mp Digitized by v^-ooQle — 410 (Pièce D.) Extrait de la circulaire de M. le Ministre de l’Instruc¬ tion publique et des Cultes (M. Fortoul), du 16 mars 1852. . M. le Préfet, nos édifices religieux et plus particulière¬ ment nos cathédrales, sont une de nos plus grandes richesses na¬ tionales. Leur destination les consacre ; leur mérite d’art, sou¬ vent incomparable, en fait l’objet d’un culte universel d’admira¬ tion ; leur antiquité ajoute encore à la curiosité et à la vénération dont elles sont si dignes. Et enfin les travaux actuels qui sont faits pour leur restauration leur donnent une valeur nouvelle qui se traduit tous les ans en sommes considérables au budget de l’Etat. A tous ces titres, M. le Préfet, on ne saurait les entourer de trop de respects , de soins et de précautions pour les préserver de toute altération, de toute dégradation volontaire, ou même sim¬ plement imputable à la négligence. Je n’ai pas besoin de vous rappeler , M. le Préfet, que vous ne deyez tolérer aucun établissement, quelque provisoire qu’il soit, aux flancs des cathédrales, et que vous devez tendre , avec le Gouvernement, et sauf le droit des particuliers , à arriver le plus tôt possible à leur complet dégagement, par la démolition et l’enlèvement de toutes les anciennes constructions parasites qui les obstruent et les déshonorent. (Pièce E.) Extrait d’un article publié par M. de Nouvion, rédac¬ teur en chef du Courrier de la Somme, dans le N.° du 31 octobre 1850. .Or, renseignements pris à bonne source, nous avons reçu l’assurance la plus formelle et la plus explicite qu’il n’était pas question le moins du monde de toucher aux magnifiques stalles Digitized by v^ooçle —’ f 420 — quîsont,"pour notre ville, im vrai trésor artifctiquè; et que/àrtih orgue était , en effet, placé dans la cathédrale , non seulement il ne serait pas enlevé aux stalles du chœur, pour l’établir, un éclat (3e la grosseur d’une épingle, maïs même qu’il y serait complète¬ ment invisible. (Pièce F,) üxtrait du prooèa-verbal de la séance du 22 février 1843, du Comité historique des arts et monuments, établi près le ministère de l'instruction publique (Pré¬ sidence de M. le comte de Gasparin). ..Le secrétaire fait observer qu'il est bon de nettoyer les églises ; mais qu'il ne faut pas, malgré la bonne intention qu'on aurait de ramener les monuments k leur pureté primitive, enle¬ ver des ornementa, postérieurs, il est vrai, mais souvent d’un fort beau caractère. Les magnifiques boiseries du chœur de Notre-Dame de Paris , les grilles remarquables qui environnent je chœur de Seiot-0uen de Rouen , ne doivent, pour aucun pris, et pour aucun motif, être enlevées de çes monuments ; et cepen¬ dant elles datent des dix-septième et dix-huitième siècles, et elles |ont postérieures de cinq cents sps aux édifices où on les voit, jbes grilles ot les boiseries qu’on ferait aujourd’hui f même en style gothique f seraient bien loin de valoir ces grilles anciennes; d'ailleurs , des ornements et des meubles peuvent fort bien être postérieurs aux monuments qu'ils enrichissent. C’est précisé¬ ment cette variété de styles et d'époques qu'on surprend dans l'a¬ meublement et l'ornementation d'un édifice qui donne de l'intérêt ÿt comme une aorte de vie è l’édifice tout entier. Pan* l'église du la Trinité de Vçndûœe, on a détruit un remarquable autel du commencement du dix-septième siècle , pour y substituer un au- îel de prétendu style roman et de fabrique moderne ; le nouveau meuble jure plus avec l'église que ne faisait l’ancien. Il faut tout ijonserver’, quand rien ne s'y oppose. M. Robelîn annonce qu'on a badigeonné récemment l'église de Digitized by v^ooQle ,-m - Saint-Etienne de ûievers ; .ce vénérable monument est aujour¬ d’hui du plus beau clair et a perdu une partie de sa majesté. M. Charles Texier ajoute que l'église du Bellay (département du Cher), monument du onzième siècle , a été badigeonné égale¬ ment depuis le spl jusqu'à la voûte. Le Comité recueille et publie tous ces faits, qui deviennent heureusement plus rares de jour en jour ; il est utile que le blâme atteigne les auteurs de pareilles dégradations, afin que ceux qui voudraient suivre un tel exemple en soient efficacement empêchés. (Pièce G.) Amiens., |e 3,1 janvier 1839. no' ' , . v • :* • v r ;' / , Le Préfet de la Somme # à IVL Cheussey, architecte. » Monsieur, » J'ai l'honneur de vous informer que monsieur le Ministre delà Justice et des Cultes,, par sa circulaire du ^.® r décembre dernier , rappelle que les Eglises Cathédrales étant la propriété de l'Etat et toutes les dépenses relatives à l'entretien , répara¬ tions et achèvement de ces édifices, devant être faites sur les fonds du Trésor public, alloués pour cette destination au budget du ministère des cultes, son approbation est indispensable pour exécuter tout ce qui a rapport à ces dépenses. » Il insiste pour que les fabriques et je clergé comprennent que , n’ayant que le simple usage des églises, il ne saurait leur être permis d’y faire aucune disposition susceptible de les atta¬ quer, soit dans leur construction,, soit dans leur ornementation, et qu’ils doivent se borner à émettre des vœux qui pourront être accueillis, après les avoir soumis à des gens de l'art. » Vous aurez donc , Monsieur, à surveiller toutes les entre¬ prises quelconques, qui pourraient être faites par la Fabrique de la Cathédrale, et à vous y opposer formellement ; vous aurez soin de m’en référer, si vous rencontriez quelque résistance , 32. Digitized by Google - 422 que je me suis efforcé (le prévenir , en communiquant les ins¬ tructions du Ministre à Monseigneur l’Evêque. » Agréez , etc.... » Le Préfet de la Somme , » St.-AIGNAN. Pour copie conforme : » VArchitecte honoraire du departement de la Somme , » Cheussey. » MEMBB.CS ADMIS. Titulaires non résidants. MM. l’abbé Martin , curé de Courcelles-sous-Moyencourt, (Somme) ; Normand , curé de Ste.-Segrée ; Pouillet , curé de Moyencourt ; Cocheris , archiviste paléographe , attaché à la bi¬ bliothèque Mazarine, à Paris ; Dutilleux , élève de l’école des chartes, à Paris ; De Veryille & , directeur des douanes , à Char- leville ; DeFrohen (comte), à Paris. Correspondants. 3 b MM. De Melano (comte), secrétaire-perpétuel de l’Institut britannique des sciences et arts , à Londres ; Charma, professeur de philosophie à la faculté des lettres, (Caen) ; Capitaine (Ulysse), secrétaire de l’Institut archéolo¬ gique, (Liège). Digitized by Google OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ V pendant le 4.® trimestre de 1852. 1.® Recueil de la société de sphragistique , n. 08 4-6. — 2.° L’Institut , n. 08 *198-199-200-201. — 3.° L’érudition , n.° 10. <— 4. ° Bulletin dé l’athenée du Beauvoisis, 1 er semestre , 1852. — 5. ° Bulletin de la société de l’histoire de France, n. 08 8-9-10-11. — 6.° L’Investigateur , n. 08 213-214-215. — 7.° Reyue de la nu¬ mismatique belge, t. 2, livraison 22. — 8.° Bulletin de la société des antiquaires de la Morinie, n.° 3. — 9.° Bulletin de la société des antiquaires de l’Ouest, 3.® trimestre, 1852. —10.° Bulletin delà société archéologique de l’Orléanais , n.° 10. — 11. 0 An¬ nuaire historique du département de l’Aisne pour l’année 1848, contenant les armoiries des villes , les éphéraerides et les foires du département de l’Aisne, par Aug. Matton, hroch. in-18.— 12.° La généralité de Soissons au xvm.® siècle.— Notice pour servir d’introduction à l’inventaire des archives de l’intendance de Soissons, par le même , in-8°. — 13.® Notice sur l'organi¬ sation judiciaire de la généralité de Soissons, par le même , 1851. 14.° Mémoire sur les chartes du diocèse de Laon au moyen-âge, jpar le même , 1851. —15.° Notes sur la topographie administra¬ tive et financière de la généralité de 'Soissons , par le même, 1850. — 16.® Notice sommaire sur le dessèchement des marais duLaonnois, par le même , 1850. —t 17.® Mémoire sur les ar¬ chives des églisés et des maisons religieuses du Gambraisis , par M. LeGlay. Lille, 1852, in-8°. —18.° Annales de la société d’a¬ griculture , sciences et arts do département d’Indre-et-Loire, n.° 3, tome 31. — 19.® Sommaire des recherches sur l’histoire de Picardie, par P. Ch. Damiens, 1852. (Extrait du registre de la société académique de l’Oise). — 20.° Mémoires de la société philomatique de Verdun, tome 4. — 21.® Essai sur les Àspres Gomnenats ou blancs d’argent de Trébisonde « A Bulletin monumental, publié par M. de Caumont, t. tw,.p. 65 et Digitized by Google — 428 — une cuillère a parfu éi en bronze* une urde en terre blanche 9 un rasa en forme 4e biberon * de terre rougeâtre ; ces divers objets d'époque galU*rom*me otot été trouvé» dan» l’sncitu ci¬ metière $t.»R*ob à Amiens.—Un rasé thuriféraire du *▼.«siècle, recaeilli dabs des fouilles sur la plage St.-Fîrmin à Amiens* 8 . ° Far M* Peigné-Dëkrcouft» directeur de la filature d’Ours- oaidpSy quelques fragments de raée et de stuc, et uu cachet eu cuivre ; Ces objets ont été recueillis dans les fouiilea que la Soeiété a fait pratiquer à Quierzy (Oise)j 9. ° Par M. DtibüiaèOn,tailleur d'habits à Amiens» deux jetons de sa ihaison de commerce. 10. ° Par M* fiooôhaiu-Thierry, liquoriste à Mentdidier » uu mortier eu pierre» à quatre Concavités et dans lesquelles on peut piler successivement en le faisant tourner autour de l’axe eu pierre sur lequel il doit être monté. Digitized by Google OUVRAGES 391 PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE • **' i ' ‘ r * * W v V '*■ . V . ■ f ' -i • . -, ^ Mémoires. Tom. I.“ r avec 9 planches lithographiées. . . . — Tom. II. — Tom. III. avec atlas de 40 pl. lith. gr. in-8.° (Epuisé). — Tom. IV. (Epuisé). — Supp. au tom IV, avec 9 pl. de médailles (Epuisé) . — Tom. V. avec 9 planches lithographiées (Epuisé) . — Tom. VI. avec atlas de 16 pl. lith. gr. in-8.° (Epuisé). — Tom. VII. avec atlas de 20 pl. lithog. gr. in-8.° . — Tom. VIII. avec 10 planches lithographiées . . — Tom. IX. avec 11 planches gravées. — Tom. X. avec 12 planches lith. — Tom. XI ou 1.” vol. de la 2. c série. Bulletins. Tom. I.” — Années 1841—42—43. (Epuisé). . . — Tom. II. — Années 1844—45—46. (Epuisé) . . . — Tom. III. — Années 1847—48—49 . — Tom. IV. — Années 1850—51—52 . Coutumes locales du Bailliage d’Amiens, 2 volumes in-4.° . (Cet ouvrage a obtenu de l’Académie des inscrip¬ tions et belles-lettres, au concours de 1846 , une mention très-honorable rappelée en 1850—51—52.) La dernière livraison qui est sous presse renfermera l’introduction et la table des matières. Introduction à l’histoire générale de la province de Picardie, par Dom Grenier. — Cet ouvrage sera publié en trois li¬ vraisons in-4°. La première et la deuxième ont paru. — L’ouvrage complet . .. Catalogue du Musée départemental et communal d’antiquités fondé à Amiens en 1836 par la Société des Anti¬ quaires de Picardie. Deuxième tirage, 1848 . . « 6 f* 5 » » 12 12 12 12 12 » » 6 6 30 15 1 Digitized by Google — 430 — Anivuairb administratif et historique de la Somme, pour les an¬ nées 1852 et 1855, publié sous les auspices du Conseil général du département. 3 Médaille commémorative de l’inauguration du monument de Dufresne Du Gange, à Amiens (bronze de 61 millim.) Ces ouvrages se trouvent à Paris chez M. J.-B. Dümoüun , libraire , 13, Quai des Augustins , et à Amiens, chez M. lb Secrétaire- Pirpétubl db la Société, rue des Rabaissons , à la Bibliothèque • .v in Digitized by Google TABLE DES MATIERES A. Admissions de membres, pag. 35, 93, 139, 151, 214, 305, 359, 422. Agnetz (église à restaurer), pag. 42, 44, 56. Amiens. — Etat politique au xiv. e siècle, pag. 16, 23. Amiens (cathédrale d’). — Restaurations, pag. 16, 199, 390. Vitraux, pag. 291. Poésie, pag. 394. Lettre de M. Daullé relative aux travaux , pag. 373. Commission pour apprécier les travaux , pag. 376. Rapport de la Commission , pag. 390. Amiens (caves d’), pag. 281, 310. Amiens (conciergerie d’), pag. 13, 377. Arsenal d’Amiens. —Demande de concession de terrain pour y établir un musée, pag. 316. Annales Boulonnaiscs (rapport sur les ), pag. 168. Annuaire du département de la Somme, pag. 170, 228. Antiquités grecques données par M. de Lagrenée, pag. 174. trouvées à Beauvais, pag. 232. à Champlieu , pag. 38. à Catenoy, pag. 22. à la Neuville-sir-Bernard, pag. 263. à Longpré , pag. 320, 331. Artillerie de Beauvais, en 1472, pag. 65. Attributs des docteurs de l’église , pag. 19, 21. Digitized by v^ooQle — m — Aveu en matière civile, pag. 38. Archives des missions scientifiques et littéraires, accordées par lé Ministre de l'instruction publique , pag. 381. B. Beauvais. — Exposition d’objets d’arts, pag. 17. Illustrations militaires, pag. 20, 65, Ancienneté, pag. 48, 22, lt6, Plan de l’enceinte, pag. 23t. Palais épiscopal, pag. 387, 388. Beauquesne ( sa prévôté), pag. 114. Bête canteraine. — Légende picarde, pag. 39. Bibliographie picarde, pag.37. Bibliothèque de la Société , pag. 22t. Bratuspantium» — Opinion de MM. Quesnet et Daniel, pag. 42. Btangy ( Notice sur le canton de), pag. 169. Bureau de la Société. — Nomination, pag. 413, 226. Installation, pag. 3, 133, 276. Bulletin. — Réclamations pour numéros perdus, pag. 38. C. Cartes indicatives des documents relatifs à la Picardie, pag. 222, 280. Cassioi, pag. 300. Catalogue des manuscrits relatifs à la Picardie, pag. 48. Catenoy (camp de), pag. 22,43, 62, 147. Cérémonies funèbres comparées, pag. 38, 40. Champlieu. —Trouvailles , pag. 119, 434, 210, 229, Clermont ( Oise ). —Eglise de Saint-Samson, pag. 324, 330. Fête en 1615, pag. 120. Cloches, pag. 231. Comités historiques — Rapport à établir, pag. 135. Comptes des recettes et dépenses, pag. 43, 14, 134, 135, 272, 279. M. Cocheris. — Lauréat de 1852, pag. 322, 328. Commerce de guède ou pastel, à Amiens, pag. ifeo. Digitized by v^ooQle Condé ( Princes de la maison de), pag. 233. Congrès scientifiques, pag. 135, 138,139. Concours, pag. 39, 41, 47, 51, 172, 321. Concours à établir entre les sociétés savantes, pag. 189. Corvée. — Sa suppression en Picardie, pag. 45. Culte des eaux et des fontaines, pag. 167. Coutumes du Bailliage d’Amiens, pag. 165. Mention honorable accordée par l'Institut à cette publication, pag. 378. Conseil général de la Somme. — Subvention , pag. 91. D. Découvertes d’antiquités , pag. 22, 38, 62, 232, 263, 320,331, 202, 353. Dictons historiques relatifs à la Picardie, pag. 166. Docteurs de l’église. — Leurs attributs , pag. 19, 21. M. Dorbis. — Sa mort, pag. 105. Du Cange. —Médaille à son efiigie, pag. 38, 40, 100, 113, 130, 134, 136, 155, 174. Son acte de décès , pag. 275. Fêtes d’inauguration de la statue, pag. 53, 81. Allocation du ministère de l’intérieur pour la statue, p. 157. M. Dufour. — La Société lui vote une médaille, pag. 54, 91. M. Dupont-White. — Sa mort, pag. 159, 186, 203. Droit rural. — Son origine , pag. 279. Dons faits au Musée. Voyez Musée. E. Echange de publications, pag. 13, 132, 134, 159. Eglise d’Agnetz , pag. 42, 44. 56. de Ckrmont, pag. 324, 330. de Saint-Remy d’Amiens, pag. 108. de Saint-Etienne sde Beauvais. —Sa restauration , pag. 233. . Etats généraux. — Recherches de documents y relatifs , pag. 134. Exposition d’objets d’arts, à Beauvais , pag. 17. v.î*bfO ûns'J 'oleîfiJ :»uoJb3 uàièp cnt>ri3 mal!) dooD HmoD Digitized by Google Fernel. — Lieu de sa naissance, pag. 46. Fondations en faveur de l’église Saint-Germain d’Amiens, pag. 164 Fouilles à faire, pag. 224. Fouilles faites à Quierzy , pag. 376. à Tours, pag. 379, 380. Froissart. — Manuscrit de la bibliothèque d’Amiens, pag, 13,16. Fête des fous, pag. 15. Fouquevilles. — Plaids, pag. 166. G. Gaiguières. — Sa collection de dessins, 280. Galland. — Monument en son honneur, pag. 15, 52,168,173, 235. Gamaches et ses seigneurs, pag. 282. Gresset ( lettre inédite de), pag. 148. Médaille , pag. 186. Sa statue, pag. 15,178. Grotius ( Notice sur ), pag. 46. M. Ham. — Son château, pag. 228, 258, 309. Histoire de la Picardie, pag. 203, 230. Historiographes de la Picardie, pag, 57, 202. I. Inscriptions commémoratives d’évènements et faits remarquables, p.58,65. . Inscription pour la tombe de M. de Lanselle, pag. 384. Installation de membres, pag. 11, 13, 14, 139, 226,279,282. . J. Jeanne Hachette. — Son drapeau, pag. 21. Sa statue, pag. 63, 801, 231. Juifs à Amiens, pag. 284, 287. 1 Digitized by v^ooQle — 455 — L. M. Labourt. — Fondation d’un prix , pag. 185. Labyrinthes dans les églises, pag. 61. Langlet Dufresnoy. — Lettre inédite, pag. 148. M. Le Prince offre un terrain pour subvenir aux frais d’appropriation de la halle et y établir le Musée, p. 163. Littérature poétique de la Picardie, pag. 47. Lhomond. — Monument à lui élever, pag. 281. (Noticesur), pag. 284. Loterie pour la fondation d’un Musée à Amiens, pag. 274, 296, 302, 316, 319, 370. Londinières (Notice sur le canton de ), pag. 169. Longpré (sarcophages trouvés à), pag. 320, 331. Lucheux ( Lettres sur le château de), pag. 225, 315. Ludmide ( Sainte ), pag. 320. ht) IfiO inO Lycée d’Amiens. — Prix d’histoire fondé par la Société, pag. 160,162,168 m. dloiD Manuscrits de Du Gange relatifs à la Picardie , pag. 142, 170. Manuscrit de St. Augustin De civitate Dei , pag. 320. Manuscrit égyptien , pag. 118. Médailles de Calvin, pag. 225. de Du Cange. (Voyez Du Gange.) de Gresset, pag. 186. Médecins célèbres de Beauvais , pag. 229. Mémoires pour le concours, pag. 167. 321. Méreaux de Saint-Wulfran d’Abbeville , pag. 380. Mineurs. — Administration de leurs biens, pag. 166. Missel d’Amiens de 1506, pag. 43. Monnaies anciennes trouvées à Falvy , pag. 158. à Lucy (Seine-Inférieure), pag. 283. Monnaies des comtes de Saint Pol, pag. 37. Monnaies des comtes de Ponthieu , pag. 380. Monuments fortifiés de l’Oise, pag. 329. Motte du Cauroy-les-Tours, pag. 353. îwbH ilolaiH iiojùfl ftaanl hoanl •sJenl û\ùl Digitized by Google Musée d’Amiens.—Objets offerts, p.36, 98,129,154,219,271, 307,363,426 . Objets achetés / 100, 220, 272* 308. Musée de Beauvais, pag. 42, 43,64.115, 118,201, m 229,230, 232, $86. Mummolin (St.), pag. 115. W. Nécrologie, pag. 146,186. Nogent-les-Vierges. — Ses **trw, Pâg- 117. Neuchâtel ( Notice sur le canton de ), pag. 169. Nutes historiques sur la Picardie, pag. 321. O, Oisy. — Seigneurie , pag. 141. Ourscamp. — Son carter! ake, pag. 322. Objets offerts au Musée. (Voyez Musée.) Ouvrages reçus, pag. 95, 58,63, 126, 162, 216, 265, 3Ô59&6* 428. Ouvrages publiés par la Société, pag. 429, Pierre l'Ermite. — Monument à lut élever, pag. 296,275 t 346, 364. Souscripteurs au monument, pag,364. ( Notice sur), «Ag. 386, $37. Statue achevée , pag. 380, 3Bd Pendentifs. — Terme impropre., pag. 138. Pernes. — Mineurs, pag. 166. Picardie. — Evènements bisterup»*^ 1»f* 38. M. Polain. — Ses travaux^pag. «B. Poteries antiques, pag. 201. Poésies picardes, pag. 326. Prix fondé par M. Labourt, pag. 185. Proposés , pag. 52. 183, 423, 328. Fondé au Lycée d’Amiens, pag. 160,168. Procession de V Assaut à Beau vais, pag. 64. Proverbes picards, pag. 40, 62. Digitized by v^ooQle 437 — as* .EôC.rofi ,w >ëld(dÜ—.ënoimj Questions à traiter en assemblée générale, pag. 39, 159, 319. R. Rapport sur les travaux de la Société, pag. 40, 177, 322, Rapport fait au Conseil général, pag. 246. sur les concours, pag. 172, 179, 321. Repas après les plaids, pag. 166. Saints du Beauvaisis, pag. 170. Sarcophages trouvés, pag. 202, 320, 331, 353. Sarrazin. — Statue élevée à Noyon, pag. 160, 188, 241. Ses travaux, pag. 330. Séances générales, pag. 41, 51, 174, 324, 527. Séance ordinaire fixée au deuxième mardi de chaque mois, pag. 224. Siège de Beauvais, pag. 230. Senlis. — Statues trouvées, pag. 225, 248. Cathédrale, pag. 225, 254. Senantes. — Son château, pag. 261. Société académique de Beauvais. — Ses travaux, pag. 136. Société des Antiquaires de Picardie. - Demande le titre d'établissement d’utilité publique, pag. 157, 170, 186, 22t. Elle l’obtient, pag. 178. Subvention du Conseil général, pag. 91 . du Ministre de l’Instruction publique, pag. 157—376. T. Table des dix premiers volumes des Mémoires, pag. 15 Tableaux de la confrérie N.-D. du Puy, pag. 273. Thiers. — Son château, pag. 261. Troissereux. — Ses souterrains, pag. 233. Trouvères picards, pag. 225. I 8siaèoï aol zhM 33. Digitized by v^ooçLe ▼itraux de la cathédrale d’Amiens, 391. de Nogent-les-Vierges, pag. 117 Venceslas (St.), pag. 330. Voisinlieu, fabrique de poteries, pag. 384. Amiens. — lmp. de Dutai et Herbu**, place Périgord, 3. Digitized by v^ooQle Digitized by jr Digitized by Googl Digitized by Googl Digitized by v^ooQle Digitized by v^ooQle Princeton University Library